Facteurs d'influence et impacts de la pollution atmosphérique

Les polluants atmosphériques peuvent nuire à la santé des Canadiens, à l'environnement naturel et à l'économie.

La pollution atmosphérique est généralement définie comme étant la présence dans l'air de tout polluant (ou substance) qui, directement ou indirectement, met en danger, dégrade ou modifie la santé des êtres humains, la santé des animaux, l'environnement ou les écosystèmes, ou encore qui interfère avec ceux-ci ou leur nuit. Chaque polluant est différent quant à sa composition chimique, à ses réactions avec d'autres substances chimiques, à ses sources, à sa persistance, à sa capacité de voyager dans l'atmosphère et à ses effets.

Les principaux contaminants atmosphériques (PCA), qui font l'objet de la présente section, sont un groupe de polluants qui englobe les oxydes de soufre (SOX), les oxydes d'azote (NOX), les particules, les composés organiques volatils (COV), le monoxyde de carbone (CO) et l'ammoniac (NH3). De plus, l'ozone troposphérique (O3) et les particules secondaires sont souvent considérés comme des PCA, car ils sont tous deux des sous-produits de réactions chimiques entre les PCA que l'on trouve dans l'atmosphère.

Aperçu des principaux facteurs de pollution atmosphérique

La pollution atmosphérique découle d'activités humaines telles que la combustion de carburants pour le transport (p. ex. automobiles et camions), la production d'électricité et le chauffage, les procédés industriels, et l'utilisation de certains produits (p. ex. peintures et solvants). Elle est également causée par des sources naturelles (comme les émissions de COV provenant de la végétation).

En 2013, les sources à ciel ouvert (en majeure partie la poussière des routes pavées et non pavées et les travaux de construction) constituaient la source la plus importante d'émissions de particules fines (P2,5), avec 79 % des émissions totales. Dans le cas des émissions de NH3, les sources à ciel ouvert (principalement l'agriculture) représentaient 94 % des émissions totales en 2013. La même année, les sources industrielles étaient les plus importantes contributrices d'émissions de SOX (69 %) et de COV (37 %). Enfin, les sources associées au transport et aux véhicules hors route étaient les plus importantes émettrices de NOX (55 %) et de CO (59 %)Note de bas de page [1].

Une grande variété de facteurs influe sur les émissions de polluants atmosphériques au Canada. Ces facteurs comprennent la géographie physique, les changements démographiques et la croissance économique du Canada. Le climat du Canada est très variable. Ce facteur contribue à l'utilisation relativement élevée d'énergie pour le chauffage ou la climatisation des bâtiments, comparativement à d'autres pays industrialisés. Le Canada est vaste, et sa population est éparse, ce qui fait que les déplacements sont plus longs et que la demande en matière de transport est plus élevée que dans les pays plus petits ou plus densément peuplés. En outre, le Canada a connu, de 2000 à 2012, une croissance démographique et économique plus rapide que la moyenne par rapport à d'autres pays développés. Les autres facteurs importants qui influent sur la pollution atmosphérique comprennent l'adoption de pratiques ou d'équipement plus efficaces par les consommateurs et l'industrie. Par exemple, la façon dont les gens se rendent au travail, les endroits où les entreprises décident d'implanter leurs installations de fabrication, et les choix de celles-ci quant à l'achat ou à la fabrication de produits écoénergétiques.

Malgré ces difficultés, les émissions de polluants atmosphériques ont généralement diminué au Canada au cours des deux dernières décennies, avec les avancées technologiques et la réglementation adoptée et mise en œuvre dans divers secteurs économiques.

