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Les dix événements météorologiques les plus marquants au Canada en 2013

Nº5 Y aura-t-il des inondations?

Figure 5a. Carte du Canada. S'il vous plaît se référer à la Grand carte pour plus de détails.

Au début du mois de mars, les prévisionnistes des crues du Manitoba et de la Saskatchewan se sont inquiétés des quantités record d'enneigement (le triple de la moyenne dans certains secteurs), de l'épaisseur des glaces riveraines, ainsi que du dégel plus lent qu'à la normale, qui contribueraient ensemble à l'augmentation de la menace d'inondation. Les probabilités d'exposition de la vallée de la rivière Rouge aux pires inondations depuis les cinq dernières années dépendaient de facteurs indéterminés, comme les tempêtes de printemps et l'échelonnement de fontes de neige de surface et la débâcle dans les fossés et rivières. Sur une note optimiste, les sols ont été exposés à une moisissure moindre, au moment du gel à l'automne précédent, ce qui veut dire qu'ils présentaient une capacité d'absorption accrue des ruissellements provenant de la fonte des neiges du printemps. Les craintes d'inondations ont continué d'augmenter alors que les conditions météorologiques hivernales ont perduré jusqu'au printemps. À la mi-avril, au moins 70 % de la surface des sols était toujours couverte de neige. De surcroît, l'accumulation des neiges printanières était deux fois supérieure à la normale et leur teneur en eau était très élevée dans la portion des États-Unis et du Canada de la vallée de la rivière Rouge. Les températures en mars et en avril (tout juste au-dessus du point de congélation pendant la journée, et glaciales pendant la nuit), étaient les plus froides observées en 16 années, ce qui a ralenti la fonte des neiges printanières considérablement, et a aggravé les perspectives d'inondations le long des rivières Rouge, Assiniboine, Pembina, Souris et Qu’Appelle.

Deux Canards qui nagent dans l'eau partiellement gelé

Puisque l'on s'attendait à ce que le niveau d'eau des rivières des Prairies monte de deux à trois semaines plus tard qu'à l'habitude, les autorités ne savaient trop à quoi s'attendre. D'autre part, un printemps chaud conduirait à une fonte des neiges et des glaces rapide, et ce, avant les averses d'avril. Un dégel tardif augmente le risque de réchauffement soudain et inévitable, causant la fonte des neiges, et possiblement la formation d'embâcles, de pluies printanières et de courants d'eau douce spontanés. Un printemps froid peut également provoquer des inondations en ralentissant la fonte des neiges et en provoquant la pénétration progressive des eaux de fonte. Les eaux sont susceptibles de se déplacer par étapes, à savoir, lentement, en surface, dans les fossés et rivières, les affluents, puis par les cours d'eau principaux, plutôt que simultanément.

Quoi qu'il en soit, les potentielles inondations diluviennes ne se sont pas produites. L'inlassablement glacial printemps que les résidents des Prairies maudissaient tant s'est en fait avéré bénéfique. Les jours froids et les nuits encore plus froides ont ralenti la disparition de l'enneigement tardif record, ce qui a eu un effet apaisant, permettant une fonte lente et graduelle. Les principales rivières ont commencé à s'écouler avant que leurs affluents s'y déversent, celles du Canada ont suivi leur cours avant que se présentent les eaux de bassins versants des États-Unis, et de multiples stades de fonte ont eu lieu, évitant ainsi un large torrent d'eau. On ne pouvait espérer mieux.

Une rivière qui est en train de dégeler.

Au début du mois de mai, le pire de la menace n'était déjà plus à craindre. Le débit des rivières suivait son cours et les niveaux d'eau dans la plupart des affluents étaient en train de baisser. Une grande partie des neiges se sont simplement évaporées ou ont disparu par sublimation, alors que les eaux de fonte ont été absorbées par les sols. En outre, les rivières étaient exemptes de glace et la dérivation contrôlée des rivières a aidé à apaiser le risque d'inondations. Alors que les niveaux d'eau étaient élevés dans certaines régions, le risque d'inondations était certainement plus bas que ce qui avait été prévu trois semaines plus tôt, et toute inondation qui était survenue était gérable. Mais tout ne s'est pas déroulé sans écueils ni dur labeur pour autant. Les mauvaises prévisions ont incité les communautés de North Battleford à Winnipeg à accélérer les préparations en vue des inondations à venir. Les bénévoles ont rempli des millions de sacs de sable et des douzaines de barrages de type Tiger Dam (grands tuyaux flexibles) d'eau. Des équipes de travail ont dégagé des ponceaux et des bassins versants, déposé des sacs de sable, creusé des couloirs, redirigé et encerclé les eaux de ruissellement à l'aide de barrages remplis d'air. Les organismes responsables de l'eau potable ont également libéré plus d'eau qu'à la normale des réservoirs afin de faire de la place pour les ruissellements printaniers.

Plusieurs douzaines de personnes des collectivités des Premières nations au sein de la Saskatchewan et du Manitoba ont dû quitter leur domicile. Parfois, les routes étaient couvertes d'eau ou submergées. Des pompes fonctionnaient de façon continue. En Saskatchewan, 14 collectivités étaient en état d'urgence, comparativement à 60 en 2011. Un déraillement de train à passagers a été attribué à des eaux de crue dans l'est de la Saskatchewan et s'est traduit par la fermeture d'une artère de la Transcanadienne, entre Indian Head et Whitewood, ainsi que de l'autoroute Yellowhead près de Radisson. La perturbation finale a été le retard de l'ensemencement par les agriculteurs, qui ont dû attendre plusieurs semaines pour que les champs inondés s'assèchent.

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