Les dix événements météorologiques les plus marquants de 1997

Table des matières

  1. La rivière Rouge : l'inondation du siècle
  2. El Niño au rendez-vous
  3. Les orages et les ouragans - peu nombreux et faibles
  4. Encore un printemps affreux, frais et pluvieux
  5. La Colombie-Britannique sous la pluie
  6. Un temps idéal pour la récolte
  7. La tempête de grêle dans l'Okanagan : 100 millions de dollars de dommages
  8. Sécheresse estivale
  9. Victoria: la tempête de neige du siècle
  10. Des incendies de forêt et de végétation au printemps et en hiver

1. La rivière Rouge : l'inondation du siècle

Le débordement de la rivière Rouge au printemps 1997 est le plus important jamais enregistré au cours de ce siècle. Au moins 1840 km2 de plaines ont été inondés quand la rivière Rouge a dépassé de 12 mètres les niveaux hivernaux. Lorsque le niveau maximum a atteint le centre-ville de Winnipeg, le 2 mai, quelque 28 000 Manitobains ont été obligés de fuir leurs maisons. Un ministre du gouvernement provincial a qualifié cet événement de « plus grand désastre naturel ayant frappé une collectivité canadienne au XXe siècle ». Selon des estimations non officielles, le coût des dommages subis par le secteur public et les particuliers, y compris le coût du remplacement des infrastructures et de la mise en œuvre d'un programme de lutte contre les inondations, dépassera les 450 millions de dollars. Fait incroyable par contre, on a estimé à plus de 6 milliards de dollars les dommages évités grâce aux systèmes de régulation des crues et aux digues temporaires. Un sol gelé saturé d'eau et un enneigement abondant renfermant des quantités records d'eau sont les principales causes de l'inondation. Par ailleurs, deux semaines avant l'inondation, une vilaine tempête avait, en une fin de semaine, déversé dans le bassin de la rivière Rouge des quantités de neige équivalant à la moitié de l'apport neigeux annuel.

2. El Niño au rendez-vous

Pendant la deuxième moitié de l'année, la plupart des Canadiens parlaient du phénomène El Niño, en bien ou en mal selon les conditions météorologiques en question. Comme prévu, au début décembre, des brises chaudes du Pacifique ont soufflé sur une bonne partie du Canada.

Le début de l'hiver a été l'un des plus doux jamais enregistré dans l'Ouest, offrant, chose inimaginable, un Noël vert ou brun à Winnipeg, à Saskatoon et à Edmonton. D'un autre côté, El Niño a gravement perturbé la construction des ponts de glace et des routes hivernales dans le Nord et a, en général, causé des torts aux personnes dont les revenus dépendent de conditions atmosphériques saisonnières froides et enneigées. On a également blâmé les vents chauds de type « chinook » pour l'extrême sécheresse et l'inflammabilité des pâturages qui ont alimenté des incendies dévastateurs dans le sud de l'Alberta.

Ce qui a rendu les conditions atmosphériques d'autant plus inhabituelles pour la saison a été le fait que l'année précédente, la plus grande partie des Prairies étaient recouvertes de plus de 100 cm de neige et que les températures qui y régnaient atteignaient, la nuit, entre -20 °C et -30 °C. En 1997, El Niño a semblé avoir viré le monde à l'envers: Guadalajara était dans la neige jusqu'aux genoux (la première fois en 116 ans) et les températures étaient plus élevées dans les Prairies canadiennes qu'à Mexico. Tout le Canada n'a pas profité du redoux provoqué par El Niño. Les provinces de l'Atlantique ont connu l'un des débuts d'hiver les plus rigoureux et enneigé jamais enregistré.

Des reconnaissances récentes dans le Pacifique oriental tropical indiquent que le bassin d'eau très chaude d'El Niño prend de l'ampleur. Les températures chaudes à la surface de la mer sont 5 à 6 degrés au-dessus de la normale. Le dernier avis aux médias prévoit que le plus important phénomène El Niño de ce siècle culminera en janvier et devrait durer jusqu'en mars - mai 1998 avant de s'atténuer.

3. Les orages et les ouragans - peu nombreux et faibles

L'été a été souligné par un nombre restreint de phénomènes météorologiques violents - orages violents, tornades et tempêtes de grêle - contrairement aux désastres coûteux dont le Canada a été victime l'été dernier. Cette année, aucune forte tornade n'a été signalée. Par ailleurs, les tempêtes de type convectif qui ont éclatés étaient généralement faibles et de courte durée.

La Saskatchewan où 102 phénomènes météorologiques violents (73 en moyenne), y compris 11 tornades, ont été rapportés, et l'intérieur de la Colombie-Britannique où une tempête de grêle et des vents forts en rafales descendantes ont causé, lors de deux événements distincts, des dommages de plusieurs millions de dollars, étaient les seules exceptions remarquables à cette « période d'accalmie » estivale.

