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Prédateurs dans le milieu marin arctique et capacité de métaboliser les agents ignifuges bromés

2011-10-17

Mère et ourson sur la glace dans Scoresby Sound, Est du Groenland, Mars 3, 2011  | © EC, Robert LetcherLes scientifiques ont effectué un essai très poussé sur les microsomes du foie de certains prédateurs de niveau trophique supérieur dans le milieu arctique marin, afin de comprendre comment celui-ci biotransforme certains agents ignifuges bromés qui sont nouveaux sur le marché.

De nouveaux décabromodiphényléthanes (DBDPE) ont remplacé des contaminants de l'environnement établis, par exemple les polybromodiphényléthers (PBDE), un type d'agent ignifuge bromé qui se trouve dans divers produits de consommation pour répondre aux normes sur la protection contre les incendies. Les marchés européen et nord-américain ont interdit les penta-bromodiphényléthers (BDE) et les octa-BDE ou en ont réglementé le retrait progressif; toutefois, on ne sait pas vraiment comment leurs produits de remplacement, par exemple les DBDPE, sont métabolisés et transformés en d'autres composés ou produits chimiques dans le corps de divers animaux sauvages de l'Arctique.

Les scientifiques ont comparé la capacité des ours blancs, des bélugas, des phoques annelés et des rats de laboratoire à métaboliser les BPDE à haute teneur en brome (le BDE209 et les DBDPE) et ceux à faible teneur en brome et existant depuis plus longtemps (le BDE99, le BDE100 et le BDE154). Le nouvel essai leur a permis de peaufiner leur théorie sur la première étape de ce processus métabolique.

Toutes les espèces réussissent à métaboliser rapidement et à éliminer les produits à plus forte teneur en brome (élimination des DBDPE entre 44 et 74 % et du BDE209 entre 14 et 25 %) que les produits à faible teneur en brome (élimination d'à peine 0 à 3 %). Ce résultat pourrait être attribuable à une flexibilité accrue des molécules des DBDPE, laquelle favorise davantage la métabolisation par les enzymes.

Toutefois, les scientifiques mettent en garde que cette rapide métabolisation du BDE209 ne réduit pas le fardeau qu'il impose à l'écosystème. Ils suggèrent la réalisation d'autres travaux de recherche qui permettront de déterminer et d'évaluer la persistance et la toxicité des principaux métabolites du BDE209.

Ils émettent aussi la mise en garde suivante : Les DBDPE peuvent être tout aussi préoccupants à cause de leur comportement physico-chimique et environnemental similaire, de leur rapide biotransformation et de leur utilisation apparemment à la hausse comme solution de remplacement au BDE209.

Pour en savoir plus, visitez le site du Laboratoire de recherche sur les contaminants organiques où a été effectuée cette étude.

Source: McKinney, M.A., R. Dietz, C. Sonne, S. De Guise, K. Skirnisson, K. Karlsson, E. Steingrímsson et R.J. Letcher. 2011. Comparative hepatic microsomal biotransformation of selected polybrominated diphenyl ether, including decabromodiphenyl ether, and decabromodiphenyl ethane flame retardants in arctic marine-feeding mammals.Environ. Toxicol. Chem.30:1506-1514.

Personne-ressource: Robert Letcher 613-998-6696/ Écotoxicologie et de la santé de la faune