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Rapport sur la situation des aires protégées du Canada 2006-2011

Chapitre 3 : Gestion des aires protégées

Contexte

Quand on sait que le Canada compte plus de 6 000 aires protégées terrestres et marines s'étendant sur 10,0 % de son territoire terrestre et 0,9 % de son territoire marin, il importe de se demander avec quelle efficacité ces aires protégées sont gérées.

Une fois que les aires protégées sont créées, les organisations gouvernementales doivent élaborer des politiques et des lignes directrices pour leur gestion, veiller à planifier cette gestion, mener des études scientifiques et des programmes de surveillance et appliquer des règles et règlements.

Comme il est expliqué au chapitre 2, les organisations gouvernementales responsables des aires protégées au Canada aspirent à des objectifs de gestion complexes comme le maintien de l'intégrité écologique, la conservation de la biodiversité ou la protection des biens et services écologiques. La gestion devient encore plus difficile face aux pressions exercées par les activités sur les terres environnantes, les changements climatiques, les espèces envahissantes et d'autres menaces. Par exemple, les gestionnaires des aires protégées font face actuellement à de grandes infestations du dendroctone du pin ponderosa dans les parcs de l'Ouest, la remise en application du feu et du pâturage dans les prairies, l'apparition d'espèces envahissantes comme l'agrile du frêne en Ontario et les menaces posées aux aires de nidification du pluvier siffleur en voie de disparition sur les plages le long des côtes du Canada atlantique. Compte tenu de la gamme de problèmes observés dans les aires protégées, il devient de plus en plus évident que le seul fait de laisser la nature faire son oeuvre sans intervention ne sera pas suffisant pour conserver la biodiversité et un bon nombre des autres valeurs associées aux aires protégées (Graber et coll., 2009).

Les sciences jouent un rôle crucial dans le soutien de la gestion des aires protégées. Elles aident les gestionnaires à comprendre les caractéristiques et l'intégrité écologiques des aires protégées, la nature et l'étendue des répercussions réelles et prévues des différentes menaces qui se posent à cette intégrité, ainsi que les meilleurs moyens d'éviter ou de réagir à ces répercussions afin que les objectifs fixés pour les aires protégées puissent être atteints le mieux possible.

« Nous devons mettre autant d'efforts à assurer une gestion sûre et efficace des aires protégées qu'à les créer »

- Hockings et coll. (2006) [traduction libre]

Le Programme de travail sur les aires protégées de la CDB aborde un certain nombre de sujets pertinents pour la gestion des aires protégées, notamment l'atténuation des impacts négatifs des menaces, la participation des Autochtones et des collectivités locales, la viabilité financière et l'efficacité de la gestion (encadré 37).

Le présent chapitre portera sur les questions suivantes :

  • Quel est le principal cadre stratégique de gestion des aires protégées au Canada et comment a-t-il évolué depuis le dernier rapport?
  • Quelle est la situation des plans de gestion et dans quelle mesure sont-ils mis en oeuvre?
  • Quelles sont les plus graves menaces qui pèsent sur les aires protégées et quels sont les moyens mis en place pour les éviter et les atténuer?
  • Est-ce que l'efficacité de la gestion des aires protégées est évaluée? S'améliore-t-elle?
  • Est-ce que les ressources financières et autres sont suffisantes pour gérer efficacement les aires protégées?
  • Quel est le rôle des peuples autochtones et des collectivités locales dans la gestion des aires protégées, et comment ce rôle évolue-t-il?
  • Est-ce qu'il y a eu des progrès sur le plan de l'évaluation des bienfaits des aires protégées?

Encadré 37 Programme de travail sur les aires protégées : buts choisis visant la gestion des aires protégées

But 1.4 : Améliorer considérablement la planification et la gestion des aires protégées à l'échelle des sites

But 1.5 : Prévenir et atténuer les impacts négatifs des principales menaces qui pèsent sur les aires protégées

But 2.1 : Promouvoir l'équité et le partage des avantages

But 2.2 : Accroître et assurer la participation des communautés autochtones et locales et des parties prenantes

But 3.1 : Mettre en oeuvre des réformes politiques, institutionnelles et socioéconomiques propres à fournir un environnement favorable aux aires protégées

But 3.4 : Assurer la viabilité financière des aires protégées et des systèmes d'aires protégées nationaux et régionaux

But 3.5 : Renforcer la communication, l'éducation et la sensibilisation du public

But 4.2 : Évaluer et améliorer l'efficacité de la gestion des aires protégées

But 4.3 : Évaluer et surveiller l'état et les tendances des aires protégées

But 4.4 : Faire en sorte que le savoir scientifique contribue à la création et à la viabilité des aires protégées et des systèmes d'aires protégées

Se reporter à l'annexe 2 pour une liste complète des buts du Programme de travail

Cadre stratégique de gestion des aires protégées

Les deux tiers des organisations gouvernementales responsables des aires protégées terrestres (11 sur 16) disposent de cadres stratégiques pour la gestion des aires protégées mises en place, dont 7 sont en révision. Deux autres organisations gouvernementales ont des cadres en préparation. Six organisations sur les neuf responsables d'AMP ont aussi des cadres stratégiques en place.

  • Douze organisations gouvernementales (APC, MPO, EC, AAC, Yn, C.-B., Sask., Man., Ont., Qc, N.-B. et N.-É.) disposent de cadres stratégiques pour guider la gestion de leurs aires protégées, qu'elles décrivent comme étant ou incluant des éléments des outils suivants : guide de planification de la gestion, politique de gestion, principes directeurs, programme et politique opérationnelle, plan d'action, etc. (encadré 38).
  • Le Nunavut et l'Alberta préparent actuellement leur cadre. Le Nunavut en est à l'étape de la rédaction de l'élaboration d'un programme de parcs ainsi que d'un cadre directeur et d'un plan de gestion, conformément à l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut. En vertu du Plan des parcs de l'Alberta, approuvé en 2009, le cadre stratégique doit être achevé d'ici 2012.
  • Les Territoires du Nord-Ouest et l'Île-du-Prince-Édouard n'ont pas de cadre propre à la gestion des aires protégées. La stratégie des aires protégées des Territoires du Nord-Ouest prévoit un processus permettant de s'assurer qu'un cadre de gestion est établi pour chaque aire protégée. À l'Île-du-Prince-Édouard, les aires d'importance écologique sont intégrées au réseau d'aires protégées au fur et à mesure, et l'on s'appuie sur la contribution des propriétaires fonciers aux systèmes d'aires protégées dans cette province.

Encadré 38 Programme de travail sur les aires protégées : buts choisis visant la gestion des aires protégées

Les cadres stratégiques sont des énoncés d'intention qui donnent une orientation à la gestion des aires protégées et peuvent inclure différents éléments tels que l'approche philosophique, les principes directeurs et des instructions quant au moment de préparer les plans de gestion, aux aspects dont il faut tenir compte et aux participants.

Par exemple, les Principes directeurs et politiques de gestion de Parcs Canada contiennent les Politiques sur les parcs nationaux et la Politique sur les aires marines nationales de conservation. Les principes directeurs qui sous-tendent ces deux politiques englobent les concepts suivants :

  • protéger l'intégrité écologique et assurer l'intégrité commémorative occupe la première place;
  • les décisions sont fondées sur la connaissance de tout l'environnement et de sa gestion;
  • les décisions de gestion s'appuient sur les meilleures connaissances disponibles;
  • la participation du public est la pierre angulaire de la politique, de la planification et des pratiques de gestion.

Pour en savoir plus, se reporter au site des Principes directeurs et politiques de gestion de Parcs Canada.

Le Cadre national pour l'établissement et la gestion des zones de protection marines de Pêches et Océans Canada s'applique aux ZPM créées en vertu de la Loi sur les océans et fait actuellement l'objet d'une mise à jour. Les étapes 4 et 6 du cadre portent sur l'élaboration du plan de gestion d'une ZPM potentielle et la gestion de la ZPM, une fois qu'elle a été désignée. Ces étapes comprennent les instructions suivantes :

  • Le plan de gestion de ZPM énoncera la raison d'être de la ZPM, ses buts et ses objectifs; de quelles façons ces derniers seront atteints et comment l'efficacité de la ZPM sera mesurée.
  • L'élaboration du plan de gestion s'effectuera par le biais d'une coopération avec d'autres organismes fédéraux, des organismes provinciaux, des administrations locales, des collectivités et des organismes autochtones, des intervenants non gouvernementaux et le grand public.
  • Les études scientifiques, la gestion de la ZPM (y compris le suivi) et les activités éducatives peuvent être autorisées dans la ZPM en vertu des dispositions sur les activités autorisées qui leur permettent d'exister en fonction de l'objectif de conservation de la ZPM. Elles permettent aussi l'échange continu d'information et l'évaluation des lacunes dans les connaissances.
  • Chaque ZPM sera évaluée périodiquement, avec la participation du public, pour déterminer si elle atteint ses objectifs

Pour en savoir plus, se reporter au site du Cadre national pour l'établissement et la gestion des zones de protection marines .

