Les dix événements météorologiques les plus marquants de 2005 : évènement deux

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2. La pire inondation généralisée de l'histoire du Manitoba

Le Manitoba a l'expérience des inondations. Presque tous les printemps, on s'inquiète de la menace des inondations découlant de la fonte du stock nival et des précipitations abondantes d'avril. En 2005, la province a connu la pire inondation généralisée de son histoire. Mais l'épisode le plus remarquable fut une rare inondation estivale causée par des pluies torrentielles qui se sont abattues à de multiples reprises durant les mois de juin et de juillet. Dans ce cas, il est tombé trop de pluie, trop rapidement et durant une trop longue période. Les orages estivaux étaient généralisés, intenses et fréquents, frappant tous les 20 minutes, souvent le même territoire. Les inondations se sont amplifiées d'une frontière à l'autre à mesure que des pluies diluviennes s'abattaient l'une après l'autre et remplissaient les rivières et les lacs petits et majestueux du Manitoba. Les voies navigables ont connu leur débit estival le plus élevé des annales de la province. Dans le Nord, le débit de l'imposante rivière Churchill a fracassé un record dans l'histoire de la province. Au sud, dans le centre-ville de Winnipeg, le 3 juillet, le niveau de la rivière Rouge a atteint 6,1 m- le deuxième en importance dans les annales de la ville depuis le début des travaux majeurs de lutte contre les inondations en 1969. Près de 200 administrations locales ont demandé de l'aide aux sinistrés et 22 municipalités ont déclaré l'état d'urgence. Plus de 5 000 réclamations privées pour dommages causés par les inondations ont été soumises, sans compter les pertes des agriculteurs, et totalisaient plus de 50 millions de dollars. Le nombre de réclamations a été le deuxième plus élevé dans les annales, dépassé seulement par celui de l'inondation de 1997.

Jamais auparavant le Manitoba n'avait été témoin d'une aussi grande accumulation d'eaux pluviales. Les eaux stagnantes couvraient des superficies géographiques records. La version manitobaine de la saison de la mousson a été provoquée par une série d'intenses systèmes de basse pression arrivant fréquemment du sud de la frontière. Les tempêtes les plus violentes se sont abattues le 1er juin lorsque d'intenses orages et leurs tornades associées ont balayé la moitié de l'ouest de la province près de Melita et de Brandon ainsi que le nord-est, se déplaçant vers le parc national Riding Mountain. Officiellement, il est tombé entre 90 et 130 mm de pluie, mais selon la lecture d'une jauge non officielle, un total incroyable de 230 mm de pluie est tombé les 1er et 2 juin. Les pluies n'ont pas cessé, et vers le 15 juillet, les précipitations avaient atteint jusqu'à quatre fois leur niveau normal au cours des six premières semaines de l'été.

Le déluge a donné bien des maux de tête aux résidents des villes, mais il a été encore plus dévastateur pour les gens de la campagne. Certaine parties des autoroutes pavées ont été submergées durant des jours. Il y a eu plus de fermetures de routes en une seule fois que jamais auparavant dans la province - même en hiver! Les pâturages ressemblaient à des rizières et les terres cultivées étaient parfois couvertes de vagues à crête blanche. Certaines des meilleures terres agricoles du Canada étaient trop trempées pour être cultivées. D'après le ministère de l'Agriculture du Manitoba, environ un million de kilomètres carrés ont été inondés - ce qui représente plus du quart des terres agricoles de la province. Les anciens ne pouvaient se souvenir d'avoir vu tant de champs non ensemencés. Pis encore, 2005 est la quatrième des sept dernières années pour laquelle les agriculteurs du Manitoba n'ont pu ensemencer pleinement leurs champs. Les pertes prévues s'élevaient à environ 350 millions de dollars et ont eu d'autres répercussions en cascade négatives sur l'économie de la province, allant jusqu'à 1,8 milliard de dollars.

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