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Les dix événements météorologiques les plus marquants au Canada en 2013

Nº3 Des cultures exceptionnelles à l'Ouest, mais plus ou moins bonnes pour le reste

Figure 3a. Carte du Canada. Cliquez pour grande carte.

Les agriculteurs décrivent rarement les conditions météorologiques comme étant parfaites. Et l'on comprend bien pourquoi! La saison de végétation est de longue durée et le temps peut rapidement se gâter, et ce, à tout moment entre les semences et les récoltes. Dans l'Ouest, la saison de végétation a été presque parfaite cette année, les producteurs d'aliments, d'ordinaire réservés, l'ayant décrite comme étant incroyable, remarquable, explosive, voire la meilleure qu'ils n'aient jamais vue. Du côté de l'est, la saison de végétation a connu des hauts et des bas : certaines cultures produisaient de bons résultats et d'autres pas, et de nombreux obstacles devaient être surmontés en cours de route.

Un champ de foin récolté. © Environnement Canada Photo: Mario Ouellet

La période de végétation dans l'Ouest n'a pas commencé de façon très prometteuse, compte tenu de l'hiver long, qui n'en finissait pas, et du début du printemps frais et humide. Bien que les inondations n'aient pas été généralisées, les sols étaient froids et saturés et le travail sur le terrain était trois semaines en retard. À la fin août, la saison avait repris du bon en raison de l'absence de températures caniculaires et de sécheresse. L'humidité des sols s'est également avérée de bonne à excellente tout au long de la saison. En outre, ce qui contraste grandement avec l'année précédente, les temps violents étaient plutôt localisés et moins fréquents. En effet, la Canadian Crop Hail Association a signalé que, comparativement à 2012, les réclamations concernant la grêle étaient moins nombreuses d'un tiers en Alberta et de deux tiers en Saskatchewan. Au cours de la dernière moitié de juillet et de la première moitié d'août, la température très fraîche et les pluies adéquates ont été bénéfiques pour les cultures, qui en étaient généralement au stade de croissance reproductive. Les agriculteurs ont connu des cultures records, grâce aux conditions météorologiques idéales pour la végétation et aux conditions optimales de mûrissement et de séchage. Les températures de septembre ont été parmi les plus chaudes de toute l'histoire. En outre, il n'y a pas eu de gel meurtrier ni de chutes de neige au moment des récoltes, et seulement un gel infime à la mi-septembre ayant causé des dommages minimaux, puisque l'ensemble des cultures avaient atteint la maturité. À la mi-septembre, les récoltes étaient effectuées à 85 % et à l'Action de grâces, tout était terminé. Selon les prévisions de Statistique Canada, les agriculteurs de l'Ouest ont récolté une quantité record de 30,5 millions de tonnes de blé en 2013. Dans certaines zones, le rendement de blé dur était de 20 boisseaux supérieur aux meilleurs résultats jamais obtenus par les cultivateurs. Le rendement et la qualité étaient superbes, mais les prix laissaient à désirer! La récolte de grains de cette année était si importante que certains fermiers ont dû empiler le grain sous le sol, car leurs cellules à grains débordaient et les sacs à ensilage étaient épuisés.

Un champ de foin

En Colombie-Britannique, de longues périodes de temps sec et ensoleillé et des journées chaudes, sans toutefois être caniculaires, ainsi que des nuits fraîches ont produit certaines des baies les plus grosses et les plus sucrées jamais vues, ainsi qu'un cru fantastique dans le domaine vinicole. À Kelowna, par exemple, on a enregistré 64 journées où les températures en après-midi étaient inférieures à 30 °C et supérieures à 10 °C pendant la nuit, soit deux fois plus de journées où les combinaisons thermiques ont été optimales dans les dernières années. La seule imperfection a été une brève tempête de grêle le 29 septembre, ayant abîmé les pommes non cueillies et entreposées dans le sol, à l'intérieur de cellules ouvertes.