Aperçu des principaux effets de la pollution atmosphérique

Effets environnementaux

  • L'O3 troposphérique peut avoir d'importantes répercussions sur la végétation et réduire la productivité de certaines cultures. Elle peut également nuire aux fleurs et aux arbustes, et contribuer au déclin des forêts dans certaines parties du Canada.Note de bas de page [2] Des changements écosystémiques peuvent également se produire, car certaines espèces végétales qui sont plus résistantes à l'O3 peuvent devenir dominantes et supplanter celles qui le sont moins.Note de bas de page [3]
  • Les effets des émissions de particules sur la végétation dépendent des composantes chimiques et de la taille de celles-ci. La réponse des végétaux à la présence de particules est largement due aux changements qui en découlent sur le plan de la chimie des sols, plutôt qu'au dépôt direct des particules sur les plantes. Divers constituants des particules absorbées par les plantes à partir du sol peuvent diminuer la croissance et la productivité de ces dernières. Les particules peuvent également entraîner des dommages physiques aux surfaces des végétaux (par abrasion).Note de bas de page [3]
  • Les NOX et le SO2 peuvent se transformer en gaz ou en particules acides, et causer ou accélérer la corrosion et la salissure de certaines matières. Avec le NH3, ils sont également les principaux précurseurs des précipitations acides. Les précipitations acides nuisent aux sols et aux plans d'eau, et représentent un facteur de stress pour les espèces végétales et animales.Note de bas de page [4]
  • Le CO peut entraîner d'importantes répercussions sur la santé humaine. Il entre dans la circulation sanguine par les poumons et forme de la carboxyhémoglobine, composé qui inhibe la capacité du sang de transporter l'oxygène vers les organes et les tissus. Les personnes souffrant de maladies cardiaques sont particulièrement sensibles à l'intoxication au CO. Les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies respiratoires sont également particulièrement sensibles. Le CO peut avoir des effets néfastes sur les personnes en santé, et nuire à leur capacité de faire de l'exercice, à leur perception visuelle, à leur dextérité manuelle, à leurs fonctions cognitives et à leur capacité d'exécuter des tâches complexes.Note de bas de page [5]

Effets sur la santé humaine

  • Les P2,5 et l'O3 troposphérique peuvent nuire aux systèmes respiratoire et cardiovasculaire des êtres humains. Les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies aiguës sont plus vulnérables à ces effets. Les P2,5 et l'O3 troposphérique sont associés à des irritations des yeux, du nez et de la gorge, à l'essoufflement, à l'exacerbation des troubles respiratoires, à la maladie pulmonaire obstructive chronique et à l'asthme, à l'exacerbation des allergies, au risque accru de maladies cardiovasculaires et au décès prématuréNote de bas de page [6]. En 2013, 7,9 % des Canadiens âgés de 12 ans et plus ont reçu un diagnostic d'asthme par un professionnel de la santé. Ce taux n'a pas changé de manière significative de 2003 à 2013Note de bas de page [7].
  • Les effets vont des troubles respiratoires mineurs au décès prématuré. Les effets les plus communs comprennent des changements sur le plan de la respiration et de la fonction pulmonaire, l'inflammation pulmonaire, et l'irritation et l'aggravation de troubles cardiaques et pulmonaires existants (p. ex. asthme, emphysème et maladies cardiaques).
  • Les effets néfastes sur la santé augmentent avec la hausse des concentrations de polluants dans l'atmosphère. Même les hausses modestes de concentration (p. ex. dans le cas des P2,5 et de l'O3) peuvent accroître légèrement, mais de façon mesurable, le nombre de visites à l'urgence, d'admissions dans les hôpitaux et de décès prématurés.Note de bas de page [8]

Répercussions économiques

  • Les effets des P2,5 et de l'O3 troposphérique sur la santé pourraient réduire le taux de présence au travail et de participation générale de la population active. En ce qui concerne la hausse des coûts associés aux soins de santé, les jours d'absence au travail et la productivité réduite des travailleurs, on estime que la pollution atmosphérique coûte aux Canadiens et à l'économie canadienne des milliards de dollars par année.Note de bas de page [9]
  • La hausse des teneurs en O3 réduit également la croissance des cultures, des plantes et des arbres, ce qui entraîne des pertes économiques dans les secteurs de l'agriculture et de la foresterie. Par exemple, on sait que les effets de l'ozone sur l'agriculture coûtent chaque année aux agriculteurs canadiens des millions de dollars en perte de production.Note de bas de page [10]
  • Le smogNote de bas de page [11] peut réduire le plaisir que retirent les Canadiens et les touristes lorsqu'ils fréquentent nos milieux naturels, car il peut réduire la visibilité des environs et des lieux d'observation panoramique. Il peut également avoir des répercussions sur les milieux aménagés en accélérant la décoloration, la dégradation ou le ternissement des matériaux, et en accroissant le rythme auquel ces derniers doivent être remplacés ou nettoyés.Note de bas de page [3]

Que pouvons-nous faire pour aider?

