Les dix événements météorologiques les plus marquants de 2007 : évènement un

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1. Disparition des glaces au « Sommet du monde »

Le 12 septembre dernier, les images satellitaires sur les eaux de l'Arctique ont révélé que les glaces de cette partie de l'océan avaient diminué pour former une superficie d'environ 4 millions de kilomètres carrés seulement, du jamais vu en probablement plus de cent ans. En effet, cette fonte a stupéfié les chercheurs scientifiques, qui ont constaté que la glace de mer avait perdu 23 p. 100 de sa surface par rapport au record antérieur chiffré à 5,3 millions de kilomètres carrés en 2005. C'est un glacier de la taille de l'Ontario qui a disparu en l'espace d'un an. Depuis 1971, et tout particulièrement depuis 1990, l'étendue de la glace marine de l'océan Arctique diminue grandement sur l'ensemble de l'hémisphère. Or, la « grande fonte » observée cette année a causé une commotion.

Il a été possible de naviguer pendant près de cinq semaines durant août et septembre en raison de la fonte presque totale des glaces couvrant le canal principal dans les eaux canadiennes du passage du Nord Ouest. Sur la longueur de ce passage de 2 300 kilomètres, il n'y avait qu'une vingtaine de kilomètres de glace, au lieu des 400 kilomètres observés habituellement. En 2007, des navires de la taille d'un voilier auraient pu briser les eaux généralement glacées de cet impressionnant passage : près de cent navires ont pu le faire, d'ailleurs.

Entrée ouest du passage du Nord-Ouest. Voir description longue ci-dessous.

Description de l'image

Pour la première fois de l’histoire, en septembre 2007, le chenal Parry, la voie en eau profonde dans la partie nord du passage du Nord-Ouest, s’est trouvé presque sans glaces d’une extrémité à l’autre. L’image satellitaire du RADARSAT-1 a capté cet événement remarquable. Image : © Agence spatiale canadienne, Imagerie traitée par MacDonald, Dettwiler and Associates, 2007.

La fonte sans précédent des glaces de l'Arctique est le résultat direct de plusieurs années de vents arctiques ayant favorisé le déplacement d'étendues anciennes de glace dans l'Atlantique, combiné au réchauffement annuel cumulatif persistant observé dans l'hémisphère nord et à une transformation radicale de sa surface, passant d'une couverture de neige ou de glace très éclatante à de sombres eaux marines absorbant la chaleur. D'après les données disponibles, les deux derniers hivers ont été les plus chauds jamais observés dans la partie nord du Canada, l'hiver 2005 2006 ayant été le plus chaud au cours des soixante dernières années. En outre, cinq des dix années les plus chaudes au cours des soixante dernières années ont eu lieu depuis 2001. Le dernier hiver froid a été observé il y a près de quinze ans.

La diminution en superficie des glaces de l'Arctique observée cette année -- comparable à celle que certains climatologues entrevoyaient seulement dans une trentaine d'années -- a signifié que l'englacement à l'automne 2007 a débuté avec un volume bien moindre que par le passé; par conséquent, la glace de mer peut difficilement atteindre la surface couverte l'hiver précédant, de là les probabilités accrues qu'elle fonde encore davantage l'été prochain. Les scientifiques sont maintenant plus à même de reconnaître que le système climatique de l'Arctique aura pour effet de prolonger la période d'eaux libres durant les mois d'été, et que le réchauffement planétaire issu de l'activité humaine a des répercussions prépondérantes. Par ailleurs, on ignore les effets de cette perte glaciaire sans précédent sur les régions autres que l'Arctique, bien que cette fonte a une incidence immédiate sur les peuples du Nord. Or, cette étendue de glace a une énorme influence sur le climat planétaire et sa diminution soudaine pourrait avoir des effets durables sur les conditions météorologiques, et ce, bien au delà des limites de l'Arctique.

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