Historique des pluies acides

Les preuves scientifiques de l’acidification des écosystèmes aquatiques en Scandinavie et en Amérique du Nord se sont accumulées au cours des années 1960 et 1970. De 1972 à 1977, ces preuves ont relié l’acidification au transport à longue distance du dioxyde de soufre provenant de sources étrangères, c’est-à-dire des pays de l’Europe continentale vers la Scandinavie, et des États-Unis vers le Canada. Au Canada, le transport à longue distance se faisait aussi entre les provinces. On a constaté que certaines régions du Bouclier canadien dans l’est du pays étaient particulièrement vulnérables à l’acidification.

Vers la fin des années 1970, les provinces et le gouvernement fédéral ont entamé des négociations qui, au cours des années suivantes, ont donné lieu à une série d’accords nationaux; tout d’abord, le gouvernement fédéral et les sept provinces de l’est ont signé en1985 une déclaration établissant le Programme de lutte contre les pluies acides dans l’est du Canada. Ce programme prévoyait que les dépôts de sulfates provenant des précipitations ne devaient pas dépasser 20kg par hectare par année. Les provinces convenaient de limiter les émissions de SO2 à 2,3 millions de tonnes dans l’est du Canada au plus tard en 1994; ce chiffre était fondé sur les calculs effectués dans une évaluation scientifique afin de déterminer le nombre de tonnes de SO2 qui pourraient être produites au Canada pour que la «charge cible» de20kg/ha/an soit atteinte, pourvu que des réductions du même ordre dans les émissions de SO2 soient réalisées aux États-Unis.

Le gouvernement fédéral était chargé de réduire le flux de polluants acides vers le Canada parce que la moitié des dépôts acides dans l’est du pays provenaient de sources américaines. Pour régler ce problème, le Canada et les États-Unis ont entamé des négociations en vue de conclure un accord bilatéral. Le 31 mars 1991, les deux pays ont signé l’Accord Canada–États-Unis sur la qualité de l’air pour remédier aux problèmes de la pollution atmosphérique transfrontalière. En vertu de l’Annexe sur les pluies acides, les deux pays s’engageaient à planifier des réductions dans les émissions de SO2 et de NOx, notamment dans le secteur de la production d’électricité.

En 1994, le Canada et les provinces, de concert avec les intervenants, ont commencé à élaborer une nouvelle stratégie nationale sur les pluies acides parce que la charge cible de20kg/ha/an prévue par le Programme de lutte contre les pluies acides dans l’est du Canada suffisait seulement à protéger les lacs modérément fragiles. Les 26 ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux de l’Énergie et de l’Environnement ont donc tous signé, en1998, la Stratégie pancanadienne sur les émissions acidifiantes après l’an 2000. Cette stratégie sert de cadre pour s’attaquer au problème des pluies acides qui touche le pays, car elle protège nos lacs et nos forêts et aide à protéger la santé humaine en réduisant les émissions de particules, des polluants précurseurs. La deuxième phase des réductions de SO2 a pour but d’aider à réduire les dépôts humides de sulfates dans tout l’est du Canada à une valeur inférieure à la «charge critique», qui peut être aussi faible que 8kg/ha/an dans certaines régions.

Pendant cette période, le Canada a aussi commencé à engager des négociations multilatérales avec les pays membres de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) au sujet du transport à longue distance des polluants à l’origine des pluies acides. Ces négociations se sont soldées par une série d’accords internationaux au cours des années suivantes, à commencer par la Convention de 1979 sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance (TADPA).

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