La saison des ouragans, que l'on prévoyait être des plus active, a été une des plus calme du siècle. Sept tempêtes tropicales se sont formées, dont seulement trois ont atteint l'intensité d'un ouragan. Par ailleurs, seule une de ces trois tempêtes s'est produite en août ou en septembre c.-à-d. la période pendant laquelle elles surviennent le plus souvent, - ce qui avait été noté pour la dernière fois en 1929. Aucune de ces tempêtes tropicales n'a eu d'effet au Canada. Comme le phénomène El Niño cessera de se manifester, prévoit-on, avant le début de l'été, il y aurait, selon les spécialistes, la formation de neuf tempêtes tropicales dans l'Atlantique en 1998, qui donneront naissance à cinq ouragans dont deux s'intensifieront, soit le nombre observé lors d'une saison des ouragans normale.

4. Encore un printemps affreux, frais et pluvieux

Après un hiver en apparence interminable, les Canadiens ont dû supporter un autre printemps lugubre ponctué de pluie, de temps froid et de neige abondante. Les risques d'inondation ont été élevés, de la Colombie-Britannique au Nouveau-Brunswick, et tout particulièrement aux environs des Grands Lacs en crue, où on a craint que des vents forts ne provoquent l'inondation des basses terres.

Une masse d'air arctique située au-dessus de la baie d'Hudson a été responsable du printemps le plus pluvieux, le plus froid et le plus venteux qu'aient connu certaines parties de l'Ontario et du Québec en 50 ans. La floraison a été retardée d'une ou deux semaines environ. Un temps froid pour la saison a tenu les gens loin des centres de jardinage, des terrains de golf et des attractions en plein air, et a entraîné en général une diminution des ventes au détail. Les agriculteurs ont semé en avril et en mai, mais rien n'a poussé. Certains cultivateurs n'avaient jamais vu un début de saison de croissance aussi froid - certaines céréales n'étant toujours pas en terre au 1er juin.

5. La Colombie-Britannique sous la pluie

Des pluies de mousson qui ont débuté au cours de l'automne 1996 se sont poursuivies tout au long de l'année 1997, détrempant la Colombie-Britannique. D'octobre 1996 à la fin d'août 1997, Vancouver, Victoria et Kamloops ont reçu plus de précipitations qu'au cours de toute période antérieure d'une durée de 11 ou même 12 mois. À Vancouver, 1997 a été l'année la plus pluvieuse jamais enregistrée depuis 1937, année depuis laquelle des données pluviométriques sont consignées. Un ensoleillement et une chaleur bien mérités ont enfin fait leur apparition, le 11 juillet, dans le Lower Mainland et à l'île de Vancouver, pour donner un été de cinq semaines, avant que la pluie ne reprenne. Heureusement, novembre a été l'un des plus doux, des plus sec et des plus ensoleillé jamais enregistré.

Des problèmes liés aux conditions climatiques ont eu un effet dévastateur sur l'agriculture de toute la Colombie-Britannique. Du mildiou de la pomme de terre sur le littoral, à un printemps pluvieux dans la région de la rivière de la Paix qui a empêché toute plantation, en passant par une saison de croissance en sol détrempé dans la vallée du Fraser, jusqu'à des dommages causés par la grêle dans tout l'Okanagan, les conditions météorologiques ont poussé certains agriculteurs à la faillite.

6. Un temps idéal pour la récolte

Les températures automnales étaient plus chaudes que la normale sur plus de 90 % du territoire canadien. Dans les Prairies, l'absence de gelées dévastatrices à la fin de l'été a permis aux cultures de mûrir plus longtemps; de plus, avec un temps idéal, les travaux dans les champs étaient pratiquement terminés à la mi-septembre. Les agriculteurs ont donc eu des rendements légèrement supérieurs à ceux escomptés.

Les nouvelles étaient également bonnes dans les fermes en Ontario et au Québec. Une superficie ensemencée record et des rendements moyens records ont produit une récolte de soja sans précédent de 2,7 millions de tonnes.

7. La tempête de grêle dans l'Okanagan : 100 millions de dollars de dommages

Le 21 juillet, une tempête destructrice de grêle et de vent a dévasté les vergers des vallées de l'Okanagan, de Similkameen et de Creston. Presque tous les fruits exposés ont été endommagés ou sont tombés des arbres. Une perte en fruits frais de 70 millions de dollars a entraîné une baisse de l'activité économique à l'échelle régionale et provinciale d'au moins 120 millions de dollars, dont la perte de 1000 emplois saisonniers dans les vergers et dans les stations fruitières. Selon les producteurs, il s'agissait de la pire tempête qu'ils n'aient jamais vécue. Près de 40 % de la récolte a été jugée invendable sur le marché du frais. Il faudra de deux à trois ans pour que les arbres se rétablissent.