Élaboration et mise en oeuvre d'un plan de gestion

Bien que les organisations gouvernementalesresponsables des aires protégées au Canada aient élaboré un grand nombre de plans de gestion depuis 2005, la planification de la gestion ne progresse pas au même rythme que la désignation des nouvelles aires protégées. Environ 18 % des aires protégées du Canada bénéficient de plans de gestion à jour Table Footnote 17 en date de 2011, soit une baisse de 25 % par rapport à 2005.

  • Parmi les 12 organisations gouvernementales terrestres qui ont présenté un rapport en 2005 et en 2011, sept notent une augmentation du nombre total de leurs aires protégées disposant de plans de gestion (APC, C.-B., Alb., Sask., Man., Qc et T.-N.-L.). Toutefois, la planification de la gestion ne se fait pas au même rythme que la désignation des nouvelles aires protégées (figure 13).
  • En ce qui concerne les organisations fédérales, l'Agence Parcs Canada dispose de plans de gestion à jour pour 81 % de ses 47 parcs nationaux et aires marines de conservation, soit une hausse de 60 % par rapport à 2005; Pêches et Océans Canada a maintenant des plans de gestion pour six de ses huit AMP, comparativement aux cinq sur cinq qui étaient terminés ou en préparation en 2005; Agriculture et Agroalimentaire Canada tient à jour des plans de gestion pour ses 85 pâturages communautaires. À Environment Canada, c'est moins d'un sur 10 des réserves nationales de faune ou des refuges d'oiseaux migrateurs qui dispose d'un plan de gestion et aucun de ces plans n'a moins de 10 ans, ce qui représente une baisse par rapport aux quatre plans à jour de 2005 (tableau 11).
  • Parmi les autres organisations gouvernementales terrestres, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, l'Ontario, l'Île-du-Prince-Édouard et les Territoires du Nord-Ouest déclarent avoir des plans de gestion pour au moins les deux tiers de toutes leurs aires protégées en 2011. Cependant, 66 à 80 % des plans de gestion en Ontario, à l'Île-du- Prince-Édouard et dans les Territoires du Nord-Ouest ont au moins 10 ans (tableau 11).
  • Quant aux organisations gouvernementales marines non fédérales qui présentent des rapports distincts pour leurs AMP, Terre-Neuve-et-Labrador a des plans de gestion pour trois de ses six AMP, même si aucune n'a moins de 10 ans. La plupart des AMP du Québec n'ont pas encore de plans de gestion (tableau 11).
  • Depuis 2005, le Manitoba et le Québec se joignent à l'Agence Parcs Canada pour déclarer une augmentation de la proportion des aires protégées disposant de plans de gestion à jour. Huit autres organisations font état d'une diminution de la proportion des aires protégées dotées de plans de gestion à jour (figure 13). Il convient de signaler que les plans de gestion ne seraient probablement pas disponibles pour les aires protégées qui viennent d'être établies.

Figure 13 : Nombre total d'aires protégées comparativement à celles qui ont ou qui n'ont pas de plans de gestion à jour en 2005 et en 2011

Nombre total d'aires protégées comparativement à celles qui ont ou qui n'ont pas de plans de gestion à jour en 2005

Description longue pour la figure 13
Comparaison du nombre total d'aires protégées
Territoire/annéeNombre d'aires protégées avec plans à jourNombre d'aires protégées sans plans à jourTotal
BC 2005573262835
BC 20114815391020
AB 200539480519
AB 201118234252
SK 20050129129
SK 20110666666
MB 20051101102
MB 20115297302
ON 2005000
ON 2011118522640
QC 20051210841096
QC 201112322772400
NB 200503838
NB 201106565
NS 200505757
NS 201165359
PE 2005000
PE 201124109133
NL 200574855
NL 201115657
YT 2005729
YT 201141418
NT 2005303
NT 201112223
NU 200502727
NU 2011088
APC 2005251742
APC 201138947
EC 20054139143
EC 20110130130
AAC (2005)85085
AAC 201185085
MPO 2005505
MPO 2011628

 

Près du tiers des organisations gouvernementales responsables d'aires protégées terrestres (5 sur 16) font un suivi de la mise en oeuvre de leurs plans de gestion. Agriculture et Agroalimentaire Canada déclare appliquer complètement les mesures de gestion, l'Agence Parcs Canada et le Manitoba font état d'une mise en oeuvre substantielle. Du côté des aires marines, Pêches et Océans Canada et Terre-Neuve-et-Labrador indiquent toutes deux que les mesures de gestion de ces plans sont substantiellement mises en oeuvre (tableau 11).

Tableau 11a : Aires protégées terrestres - Mesure dans laquelle les plans de gestion sont en place et mis en oeuvre

Aires protégées terrestres - Provinciales et territoires
Nombre d'aires protégées avec plans de gestion
Organisations
gouvernementales
Nombre
total
Pourcentage
BC
669/1 020
65.6 %
AB
60/252
23.8 %
SK
625/666
93.8 %
MB
9/302
3.0 %
ON
622/640
97.2 %
QC
207/2 400
8.6 %
NB
0/65
0.0 %
NS
14/59
23.7 %
PE
125/133
94.0 %
NL
17/60
28.3 %
YT
4/18
22.2 %
NT
3/23
13.0 %
NU
0/8
0.0 %
Aires protégées terrestres - Provinciales et territoires
Nombre d'aires protégées avec plans de gestion de moins de 10 ans
Organisations
gouvernementales
Nombre
total
Pourcentage
BC
481/1 020
47.2 %
AB
18/252
7.1 %
SK
0/666
0.0 %
MB
5/302
0.0 %
ON
118/640
18.4 %
QC
179/2 400
7.5 %
NB
0/65
0.0 %
NS
6/59
10.2 %
PE
24/133
18.0 %
NL
1/57
1.8 %
YT
4/18
22.2 %
NT
1/23
4.3 %
NU
0/8
0.0 %
Aires protégées terrestres - Provinciales et territoires
Organisations
gouvernementales
Mise en oeuvre des mesures de gestion
BC
Inconnue
AB
Partielle
SK
Inconnue
MB
Substantielle
ON
Partielle
QC
Inconnue
NB
Inconnue
NS
Inconnue
PE
Inconnue
NL
Inconnue
YT
Inconnue
NT
Inconnue
NU
Nulle
Aires protégées terrestres - Organisation fédérales
Nombre d'aires protégées avec plans de gestion
Organisations
gouvernementales
Nombre
total
Pourcentage
APC
40/47
85.1 %
EC
13/130
10.0 %
AAC
85/85
100 %
MPO
Sans objet
Sans objet
Aires protégées terrestres - Organisation fédérales
Nombre d'aires protégées avec plans de gestion de moins de 10 ans
Organisations
gouvernementales
Nombre
total
Pourcentage
APC
38/47
80.9 %
EC
0/130
0.0 %
AAC
85/85
100 %
MPO
Sans objet
Sans objet
Aires protégées terrestres - Organisation fédérales
Organisations
gouvernementales
Mise en oeuvre des mesures de gestion
APC
Substantielle
EC
Inconnue
AAC
Complète
MPO
Sans objet

Tableau 11b : Aires protégées marines - Mesure dans laquelle les plans de gestion sont en place et mis en oeuvre

Aires protégées marines - Provinciales et territoires
Nombre d'aires protégées avec plans de gestion
Organisations
gouvernementales
Nombre
total
Pourcentage
BC
Inclus dans les aires terrestres
Inclus dans les aires terrestres
MB
Aucune donnée fournie
Aucune donnée fournie
QC
14/466
3.0 %
NB
0/1
0.0 %
PE
-
-
NL
3/6
50 %
Aires protégées marines - Provinciales et territoires
Nombre d'aires protégées avec plans de gestion de moins de 10 ans
Organisations
gouvernementales
Nombre
total
Pourcentage
BC
Inclus dans les aires terrestres
Inclus dans les aires terrestres
MB
Aucune donnée fournie
Aucune donnée fournie
QC
11/466
2.4 %
NB
0/1
0.0 %
PE
Inclus dans les aires terrestres
Inclus dans les aires terrestres
NL
0/6
0.0 %
Aires protégées marines - Provinciales et territoires
Organisations
gouvernementales
Mise en oeuvre des mesures de gestion
BC
Inclus dans les aires terrestres
MB
Inconnue
QC
Inconnue
NB
Inconnue
PE
-
NL
Substantielle
Aires protégées marines - Organisation fédérales
Nombre d'aires protégées avec plans de gestion
Organisations
gouvernementales
Nombre
total
Pourcentage
APC
Inclus dans les aires terrestres
Inclus dans les aires terrestres
EC
Inclus dans les aires terrestres
Inclus dans les aires terrestres
MBO
6/8
75 %
Aires protégées marines - Organisation fédérales
Nombre d'aires protégées avec plans de gestion de moins de 10 ans
Organisations
gouvernementales
Nombre
total
Pourcentage
APC
Inclus dans les aires terrestres
Inclus dans les aires terrestres
EC
Inclus dans les aires terrestres
Inclus dans les aires terrestres
MBO
6/8
75 %
Aires protégées marines - Organisation fédérales
Organisations
gouvernementales
Mise en oeuvre des mesures de gestion
BC
Inclus dans les aires terrestres
AB
Inclus dans les aires terrestres
SK
Substantielle

Une gestion visant le maintien de l'intégrité écologique

De plus en plus, les organisations canadiennes adoptent l'intégrité écologique comme base de la gestion des aires protégées, la plupart d'entre elles (13 sur 16 pour les aires terrestres et 4 sur 9 pour les aires marines) déclarant que cette notion est intégrée dans leurs principes de fonctionnement. Par ailleurs, environ le tiers des organisations gouvernementales responsables des aires protégées déclare que des mesures sont en place pour surveiller l'intégrité écologique et environ la moitié dit avoir des mesures pour gérer en vue du maintien de l'intégrité écologique. Ces statistiques montrent que même s'il y a eu des améliorations depuis la dernière période de rapport, l'écart persiste entre la volonté et la réalité.

