Les dix événements météorologiques les plus marquants de 2007 : évènement trois

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3. Conditions météorologiques préhivernales chaotiques d'un océan à l'autre

Avant que l'hiver ne s'installe officiellement le 22 décembre 2007, la température s'est fait vengeresse, partout au pays. Dès les premiers jours de décembre, jusqu'à 50 cm de neige sont tombés sur l'Île de Vancouver, suivis d'une pluie chaude diluvienne de plus de 100 mm. De plus, la température a brutalement chuté dans les Prairies pour atteindre -40 °C avec le facteur éolien et une énorme tempête en provenance du Colorado s'est abattue sur le Québec et l'Ontario, semant le chaos sur son passage. Une terrible tempête sévissait déjà dans le Canada atlantique, avant que la dépression en provenance du Colorado ne frappe à son tour. C'est ainsi qu'un manteau de Noël blanc a couvert tout le Canada d'est en ouest pendant quelque temps en début décembre.

Durant presque toute la nuit du 2 décembre, la côte du Pacifique est passée brutalement d'un extrême à l'autre, alors qu'une tempête d'hiver a cédé la place à une chaude pluie tropicale. Victoria et Vancouver ont évité le déluge de neige, n'écopant que d'une douzaine de centimètres, mais la collectivité de Campbell River sur l'Île de Vancouver a été ensevelie sous plus de 50 cm de neige. Le lendemain de la première bourrasque de l'hiver, une masse d'air subtropicale en provenance d'Hawaï -- communément appelée le Pineapple Express - s'est transformée en une masse d'air chaud et en pluies diluviennes. Suivant la prévision d'une accumulation de 100 à 150 mm de pluie en 24 heures, le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique a lancé une alerte aux inondations pour la région du Grand Vancouver, le sud et le centre de l'Île de Vancouver, le secteur de la baie Howe et la vallée du Bas-Fraser. À l'intérieur des terres, des alertes aux avalanches et aux inondations ont été émises dans la région du cours supérieur du Fraser où il est tombé plus de 200 mm de pluie sur la neige qui s'y était déjà accumulée. Le déluge de neige fondante a entraîné la fermeture des écoles et des routes, provoqué des pannes d'électricité et rendu les conditions de route exécrables. La hausse du niveau des eaux et du nombre d'avalanches a isolé plusieurs collectivités pendant des jours.

Le 3 décembre, l'Ontario affrontait sa première grosse tempête de l'hiver formée d'un affreux mélange de neige, de pluie verglaçante, de grésil et de pluie. Il est tombé 60 cm de neige sur London au cours de la tempête initiale et d'interminables bourrasques de vent dues à la proximité du lac se sont formées pendant les quelques jours qui ont suivi la tempête. Des milliers d'étudiants sont restés à la maison pendant deux jours en raison des routes glacées et des bourrasques de neige qui rendaient les déplacements périlleux, surtout dans le nord de London. Près de 200 conducteurs de la région de London se sont présentés à un centre de rapport des collisions de la localité le 3 décembre, la pire journée entre toutes, établissant un nouveau record en ce qui concerne le nombre d'accidents de voiture. À Ottawa il est tombé 24 cm de neige en 24 heures. Les Montréalais ont dû charrier plus de 35 cm de neige, un record pour un 3 décembre. Les routes balayées par des vents du nord-est de 50 km/h sont devenues meurtrières et la visibilité était parfois minimale.

La tempête s'est ensuite déplacée vers le Canada atlantique où les résidents ne s'étaient toujours pas entièrement remis des rafales de neiges et de vents violents qui avaient secoué la région pendant deux jours. Lors de la première tempête, il était tombé de 10 à 20 cm de neige sur des parcelles continentales du nord de la Nouvelle-Écosse et sur presque tout le Cap-Breton, et des bourrasques de vents pouvant atteindre 90 km/h avaient sévi. En se déplaçant de l'Ontario et du Québec, c'est dans tout le Canada atlantique que la deuxième tempête a fait le plus de dégâts. Au Nouveau-Brunswick, il est tombé 40 cm de neige en plus des chutes de neige de la veille, et des vents de 70 km/h soufflaient en rafales. La ville de Moncton a été complètement paralysée pendant deux jours par 55 cm de chute de neige et des rafales de vents pouvant atteindre jusqu'à 83 km/h. Une tempête soudaine le long de la côte, d'Escuminac jusqu'à Cap Tourmentin, a coïncidé avec la marée haute, ajoutant de 1,3 à 1,5 mètre à la profondeur de la marée. Halifax et Charlottetown ont été frappés par 20 cm de neige accompagnée de vents de 90 km/h. Les coûts de réparation des lignes électriques et des tours à l'Île-du-Prince-Édouard ont dépassé le million et demi de dollars et nécessiteront des mois de travail de réparation. La société Maritime Electric a déclaré que cette tempête était de loin la pire depuis 1970, voire la pire entre toutes.

