Faits marquants régionaux de 2004

Table des matières

Canada atlantique

Il a fallu attendre au printemps

Le 27 février, un puissant blizzard a ravagé des secteurs de l'est du Labrador durant trois jours. Une quantité phénoménale de neige, soit 121 cm, est tombée à Cartwright (T.-N.-L. ). Les résidents de Red Bay ont été privés de courant pendant 42 heures. Des vents ont soufflé par rafales à plus de 110 km/h, la poudrerie a rendu la visibilité presque nulle et les responsables ont retiré des routes les équipes d'entretien. Ce n'est que le 1er avril que certains segments de la Route translabradorienne entre Red Bay et Lodge Bay ont finalement pu être dégagés.

Évacuation de plates-formes pétrolières assiégées par les glaces marines

Au début du mois de mars, sous l'effet de forts vents du nord, des glaces marines ont été emportées vers des plates-formes pétrolières près de l'île de Sable, ce qui a forcé l'évacuation d'une centaine de travailleurs environ. Les glaces flottantes, qui avaient pris naissance dans le golfe du Saint-Laurent au large de Sydney, ont été transportées à travers le détroit de Cabot en direction sud, vers l'île de Sable. La plupart d'entre elles avaient au moins un mètre d'épaisseur et 20 mètres de largueur, et quelques-unes avaient la taille d'un terrain de football. Tout le champ de glace s'étendait sur 70 km de long et 37 km de large. La présence de glace sous ces latitudes est assez inhabituelle, la dernière fois où ce phénomène s'est produit remontant à 1992.

Sécheresse et inondation à St. John's

Du 1er mai à la mi-août, il est tombé à St. John's 140 mm de pluie - ce total étant le plus faible enregistré pour cette période depuis 1942, année où l'aéroport a commencé à tenir des registres. En raison de la sécheresse, la consommation d'eau a été rationnée dans la capitale de Terre-Neuve et les municipalités avoisinantes. Juin, juillet et d'août ont été les mois d'été les plus secs qu'on ait connus dans cette région depuis 1967, année où il n'est tombé que 100 mm de pluie.

Le 16 novembre en revanche, les résidents ont subi en moins de 24 heures un déluge de 70 mm de pluie, vestige de la tempête qui avait frappé Halifax deux jours auparavant. Les rues de St. John's ont été inondées, ce qui a rendu la conduite périlleuse. En raison du refoulement des égouts pluviaux, un mètre d'eau environ a dû être pompé des sous-sols inondés.

Québec

Basses températures inégalées dans la province la plus froide du Canada

Des températures glaciales ont prédominé dans la plupart des régions du Québec à la mi-janvier. Les températures maximales sont alors demeurées inférieures à -20°C et les valeurs du refroidissement éolien ont varié, passant de -38 à -52. Bon nombre de records de froid ont été atteints durant cette période. La température la plus basse du mois s'établissait à -50,3°C et a été enregistrée le 14 janvier à La Grande IV. La situation s'est aggravée car, à peu près au même moment, la Basse-Côte-Nord et les îles de la Madeleine étaient aux prises avec des conditions de blizzard qui ont apporté plus de 20 cm de neige dans ces régions et des rafales de vents de plus 90 km/h..

Smog hivernal

Du 16 février au début mars, Montréal et les alentours ont été aux prises avec deux des pires épisodes de smog hivernal qu'on ait connu dans cette région en trois ans. La concentration de fines particules a atteint des niveaux très élevés - ces épisodes étant exceptionnels, tant du point de vue de leur longévité que de leur intensité.

La chaleur succède au froid en avril

Le 12 avril, une vague d'air froid exceptionnellement tardive a balayé l'ensemble de la province. À Schefferville, les températures sont tombées au très bas niveau de -31,4°C. Toutefois, le mois n'avait pas encore pris fin que le sud et le centre du Québec étaient sous l'emprise d'un flux d'air en provenance du sud. Il régnait à Beauceville une chaleur étouffante de 26,5°C, soit la température la plus chaude jamais enregistrée en avril dans cette province.

