Les dix événements météorologiques les plus marquants de 2007 : évènement deux

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2. Menace persistante d'inondations en Colombie-Britannique

Au début du printemps, les experts du British Columbia River Forecast Centre ont attiré l'attention du public sur la possibilité que cette province enregistre les pires inondations de son histoire et a lancé des mises en garde. Bien que la plupart des prévisions constituaient des tempêtes de rafales et des chutes d'arbres, l'accumulation annuelle de neige sur la montagne atteignait un taux record. Cette nouvelle a fait le bonheur des skieurs, qui n'ont jamais été aussi nombreux à dévaler la neige épaisse, mais cette augmentation de l'accumulation annuelle de neige constituait un danger de taille pour les habitants résidant le long des cours d'eau sur le point de déborder, surtout sur la côte nord de la Colombie-Britannique et dans la partie sud le long du fleuve Fraser. S'est ajoutée à cette source d'inquiétude la perte d'un nombre incalculable de lots de pin tordu (Pinus contorta) au fil des ans, décimés par le dendroctone du pin, disparition qui a eu pour effet de limiter la capacité du bassin hydrologique à se renouveler et de ralentir le ruissellement nival.

La teneur en eau de fonte de la neige a atteint le taux le plus bas enregistré, soit 83 p. 100 de sa teneur normale dans la région d'Okanagan et variait de 130 à 165 p. 100 de sa teneur normale le long de la côte dans le nord et les régions centrales. Dans le fleuve Fraser, l'accumulation annuelle de neige dans le bassin a figuré parmi la plus élevée jamais enregistrée depuis 1953, époque à laquelle on a produit les premiers relevés détaillés de l'accumulation de neige, chiffre légèrement inférieur à celui enregistré en 1972, année durant laquelle de grandes inondations ont eu lieu. Les agents responsables ont commencé à distribuer près de cinq millions de sacs de sable dans divers « secteurs névralgiques » et les soldats ont été dépêchés dans les basses terres du fleuve Fraser en prévision de crues.

Au début d'avril, le temps frais et humide, inhabituel en cette saison, a non seulement retardé la fonte, mais a prolongé l'accumulation de neige. Le mois suivant, l'accumulation annuelle de neige n'avait pas tellement diminué et son mûrissement s'accélérait. Les experts ont fait état du pire scénario : une vague de chaleur pendant une semaine suivie de pluies abondantes avant l'habituel débit de pointe du fleuve en juin. Tout s'est déroulé comme le prévoyait ce scénario : le temps chaud est arrivé tard en mai, avec cinq jours au cours desquels le mercure a atteint les 30 °C. La vague de chaleur s'étendant de Vancouver à Burns Lake a entraîné plus de deux douzaines de records de température variant de 3 à 5 °C, causant la fonte rapide de l'accumulation annuelle de neige sur la montagne et faisant déborder les affluents du réseau hydrographique du fleuve Fraser et du Nord Ouest. Mauvaises nouvelles : cette chaleur couvait un orage d'envergure pouvant entraîner des averses abondantes prenant naissance dans l'océan Pacifique et venant s'abattre dans les terres, intensifiant le risque d'inondation du fleuve Fraser et de ses basses terres. Pour en faire une brève description, le système frontal est passé loin du bassin hydrographique Fraser pour plutôt se concentrer sur les bassins Bulkley et Skeena en se dirigeant vers le nord.

Au cours du printemps, le British Columbia River Forecast Centre a signalé un nombre important d'inondations, dont les suivantes :

  • la rivière Nechako a presque atteint le débit de crue à période de récurrence de cinquante ans, lequel s'est maintenu pendant cinq à six semaines;
  • la rivière Bulkley (à la hauteur de Smithers) a vu sa période de récurrence de 100 ans être dépassée;
  • la rivière Skeena s'est vu passer à une période de récurrence de 35 ans.

Le long des berges de la rivière Skeena, la municipalité de Terrace a été presque complètement isolée lorsque la crue des eaux et les glissements de terrain ont forcé la fermeture de plusieurs artères et autoroutes, et submergé les voies ferrées. Dans les bassins hydrographiques Bulkley Nechako et Kitimat Stikine, la crue des eaux a balayé les routes secondaires, suspendu l'activité sur un pont et un traversier à câble, et a forcé la fermeture d'une autoroute. Le rationnement des aliments et du carburant a commencé à Prince Rupert et à Smithers, où les eaux de crue ont atteint les niveaux les plus élevés en plus de 80 ans.

Au sud, l'appréhension tenace a vu son terme. À partir du 11 juin, toutes les rivières surveillées avaient atteint leur crue maximale ou voyaient leur niveau baisser. En fin de compte, le niveau du fleuve Fraser n'a jamais été près d'atteindre celui observé lors d'inondations ou de crues élevées. La vallée du Fraser est passée très près de la catastrophe lors du retour des températures fraîches, au moment où une tempête tropicale a changé de direction in extremis, ce qui a épargné des milliers d'hectares de terres agricoles et de terrains résidentiels et évité l'évacuation de dizaines de milliers de résidents et des pertes financières estimées à six milliards de dollars.

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