Et la situation à Terre-Neuve-et-Labrador était pire encore. Des bourrasques de vent s'apparentant à un véritable blizzard ont atteint jusqu'à 124 km/h le long de la péninsule de Bonavista et de la partie sud de la péninsule d'Avalon. Jusqu'à 25 cm de neige ont couvert le sol le 2 décembre. Tout le centre-ville de St. John's (Terre-Neuve) a été plongé dans la noirceur. À l'est de Terre-Neuve, une tempête de neige et de vent a fait tomber environ deux kilomètres de lignes électriques et sept tours à deux pôles en une fin de semaine. Les lignes se trouvaient dans un lieu éloigné et difficile d'accès, ce qui a entravé les travaux de réparation. Les porte-parole de Newfoundland Power ont annoncé que la neige lourde et mouillée, l'épaisse couche de glace et les vents violents associés à la tempête ont fait de cette dernière la tempête ayant causé le plus de dommages des dix dernières années. Près de 10 000 résidents de la péninsule de Bonavista se sont retrouvés sans électricité pendant jusqu'à une semaine. Quant aux chutes de neige, la plus importante de Terre-Neuve a été celle qui s'est produite dans le parc national Terra Nova où on estime qu'il y a eu une accumulation de près de 65 cm.

Une semaine avant l'arrivée officielle de l'hiver, une violente tempête a frappé six provinces de l'est du Canada perturbant les activités de chaque principale ville, de Windsor à St. John's. La tempête a pris naissance au Texas et a transporté avec elle d'importantes charges d'humidité provenant du golfe du Mexique et de l'océan Atlantique qui ont donné lieu à des chutes de neige abondantes, de la pluie verglaçante et du grésil. Cette tempête s'est transformée en pluie pour la majeure partie des Maritimes. Il s'agit de l'une des plus importantes et pires tempêtes hivernales que la région ait connues depuis des années, perturbant les déplacements, provoquant la fermeture d'aéroports et l'annulation des classes. Pour près de 20 millions de Canadiens lassés de l'hiver et cloîtrés chez eux, la météo a été un sujet de conversation omniprésent pendant quelques jours. Des conditions de quasi voile blanc et d'importantes chutes de neige ont entraîné des milliers d'accidents de voiture, bloqué des milliers de passagers aériens et ont eu comme conséquences plusieurs décès. La plupart des régions ont reçu de 20 à 30 cm de neige. En Ontario, la vallée de l'Outaouais a été la région qui a reçu les plus fortes précipitations de neige. Ottawa a été ensevelie sous 37 cm de neige, la plus importante chute de neige en une journée pour un mois de décembre -- un travail éreintant pour les pelleteurs. Cornwall et Russell, deux municipalités de l'Ontario, ont signalé des chutes de neige encore plus importantes, soit 50 cm. Les accumulations totales de neige dans la région de Toronto ont varié de 18 cm à l'Aéroport international Pearson à 30 cm au centre-ville. Les équipes de déblaiement de la ville ont jugé que les efforts de nettoyage représentaient le plus gros défi depuis janvier 1999, période à laquelle la ville de Toronto a dû faire appel aux militaires pour nettoyer ses rues. Les coûts des opérations de nettoyage ont dépassé les 5 millions de dollars.

Des vents forts ont soufflé la neige sèche et pelucheuse et ont formé d'énormes amas de neige à différents endroits et à plusieurs reprises. Les conditions de voile blanc et les routes glissantes ont provoqué des douzaines de carambolages endommageant des véhicules qui ont fini leur route dans les fossés et les terre-pleins centraux. Plusieurs personnes ont été hospitalisées à la suite d'un carambolage de 55 véhicules sur l'autoroute 400, au nord de Toronto, lequel s'étendait sur plus de 5 km. Une estimation a conclu qu'il en coûterait près de 3,3 millions de dollars en coûts d'assurance automobile.

La région de Montréal a quant à elle reçu de 25 à 35 cm de neige lors de cette tempête. À l'est de la ville, les collectivités de Saint-Hyacinthe, L'Assomption et Joliette ont été ensevelies par 40 à 50 cm de neige. Un pont près de Montréal a été fermé à la suite d'une grave collision et plusieurs autoroutes ont aussi été fermées. Malheureusement, dans les environs de la ville de Québec, une fillette de sept ans est décédée asphyxiée lorsqu'un amas de neige est tombé du fort de neige qu'elle fabriquait devant la maison de ses parents.

Dans le Canada atlantique, les effets de la tempête se sont principalement fait sentir le 17 décembre. Des accumulations de neige de 10 à 20 cm ont été signalées avant que la neige ait laissé place à la grêle, à la pluie verglaçante et à la pluie dans plusieurs régions. Le nord du Nouveau-Brunswick a reçu les précipitations entièrement sous forme de neige et il en est tombé plus de 30 cm. Des vents soufflant en rafales à plus de 90 km/h se sont déchaînés et ont donné lieu à des conditions aveuglantes de blizzard. Près de la côte du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, les vents ont soufflé en rafales jusqu'à 140 km/h. La tempête a privé d'électricité des milliers de personnes pendant une courte période dans le sud du Nouveau-Brunswick et dans l'est de la Nouvelle-Écosse. L'Île-du-Prince-Édouard a signalé des conditions glaciales en raison des vents et du voile blanc persistants lorsque la température a descendu à -12 °C. Terre-Neuve-et-Labrador a été la dernière province à ressentir les effets de la tempête du 17 décembre, où elle a laissé un mélange de précipitations. De plus, de fortes rafales de vent provenant du sud-est atteignant plus de 180 km/h dans la région de Wreckhouse à l'ouest de Terre-Neuve-et-Labrador, une région reconnue pour ses puissants vents, ont été signalées partout dans la province avant l'arrivée de la dépression.

Pour les gens de l'Est, la tempête qui leur a garanti un Noël blanc, est passée de complication à bénédiction une semaine plus tard.

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