8. Sécheresse estivale

Étant donné les conditions météorologiques chaudes et sèches observées lors de périodes de croissance cruciales, l'été a été difficile pour bien des agriculteurs. Dans certaines régions des Prairies, c'était la pire sécheresse jamais enregistrée en 10 ans, ajoutant un stress aux cultures à une étape cruciale de leur croissance.

Certaines régions agricoles de la Nouvelle-Écosse ont reçu moins de 10 % des précipitations normales en juillet, un minimum jamais observé jusqu'ici. Nombre d'agriculteurs se sont vus dans l'obligation de vendre une part importante de leur bétail. Le temps sec a incité les fonctionnaires à fermer les parcs à Halifax et à interdire tous feux en plein air dans les forêts de l'Î.-P.-É.

Les cultivateurs dans la vallée de l'Outaouais ont été confrontés à leur été le plus sec depuis plusieurs années, obligeant bon nombre d'entre eux à puiser dans leurs réserves pour nourrir leurs bovins ou à vendre environ un tiers de leurs troupeaux. En général, dans la plupart des fermes, le rendement en grains accusait une baisse de 50 % et une part importante était récoltée comme fourrage et non comme grain.

9. Victoria: La tempête de neige du siècle

À la fin de 1996, une série de tempêtes hivernales violentes ont balayé l'île de Vancouver, le Lower Mainland et la vallée du Fraser, en laissant derrière elles 100 cm de neige. Toutefois, ce sont les 80 cm de neige déversés au centre-ville de Victoria, le 28 décembre, qui ont ébranlé le pays. La ville la moins susceptible de subir les rigueurs de l'hiver au Canada pouvait maintenant « se vanter » de se classer au troisième rang parmi les principales villes au Canada ayant reçu le plus de neige en une seule journée.

Cette tempête a entraîné des difficultés pour le million ou plus de résidants et de touristes dans le sud de la Colombie-Britannique, difficultés qui ont été ressenties pendant une bonne partie de 1997. Partout dans le sud de l'île de Vancouver, des toits se sont affaissés ou écroulés sous l'effet du poids croissant imposé par la neige saturée d'eau sur les toits et les murs. Les frais associés aux dommages causés par la tempête et au nettoyage en découlant, s'élevaient à près de 200 millions de dollars, et les sommes versées par les sociétés d'assurance atteignaient environ 80 millions de dollars, soit la plus importante indemnisation dans toute l'histoire de la C.-B.

10. Des incendies de forêt et de végétation au printemps et en hiver

La saison des incendies de forêt a commencé de bonne heure et a duré longtemps au Canada. À la fin mai et au début de juin, un temps chaud et de nombreux orages électriques ont allumé un grand nombre de brasiers et ont augmenté les risques d'incendie dans le nord de l'Ontario et dans l'ouest du Québec. Les régions boisées de l'Est étaient extrêmement propices aux feux en raison du temps chaud en juin et en juillet, mais la chance et l'absence d'activités électriques ont maintenu au minimum les risques d'incendies après la mi-juin.

Le 1er septembre, le Service canadien des forêts a signalé que 5681 incendies s'étaient déclarés au Canada, soit seulement les 2/3 de la moyenne des 10 dernières années, établie à 8489 incendies, et le nombre le plus faible en 25 ans de données répertoriées. La superficie brûlée ne représentait que 19 % de la superficie moyenne, soit 502 223 hectares par rapport aux 2,6 millions d'hectares qui sont normalement dévastés en moyenne sur une période de 10 ans.

Cependant, à la fête du Travail, tous les feux n'étaient pas éteints. À la mi-décembre, 17 feux de forêts se sont déclarés dans les contreforts au centre de l'Alberta, près d'Hinton - il s'agissait des premiers incendies de forêt en hiver depuis une décennie. Plus inquiétants encore étaient les importants incendies près de Fort McLeod (Alberta), dans le sud-ouest. De forts vents chinook soufflant de 80 à 100 km/h ont poussé les feux d'herbe sur l'ensemble des prairies sèches et très enflammables, brûlant plusieurs bâtiments et 1000 kilomètres de clôture, tuant des centaines de têtes de bétail et laissant derrière des centaines d'hectares de terres dévastées et noircies. Les pertes ont dépassé les 2 millions de dollars. Le 19 décembre, du temps plus frais et de la neige ont réduit les risques de feu partout dans la province, permettant ainsi aux pompiers de maîtriser tous les incendies.

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