Inondations instantanées et coulées de boue

Le 11 juillet, à l'est de la ville de Québec, une série d'orages ont éclaté, à l'heure du souper, dans quatre municipalités, provoquant des inondations instantanées. Les eaux déchaînées ont submergé bon nombre de routes, arraché l'asphalte et provoqué des coulées de boue. Le lendemain, un autre système météorologique a également eu pour effet d'inonder les sous-sols de plusieurs centaines de résidences et d'entreprises dans les villes de Bromont, Granby et Saint-Hyacinthe. Trois jours plus tard, des pluies abondantes résultant de la tempête de Peterborough ont submergé tous les accès routiers à la ville de Témiscaming, qui se trouve à 650 km au nord-ouest de Montréal. En 36 heures, il est tombé environ 110 mm de pluie, ce qui a provoqué l'inondation de l'aréna local et de 20 sous-sols. Les pluies abondantes ont fait déborder les ponceaux de la route à deux voies menant à la ville, ont emporté la chaussée et les accotements en gravier et ont charrié de la boue et des arbres sur la route. Les services des transports ont fermé la route reliant Témiscaming et North Bay (Ont.). Même si aucune évacuation n'a été nécessaire à Témiscaming, les responsables de la ville ont mis sur pied un centre d'urgence et ont émis, à titre préventif, un avis d'ébullition de l'eau potable.

Tornades au Québec

Cette année, neuf tornades ont frappé la province (où l'on en compte d'ordinaire six). La plus intense est survenue le 31 juillet, poussant des vents de 180 km/h comme elle traversait en zigzaguant la ville de Durham-Sud, à environ 120 km à l'est de Montréal. Cette tornade a endommagé des automobiles et des résidences et arraché la toiture de plusieurs immeubles. De plus petites tornades ont touché la ville voisine de Saint-Albert et également celle de Châteauguay. Ce jour-là, il est tombé entre 40 et 80 mm de pluie sur Montréal et la région avoisinante, ce qui a contribué à provoquer des accidents qui ont causé la mort de deux personnes.

Chutes de pluie sans précédent au lendemain de l'ouragan Frances

Le 9 septembre, le contrecoup de l'ouragan Frances a déclenché des pluies diluviennes sur le sud-ouest du Québec, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Entre autres précipitations extrêmes, signalons qu'il est tombé 67 mm de pluie à Montréal; 96 mm à l'Assomption, 66 mm à Québec, 81 mm à L'Étape Parc des Laurentides, 83 mm à Gaspé, 99 mm à Saint-Jovite; 100 mm à High Falls et 86 mm à Shawinigan.

Coup dur pour le Nord

Le 21 septembre, des vents de la force d'un ouragan ont fondu sur les collectivités de la Péninsule d'Ungava de Salluit et d'Ivujivik, causant d'importants dégâts aux bâtiments et aux conteneurs. Les approvisionnements pour l'hiver ayant déjà été constitués, le matériel de rechange a dû être réexpédié par avion ce qui s'est avéré fort coûteux.

Ontario

Le mauvais temps entrave les opérations de recherche et sauvetage faisant suite à un écrasement meurtrier

Le 17 janvier, un petit avion s'est écrasé immédiatement après le décollage à l'île Pelée. Les conditions météorologiques au moment de l'accident étaient mauvaises et ont fait obstacle aux opérations de recherche et sauvetage car la pluie, la bruine verglaçante, le givre, la neige et la visibilité réduite ont freiné les efforts des équipes de secours. Les dix passagers de l'avion qui s'est écrasé sont tous décédés. Les plongeurs, qui ont effectué au cours de la semaine suivante des recherches sous l'eau, ont travaillé dans des conditions dangereuses, parmi les glaces flottantes qui, à la faveur d'un coup de vent, pouvaient bloquer l'accès au trou de plongée. Selon le rapport d'accident préliminaire, l'avion était surchargé. On soupçonne également que la formation de givre sur les ailes de l'avion est le deuxième élément à l'origine de cet écrasement.

