Cette page Web a été archivée dans le Web

L'information dont il est indiqué qu'elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n'est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n'a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Document technique sur l'incinération en discontinu de matières résiduelles

Résumé

L'incinération est reconnue comme un moyen efficace et écologique d'éliminer une grande variété de matières résiduelles et est utilisée par de nombreuses installations et différents ordres de gouvernement au Canada. Les producteurs de matières résiduelles situés dans des régions éloignées peuvent disposer de peu de moyens rentables et écologiques pour gérer leurs matières résiduelles, et l'incinération peut alors être considérée comme une méthode de gestion de matières résiduelles appropriée. Les activités commerciales exercées en milieu éloigné, comme l'exploration et l'exploitation minières, peuvent produire des matières résiduelles très variées et en grandes quantités, qui doivent être gérés adéquatement. Les matières résiduelles produites par l'industrie, les activités de recherche et le secteur des soins de santé peuvent nécessiter un traitement thermique comme moyen écologique de contrer la propagation de maladies d'origine végétale, animale ou humaine. De plus, à de nombreux endroits au Canada, l'incinération des matières résiduelles est un moyen important de décourager l'interaction potentiellement dangereuse entre les humains et les espèces sauvages. Dans tous les cas, la réduction des matières résiduelles et leur réacheminement des sites d'enfouissement devraient être l'objectif premier en matière de gestion des matières résiduelles, avant de considérer des mesures d'élimination.

Toutefois, l'incinération de matières résiduelles soulève des questions environnementales potentiellement importantes, qui doivent être adressées par un choix d'équipement judicieux ainsi que de bonnes pratiques d'opération, d'entretien et de tenue des registres. Ces questions concernent le rejet possible de mercure, ainsi que de dioxines et de furanes (PCDD/F), qui sont des polluants organiques persistants (POP). Le mercure et les POP sont bioaccumulables dans l'environnement et peuvent avoir des effets négatifs pour la santé et l'environnement. Ils peuvent aussi être transportés à grande distance : des mesures effectuées dans le Nord révèlent des concentrations nettement supérieures à celles qui peuvent s'expliquer par la production locale. Les émissions de dioxines et de furanes peuvent être associées à une technologie d'incinération inadéquate ou à une mauvaise utilisation d'un incinérateur. Le mercure n'est pas produit par un système d'incinération; les émissions de mercure sont directement liées à la présence de cette substance dans certaines matières résiduelles. Par conséquent, le meilleur moyen de réduire les émissions de mercure des incinérateurs est de restreindre la quantité de cette substance dans les matières résiduelles envoyées à l'incinérateur.

La Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (dont le Canada est un Partie et qui est entrée en vigueur en mai 2004) établit que l'incinération est une source potentielle de POP et prévoit une série de mesures visant à réduire et, si possible, à éliminer leur rejet. La Convention exige aussi que les meilleures techniques disponibles (MTD) et les meilleures pratiques environnementales (MPE) soient appliquées aux sources de POP nouvelles ou modifiées de façon importante. De plus, le Conseil canadien des ministres de l'Environnement (CCME), a adopté en 2001 les Standards pancanadiens relatifs aux dioxines et aux furannes, qui identifient l'incinération parmi les actions ciblées afin de réduire les émissions et fixent des normes relatives aux émissions atmosphériques. Le CCME a aussi adopté en 2000 les Standards pancanadiens relatifs aux émissions de mercure, qui fixent des limites d'émissions de mercure produites par les incinérateurs. Le mercure et les dioxines et furanes figurent à la Liste des substances toxiques dans l'Annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE 1999).

Le Document technique sur l'incinération en discontinu de matières résiduelles a été conçu pour aider les propriétaires et les opérateurs à bien choisir, opérer et entretenir leur système et à tenir leurs registres dans le but d'atteindre l'objectif visé par les Standards pancanadiens relatifs aux dioxines/furanes et au mercure et de réduire les émissions d'autres substances toxiques. Le document comprend :

  • une discussion sur l'importance de réduire, de réutiliser et de recycler les matières résiduelles;
  • des méthodes guidant le choix de technologies d'incinération apte à satisfaire aux exigences relatives à la gestion de différents flux de matières résiduelles;
  • des exigences opérationnelles devant faire en sorte que les incinérateurs pour matières résiduelles à fonctionnement discontinu atteignent l'objectif visé par les Standards pancanadiens relatifs aux dioxines/furanes et au mercure et réduisent le rejet d'autres substances toxiques, et
  • des recommandations sur la tenue des registres et la production de rapports.

Le Document technique vise à réduire les émissions de dioxines/furanes et de mercure produites par les incinérateurs de matières résiduelles d'une capacité allant de 50 kg à 3 000 kg/cycle, cette dernière constituant la capacité du plus grand incinérateur de ce type actuellement utilisé au Canada. Ces incinérateurs sont ceux qui sont chargés avec les matières résiduelles avant que le cycle de combustion ne soit initié, la porte restant fermée jusqu'à ce que les résidus de combustion dans la chambre primaire se refroidissent. Des mesures d'émissions réalisées par Environnement Canada en 2002 sur un incinérateur pour matières résiduelles à fonctionnement discontinu moderne fabriqué au Canada montrent que ce type de système, bien utilisé et bien entretenu, peut respecter les limites d'émissions de dioxines/furanes (80 pg ETI/Rm³ @ 11% O2 ) et de mercure (20 μg/Rm³ @ 11% O2) fixées par les Standards pancanadiens. Des mesures d'émissions peuvent être effectuées, conformément aux exigences des autorités règlementaires (p. ex. fédérale, provinciale/territoriale), pour vérifier que ces standards sont respectés.

Le Document technique recommande et prescrit un processus en six étapes pour l'incinération en discontinu de matières résiduelles :

  • Étape 1 – Comprendre le flux de matières résiduelles
  • Étape 2 – Choisir l'incinérateur approprié (ou évaluer le système existant)
  • Étape 3 – Installer et aménager correctement l'incinérateur
  • Étape 4 – Utiliser l'incinérateur pour en obtenir une combustion optimale
  • Étape 5 – Manipuler et éliminer les résidus de combustion de manière sécuritaire
  • Étape 6 – Tenir des registres et produire un rapport

En appliquant ces six étapes, les propriétaires et les opérateurs d'incinérateurs de matières résiduelles à fonctionnement discontinu pourront atteindre l'objectif visé par les Standards pancanadiens relatifs aux dioxines/furanes et au mercure tout en réduisant le risque de rejeter d'autres substances toxiques dans l'environnement.

Date de modification :