Finalistes des événements marquants de 2004

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Le réchauffement se poursuit au Canada et dans le reste du monde

Malgré certaines périodes plutôt froides, le Canada a connu sa 16ème année la plus chaude des derniers 57 ans à 0,4 °C de plus que la moyenne. C'était aussi la 8ème année consécutive de températures au-dessus de la normale. L'année passée était beaucoup plus chaude à +1,1 °C au-dessus de la normale et 1998 était l'année la plus chaude de tous les temps à +2,5 °C. À l'échelle nationale, le printemps et l'été étaient plus froids que la normale en 2004. Depuis l'hiver et le printemps 1996, c'était la première fois que deux saisons consécutives connaissaient des températures normales ou sous la normale. Le printemps et l'été 2004 représentent la quatrième période la plus froide en 26 ans. En outre, c'est le premier été qui connaît des températures normales ou sous la normale depuis 1992.

Le Canada est en ligne avec le reste du monde en ce qui concerne le réchauffement. Globalement, 2004 a été la 26ème année consécutive à connaître des températures au-dessus de la normale et la 4ème année la plus chaude du relevé des températures depuis 1861, juste derrière 2003. La température moyenne globale était de +0,44 °C au-dessus de la moyenne annuelle de 1961-1990 (14 °C). Tard dans l'année, un petit El Niño a vu le jour dans l'océan Pacifique, mais il n'a eu que peu d'incidence sur le réchauffement annuel.

Les températures ont augmenté depuis les 100 dernières années, mais ce lent réchauffement s'est accentué de façon notable ces 25 dernières années. Les dix années les plus chaudes à l'échelle mondiale ont toutes eu lieu depuis 1990 et les trois plus chaudes depuis 1998. Selon l'Organisation météorologique mondiale de Genève, la température moyenne du globe s'est accrue environ 3 fois plus rapidement depuis 1976, comparativement à ce qui s'est passé ces 100 dernières années. En ce début de 21ème siècle, les températures du globe sont de plus de 0,6 °C supérieures à celles du début du 20ème siècle. Bien qu'en elle-même une autre année de températures au-dessus de la moyenne ne prouve pas qu'il y ait accélération des changements climatiques, l'augmentation sans précédent des températures du globe ces 25 dernières années constitue un élément de preuve supplémentaire que l'être humain accentue constamment ce phénomène.

Saison des ouragans agitée… mais le Canada demeure calme

Les météorologues avaient vu juste en prévoyant une autre saison des ouragans agitée sur l'Atlantique : 12 à 15 tempêtes tropicales, parmi lesquelles six à huit seraient déclarées ouragans. Le décompte a finalement été de 15 tempêtes tropicales et 9 ouragans dont 6 fortes tempêtes projetant des vents de plus de 178 km/h. Cette saison de tempêtes turbulentes s'inscrit dans la continuité d'une agitation au-dessus de la moyenne depuis 1995. Depuis, toutes les saisons des ouragans sur l'Atlantique sauf deux (1997 et 2002) ont dépassé la moyenne normale. En tout, huit cyclones tropicaux ont atteint la force de tempête au mois d'août, franchissant ainsi le record précédent établi à sept, entre août 1933 et 1995. Huit, c'est deux fois la moyenne normale. De plus, la formation d'une première dépression tropicale a eu lieu deux fois seulement après le 31 juillet, dont une cette année. La saison a donc commencé lentement pour atteindre un record d'activité, et enfin s'estomper aussi rapidement que son départ fut fulgurant. Parmi les facteurs contribuant à cette activité saisonnière, notons une température de l'eau plus élevée que la normale dans l'océan partout en région tropicale Atlantique, une quantité de chaleur plus importante emmagasinée dans l'océan, des vents favorables et des courants d'air dans les couches supérieures de l'atmosphère, favorisant les vents d'est, ainsi qu'une absence de vents contraires qui auraient empêché les tempêtes de se former.

La Floride a été le pôle d'attraction des ouragans en 2004 avec un nombre sans précédent de quatre ouragans (dont trois majeurs) et une tempête tropicale. Au cours d'une période de trois semaines, la Floride a été touchée par trois ouragans dont un, Jeanne, suivant presque en tout point le tracé de l'ouragan Frances. Au total, les tempêtes tropicales ont infligé à la Floride des pertes sans précédent de 30 à 40 milliards de dollars.

Cinq tempêtes tropicales ont touché le Canada, cependant aucune n'a eu d'impact significatif sur les habitants ni sur les lieux géographiques.