Voiles blancs sur la route 401

La plus forte tempête de l'hiver s'est abattue sur l'Ontario les 26 et 27 janvier. De Toronto à London, elle a fait rage pendant 40 heures et a apporté de 10 à 20 cm de neige le premier jour et à peu près la même quantité le jour suivant. En raison du mauvais temps, des vols ont été retardés, des trains ont été retenus en gare et des automobiles ont dérapé et ont abouti dans des fossés ou heurté des glissières de sécurité. La glace, la poudrerie et les voiles blancs ont déclenché une série d'accidents sur la route 401. Selon la Police provinciale de l'Ontario, les conditions météorologique ont été à l'origine de plus de 700 accidents sur cette route où, en temps normal, on en dénombre au total 30 par jour.

Nouveau record pour la plus longue patinoire du monde

Le 29 février, la Commission de la capitale nationale a fermé la patinoire du canal Rideau d'Ottawa pour la saison. La patinoire est demeurée ouverte durant 46 jours d'affilée, brisant ainsi le record antérieur de 43 jours consécutifs établi en 2000-2001.

Mois de mai pluvieux en Ontario

Au début de la longue fin de semaine de la fête de Victoria, le comté d'Essex, dans le sud-ouest de l'Ontario, était noyé sous les pluies torrentielles d'un orage se déplaçant lentement. Leamington ayant reçu plus de 100 mm de pluie le 21 mai, les autorités ont diffusé un avis d'inondation pour le comté. En fin de compte, des chutes de pluie abondantes, atteignant 191,6 mm, ont également été enregistrées à Windsor, frôlant le record de 194,8 mm, établi en 1943, pour le mois de mai le plus pluvieux. Il est tombé plus de 130 mm de pluie sur la région d'Orillia- soit la plus grande quantité jamais enregistrée pour un long weekend de mai. Bon nombre de citoyens ont signalé des sous-sols inondés et des routes submergées. Dans la région de London, il est tombé au cours de cette fin de semaine de congé autant de pluie que durant tout un mois - ce qui a provoqué des inondations de sous-sols, la crue des cours d'eau et de la frustration chez les fermiers. Les plaisanciers et les enfants ont été avisés par la police de se tenir loin des rivières et des ruisseaux en crue. A Hamilton, il est tombé 137,6 mm de pluie en mai, ce qui a brisé le record de 129,4 mm établi en 2003. Pour la troisième année d'affilée, la température printanière portait un dur coup aux collectivités agricoles. En raison des pluies abondantes, du manque d'ensoleillement et des rares journées de chaleur en mai, partout en Ontario les champs étaient détrempés et boueux. Bon nombre d'agriculteurs n'avaient pas encore ensemencé leurs champs et plusieurs ont décidé qu'il valait mieux cultiver du soya plutôt que du maïs, bien que ce dernier soit plus rentable.

Tornades jumelles

Chose rare, deux tornades se sont abattues sur le sud-ouest de l'Ontario le 19 mai, à quelques minutes d'intervalle et à quelques kilomètres de distance. Celle qui a touché terre à Gads Hill, près de Stratford, a peut-être produit des vents de 350 km/h, ce qui en ferait une tornade d'intensité F3 et vraisemblablement la plus féroce qui ait frappé l'Ontario en huit ans. Miraculeusement, personne n'a été blessé. L'autre tornade, d'intensité F2, a dévasté à peu près au même moment les environs de Mitchell, apportant des vents dont la vitesse variait entre 180 et 240 km/h. La tornade de Gads Hill a arraché la toiture d'une maison de ferme de même que la majeure partie de l'étage, endommageant le silo et détruisant une grange. Quelques bovins blessés ont dû être abattus. La tempête a également déraciné de gigantesques arbres et a soulevé de terre un camion se trouvant dans une entrée, l'a ballotté et l'a ensuite déposé 10 mètres plus loin sur une pelouse. Des pannes d'électricité ont été enregistrées de Walkerton jusqu'à Aylmer.

Des chutes d'arbres provoquent le décès de deux personnes

Des orages intenses ont éclaté à travers certaines régions de l'Ontario le 9 juin et une tornade d'intensité F1 confirmée a arraché des arbres et des lignes à haute tension. Près de Gananoque, de fortes rafales descendantes ont abattu un arbre qui a écrasé et tué un homme qui se trouvait dans sa véranda. Bien qu'une tornade ait explosé à peine quelques minutes plus tard, on a déterminé que la chute de l'arbre en question était attribuable à des vents rectilignes et non pas à des vents tourbillonnants.