  • Pour 13 organisations gouvernementales terrestres (EC, AAC, Yn, T.N.-O., C.-B., Alb., Sask., Man., Ont., Qc, N.-B., N.-É. et T.-N.-L.) et 4 organisations gouvernementales marines (APC, C.-B., Man. et Qc), la notion d'intégrité écologique est intégrée dans les lois, politiques ou principes, plans ou procédures opérationnelles concernant les aires protégées.
  • L'Agence Parcs Canada est un chef de file mondial de la gestion visant le maintien de l'intégrité écologique (encadré 39). D'autres organisations gouvernementales ont récemment adopté le concept de façon plus officielle afin qu'il guide tous leurs efforts de gestion. Par exemple, la Colombie- Britannique a établi un ensemble de principes de gestion pour la conservation, qui lui permet d'assurer l'intégrité écologique de ses systèmes diversifiés. Grâce à sa nouvelle Loi sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation, l'Ontario peut mettre en priorité l'intégrité écologique lorsqu'elle planifie et gère les parcs provinciaux et les réserves de conservation sur son territoire. Il convient également de noter que la planification du réseau d'AMP a été conçue de façon à améliorer l'intégrité écologique de l'ensemble (encadré 40).
  • Environ le tiers des organisations gouvernementales terrestres (6 sur 16) et marines (3 sur 9) assurent une certaine surveillance des aspects de l'intégrité écologique dans leurs aires protégées. Parcs Canada a commencé à mettre en oeuvre son programme de surveillance de l'intégrité écologique en 2008 et un cadre national guide maintenant la collecte de données dans chaque parc national (encadré 39). En plus de Parcs Canada, Agriculture et Agroalimentaire Canada et le Yukon déclarent surveiller l'intégrité écologique dans l'ensemble ou la plupart de leurs aires protégées terrestres. Pêches et Océans Canada assure une certaine surveillance dans quelques-unes des AMP (tableau 12).
  • Plus de la moitié des organisations terrestres (9 sur 16) et le tiers des organisations marines (3 sur 9) ont mis en place des mesures pour gérer l'intégrité écologique. Parcs Canada gère l'intégrité dans toutes ses aires protégées terrestres et marines, tout comme Agriculture et Agroalimentaire Canada le fait dans tous ses pâturages communautaires. Sept organisations terrestres additionnelles (Yn, C.-B., Sask., Man., Ont., N.-B. et N.-É.) et deux autres organisations marines (C.-B. et Man.) ont mis en place des mesures partielles pour gérer l'intégrité écologique (tableau 13).
  • Des vérifications indépendantes des organisations gouvernementales responsables des aires protégées au Canada et aux États-Unis ont révélé, de façon systématique, que ces agences n'avaient pas la capacité de gérer en tenant compte de l'intégrité écologique ou des changements climatiques (Lemieux et coll., 2010). Malgré l'intention déclarée et la vision précise de la Colombie-Britannique de conserver l'intégrité écologique dans les aires protégées, son vérificateur général concluait en 2010 que la province ne réussit pas à atteindre cet objectif (OAG of British-Columbia, 2010). En 2006, le conseil d'administration de Parcs Ontario déclarait qu'un engagement envers l'intégrité écologique (dans la nouvelle Loi sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation) exigera plus que des dépenses pour les aires protégées; par la suite, le Bureau du Commissaire à l'Environnement de l'Ontario exprimait ses préoccupations à propos de la difficulté d'administrer la nouvelle Loi et de l'appliquer de façon appropriée sans une augmentation du financement (Bureau du CEO, 2007).

Encadré 39 Agence Parcs Canada : Un chef de file de la gestion de l'intégrité écologique

La Commission sur l'intégrité écologique des parcs nationaux du Canada a publié en 2000 son rapport intitulé Impacts pour les générations futures? Protection de l'intégrité écologique par les parcs nationaux du Canada (Agence Parcs Canada, 2000a) et Parcs Canada continue de travailler à la mise en oeuvre de ses recommandations. Par exemple :

  • Parcs Canada a élaboré le Cadre de surveillance de l'intégrité écologique (IE) afin de définir un contexte de science de la conservation pour assurer la surveillance et la reddition de comptes globale dans les parcs nationaux. Le cadre de surveillance de l'IE divise l'intégrité écologique du parc en deux volets :
    • diversité végétale et animale
    • et processus de l'écosystème.
    Le cadre identifie également les catégories qui décrivent les principaux facteurs de stress qui affectent les écosystèmes des parcs. Parcs Canada utilise le cadre pour surveiller périodiquement l'état de l'IE et publie les résultats pour chaque parc national, tous les cinq ans. L'information est aussi résumée tous les deux ans dans le Rapport sur l'état des lieux naturels et historiques du Canada (Parcs canada - État des lieux naturels et historiques du Canada Rapport 2011). Pour en savoir plus, se reporter au site de Parcs canada - Gestion des écosystèmes Inventaire et contrôle.
  • Le document intitulé Principes et lignes directrices pour la restauration écologique dans les aires naturelles protégées du Canada (Agence Parcs Canada et Conseil canadien des parcs, 2008) a été élaboré pour guider les décideurs et les praticiens dans leurs efforts d'amélioration de l'intégrité écologique dans les aires naturelles protégées du Canada. Ce document établit des principes et des lignes directrices pour la remise en état écologique et offre un cadre pratique pour la prise de décisions cohérentes, crédibles et éclairées sur la restauration écologique dans les aires naturelles protégées. Ces principes et lignes directrices ont été élaborés au nom du Conseil canadien des parcs par un groupe plurifonctionnel, intergouvernemental, dirigé par l'Agence Parcs Canada. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.
  • Agir sur le terrain II : Travailler avec les Canadiens pour améliorer l'intégrité écologique des parcs nationaux du Canada (Agence Parcs Canada, 2008) est un rapport dont le but est de mettre en évidence les progrès réalisés par Parcs Canada dans l'amélioration de l'intégrité écologique en soulignant particulièrement les mesures prises sur le terrain pour engager les Canadiens à prendre part à diverses activités dans le réseau des parcs nationaux. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

Encadré 40 Intégrité écologique dans le réseau d'aires marines protégées du Canada

Un document évolutif sur les lignes directrices et les pratiques exemplaires est en préparation pour guider la planification du réseau d'AMP dans les océans et les Grands Lacs du Canada.

Le document adopte les propriétés de conception de réseau reconnues à l'échelle internationale afin d'améliorer l'intégrité écologique et la cohésion générale d'un réseau.

Par exemple, l'existence d'un réseau doté d'une bonne connectivité, composé d'AMP appropriées et viables fait en sorte que les AMP ont la taille, l'espacement et la gestion nécessaires pour maintenir l'intégrité écologique des caractéristiques pour lesquelles elles ont été désignées, et du milieu marin dans son ensemble.

Tableau 12. Étendue de la surveillance de l'intégrité écologique

Terrestres
Marines
  • Surveillance complète de toutes les aires protégées :
    • APC, AAC
  • Surveillance complète de toutes les aires protégées :
    • APC
  • Surveillance partielle de la plupart des aires protégées :
    • Yn
  • Surveillance partielle de la plupart des aires protégées :
    • -
  • Surveillance partielle de certaines aires protégées :
    • EC, Sask., Qc
  • Surveillance partielle de certaines aires protégées :
    • EC, MPO
  • Surveillance sporadique :
    • T.N.-O., C.-B., Ont., N.-B., N.-É., T.-N.-L.
  • Surveillance sporadique : :
    • C.-B., Qc, T.-N.-L.
  • Peu ou pas de surveillance :
    • Nt, Alb., Man., Î.-P.-É.
  • Peu ou pas de surveillance :
    • Man., N.-B.
  • Sans objet :
    • -
  • Sans objet :
    • Î.-P.-É.

Tableau 13. Mesures en place pour gérer en vue de l'intégrité écologique

Terrestres
Marines
  • Oui :
    • APC, AAC
  • Oui :
    • APC
  • Partiellement :
    • Yn, C.-B., Sask., Man., Ont., N.-B., N.-É.
  • Partiellement :
    • C.-B., Man.
  • En préparation :
    • Aucune
  • En préparation :
    • -
  • Non :
    • EC, T.N.-O., Nt, Alb., Qc, Î.-P.-É., T.-N.-L
  • Non :
    • MPO, EC, Qc, N.-B., T.- N.-L.
  • Sans objet :
    • Î.-P.-É.
  • Sans objet :
    • -

Menaces pesant sur les aires protégées du Canada

La plupart des organisations gouvernementales évaluent d'une manière ou d'une autre les principales menaces et déclarent que les « activités incompatibles à l'extérieur des aires protégées » et les « changements climatiques » constituent les plus graves menaces à l'intégrité écologique des aires protégées terrestres. Il a été plus difficile de cerner les plus graves menaces pour les AMP Table Footnote 18.

