Les dix événements météorologiques les plus marquants de 2005 : évènement neuf

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9. Une potion de sorcière en novembre

Dans les Grands Lacs, novembre est l'un des mois les plus venteux, et les coups de vent y sont responsables de près de la moitié des naufrages. Située à l'intérieur du continent nord-américain, dans la zone de convergence des mouvements de masses d'air arctique et d'air tropical, la région subit l'influence de systèmes météorologiques turbulents et très changeants. En novembre, le long du courant-jet dominant, des cyclones en formation se déplacent vers l'Est et prennent de la force dans les eaux relativement chaudes des Grands Lacs. Les dépressions barométriques sont souvent plus marquées en novembre qu'à d'autres périodes de l'année. Ces mauvaises tempêtes sont appelées les « sorcières de novembre ».

Au cours de la première semaine de novembre 2005, une vilaine « sorcière » a frappé de plein fouet la région inférieure des Grands Lacs, la balayant de rafales de 90 km/h. Au sud des Grands Lacs, la tempête a donné naissance à une tornade mortelle qui a ravagé l'Indiana et a donné la mort à 22 personnes. En Ontario, les dommages étaient en grande partie mineurs et localisés. À Hamilton, des arbres ont été déracinés, des lignes électriques coupées, des bacs de recyclage et des débris soulevés, et des feux de circulation jetés à terre. Les équipes d'urgence n'avaient pas de répit, répondant à des centaines d'appels. Les vents les plus forts ont été signalés surtout en terrain élevé et dans des zones exposées, sous le vent des Grands Lacs. Selon Hydro One, jusqu'à 70,000 clients se trouvaient sans courant dans la province.

Le 9 novembre, une autre file de tempêtes se déplaçait à travers la province. L'Ontario allait connaître l'une de ses journées les plus bizarres sur le plan météorologique. Tandis que des températures de 20°C réchauffaient Windsor, de la pluie verglaçante tombait sur Ottawa, il neigeait à Barrie et une rare tornade s'abattait sur Hamilton. La tornade a frappé Hamilton à environ 16 h et a duré 10 minutes. De catégorie F-1, la tornade a déchaîné des vents atteignant jusqu'à 180 km/h, des vents assez forts pour arracher et balancer dans l'air des bennes à rebuts, déformer des murs, décoller des toitures et renverser des voitures. Le long d'un couloir étroit de 7 km traversant la ville, la tornade a causé des dommages importants à certaines maisons, épargnant la maison voisine. Elle a endommagé une école et arraché le toit d'un gymnase. Au moins une douzaine de maisons n'étaient plus habitables. Par miracle, seulement deux enfants ont été légèrement blessés. Cette tornade était la troisième à frapper l'Ontario depuis l'enregistrement des données, au début des années 1990. Les deux autres ont sévi dans des collectivités du sud-ouest, à Leamington (le 29 novembre 1919) et à Exeter (le 12 décembre 1946).

Une troisième grande « sorcière » a frappé le sud-est et le centre de l'Ontario les 16 et 17 novembre. Les rafales de vent ont atteint 100 km à l'heure. Hydro One a indiqué que les vents violents avaient provoqué des pannes dans plus de 50 000 foyers de la province. Il a été difficile de rétablir le courant car, dans certains cas, des vents soutenus avaient fait tomber les lignes de transmission deux ou plusieurs fois. À Toronto, les routes ont été inondées et le relâchement d'un mur de soutènement a forcé l'évacuation des maisons d'un quartier. Au sud des Grands Lacs, aux états-Unis, le mauvais temps, qui a déclenché 35 tornades, a causé des dommages encore plus considérables. Pour certains résidents de Hamilton, le bruit du vent suffisait à rappeler la tornade de la semaine précédente.

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