En novembre, un jeune garçon qui participait à une excursion aux Royal Botanical Gardens de Hamilton est décédé des suites de blessures mortelles infligées par la chute d'un arbre. L'arbre mesurait 10 mètres et sa circonférence à la base était d'un mètre. Même si la matinée avait été venteuse et pluvieuse, la température n'était pas inclémente. Des vents soutenus atteignaient la vitesse de 44 km/h, soufflant en rafales jusqu'à 52 km/h.

Routes submergées dans le nord

Le 22 octobre, un important système provenant du nord du lac Supérieur a noyé la région proche de Nipigon et Red Rock, la quantité des précipitations variant entre 75 et 100 mm. Les pluies ont endommagé des tronçons des principales routes et des principaux chemins., forçant les autorités à fermer quatre sections de la route 17. Moins d'une semaine plus tard, une autre portion de la route 17, à l'est de Nipigon, s'est affaissée; marquant la quatrième inondation importante à survenir en une semaine. En outre, CP Rail a dû réparer une section de 30 mètres de la voie ferrée se trouvant à proximité de la route qui avait également été abîmée par les inondations. Les vents de 83 km/h ont déraciné 300 arbres, qui ont flotté sur la rivière Cypress jusqu'aux berges de la baie Nipigon.

Épisode de smog le plus pénible et le plus tardif

Le 26 octobre, l'indice de la qualité de l'air a grimpé à 103 dans le centre-ville de Hamilton - ce niveau de smog étant le plus élevé jamais atteint en Ontario. L'avis de smog découlant de ce phénomène est le plus tardif jamais émis dans l'année par la province. Les polluants en cause étaient surtout de fines particules provenant des véhicules, des usines et de la poussière de la route. Depuis que le gouvernement a mis en place, il y a plus de dix ans, un programme de surveillance de la qualité de l'air, c'était la toute première fois qu'on obtenait une lecture de 100 ou plus qui dénote une fort piètre qualité de l'air. Dans d'autres villes de l'Ontario, le temps était clair et ensoleillé. Entre l'escarpement et le lac Ontario, une masse d'air chaud descendant avait piégé tous les polluants urbains dans le cœur du centre-ville.

Provinces des Prairies

Voiles blancs en Saskatchewan

Le 10 février, les 10 cm de neige tombée en Saskatchewan de même que les températures froides et les vents extrêmement violents ont créé des conditions de blizzard et rendu les routes glacées dans la plupart des régions de cette province. Il s'agissait du deuxième fort blizzard en moins de deux semaines. La tempête a provoqué le carambolage de 50 véhicules que certaines personnes ont décrit comme la pire collision en chaîne des annales provinciales. Des automobiles ayant été scindées en deux, il est étonnant qu'il n'y ait eu aucune perte de vie. Toutes les routes principales de la province ont été fermées. La température exécrable a également surpris des milliers de voyageurs et d'étudiants des régions rurales sur le chemin du retour à la sortie de l'école.

Un mois plus tard, des vents violents et de la poudrerie ont provoqué une série d'accidents à Regina et aux alentours, entre autres un carambolage mortel de cinq automobiles au nord-ouest de la ville. Toutes les routes permettant d'entrer dans la ville ou d'en sortir ont été fermées en matinée en raison des routes dérapantes et de la visibilité presque nulle. La tempête n'a pas apporté beaucoup de neige, mais les forts vents et les températures froides ont eu pour conséquence qu'il s'est produit beaucoup de glace noire.

Brume en février

Le 25 février, un brouillard compact a perturbé les transports dans la ville d'Edmonton. L'évaporation de flaques de neige fondue a aggravé l'humidité déjà apportée par des vents légers de l'est, soufflant à basse altitude. A l'aéroport international, 80 vols ou presque ont été cloués au sol pendant plus de 24 heures en raison du brouillard épais. L'unique avion qui a pu atterrir, brutalement soit dit en passant, est un aéronef 737 affrété venant du Nord. Dans le brouillard et l'obscurité, il a raté de 15 mètres la piste d'atterrissage et s'est retrouvé dans un banc de neige de 30 cm. Le fuselage et le train d'atterrissage de l'avion ont été gravement endommagés et la neige a été aspirée dans les deux moteurs.