  • Les organisations gouvernementales terrestres ont défini les menaces suivantes comme étant celles qui pèsent principalement sur les aires protégées, même si elles sont reconnues comme des questions interreliées ou qui se recoupent. Le tableau 14 (cidessous) établit une comparaison des principales menaces en 2011 par rapport à 2005.
    • Les activités incompatibles à l'extérieur des aires protégées (comme l'exploitation minière, l'exploitation forestière, l'exploitation pétrolière et gazière, l'agriculture, les transports et l'aménagement urbain) ont été citées comme un problème par la plupart des organisations, et classées comme la plus grave de menace pour le maintien de l'intégrité écologique. Cette menace avait aussi été déclarée comme la plus grave pour la période visée par le rapport de 2000–2005.
    • Les changements climatiques, ainsi que les questions connexes comme la hausse du niveau de la mer et la perte de zones côtières, les modifications du risque d'incendie, les infestations d'insectes et les déplacements des territoires des espèces ont été mentionnés comme constituant la plus grave menace par six organisations; cependant, les répercussions ne sont pas encore bien comprises, puisque cinq autres ont noté le niveau de menace comme « inconnu. » Les changements climatiques ne figuraient pas au sommet de la liste des menaces au cours de la période précédente.
    • Le déclin des populations d'espèces comme le caribou des bois, le tétras des armoises, la chevêche des terriers et le pin à écorce blanche sont parfois étendus à l'échelle du territoire et non liés aux conditions locales, mais ils font tout de même partie des menaces graves pour les aires protégées du Canada déclarées par huit organisations.
    • Les espèces envahissantes comme l'euphorbe ésule, la salicaire pourpre, la quenouille hybride, le genêt à balais et le crabe vert exigent la collaboration avec d'autres organismes également aux prises avec ces problèmes, comme pour d'autres menaces. Dix organisations ont déclaré que les espèces envahissantes constituaient une menace grave.
    • Les impacts cumulatifs de nombreuses activités à l'intérieur et à l'extérieur des aires protégées ne sont pas bien compris par bon nombre des organisations. Même si six d'entre elles ont déclaré que la menace des impacts cumulatifs était grave, cinq en ont qualifié la gravité comme « inconnue ».
  • Parmi les organisations qui ont précisément souligné les menaces qui pèsent sur leurs aires protégées dans le milieu marin, la Colombie-Britannique a déclaré, comme étant les plus graves l'interruption des cycles naturels (p. ex. l'effet du déclin des saumons reproducteurs sur les cycles de nutriments), les effets des changements climatiques (p. ex. la hausse du niveau de la mer) et les événements catastrophiques comme les déversements de pétrole. Par ailleurs le Manitoba a manifesté ses plus grandes préoccupations à propos des changements climatiques et plus précisément, du prolongement de la saison libre de glace dans la baie d'Hudson. Pêches et Océans Canada a mentionné les déclins des populations, les impacts cumulatifs et la perte d'habitat comme les principaux problèmes auxquels font face les ZPM créées en vertu de la Loi sur les océans, tout en reconnaissant que les aires marines protégées font face à des menaces différentes selon leur emplacement et leurs objectifs de conservation. Dans le contexte du réseau national d'AMP du Canada, Pêches et Océans Canada a déclaré que les changements climatiques et les impacts cumulatifs des activités humaines étaient considérés comme d'importants problèmes.
  • Même si ces menaces sont importantes, les organisations mettent en oeuvre des mesures pour les atténuer. Les principaux facteurs qui nuisent à la capacité de gérer les menaces comprennent l'absence d'influence sur les utilisations des terres et les activités à l'extérieur des aires protégées, le manque de capacité et de fonds ainsi qu'un manque de compréhension scientifique des problèmes ou de capacité technique pour y apporter des solutions. Pour chacun des cinq grands problèmes, des exemples de mesures de gestion et de facteurs qui nuisent à la capacité de gestion sont présentés au tableau 15.
  • L'encadré 42 donne quelques exemples de défis de gestion qui se sont présentés dans les aires protégées du Canada pendant la période de 2006 à 2011.

Tableau 14. Principales menaces pesant sur les aires protégées terrestres du Canada

Menaces 2000-2005
Menaces 2006-2011
  1. Activités incompatibles à l'extérieur des aires protégées
  2. Fragmentation de l'habitat
  3. Espèces envahissantes
  4. Fréquentation accrue des visiteurs
  1. Changements climatiques
  2. Impacts cumulatifs
  3. Activités incompatibles à l'extérieur des aires protégées
  4. Déclins des populations
  5. Espèces envahissantes

Encadré 41 Situation de l'adaptation aux changements climatiques dans le secteur des aires protégées du Canada (tiré de Lemieux et coll., 2011)

« Même s'il existe de grandes incertitudes à propos du moment, de l'étendue, et de la manière dont les écosystèmes et les autres actifs des aires protégées (p. ex., les possibilités récréatives) réagiraient à un changement des conditions climatiques, il est d'une importance cruciale pour les organismes de gestion de biens naturels de commencer par définir, évaluer et appliquer les solutions d'adaptation qui permettraient de réduire la vulnérabilité des aires protégées du Canada (et leur biodiversité intrinsèque) face aux changements climatiques […] Compte tenu des projections à long terme du remplacement des espèces et des pertes résultant des changements climatiques, du potentiel de réponses écologiques non linéaires (en d'autres mots les surprises écologiques), du temps de réponse requis des espèces et des écosystèmes face aux interventions de gestion et du processus relativement lent de la mise en oeuvre des nouvelles politiques au sein des organisations gouvernementales responsables des aires protégées, le moment de commencer à élaborer des stratégies proactives d'adaptation aux changements climatiques et intégratives est maintenant. » [Traduction libre]

Tableau 15. Caractérisation organisationnelle de la gestion des menaces terrestres

Menace : 1. Changements climatiques

Exemples de mesures de gestion
Facteurs nuisant à la capacité de gestion

Désignation d'aires protégées additionnelles; préservation de terres pour les corridors de connectivité; surveillance écologique; lignes directrices sur la hausse du niveau de la mer; plantation d'essences mieux adaptées aux conditions anticipées

Manque de connaissances, la concurrence des activités terrestres rend la désignation et l'établissement des corridors difficiles; plans de gestion désuets; manque de capacité et de fonds pour la recherche et la gestion; gestion axée prioritairement sur les menaces immédiates; accélération des changements climatiques

Menace : 2. Impacts cumulatifs

Exemples de mesures de gestion
Facteurs nuisant à la capacité de gestion

Permis et lignes directrices de gestion pour les activités se déroulant dans les aires protégées ou à proximité; planification intégrée de l'aménagement du territoire; processus d'examen/ incidences environnementales

Plans de gestion désuets; manque de capacité et de fonds pour surveiller les permis et contribuer aux processus de planification et d'examen; manque de connaissances et d'expérience

Menace : 3. Activités incompatibles à proximité des aires protégées

Exemples de mesures de gestion
Facteurs nuisant à la capacité de gestion

Établissement de plus grandes aires protégées pour atténuer les répercussions; partenariats pour l'acquisition de terres privées; permis pour les activités se déroulant dans les aires protégées ou à proximité; surveillance, communication et sensibilisation des usagers des aires environnantes; entente d'intendance volontaire; planification (zonage); aménagement intégré du territoire; processus d'examen environnemental

Disponibilité limitée des terres ou mécanisme ou financement simple pour l'acquisition de zones tampons; absence d'influence sur les activités d'utilisation des terres à l'extérieur; partage des responsabilités législatives par les autorités gouvernementales; capacité limitée de surveiller les permis ou de contribuer aux processus de planification et d'examen

Menace : 4. Déclins des populations

Exemples de mesures de gestion
Facteurs nuisant à la capacité de gestion

Désignation d'aires protégées additionnelles; interventions médicales pour éliminer les maladies; inventaire des habitats; surveillance des populations; accès limité aux visiteurs

Manque de temps du personnel et de fonds; conflits entre les intérêts de l'industrie et de la conservation; conditions extérieures ne relevant pas du contrôle du personnel de l'aire protégée; manque de coopération des visiteurs

Menace : 5. Espèces envahissantes

Exemples de mesures de gestion
Facteurs nuisant à la capacité de gestion

Lignes directrices de gestion limitant les introductions; mesures d'atténuation ajoutées aux permis; mesures de contrôle pour éliminer les espèces envahissantes et empêcher leur propagation (enlèvement physique, brûlage prescrit, pesticides, utilisation d'autres organismes vivants); partenariats avec d'autres ministères ou secteurs de compétences directement responsables des espèces envahissantes

Étendue du problème largement inconnu; biologie et démographie des espèces envahissantes; manque de capacité et de fonds pour faire les recherches et appliquer les permis, surveiller l'établissement et la mise en oeuvre des contrôles, élaborer des partenariats; capacité technique limitée de surveiller et de contrer les espèces envahissantes; dépenses et difficultés d'accès aux espèces envahissantes

