Les dix événements météorologiques les plus marquants de 2007 : évènement quatre

Table des matières

4. Été tropical dans les Prairies

Tous les étés, on prévoit des semaines de chaleur et de temps ensoleillé, toujours bienvenus, d'un bout à l'autre des Prairies. Or, pendant plusieurs semaines l'été dernier, la chaleur de l'air, suffocant et inhabituellement collant, a éprouvé la patience de nombreux résidents des Prairies, compliquant tout, des interventions chirurgicales à la chevelure des gens.

Quant aux résidents de Calgary, ils ont vécu en juillet une chaleur record, le deuxième en importance, atteinte il y a plus de 70 ans, en 1936. L'Aéroport international d'Edmonton a enregistré sa température moyenne la plus élevée en juillet, avec 18,4 °C, éclipsant celle atteinte l'année précédente seulement. Il a fait une chaleur accablante dans la capitale albertaine. La température maximale a grimpé au dessus de 30 °C sept jours consécutifs, ce qui normalement, se produit un seul jour en juillet, ou même qui ne se produit pas du tout. À Regina, juillet dernier n'a pas été le plus chaud de son histoire, mais le plus humide d'après la plupart des résidents. Les mois de juillet les plus chauds ont été enregistrés à trois reprises, en 1886, en 1936 et en 1937. Tout le monde parlait du fort taux d'humidité inaccoutumé. Le système météorologique de régulation -- une énorme crête en altitude située dans le Midwest américain -- se trouvait un peu plus à l'est que de coutume, juste assez pour tirer l'humidité du Golfe du Mexique et l'attirer dans les Prairies. Ce système est venu charger l'air d'une humidité insupportable une fois combiné aux sources locales de transpiration végétale des cultures et des zones d'évaporation saturées des pluies abondantes du printemps précédent. Du 22 au 24 juillet, Regina a enregistré 29 heures pendant lesquelles l'humidex s'est maintenu au dessus de 40, ayant même atteint 48 pendant deux heures consécutives, fracassant le record précédent de 44,5. Cet événement météorologique a été hors de tout doute le plus pénible qu'a connu Regina.

S'il faisait un temps étouffant à Regina, le temps était franchement accablant à Carman, au Manitoba. Le 25 juillet, à 15 h HAC, la température maximale enregistrée à Carman a atteint rien de moins que 34 °C, avec un point de rosée à 30 °C, l'équivalent de l'humidité observée dans la forêt tropicale. (Le point de rosée à 30 °C pourrait constituer un nouveau record atteint au Canada, mais ce n'est pas confirmé.) La combinaison de chaleur et d'humidité extrêmes a eu pour effet d'atteindre un humidex de 53, battant le record historique canadien des 52,1 établi à Windsor, en Ontario, le 20 juin 1953. Toujours le 25 juillet dernier, l'humidex a atteint 48 à Winnipeg, brisant son record historique de 46,1 établi en 1996.

Les niveaux critiques d'humidité ont forcé l'annulation de centaines de chirurgies non urgentes dans plusieurs hôpitaux partout dans l'Ouest. Le niveau élevé de l'humidité mine la qualité du matériel stérile et accroît le risque d'infection postopératoire. Les personnes âgées ont éprouvé des difficultés à faire face à cette vague de chaleur humide, qui cause souvent de la nausée et des étourdissements en raison de l'épuisement et de la déshydratation. Les chevaux d'Assiniboia Downs, à Winnipeg, ont eu droit à une pause en raison du risque d'un coup de chaleur. Les centres commerciaux ont éprouvé de la difficulté à garder ventilateurs et climatiseurs en stock. Trouver un climatiseur constituait seulement la première de deux étapes; il fallait compter deux semaines pour l'installation ou la mise en service. L'air humide et chaud a fait croître la demande des services publics et a contribué à l'établissement d'un nouveau record estival de consommation d'énergie, effleurant la demande maximale en hiver. À certains endroits, des poissons boursouflés flottaient sur les rives de plusieurs lacs, cours d'eau et réservoirs où la chaleur de l'eau était surélevée. Chez les poissons, la mortalité estivale survient lorsque les températures sont élevées et que la faiblesse ou l'absence du vent causent l'épuisement de l'oxygène, d'où leur suffocation. Des centaines de canards morts flottaient dans les lacs à l'est de Calgary, victimes probables d'une toxine stimulée par la chaleur et la sécheresse.

La chaleur et l'humidité extrêmes ont dévasté les récoltes, frappant davantage le canola et les pois. Ces températures suffocantes et le ciel sans nuage ont miné le rendement des cultures de céréales et réduit leur qualité partout dans l'Ouest. Dans certains secteurs, l'année a été décevante en raison d'un temps doublement désastreux : un printemps pluvieux et un été torride. En revanche, la chaleur et la sécheresse excessives ont fait décroître les maladies et les organismes nuisibles dans les cultures et ont fait décupler la croissance des récoltes.

Date de modification :