Érection d'un mur de sable à Winnipeg

La ville de Winnipeg s'est retrouvée sous la pluie battante le 28 mars, mois où a été établi un record absolu de 33,6 mm de pluie provoquant la fonte des neiges et submergeant certains quartiers. Bon nombre de propriétaires de résidences ont nettoyé leur sous-sol inondé. L'érection d'un mur de sacs de sable a épuisé les réserves de la ville. À l'extérieur de Winnipeg, où les précipitations ont été encore plus fortes, les résidents ont travaillé sans arrêt pour stopper la progression des eaux.

Succession d'inondations au Manitoba

À la fin de mars, des pluies torrentielles ont submergé les rivières engorgées par la glace, ce qui a déclenché d'importantes inondations des terres dans le bassin hydrographique de la rivière Rouge. Au moment de la débâcle printanière, les eaux mouvantes des rivières ont charrié sur une route, près de Selkirk, des blocs de glace de la taille d'un camion, recouvrant les terres et les chemins d'une couche de glace et d'eau glaciale. Le parc de la ville était entouré d'une nappe d'eau d'un mètre de profondeur et de 40 mètres de largueur qui a bloqué le pont Selkirk. Ailleurs en province, la crue des eaux a atteint presque deux mètres à Breezy Point, où des bungalows et des maisons mobiles ont été inondés. Certains résidents ont été évacués deux fois par bateau en raison de la rapide montée des eaux. Une personne qui habitait depuis 32 ans dans cette région a déclaré que ces inondations ont été les pires qu'elle ait jamais vues. Dans la réserve de la Première nation Peguis, des centaines de personnes ont rempli des milliers de sacs de sable pour endiguer les eaux de crue tourbillonnantes qui menaçaient de jaillir si les embâcles de la rivière Fisher cédaient en raison du temps doux. Lorsque la rivière a débordé, les autorités ont évacué plus de 1 000 personnes de quatre collectivités.

Tornades dans les Prairies

Le 13 juin, une tornade a frappé, à 30 km au nord-est de Vulcan, en Alberta, soulevant des panaches de poussière, arrachant des toitures de hangars et projetant plusieurs réservoirs à essence à plus de 300 mètres. Les forts vents ont cassé des arbres et arraché des poteaux de clôture. De surcroît, la tornade est restée en contact avec le sol deux ou trois minutes. Cette tornade est très spéciale du fait qu'elle soit survenue alors que la température maximale tournait ce jour-là autour de 17°C. D'ordinaire, les phénomènes de ce genre sont associés à des températures estivales bien plus chaudes.

Aux abords de Brandon (Man.), une faible tornade d'intensité F-1 a touché le sol, un peu avant 15 h, le 15 juin. Elle a pris par surprise les résidents d'un parc de maisons mobiles, qui s'en sont tirés indemnes, et a éparpillé des détritus dans leurs cours. La tornade a fracassé des fenêtres d'automobiles et de maisons mobiles, endommagé quelques bâtiments de ferme et déraciné des dizaines d'arbres. Chose étonnante, les vents ont extirpé des pommes de terre du sol. Des grêlons de la taille d'une pièce de cinq sous ont succédé à la tornade et confiné les résidents à l'intérieur de leur demeure.

Une forte tornade d'intensité F1 (atteignant presque l'intensité F2), accompagnée de vents d'environ 180 km/h, a traversé Grande Prairie (Alb.), le 8 juillet, démolissant le mur d'un magasin du centre-ville, renversant des automobiles, privant le centre-ville de courant et faisant ployer les feux de circulation. Cette tornade très étroite mais puissante a également soulevé un camion plusieurs mètres dans les airs, avant de le laisser retomber sur le trottoir. Des résidences et des entreprises ont perdu une partie de leur toiture et de leur parement, et les vents ont abattu plus d'une dizaine de gros arbres, ce qui a incité les représentants de la ville à déclarer l'état d'urgence.