Encadré 42 Défis de gestion dans les aires protégées du Canada : Quelques exemples pour la période de 2006 à 2011

  • Le parc territorial du mont Tombstone, au Yukon, comprend 2 200 km2 de magnifiques paysages de la beauté sauvage de la toundra arctique au nord de Dawson City, le long de la route Dempster. Les permis d'exploitation le long du parc territorial et les demandes persistantes d'exploration minière dans les limites du parc, continuent à menacer l'écologie du parc.
  • De longs antécédents de développement touristique dans les parcs nationaux de Banff et Jasper montrent bien le défi constant qui consiste à équilibrer les intérêts des visiteurs et le maintien de l'intégrité écologique. Les lignes directrices de 2011 pour le développement et l'utilisation au mont Norquay de Banff autorisent les propositions de visites touristiques pendant l'été et d'activités d'aventure, attirant des milliers d'autres visiteurs dans la région entre juin et octobre.
  • Les activités forestières sont autorisées dans environ 70 % du parc Algonquin en Ontario. En 2009, le ministre des Richesses naturelles a demandé au Conseil de Parcs Ontario et à l'Agence de foresterie du parc Algonquin de lui proposer des moyens d'atténuer les répercussions écologiques de l'exploitation forestière dans le parc Algonquin. Leurs recommandations, qui ont été acceptées par le ministre, faisaient en sorte que 49 % (environ 3 712 km2) de la superficie totale du parc ne serait plus assujettie à la gestion forestière. Ces changements doivent faire l'objet d'une modification législative au plan de gestion du parc. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.
  • La zone de protection marine Basin Head est une lagune côtière peu profonde située à l'extrémité est de l'Île-du-Prince-Édouard. Une évaluation écologique réalisée en 2008 concluait à un fort déclin d'une forme distincte de mousse d'Irlande de Basin Head, qui est passée de 110 tonnes en 1980 à un peu plus d'une tonne en 2008. Les facteurs de ce déclin comprennent les effets cumulatifs suivants :
    • a) l'apport de nutriments dans le bassin, de même que les proliférations annuelles d'algues vertes et la piètre qualité de l'eau qui en résulte; et
    • b) l'invasion du crabe vert qui se nourrit abondamment de moules bleues jouant le rôle d'agents de fixation de la mousse d'Irlande. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

La science et la recherche à l'appui de la gestion des aires protégées

Dans l'ensemble, les organisations gouvernementales responsables des aires terrestres et marines ont classé la disponibilité et la qualité de l'information scientifique et autre à l'appui de la gestion des aires protégées comme étant « limitée à bonne » Table Footnote 19.

  • Les organisations gouvernementales ont indiqué que l'information la plus facilement accessible et de la plus grande qualité concernait les « activités (humaines) d'utilisation des terres adjacentes » et « les inventaires des ressources naturelles », à peu près les trois quarts des organisations gouvernementales terrestres cotant la disponibilité et la qualité de ces ressources comme « bonnes » ou « excellentes ». En plus de ce genre d'information, les organisations gouvernementales responsables d'aires marines ont aussi côté comme « excellentes » la disponibilité et la qualité de l'information sur la « structure et fonction de la collectivité ».
  • Les organisations ont aussi déclaré que la disponibilité de l'information sur les processus écologiques, les connaissances traditionnelles écologiques et l'occurrence des espèces envahissantes était « limitée ».
  • L'Alberta, la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et- Labrador et les Territoires du Nord-Ouest ont fait état des plus grandes limites en ce qui concerne la qualité et la disponibilité de l'information.

« Il est maintenant clair que la science doit et peut jouer un rôle fondamental en maintenant l'intégrité écologique. »

- Parcs Canada, 2000b

Encadré 43 Amélioration des connaissances pour les décisions de gestion : exemples de projets, 2006–2011

  • Les programmes Citoyens de la science font partie des efforts d'engagement du public à l'égard de la collecte de données pour soutenir les décisions de gestion. L'Agence Parcs Canada a coordonné le travail de bénévoles du public pour mesurer l'abondance des salamandres et le taux de décomposition du sol dans le parc national Kejimkujik et pour la surveillance des invertébrés aquatiques dans le parc national du Gros-Morne. Les résultats de ces programmes sont intégrés au programme de surveillance et de compte rendu de l'intégrité écologique. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.
  • Parcs Ontario a publié un rapport en 2006 intitulé Natural Fire Regimes in Ontario, qui analyse les régimes de feu d'origine naturelle et les répercussions du feu sur les régions forestières de l'Ontario. Il explique la façon dont les écosystèmes ont interagi avec le feu dans le passé, avec une influence humaine minimale, et comment les ressources du feu peuvent être utilisées comme un outil pour aider à rétablir l'intégrité écologique du paysage des aires protégées. Le rapport permettra d'éclairer les décisions prises concernant les buts, les objectifs et les options de gestion des incendies pour préserver et remettre en valeur des écosystèmes dépendant du feu dans les zones protégées. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF .
  • Le groupe Prairie Adaptation Research Collaborative a présenté un rapport en 2006 sur ses travaux de modélisation des répercussions des changements climatiques sur 19 aires protégées dans l'écozone des prairies, en Saskatchewan. Le rapport évalue la capacité des politiques actuelles concernant les aires protégées de représenter et de soutenir la santé écologique en vertu de scénarios climatiques futurs, propose des réponses aux changements climatiques pour les aires protégées de la Saskatchewan et fournit un modèle qui peut être utilisé pour examiner les politiques des aires protégées dans d'autres secteurs de compétence. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

Tendances de financement pour les aires protégées

Les organisations gouvernementales responsables des aires terrestres au Canada ont dépensé en moyenne à peu près 6,00 $ l'hectare par année pour les aires protégées, soit une baisse par rapport aux 22,00 $ de 2005, bien que les dépenses des différentes organisations gouvernementales varient entre moins d'un dollar l'hectare jusqu'à près de 30,00 $. Les ressources financières consacrées aux programmes des AMP de Pêches et Océans Canada s'élèvent à environ 1 % des sommes dépensées pour les programmes des aires protégées terrestres.

  • La superficie totale protégée au Canada a continué d'augmenter (9,4 % d'augmentation des terres pour atteindre 993 242 km2 et 60,0 % d'augmentation des aires marines atteignant 49 354 km2 en 2011). Le financement au kilomètre carré varie selon les organisations, mais il a chuté, en moyenne, d'à peu près 22,00 $ en 2005 à environ 6,00 $ en 2011.
  • Huit des 16 organisations gouvernementales terrestres et deux des trois organisations gouvernementales marines (les autres organisations marines n'évaluent pas ceci séparément de leur programme terrestre) ont évalué les ressources requises pour mettre en oeuvre leur programme des aires protégées.
  • Les récents rapports témoignent des inquiétudes devant le financement inadéquat et le manque de personnel des programmes relatifs aux aires protégées, qui ont nui à la capacité des organisations de gérer ces aires. Par exemple, selon ses propres analyses, Environnement Canada a accordé des ressources humaines et financières insuffisantes aux activités ou besoins urgents liés au maintien des sites et à l'application des règlements dans les réserves nationales de faune et les refuges d'oiseaux migrateurs (Bureau du vérificateur général du Canada, 2008). Le Commissaire à l'environnement de l'Ontario a observé que le réseau de parcs de l'Ontario avait été sous-financé pendant de nombreuses années, au point où le ministère n'a pas été en mesure de s'acquitter de ses responsabilités en vertu de la loi (Bureau du Commissaire à l'environnement de l'Ontario, 2007) (encadré 44). Une récente évaluation de la santé des océans indiquait que les partenaires et intervenants considèrent les ressources insuffisantes comme l'un des trois plus grands défis de l'établissement et de la gestion des ZPM (Pêches et Oceans Canada, 2012). Les parties à la CDB ont indiqué à leur conférence de 2010, à Nagoya, au Japon, qu'un « financement durable » était le plus grand problème des aires protégées auquel il fallait accorder une attention.
  • Le Bureau du vérificateur général du Canada prévoit présenter un rapport en 2013 sur l'intégrité écologique dans les aires protégées terrestres fédérales et a publié (en 2013) une vérification des AMP de Pêches et Océans Canada et de l'Agence Parcs Canada et du réseau national d'AMP.

Encadré 44 « Faire moins avec moins » : comment les insuffisances de fonds, de personnel et de compétences internes nuisent à l'efficacité du MEO et du MRN

« Le public entretient un rapport émotif fort avec les parcs, les réserves de conservation et les régions sauvages de l'Ontario. Même les résidants qui ne visitent pas régulièrement les parcs s'attendent à ce qu'on protège et entretienne adéquatement le réseau (y compris les parcs exploités et non exploités). Malheureusement, ce réseau est insuffisamment financé depuis des années, au point où le MRN ne peut pas s'acquitter de ses obligations statutaires ni fournir des services adéquats au public. Il est incapable de gérer le réseau, dont la taille et la complexité s'accroissent. Au cours des dernières années, le nombre de zones protégées et leur superficie ont augmenté considérablement et une nouvelle loi sur les parcs a ajouté un mandat scientifique et des exigences plus rigoureuses. Par ailleurs, on a réduit à plusieurs reprises les sommes prélevées sur les recettes générales et affectées aux zones protégées. Les recettes des parcs ont augmenté, mais elles ne suffisent pas à compenser la combinaison des importantes compressions du financement gouvernemental, de la croissance rapide du réseau et de l'élargissement des responsabilités du MNR. »

- Extrait d'une étude de cas présentée dans Faire moins avec moins : comment les insuffisances de fonds, de personnel et de compétences internes nuisent à l'efficacité du ministère de l'Environnement de l'Ontario et du ministère des Richesses naturelles (Bureau du Commissaire à l'environnement de l'Ontario, 2007)

Pour en savoir plus, voir le fichier PDF.