En Ontario et au Québec, le rendement a été excellent pour les producteurs de sirop d'érable, ce qui constitue une nette amélioration par rapport à l'année précédente, où la saison a été écourtée en raison des chaleurs records du mois de mars. Les producteurs de pommes de l'Ontario ont été également hautement satisfaits, en raison du rendement considérablement supérieur à la saison de végétation exécrable de 2012, où la grêle et les temps violents ont ravagé près de 80 % des cultures et poussé certains cultivateurs à cesser leurs activités. Toutefois, les cultivateurs du sud-ouest de l'Ontario ont dû faire face à quelques écueils, selon leur emplacement et la nature de leurs cultures. Certains champs ont été trop touchés par les pluies ou juste assez, et ont connu une touche de gel précoce, ou pas du tout. Certains cultivateurs ont dû replanter trois fois en raison des pluies ayant détruit les deux premières plantations, perdant ainsi un mois entier de conditions météorologiques. Dans certaines zones, les inondations ont persisté au cours de l'été, y compris à Windsor et à Toronto, où l'on a connu le mois de juillet le plus pluvieux de l'histoire. Un nombre important d'hectares de légumes et de blé ont été perdus en raison de la pourriture des racines. Dans le comté d'Essex, les cultures de tomates ont été réduites de 25 % en raison de pluies abondantes. Les cultures de blé, auparavant prometteuses, se sont avérées problématiques, reposant sur le sol, les systèmes radiculaires étant incapables de soutenir les tiges, rendant ainsi la récolte du blé impossible. En outre, le champignon de l'espèce Fusarium a contaminé les cultures, les rendant impropres à la consommation humaine ou animale. L'humidité toujours présente au mois d'octobre a endommagé la culture de haricots comestibles, et a rendu quasi impossible la plantation du blé d'hiver de l'année suivante. Au bout du compte, le rendement et la qualité étaient variables d'une culture et d'une zone à l'autre; toutefois, les conditions météorologiques concluant la saison entre le 22 septembre et le 5 octobre ont permis aux cultivateurs d'obtenir une meilleure récolte que ce qui était escompté.

Les producteurs d'aliments du Québec ont aussi fait face à des conditions météorologiques variables, et ce, pendant presque toute la saison de végétation, mais le rendement des cultures s'est néanmoins approché des moyennes historiques ou a été légèrement inférieur. La saison de végétation a commencé tôt, grâce à certaines chaleurs bienvenues au cours de la première semaine du mois de mai, mais les conditions météorologiques fraîches et très humides connues pendant le reste du mois, ainsi qu'au cours de juin, ont désenchanté les cultivateurs. Le temps chaud et équilibré en juillet a aidé à récupérer ce qui avait été perdu à la fin mai et en juin, toutefois, le mois d'août frais et humide a de nouveau gêné la croissance des cultures. Le mois de septembre s'est avéré plus ou moins normal, puis a été suivi d'un excellent mois d'octobre qui a aidé les cultures à atteindre leur maturité à temps.

Dans les Maritimes, la saison de végétation a commencé tôt, mais les semaines le temps frais et très humide du mois de mai, juin et juillet ont ralenti la croissance. La pollinisation a été problématique, et les pluies printanières excessives ont forcé les cultivateurs à replanter, alors que d'autres ont dû composer avec de l'érosion hydrique. Le temps était si frais et humide que les abeilles ne parvenaient même pas à faire leur travail. Un cultivateur de pommes de terre de Perth-Andover, au Nouveau-Brunswick, a affirmé ne pouvoir se souvenir d'aussi mauvaises conditions de plantations et de croissance. Les semences et les plantons ont pourri dans la boue. Les producteurs de fraises ont également été préoccupés par des parcelles inondées. À Fredericton, on a connu le mois de juillet le plus pluvieux de tous les temps, où une quantité de pluie 2,5 fois supérieure à la quantité normale a été enregistrée. Pour comble, la saison de végétation entre mai et août a été accablée par une quantité de pluie 170 % supérieure à la normale, ce qui n'avait jamais été observé depuis plus de 130 ans. En Nouvelle-Écosse, les problèmes connus n'étaient pas tant liés à la pluie, mais plutôt au temps sombre et humide. Entre la seconde semaine de mai et la fin de juin, il a plu pendant plus de 40 journées sur 50. Seule l'île du Prince-Édouard a connu des tendances différentes, la période d'avril à octobre s'étant avérée plus chaude qu'à la normale, et la quantité de pluie enregistrée du mois d'avril au mois d'octobre n'atteignant seulement que les deux tiers de la quantité normale. Dans la région, une longue période de temps chaud et ensoleillé en septembre et en octobre a été idéale pour la croissance des cultures ainsi que les récoltes. Les cultivateurs de pommes de terre ont profité des meilleures conditions météorologiques observées depuis des années, et ont pu terminer les récoltes d'automne à temps. La récolte de pommes a commencé une semaine en avance et la qualité a été spécialement bonne pour ce qui est de la taille des fruits et de leur couleur. En outre, l'absence de conditions météorologiques liées aux tempêtes tropicales a fait en sorte que les pommes sont demeurées sur les arbres jusqu'à ce qu'elles soient mûres et cueillies.

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