Neige précoce

D'Edmonton à High Level, plusieurs Albertains ont été surpris les 8 et 9 septembre par l'apparition précoce d'une couche de neige de 10 à 20 cm. Les flocons blancs ont entravé les travaux agricoles et les parties de golf. Environ 20 000 résidents de l'Alberta, depuis Edson en direction nord jusqu'à Whitecourt et en direction sud jusqu'à Leduc, ont été privés d'électricité car, sous le poids de la neige, les branches d'arbre ont fléchi et cassé, endommageant les lignes de transport.

Dans les Prairies, la première chute de neige importante est tombée au cours de la troisième semaine d'octobre. Un régime dépressionnaire se déplaçant lentement vers l'est a apporté de 15 à 25 cm de neige. Edmonton en a reçu 25 cm et Saskatoon plus de 15 cm, cet apport neigeux étant le plus précoce en six ans. La ville de Winnipeg a été épargnée par la neige mais le verglas a transformé ses rues en patinoire, forçant la police à fermer tous les ponts. L'hiver est venu si rapidement que les gens n'ont pas eu le temps de déblayer leur cour et les équipes d'entretien des routes ont dû rapidement s'adapter aux conditions hivernales.

Colombie-Britannique

L'hiver au pays des rêves

Le 3 janvier, l'hiver s'est furieusement abattu sur Victoria, laissant huit cm de neige à l'aéroport et amenant, outre des vents cinglants, un refroidissement des températures qui ont presque atteint des niveaux record. Même si la ville a de nouveau été ensevelie quatre jours plus tard, alors qu'il est tombé sur la région un autre 17 cm de neige, il ne restait plus aucune trace de celle-ci au sol le 9 janvier. Ailleurs dans l'île, la tempête a entraîné la fermeture des écoles, l'interruption des services de traversier et un ralentissement considérable de la circulation. À Vancouver, il est tombé 8,1 cm de neige durant la semaine et les résidents ont été priés de collaborer en dégageant les collecteurs d'eaux pluviales devant leurs maisons. La plupart des gens ont pris congé à l'occasion de la première chute de neige. Les rues et les centres commerciaux étaient presque déserts car cette légère couche de neige a plongé dans la torpeur une saison commerciale qui manquait déjà d'animation.

Le 18 mars, une tempête accompagnée de vents pouvant atteindre jusqu'à 90 km/h a fait des ravages dans le sud de l'île de Vancouver, renversant des arbres qui ont écrasé un pylône de transmission et privant d'électricité durant plusieurs heures la ville de Ladysmith et 30 000 clients. Qui plus est, il est tombé 20 cm de neige, ce qui a bloqué la route transcanadienne au nord de Victoria et empêché des milliers de banlieusards de rentrer chez eux. La plupart des vols d'hydravion à destination et en provenance de Victoria ont été annulés en raison des vents. À Whistler et Blackcomb, les stations de ski ont dû suspendre l'utilisation de plusieurs télésièges en raison de vents violents soufflant en rafales.

Pluies diluviennes en C.-B.

Dans le secteur de l'intérieur de la C.-B., la journée du 22 août a débuté par de fortes pluies. Ce déluge a provoqué des inondations dans bon nombre de résidences et a endommagé quelques routes. Du côté est du lac Okanagan, il est tombé 30,5 mm de pluie en une heure. À Penticton, de fortes inondations ont envahi des sous-sols et emporté les accotements en plusieurs endroits sur les routes. L'aspect positif, c'est que le temps pluvieux a été bien accueilli par les équipes qui luttaient un peu partout en province pour circonscrire les incendies et par tous ceux qui se préoccupaient des faibles niveaux d'eau depuis des mois.

Le 19 septembre à l'aéroport de Vancouver, on a enregistré en une seule journée une chute record de 91,2 mm de pluie. Durant ce mois, les précipitations ont été exceptionnelles dans toutes les régions de la C.-B. A la mi-septembre, des dizaines de stations avaient déjà dépassé les totaux les plus élevés jamais observés pour les précipitations au cours de ce mois.