Évaluation de l'efficacité de gestion

Moins de la moitié des organisations gouvernementales responsables des aires protégées du Canada évaluent l'efficacité de la gestion. Sept organisations gouvernementales terrestres et quatre marines ont recours à un large éventail de méthodes pour mesurer l'efficacité de leur gestion.

  • L'Ontario et la Colombie-Britannique mettent l'accent sur le maintien de l'intégrité écologique afin de déterminer l'efficacité de la gestion dans leur cadre d'aires protégées, tout comme le fait Pêches et Océans Canada qui a fait appel aux résultats de la surveillance scientifique, chaque fois que possible, et au processus courant de planification stratégique et de production de rapports. Agriculture et Agroalimentaire Canada, l'Alberta et la Saskatchewan utilisent aussi la planification administrative ou stratégique courante et les rapports pour évaluer leur efficacité de gestion. L'Agence Parcs Canada évalue dans quelle mesure les objectifs clés des aires protégées sont atteints.
  • Les résultats de l'Enquête de 2007 sur les aires protégées et les changements climatiques (voir au chapitre 2) et les conclusions de vérifications indépendantes sur l'efficacité de gestion des organismes responsables des aires protégées montrent qu'il y a un besoin criant de ressources supplémentaires pour accroître la capacité de gestion efficace dans les institutions responsables des aires protégées (Lemieux et coll., 2010).
  • Au Canada, un système de gestion axé sur les écosystèmes a été proposé pour guider l'évaluation de la gestion des aires protégées au pays. Conçu pour tenir compte de la diversité des conditions naturelles et socioéconomiques des aires protégées dans tout le pays et conformément à la définition de l'évaluation de l'efficacité de gestion de l'UICN, il porte sur la réalisation des objectifs plutôt que sur des indicateurs prédéterminés seulement (Sammett et Quinn, 2009).

Encadré 45 Efficacité de gestion dans les aires protégées

« Les aires protégées ne pourront contribuer de façon valable à la conservation de la biodiversité que si elles sont gérées efficacement. L'évaluation répétée et normalisée de l'efficacité de gestion est devenue un outil puissant pour soutenir la gestion efficace et adaptative des aires protégées avec le temps. Elle contribue à s'assurer que les aires protégées atteignent les objectifs de conservation établis et donnent les résultats escomptés sur le plan de la conservation. » [Traduction libre]

- Centre mondial de la surveillance de la conservation

Pour en savoir plus, se reporter au protected-areas-management effectiveness (récupéré en août 2013)

Encadré 46 « Faire moins avec moins » : comment les insuffisances de fonds, de personnel et de compétences internes nuisent à l'efficacité du MEO et du MRN

L'évaluation de l'efficacité de gestion est définie par l'UICN comme l'évaluation de la mesure dans laquelle les aires protégées sont bien gérées--et tout d'abord de la mesure dans laquelle la gestion protège les valeurs et atteint les buts et objectifs des aires protégées.

Les termes « efficacité de gestion » reflètent trois thèmes « principaux » de la gestion des aires protégées :

  1. les questions de conception liées tant aux sites individuels qu'aux systèmes d'aires protégées;
  2. la pertinence des systèmes et des processus de gestion;
  3. l'atteinte des objectifs des aires protégées y compris la conservation des ressources.

--Hockings et coll., 2006

Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

Encadré 47 Les efforts internationau x en mati ère d'évaluation de l'efficacité de gestion des aires protégées

La Commission mondiale des aires protégées de l'UICN a publié la deuxième édition d'un cadre d'évaluation de l'efficacité de gestion (Hockings et coll., 2006) qui constitue une base solide pour concevoir des systèmes d'évaluation, donne des orientations quant à ce qu'il faut évaluer et fournit des critères larges d'évaluation. À partir de ce cadre, différentes méthodes ayant recours à un éventail d'outils peuvent être utilisées pour faire des évaluations plus ou moins approfondies à différents niveaux.

Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

L'étude mondiale de l'évaluation de l'efficacité de gestion (Leverington et coll., 2010) a été réalisée entre la fin de 2005 et 2010. Elle vise à renforcer la gestion des aires protégées en compilant les travaux existants sur l'évaluation de l'efficacité de gestion, l'examen et le résumé des méthodes, les tendances et thèmes communs des résultats d'évaluation et l'examen des facteurs les plus importants qui favorisent une gestion efficace.

Le Programme de travail sur les aires protégées, à l'objectif 1.4, précise que toutes les aires protégées de l'UICN devraient avoir une gestion efficace d'ici à 2012. La décision X/31.19 invite les parties à « continuer à étendre et institutionnaliser les évaluations de l'efficacité de la gestion pour atteindre 60 % de la superficie totale des aires protégées d'ici à 2015, en employant différents outils nationaux et régionaux et en communiquant les résultats dans la base de données mondiale sur l'efficacité de la gestion, qui est gérée par le Centre mondial de surveillance pour la conservation ».

Pour en savoir plus, se reporter à Leverington et coll., 2010 (Management effectiveness evaluation in protected areas--a global study).

Rapport sur l'état des aires protégées

À peu près la moitié des organisations gouvernementales responsables des aires protégées--8 sur 16 des organisations gouvernementales terrestres et 5 sur 9 des organisations gouvernementales marines--confirment qu'elles évaluent l'état de leurs aires protégées et en rendent compte de façon systématique, soit séparément, soit collectivement dans le cadre de rapports sur l'état de l'environnement.

  • Actuellement huit organisations gouvernementales responsables des aires protégées (APC, AAC, C.-B., Sask., Man., Ont., Qc et Î.-P.-É.) mettent en oeuvre des mesures visant à rendre compte de l'état de leurs aires protégées sur une base régulière. La production de ces rapports est exigée par la loi pour toutes ces organisations gouvernementales, excepté pour Agriculture et Agroalimentaire Canada, la Colombie-Britannique et le Manitoba. Environnement Canada et les Territoires du Nord- Ouest, quant à eux, produisent des rapports de façon sporadique. En 2005, seulement trois organisations avaient une obligation de production de rapport en vertu de la loi. Du côté des aires marines, l'Agence Parcs Canada, Pêches et Océans Canada, la Colombie-Britannique, le Manitoba et le Québec produisent des rapports sur l'état de leurs aires protégées, tous, sauf le Manitoba, se conformant en ce sens à une exigence de la loi ou d'une politique.
  • L'examen continu des lois du Nunavut recommande que le rapport sur l'état des parcs soit inclus dans la nouvelle Loi sur les parcs territoriaux. La Colombie-Britannique a entamé un processus pour l'élaboration d'un rapport annuel plus complet qui inclurait l'information sur le cadre de surveillance écologique à long terme, tandis que l'évaluation des menaces dans le cadre du processus d'évaluation des risques pour la conservation des parcs de la Colombie-Britannique fournirait l'information nécessaire pour évaluer l'état des aires protégées et en rendre compte. La Colombie- Britannique a aussi entamé un processus pour l'élaboration d'un rapport annuel plus complet qui inclurait ce genre d'information.
  • Dans les biorégions de Pêches et Océans Canada, les comités consultatifs des zones de protection marines échangent les rapports d'étape avec la collectivité élargie des intervenants et examinent les plans annuels de travail et les rapports de rendement.

Évaluation des bienfaits des aires protégées

En plus de la conservation de la biodiversité, les organisations gouvernementales font de plus en plus la promotion des aires protégées pour les avantages qu'elles représentent pour les économies locales, régionales et nationales, la conservation du patrimoine culturel, la santé humaine et le bien-être, l'adaptation aux changements climatiques et l'atténuation de ces derniers, la propreté de l'eau et d'autres services écologiques, ainsi que la recherche scientifique et la sensibilisation. Un certain nombre d'études réalisées entre 2006 et 2011 font ressortir la valeur particulière des aires protégées pour un ensemble d'avantages.

Encadré 48 Réserve écologique de Race Rocks : Sensibilisation et recherche aux niveaux local et mondial

La réserve écologique de Race Rocks a été créée en 1980, en vertu de la loi de la Colombie-Britannique sur les réserves écologiques (Ecological Reserve Act). Situés dans les forts courants de marée du détroit Juan de Fuca, les rochers se trouvent à un endroit où les eaux côtières riches en matières nutritives se mélangent aux influences océaniques. L'emplacement est unique par sa rareté, l'abondance et la diversité des invertébrés benthiques et des poissons de récif, et constitue un lieu de nidification et de rassemblement pour les mammifères marins et les oiseaux de mer.