Pour aider à la réduction globale des niveaux de pollution atmosphérique :

  • Lorsque cela est possible, choisir le transport en commun plutôt que la voiture. Vous pourriez aussi marcher ou utiliser votre bicyclette, aux endroits et aux moments où cela est sécuritaire.
  • Chercher des solutions de rechange aux engins et aux véhicules alimentés au carburant. Choisir une embarcation à rames ou à voile au lieu d'une embarcation motorisée, ou encore une tondeuse mécanique au lieu d'une tondeuse nécessitant de l'essence.
  • Se tourner vers l'écoénergétique lors de l'achat d'un véhicule. Maintenir tous ses véhicules en bon état.
  • Réduire l'utilisation d'énergie à la maison. En apprendre davantage sur les ressources énergétiques de rechange.
  • Ne pas brûler les feuilles, branches ou autres déchets des terrains résidentiels.

Pour réduire l'exposition à la pollution atmosphérique et à ses effets néfastes potentiels :

  • Vérifier la Cote air santé (CAS) de votre région et adapter votre horaire en conséquence.
  • Éviter ou réduire les activités extérieures intenses lorsque les niveaux de smog sont élevés. Envisager plutôt les activités à l'intérieur.
  • Éviter ou réduire les activités physiques à proximité des zones de forte circulation, en particulier à l'heure de pointe.
  • Parler à votre médecin de famille ou à un professionnel de la santé si vous avez des inquiétudes relatives à votre santé ou à celle d'un membre de votre famille.

Le gouvernement du Canada prend également des mesures pour aider à réduire les niveaux globaux de pollution atmosphérique. Le rejet de polluants atmosphériques fait l'objet de plusieurs règlements pris en application de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999). Ces règlements limitent la quantité de polluants rejetés dans l'atmosphère chaque année.

Pour en apprendre davantage au sujet des effets attendus de la réglementation élaborée par le gouvernement du Canada, on peut consulter le résumé de l'étude d'impact de la réglementation (REIR) qui accompagne chaque règlement. Le REIR présente les justifications qui sous-tendent l'élaboration d'un règlement donné, ses objectifs et ses coûts et avantages attendus. Le REIR inclut également des détails au sujet des consultations qui ont été menées et de la façon dont le gouvernement entend assurer le suivi de l'efficacité du règlement.

Indicateurs connexes

Renseignements connexes

Règlements connexes

La réglementation propre à la pollution atmosphérique prise en application de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) comprend, entre autres, les règlements suivants :

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Environnement Canada (2015) Sommaires des émissions de polluants atmosphériques de 2013 et tendances historiques.

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Note de bas de page 2

Environnement Canada – Ozone troposphérique (O3).

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Note de bas de page 3

Environnement Canada (2012) Évaluation scientifique canadienne du smog – Faits saillants.

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Note de bas de page 4

Environnement Canada – Les pluies acides.

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Note de bas de page 5

Environnement Canada – Monoxyde de carbone (CO).

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Note de bas de page 6

Ressources naturelles Canada (2014) Vivre avec les changements climatiques au Canada : perspectives des secteurs relatives aux impacts et à l'adaptation.

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Note de bas de page 7

Statistique Canada (2013) Feuillets d'information sur la santé : Asthme, 2013, 82-625-X.

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Note de bas de page 8

Clean Air Partnership – Air Pollution and Your Health.

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Note de bas de page 9

Environnement Canada – Coûts en matière de santé.

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Note de bas de page 10

Environnement Canada – Dommages à l'infrastructure et aux industries canadiennes.

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Note de bas de page 11

Le terme « smog » a d'abord été introduit il y a plus de trois décennies pour décrire un mélange de fumée et de brouillard dans l'atmosphère. Aujourd'hui, il englobe les particules et l'O3, et les polluants précurseurs (SO2, NOX, COV et NH3).

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