Les visiteurs de la PNE ont dû affronter le mauvais temps

En août, Vancouver a reçu presque deux fois plus de pluie qu'en temps normal, le total des précipitations s'établissant à 75 mm. En dépit du mauvais temps, le moral était bon à l'ouverture, sous la pluie battante, de la Pacific National Exhibition, l'une des plus humides qu'on ait connues. Plus de 800 000 visiteurs ont bravé le temps exécrable, y compris les pluies torrentielles, la grêle, les vents violents, les éclairs et le tonnerre. Au total, durant la foire, il y a eu douze jours de pluie, ce qui égale le record établi en 1960.

Nord

Torrents de neige au Yukon

À la mi-janvier, une tempête du Pacifique a déversé d'énormes quantités de neige sur l'ensemble du territoire du Yukon. Les accumulations sur une période de quatre jours dépassaient 50 cm en plusieurs endroits, dont Mayo qui a été ensevelie sous 52,5 cm de neige. Pour cette même période, les services de prévisions météorologiques ont émis des avertissements de blizzard pour la route de Dempster, qui a été balayée, pendant sept heures d'affilée, par des vents de plus de 100 km/h, atteignant 117 km/h à leur point culminant. La plus basse température de refroidissement éolien s'établissait à -51.

Vous aimez le temps chaud? Allez dans le Nord!

Une étonnante vague de chaleur a envahi, en juin, la majeure partie du territoire du Yukon; la température de 33,2 ° C, enregistrée le 21 juin à l'aéroport de Whitehorse, venant au troisième rang des températures les plus élevées observées en 62 ans. En outre, la période de chaleur où les températures étaient supérieures à 30°C à l'aéroport a duré huit jours consécutifs, soit deux fois plus longtemps que la plus longue période précédente qui avait été de quatre jours consécutifs. Tandis que la plupart des Canadiens frissonnaient en juin, les Yukonnais rôtissaient sous l'emprise d'une vague de chaleur sans précédent. C'est à Swift River, le long de la route de l'Alaska, qu'on a enregistré la plus chaude température non officielle de tous les temps au Yukon, soit 37°C. Voici quelques autres faits marquants de cet été torride : à Old Crow, le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré; la journée la plus chaude à Dawson a été celle du 20 juin où il a fait 34,5°C (les températures sont consignées depuis 1976) et Whitehorse a établit neuf nouveaux records de température maximale quotidienne et neuf records de température minimale. Le reste de l'été a été à l'avenant. Juillet a été l'un des dix mois les plus chauds et août s'est classé parmi les cinq mois les plus chauds qu'on ait jamais connus au Yukon.

Tempête mémorable en septembre

Le 21 septembre, le Nunavut a été la cible de vents violents, de pluies abondantes et de neige aveuglante, qui ont arraché la toiture d'une maison et abattu des lignes de transmission, privant d'électricité des centaines de personnes. Environnement Canada a émis 60 avis météorologiques pour une gamme de phénomènes météorologiques violents, entre autres des bourrasques, de la pluie, des blizzards et, chose rare, un orage. Des vents de presque 120 km/h ont fondu sur plusieurs collectivités, dont Salluit à Nunuvik, un village isolé surtout peuplé d'Inuits regroupant 1 200 personnes. Le vent a renversé des conteneurs d'expédition pesant chacun plus de 2 000 kg. Il a détruit de nombreux hangars et garages et a forcé 16 familles à quitter leur demeure. La vélocité des vents a surpris bon nombre d'anciens qui ont déclaré qu'ils n'avaient jamais vu des vents aussi violents à l'automne.

A mesure qu'il traversait Kivalliq et la partie sud de la région de Baffin, le système météorologique a déversé 50,6 mm de pluie sur Rankin Inlet, soit plus que n'en reçoit d'ordinaire cette collectivité en un mois. Iqaluit a été privé d'électricité pendant quelque temps et un groupe d'élèves du secondaire de la région ont été exposés à des vents soutenus de plus de 60 km/h, soufflant en rafales à 90 km/h, lorsqu'ils ont été surpris par la tempête au cours d'une excursion scolaire.

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