L'ouragan Alex souffla sans heurt au large de la Nouvelle-Écosse le 5 août. Ses vents de 200 km/h ont provoqué des creux de 10 m au sud de Terre-Neuve. Des rouleaux d'un mètre en pleine mer et de fortes pluies accompagnaient la tempête tropicale. Alex devint une tempête de catégorie 3 en doublant l'extrémité sud des Maritimes. Il est extrêmement rare qu'un ouragan de cette force puisse atteindre ces latitudes de l'Atlantique Nord si tôt dans la saison.

Les fortes pluies découlant des restes de la tempête tropicale Bonnie ont provoqué le 14 août la montée des eaux de la rivière Saint-Jean au Nouveau-Brunswick. Fredericton reçut alors un total de 75 mm de pluie. Quelques heures seulement avant que les vestiges de Bonnie ne touchent la partie méridionale de la province, un système de fronts produisit de fortes pluies dans le nord du Nouveau-Brunswick. Edmunston reçut la tempête de plein fouet alors que des précipitations atteignant 90 mm se sont abattues sur les secteurs ouest des comtés de Madawaska et de Restigouche. Ces fortes pluies ont indirectement causé le décès d'un automobiliste et, dans les deux parties de la province, ont fait monter les eaux de la rivière Saint-Jean au niveau des crues printanières.

Le 9 septembre, la tempête tropicale Frances déversait des précipitations record en traversant l'ouest du Québec de part en part. En Ontario, Cobourg a reçu 82,2 mm; Kingston 137,0 mm; Ottawa 135,4 mm et Trenton 111,8 mm. Au Québec, L'Assomption reçut 96 mm, Gaspe 83 mm et High Falls 100 mm. Les inondations ont transformé les routes en rivières, inondé les sous-sols et déraciné les arbres. En Ontario, une partie de l'autoroute 401 a été inondée. Les équipes d'Hydro-Québec qui avaient été dépêchées en Floride ont du être rapatriées afin de rétablir l'électricité dans leurs propres communautés. Une commission scolaire a annulé les cours dans quatre écoles - la première fois dans un passé récent qu'un si grand nombre d'écoles soient fermées en dehors de l'hiver. Il est à noter qu'Ottawa enregistra les précipitations quotidiennes les plus élevées depuis 1812, année du premier enregistrement des données météorologiques, obligeant l'évacuation de plus de 50 familles à Kanata. Étrangement, sans cette pluie, Ottawa aurait enregistré le record du mois de septembre le plus sec.

L'humidité laissée par l'ouragan Ivan causa une autre forte tempête automnale qui secoua la côte Atlantique du Canada les 20 et 21 septembre, provoquant des pannes d'électricité et retardant les services de traversiers. Des vents forts ont agité les eaux du port de Sydney, annulant le premier amarrage à un quai canadien du navire Queen Mary 2. Les creux des vagues au détroit de Cabot étaient de cinq à huit mètres. Au cœur de la tempête, pas moins de 20 000 abonnés de l'île du Cap Breton étaient privés d'électricité. Les équipes de réparation ont du braver des pluies ininterrompues et des vents atteignant 90 km/h pour réparer les lignes de tension abattues par la tempête. À Terre-Neuve et Labrador, la tempête a causé six décès alors qu'elle cheminait vers le nord-est. Des vents forts et des rafales pouvant aller jusqu'à 143 km/h ont aussi frappé l'île, notamment son littoral nord-est.

Le 11 octobre, la tempête tropicale Nicole se mêla à un système météorologique complexe, situé à environ 600 km au sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Les quatre provinces maritimes subirent des vents de 90 km/h avec des rafales de vent atteignant 100 km/h, alors que la partie ouest de Cap Breton était secouée par des vents plus violents, avec des bourrasques de 130 km/h provenant du sud-ouest. Ce nœud de tempêtes déversa des précipitations de 40 à 60 mm sur certaines régions de la Nouvelle-Écosse. Des vents violents et des mers démontées ont forcé l'interruption du service de traversier entre Port-aux-Basques et North-Sydney et des restrictions sur la traversée du pont de la Confédération en camion. Des vents violents ont déraciné des arbres et abattu des lignes électriques alors que la tempête provoquait des inondations dans quelques régions de l'est du Nouveau-Brunswick. La vallée de l'Annapolis a été aussi durement touchée, en pleine saison de la cueillette des pommes.