L'état de l'AMP a attiré l'attention du public et des gouvernements, afin de protéger la nature par la gestion de l'accès, de meilleures pratiques pour l'autorisation des activités et les restrictions de l'exploitation. Le tourisme local, les éducateurs marins et les animateurs de tourisme local visitent les rochers Race afin de fournir à leurs clients une observation directe de la nature. Les scientifiques en géophysique et en écologie ont fait des recherches dans la réserve. L'accès restreint pour l'exploitation et les séries chronologiques de données environnementales ont établi Race Rocks comme un point de référence écologique.

De plus, la réserve écologique des rochers Race est accessible par des moyens virtuels dans le monde grâce à Internet. Des caméras interactives et des diffusions Web de l'activité sur terre et sous l'eau offrent des possibilités de recherche et d'éducation dans le monde entier.

Pour en savoir plus, se reporter au site : Race Rocks.

Tableau 16 : Examen d'études et publications sur les avantages des aires protégées de 2006 à 2011

L'impact économique des parcs nationaux, provinciaux et territoriaux du Canada en 2009 (CCP, 2011b)

Dépenses liées aux parcs nationaux, provinciaux et territoriaux en 2009 :

  • 4,6 milliards de dollars ajoutés au PIB du Canada;
  • 2,9 milliards de dollars en revenu de travail (plus de 64 000 emplois à temps plein);
  • 337,1 millions de dollars recettes fiscales pour les gouvernements.

Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

Impact économique de Parcs Canada (The Outspan Group Inc., 2011a)

Les dépenses dans les parcs nationaux, les lieux historiques nationaux et les aires marines nationales de conservation en 2008–2009 :

  • ont ajouté 3 milliards de dollars au produit intérieur brut du Canada;
  • ont généré 1,9 milliard de dollars en revenus du travail;
  • ont procuré 217,9 millions de recettes fiscales aux gouvernements.

Pour en savoir plus, se reporter au Parcs Canada - Impact économique.

Répartition des avantages publics et privés sur les pâturages communautaires de gestion fédérale au Canada (Kulshreshtha et coll., 2008)

Pour tous les pâturages communautaires gérés par l'Administration du rétablissement agricole des Prairies, les retombées annuelles pour la société (y compris les mécènes des pâturages communautaires) sont estimées à 54,9 millions de dollars, donnant un rapport avantages-coûts de 2,5/1.

Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

Les aires marines protégées et les réseaux d'AMP : leurs avantages--et leurs coûts pour l'industrie de la pêche (version préliminaire) (Pêches et Océans Canada, 2010)

Voici un aperçu des avantages de l'établissement d'AMP pour les pêcheurs qui sont bien documentés dans les écrits scientifiques :

  • accroissement de la taille, de l'abondance et de la diversité des poissons (y compris d'autres organismes marins);
  • stabilité pour les pêcheurs, grâce à la reconstitution des stocks;
  • protection des habitats marins et des processus biophysiques;
  • amélioration de la résilience écologique qui permet de résister aux perturbations ou de s'en rétablir;
  • favorise un tourisme durable, notamment des activités comme la pêche récréative, la plongée sous-marine et le kayak;
  • protection tampon des collectivités côtières contre les conséquences des tempêtes;
  • protection de la valeur du patrimoine spirituel ou culturel comme les sites archéologiques, les épaves et les aires d'utilisation traditionnelles.

Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

Human health and well-being motivations and benefits associated with protected area experiences : an opportunity for transforming policy and management in Canada (Lemieux et coll., 2012)

Les avantages perçus de ces expériences ont été substantiels. Visiter des aires protégées est perçu comme une expérience humaine extrêmement positive, dont les plus grands bénéfices en termes de bien-être semblent se faire sentir dans les domaines psychologique, émotionnel, social, culturel et environnemental.

Les visites dans les parcs sont perçues comme ayant des avantages importants pour le développement de l'enfant, notamment en termes de développement physique, de connaissance et de compétence sociale, d'apprentissage cognitif et de langage.

Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

  • Les études d'impact économiques menées au sujet des aires protégées nationales, provinciales et territoriales du Canada concluent qu'elles sont des agents contributeurs d'une importante vitale pour le tourisme et l'économie. Les dépenses des gouvernements et des visiteurs qui se rendent dans les aires protégées ont des effets substantiels et récurrents, produisant des recettes fiscales pour les gouvernements, créant des emplois et générant des revenus pour les entreprises locales, en particulier dans les régions rurales et éloignées du Canada (CCP, 2011b). Une étude des pâturages communautaires gérés par l'Administration du rétablissement agricole des Prairies a révélé des avantages annuels de près de 55 millions de dollars (Kulshreshtha et coll., 2008) (tableau 16).
  • L'étude montre que les AMP produisent de nombreux avantages, notamment la stabilisation des stocks de poissons, le débordement des poissons dans les zones de pêche adjacentes, la résilience écologique et le tourisme durable (p. ex. Pêches et Océans Canada, 2010). Une étude axée sur des motifs de santé humaine et de bien-être et les avantages associés aux visites et aux expériences fournies par les aires protégées a conclu que ces avantages étaient substantiels (Lemieux et coll., 2012) (tableau 16). L'Ontario s'efforce de quantifier les avantages des écoservices (p. ex. protection des bassins hydrologiques, séquestration du carbone et assimilation de déchets) afin d'aider à élaborer et maintenir son système de patrimoine naturel.
  • Les organisations font état de nombreux exemples d'avantages additionnels des aires protégées. La Colombie-Britannique souligne la valeur scientifique et éducative des aires protégées (encadré 48). L'Alberta fait ressortir les avantages sociaux pour un large éventail de Canadiens, dont les personnes handicapées, les nouveaux Canadiens et les athlètes (encadré 49). Terre-Neuve-et-Labrador fait mention de l'histoire de la réserve écologique de Witless Bay, où des visites guidées, en bateau, de colonies d'oiseaux importantes sur le plan mondial ont aidé à relancer l'économie locale après l'effondrement de la pêche dans les années 1990. Les organisations d'est en ouest soulignent les avantages des aires protégées pour la production d'eau propre pour les municipalités.

Encadré 49 « Mon esprit respire là-bas »

Selon l'Alberta, les personnes handicapées ont exprimé une augmentation de la confiance en soi et un sentiment positif d'interdépendance grâce à des programmes comme « Push to Open Nature » (s'ouvrir à la nature). Le parc provincial de Canmore Nordi Centre a signalé les avantages pour les athlètes qui s'entraînent dans un milieu naturel plutôt que dans un milieu urbain. De nouveaux Canadiens, participant au programme de la nature comme langue seconde (Nature as a Second Language) ont reconnu que leur expérience dans les parcs les avait aidés à se détendre et à sentir mieux accueillis dans leur nouveau pays. Un des participants a déclaré : « J'ai l'impression que mon esprit respire là-bas ».

Participation des Autochtones à la gestion des aires protégées

Presque toutes les organisations gouvernementales responsables des aires protégées au Canada ont une forme ou une autre de gestion coopérative avec les Autochtones, particulièrement dans les territoires du Nord et les provinces qui ont de vastes régions septentrionales éloignées.

  • Dans le Nord du Canada, les revendications territoriales et les intérêts et droits des Autochtones en ce qui concerne les aires protégées et la faune sont des éléments moteurs et essentiels de la gestion des aires protégées dans les territoires. Les organisations gouvernementales qui ont des activités dans le Nord du Canada (p. ex. APC, EC, MPO, Yn, T.N.-O. et Nt) travaillent souvent avec des collectivités autochtones en vertu d'ententes de gestion coopérative officielles ou de structures consultatives comme des conseils de gestion.
  • Dans le Sud, les revendications territoriales jouent un rôle limité, mais d'autres ententes, lois et politiques procurent un niveau accru de participation des Autochtones à la gestion des aires protégées.
  • Certaines provinces déclarent avoir fait des progrès sur le plan de la participation des Autochtones dans les aires protégées : la Colombie-Britannique compte 35 ententes de gestion coopérative avec des Premières nations au sujet de la gestion des aires protégées; en vertu de la Loi sur l'aménagement des terres traditionnelles situées du côté est et les zones protégées spéciales du Manitoba, des ententes de mise en oeuvre de plans d'aménagement territorial conclus avec les Premières nations prévoient la création de conseils de gestion comportant une représentation égale du Manitoba et des Premières nations; la Nouvelle-Écosse et l'Assembly of Nova Scotia Mi'kmaq ont établi le groupe consultatif technique de sélection et de gestion des aires protégées de la Nouvelle-Écosse pour aider les Mi'kmaw et la province à atteindre leurs objectifs de planification et de gestion des aires protégées; les parcs du Québec, dans leurs territoires septentrionaux, protègent la biodiversité et aident à préserver les activités traditionnelles tout en partageant ce mode de vie avec les visiteurs (encadré 50).
  • Il existe aussi d'autres efforts de gestion coopérative provinciaux, notamment la mise en oeuvre d'activités d'exploitation des parcs, la participation à des comités de gestion et la conception et la mise en application des programmes de surveillance. La collaboration a des retombées économiques positives, comme les emplois et les services contractuels, de même que les droits de chasse et de pêche; ainsi que des avantages pour les visiteurs comme les programmes de guides, de pourvoyeurs, les camps et les programmes d'interprétation (encadré 51).
  • Le tiers des organisations (Yn, C.-B., Nt, Sask., N.-É. et Qc) définissent les partenariats avec les Autochtones pour la gestion des aires protégées comme une priorité des cinq prochaines années.

Encadré 50 Partenariat du Québec avec les populations autochtones pour l'élaboration et la gestion des parcs dans le Nord

Une adaptation nécessaire pour le respect des différences

Le gouvernement du Québec reconnaît les droits des Autochtones sur les territoires visés par les accords, traités et conventions. Les parcs nationaux (provinciaux) qui se trouvent sur le territoire visé par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois accordent certains droits aux bénéficiaires, assurant aux Inuits et aux Cris la possibilité de poursuivre leurs activités traditionnelles comme la chasse, la pêche, le trappage et l'établissement de camps. Cela facilite l'acceptation des projets dans les parcs puisqu'ils ne nuisent pas aux droits des peuples autochtones.

Dans les territoires visés par la Convention, au Québec, les parcs non seulement protègent un territoire, mais aident à préserver des activités traditionnelles, tout en partageant ce mode de vie avec les visiteurs.

Une vision commune avec des partenaires de collectivités autochtones

Le gouvernement du Québec s'assure de la participation des collectivités en confiant l'exploitation du parc à l'Administration régionale Kativik (KRG) et à la collectivité crie correspondante pour chaque parc de la zone visée par la Convention.

Aujourd'hui, le parc national de Pingualuit (créé en 2004) et le parc national Kuururjuaq (créé en 2009) sont exploités par KRG et bon nombre d'employés proviennent des villages hôtes. Il y a six emplois permanents et plusieurs à temps partiel qui sont créés dans chacun des parcs nationaux et une équipe de dix employés administratifs. Les connaissances locales sont mises en valeur pour les activités et les services offerts dans ces parcs.

Le parc national proposé de Tursujuq résulte d'un effort concerté du gouvernement du Québec, des Inuits et des Cris qui ont participé à toutes les étapes de la planification. Le soutien communautaire et la compréhension du contexte local sont recherchés. Le respect des cultures, la protection du patrimoine naturel ainsi que l'emploi et la formation sont à l'étude.

Encadré 51 Possibilités coopératives associées aux aires protégées 2006–2011

À partir d'études de cas présentées dans Peuples autochtones, les parcs et aires protégées du Canada (Conseil canadien des parcs, 2011)

Camp du savoir du parc Katannilik : Avec une population dont 60 % a moins de 25 ans, le Nunavut est de loin le plus « jeune » de tous les territoires et de toutes les provinces au Canada. Cela présente à la fois des défis et des possibilités pour ceux qui conçoivent des programmes et des activités pour les jeunes, surtout dans les petites collectivités. Parcs Nunavut a créé un « camp du savoir » au parc territorial Katannilik afin d'établir des liens entre les jeunes et les Aînés et faciliter le transfert intergénérationnel des connaissances et du savoirfaire traditionnel. On cherche présentement des occasions d'organiser des camps semblables dans d'autres parcs territoriaux du Nunavut. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

Observation de grizzlis à Ni'iinlii' Njik (Fishing Branch)--Un projet coopératif d'écotourisme avec la participation de la Première Nation Vuntut Gwitchin, de la Vuntut Development Corporation, de Parcs Yukon et de Bear Cave Mountain Eco- Adventures : L'étude de cas de Ni' iinlii' Njik témoigne de l'effet positif que peuvent avoir les revendications territoriales sur la conservation et sur l'efficacité des partenariats de gestion, surtout dans le développement de nouvelles activités écotouristiques hautement spécialisées. Une gestion appropriée des activités d'observation des ours pourrait contribuer à sensibiliser le public aux ours et à l'écologie de ces animaux, et favoriser la compréhension du comportement humain approprié dans un habitat d'ours, d'autant plus que ces activités touristiques pourraient avoir des retombées économiques. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

La Nation Tsleil Waututh et BC Parks--Gestion participative du parc patrimonial Say Nuth Khaw Yum/parc provincial Indian Arm : L'entente de gestion participative signée par la nation Tsleil- Waututh et la province de la Colombie-Britannique constitue le fondement de la relation de coopération et de respect mutuel qui les unit. En vertu de cette entente, la nation Tsleil-Waututh et la province (représentée par BC Parks) participent activement à la planification, à la gestion et aux activités du parc. En septembre 2006, la nation Tsleil-Waututh et BC Parks ont célébré l'achèvement de l'atlas et la fin de la première étape. La deuxième étape vise à préparer une ébauche de plan directeur. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

AkKutiliuk--Ouvrir la voie : Réserve de parc national du Canada des Monts-Torngat : À l'été 2006, première saison d'activité officielle de ce parc, Parcs Canada a mis sur pied un camp de base sur l'île Shuldham dans la baie Saglek, près de l'entrée sud de la réserve de parc. Géré par les Inuits de Nain, ce camp de base avait pour objectif, entre autres, de trouver des façons d'optimiser la présence des Inuits dans le parc et d'assurer leur participation à sa gestion en fusionnant leurs programmes et leurs objectifs avec ceux de l'Agence. Cette étape est la première d'un processus qui mènera à une relation productive de gestion coopérative à long terme. Pour en savoir plus, se reporter au fichier PDF.

Communautés locales et gestion d'aires protégées

La plupart des organisations gouvernementales continuent de travailler avec les collectivités aux décisions de gestion concernant leurs aires protégées locales.

  • Les deux tiers de toutes les organisations gouvernementales responsables d'aires protégées marines ou terrestres (13 sur 17) ont enchâssé la participation communautaire aux lois, politiques, accords de revendication territoriale ou ententes sur les répercussions et avantages (APC, EC, MPO, Yn, Nt, CB, Alb., Sask., Man., Ont., Qc, N.-É. et T.-N.-L.).
  • En pratique, toutes sauf deux de ces organisations fournissent des possibilités de participation communautaire aux décisions de gestion dans la plupart si ce n'est la totalité de leurs aires protégées (se reporter aux exemples de l'encadré 52); ces deux organisations recherchent rarement la participation locale.

Encadré 52 Participation communautaire locale aux décisions de gestion des aires protégées
- Commentaires des organisations gouvernementales

Nunavut : « Par le passé, l'établissement et la gestion des parcs se faisaient avec les intervenants qui incluaient des comités des collectivités adjacentes au parc, notamment des représentants du village, des associations touristiques, des associations de chasseurs et trappeurs, des groupes d'aînés et de jeunes, des sociétés patrimoniales et des comités communautaires sur les terres et les ressources ».

Alberta : « Un processus de consultation et d'avis en ligne appelé 'Involving Albertans' a été créé en 2009 pour donner plus de possibilités de fournir des commentaires et de contribuer aux décisions de gestion de tout genre […] Les possibilités de participation du public se sont présentées au sujet de la désignation des nouveaux parcs ou d'addition de terres aux parcs existants, de modifications des limites, d'agrandissement des installations et de gestion des parcs. Les mécanismes de consultation locaux comme des journées de portes ouvertes, des séances d'information ou des réunions avec le public ou les intervenants sont aussi utilisés chaque fois qu'ils sont justifiés ».

Manitoba : « La participation communautaire aux décisions de gestion varie selon l'endroit […] Les groupes locaux qui disposent de conseils de cogestion des ressources participent aux décisions de gestion des aires protégées pour les lieux qui entrent dans leurs zones de gestion des ressources. Les conseils de cogestion des ressources examinent les activités proposées et font des recommandations, ce qui inclut les aires protégées situées dans les zones de gestion des ressources. Les conseils sont composés de membres des Premières nations et du gouvernement du Manitoba ».

Pied de page

Text Content Footnote

Footnote1

Des plans de gestion « à jour » sont définis dans le Rapport sur la situation des aires protégées au Canada, 2000–2005 (gouvernement du Canada, 2006) comme étant ceux qui sont « âgés de moins de 10 ans ». Cette définition a été appliquée au présent rapport pour des raisons d'uniformité, bien qu'on reconnaisse que les organisations gouvernementales responsables des aires protégées puissent avoir différents calendriers de mise à jour des plans de gestion.

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Footnote2

Les organisations gouvernementales ont classé les menaces à partir d'une liste qui contenait les éléments suivants : perte d'habitat, disparition d'espèces, déclins des populations, espèces envahissantes, fragmentation de l'habitat, interruption des cycles naturels, fréquentation accrue des visiteurs, modification des activités des visiteurs, qualité de l'air compromise, qualité de l'eau compromise, changements climatiques, activités incompatibles à l'extérieur des aires protégées, impacts cumulatifs, surutilisation des ressources naturelles, événements catastrophiques, autres (préciser).

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Footnote3

Les organisations gouvernementales ont eu à classer la disponibilité et la qualité des catégories suivantes d'information : inventaires des ressources naturelles, structure et fonction de la collectivité, processus écologiques, connaissances traditionnelles écologiques, activités/incidences des visiteurs, occurrence des espèces envahissantes et activités d'utilisation des terres adjacentes.

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