La saison des incendies de forêt. Seul l'Ouest est en effervescence

Selon le Centre international canadien d'incendies de forêt, le nombre d'incendies allumés en 2004 a été sous la moyenne au Canada (6 328 à la mi-septembre, 83 % de la normale), mais a consumé un peu plus d'hectares (3,1 millions d'hectares ou 10 % au-dessus de la moyenne) si l'on compare avec la moyenne des dix dernières années. La différence des incendies entre l'est et l'ouest du pays est considérable. De la Saskatchewan au Québec, des conditions froides et humides ont prévalu avec peu ou pas d'incendie de végétation. Pour l'Ontario, il s'agit d'un nouveau record à la baisse quant au nombre d'incendies dans la province. Entre avril et octobre, la province a enregistré 426 incendies. C'est 110 de moins qu'en 1928, l'année de l'ancien record. L'été au Québec a aussi été tranquille en matière d'incendies avec le nombre le moins élevé des dernières années en ce qui concerne les incendies et les forêts consumées. En fait, la région consumée par les incendies au Québec, 3013 ha, représente moins de 1 % de la moyenne globale.

En Colombie-Britannique, en Alberta et au Yukon, les incendies ont commencé tôt et ont été très ardents. [Pour en apprendre davantage sur la saison des incendies en Colombie-Britannique et au Yukon, consultez le cinquième des Dix événements météorologiques marquants]. Les incendies de végétation en Alberta ont consumé un territoire 20 % plus important que la moyenne des 10 dernières années. Ces incendies ont eu lieu principalement au printemps, suite à de nombreuses journées chaudes et sèches. Heureusement, une température fraîche et humide a renversé la situation au début de juin.

Des baisses record des glaces de mer dans les eaux canadiennes

L'étendue des glaces de mer dans l'Arctique se situe toujours bien en deçà de la moyenne à long terme. En septembre 2004, elle était d'environ 13 % de moins que la moyenne de 1973-2003. En accord avec les observations de diminution des glaces de mer dans l'ensemble de l'hémisphère Nord, les glaces de la mer de Beaufort au Canada étaient beaucoup moins étendues et plus minces que la normale. À 500 kilomètres des côtes du Yukon, là où l'on trouve généralement une glace dure et épaisse de plusieurs années, le brise-glace Louis S. St-Laurent de la Garde côtière canadienne n'a trouvé que de la nouvelle glace fondante. Bien plus au sud, à l'hiver et au printemps, on a enregistré le taux le moins élevé de glaces de mer sur les côtes du Labrador depuis que le Service canadien des glaces a commencé à noter ces données, en 1969. Il y avait moins de la moitié de la moyenne de glaces, en partie à cause de la température de l'air au-dessus des normales et de vents du large persistants qui ont empêché la glace de se former vers l'est.

Par contre, les transports étaient partout difficiles dans ces eaux remplies de glace. À notre connaissance, c'était un des hivers les plus rudes pour les transbordeurs naviguant dans le golfe du Saint-Laurent. À la fin février, les transbordeurs entre l'île du Cap-Breton et Terre-Neuve ont été pris dans la glace à environ 80 km de la côte pendant plus de 48 heures. La Marine Atlantique n'avait pas connu de retard comparable depuis 8 à 10 ans. Ces retards ont occasionné un trafic considérable aux gares maritimes de Port aux Basques et du Cap-Breton. Près de 300 véhicules étaient bloqués à North Sydney et il a fallu trois jours pour qu'il n'y ait plus d'attente. De plus, les voies navigables de l'archipel arctique canadien ont connu des conditions glaciaires près des normales, ce qui a entraîné plusieurs retards dans le transport des marchandises.

La nature compense par un automne chaud

Une grande période de climat doux en octobre et en novembre, des températures douces, un ciel clair, un temps ensoleillé et sec a contribué à faire oublier à la population canadienne son été misérable. Dans l'ouest et le centre du Canada, les températures étaient en moyenne deux degrés supérieurs à la normale et dans certaines régions, les précipitations représentaient environ un tiers de la normale. Cette année, les agriculteurs des Prairies ont dû travailler fort et longtemps pour terminer les récoltes. Les terrains de golf semblaient plus occupés à ce moment que durant l'été. Septembre a été particulièrement doux, sec et ensoleillé; une température idéale pour des raisins bien sucrés. En outre, la saison des feuilles était spectaculaire, après deux ou trois années décevantes.

Une météo clémente avait toujours cours en novembre dans les Prairies. En comparaison au temps frisquet de l'an dernier, la température moyenne de Regina pour le mois de novembre était de 10 degrés supérieure. Un travailleur de la construction a déclaré que c'était la première fois qu'il pouvait couler du ciment en novembre et certains grands éleveurs ont pu terminer les mises en balles et le râtelage.

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