Finalistes des événements marquants de 2009

Table des matières

Olympiques - Abondance de neige en 2008-2009

L’année précédant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Vancouver, en 2010, la côte Ouest du Canada, d’ordinaire teintée de verdure a été ensevelie sous la neige. Vancouver est bien connue pour ses rares chutes de neige, se classant au 98e rang parmi les villes les moins enneigées du Canada, avec un total de seulement 48 cm annuellement. Mais l’hiver 2008-2009 a été témoin d’accumulations de chutes de neige excédant 114 cm, soit 230 p. 100 plus que la normale. En fait, on parle ici de l’hiver avec le plus de neige en 19 ans et du deuxième mois de décembre le plus enneigé – à moins d’un centimètre du record absolu de 89,9 cm établi en décembre 1964. De plus, l’aéroport international de Vancouver était recouvert de neige en permanence entre le 13 décembre et le 8 janvier inclusivement, soit une période de 27 jours, ce qui constitue la deuxième plus longue séquence en 55 ans de relevés. Et ce qui est encore plus remarquable, c’est qu’à la suite de trois jours de chutes de neige où il est tombé un total de 55 cm de neige, Vancouver a été le théâtre de sa matinée de Noël la plus blanche de toutes avec une couche de neige de 41 cm. Les chances que Vancouver et Victoria soient embellies d’un manteau de neige le matin de Noël sont les plus basses au Canada (moins de 10 p. 100); pourtant, la ville peut se vanter d’avoir reçu plus de neige en 2008 que toute autre grande ville canadienne cette année-là, soit 41 cm – encore plus qu’au pôle Nord!

Les trottoirs recouverts de neige et les routes bourbeuses ont contraint les résidants, surtout les aînés, à demeurer à la maison. Les jours de fortes chutes de neige, les ventes au détail ont chuté de presque un tiers. Les hôpitaux de Vancouver ont dû traiter plusieurs personnes pour des crises cardiaques ainsi que pour des blessures aux dos et autres traumatismes orthopédiques. Les équipes de la voirie ont travaillé sans relâche pour nettoyer les drains, les bassins récepteurs et les intersections. Certains résidants ont dû composer avec la non-collecte des ordures pendant plus de trois semaines en raison de l’inaccessibilité des rues secondaires et des ruelles. Inutile de dire que les pelles à neige et les sacs de sel se sont tous vendus en un temps record avec aucune forme de réapprovisionnement possible. Tôt en janvier, une autre accumulation de 5 à 10 cm de neige a touché Vancouver, causant de nombreux accidents de voiture, des pannes d’électricité touchant des milliers d’abonnés et perturbant les horaires de voyage. Le maire de Vancouver a déclaré que sa ville ne prie jamais pour que la pluie vienne, mais qu’il avait maintenant besoin d’une intervention « divine » pour se débarrasser de cet excédent de neige. Comme par enchantement, la pluie s’est abattue, déversant 150 mm en 48 heures et provoquant plusieurs effondrements de toit. Lorsque le temps s’est adouci, des pluies torrentielles et la fonte rapide de la neige ont provoqué le débordement des rivières, déclenchant du même coup des coulées de boue, emportant des routes et causant des inondations. Aujourd’hui, à l’aube des Jeux d’hiver de 2010, les résidants de Vancouver pourraient fort bien réciter quelques prières pour voir tomber la poudre blanche dont ils voulaient tellement se débarrasser une année plus tôt!

Le grand gel national de janvier

Janvier a été caractérisé par un froid mordant, avec un enneigement supérieur à la normale dans l'Est et à peine un dégel ailleurs. Dans l’Est, les habitants ont eu droit au bon vieux froid canadien d’antan – le deuxième janvier le plus froid en 15 ans. L'année a commencé par un gel profond dans le Nord et dans l'Ouest. À la deuxième semaine du mois, le temps froid arctique avait cheminé vers l’est jusqu'au Manitoba, pour ensuite balayer l’Ontario, le Québec et le Canada atlantique, qui rejoignaient le reste du pays pour vivre ce grand gel national. Le front froid s’est ensuite dirigé vers le nord-est américain, puis vers le sud en direction du Tennessee. EnSaskatchewan, les gens ont subi des refroidissements éoliens de -50 ou moins, en plus d’avoir à pelleter 25 cm de neige ou d’être enveloppés d’un brouillard glacé. La durée du froid a été impressionnante. Saskatoon a vraisemblablement connu sa plus longue période de froid glacial sous -25 °C depuis qu’on a commencé à tenir des données, en 1892. Les 24 jours de froid mordant ont débuté le 13 décembre et pris fin le 5 janvier, battant la tristement célèbre vague froide de janvier 1950, qui avait donné lieu à des températures de -46,1 °C et occasionné « seulement » 21 jours de températures égales ou inférieures à -25 °C. Le croisement des rues Portage et Main à Winnipeg a eu le douteux privilège d’être la plus froide intersection de l’Amérique du Nord, car on y a enregistré le 14 janvier une température de -37 °C avec un refroidissement éolien de -51 – plus froid qu’au pôle Sud ou au pôle Nord. Un refroidissement éolien de -35 ou moins peut geler la peau exposée en aussi peu que cinq minutes.

Le froid brutal et épais s’insinuait partout, en se déplaçant vers l’est au Canada. Le 16 janvier, Environnement Canada a émis pour l’ensemble du Nouveau‑Brunswick un avertissement de refroidissement éolien. À Edmundston, la température « réelle » a chuté tôt en matinée à un glacial -43,6 °C, un record de tous les temps pour la ville, qui approchait la plus basse température jamais observée dans la province, soit -46.7 °C à Chipman, le 18 janvier 1925. À Ottawa, aucune trace de dégel ne s’est manifestée en janvier. Le moment le plus chaud du mois est survenu le 13 janvier, avec -0,6 °C. À l'aéroport d’Ottawa, dont les données remontent à 1938, seulement quatre mois de janvier précédents avaient été dénués de dégel, mais ces quatre mois de janvier avaient été plus chauds que celui de 2009. Autre curiosité météorologique : il n'y a pas eu de pluie en janvier, soit une première pour Ottawa! L’absence de pluie et les basses températures se sont traduites par une couverture de neige plus épaisse. À la fin du mois, on observait 69 cm de neige au sol. L’enneigement hivernal total au 1er février se situait à 196 cm, soit environ 47 % de plus que la normale. Si l’on ajoute à cela la grève d'autobus qui s’est étendue sur 53 jours en plein cœur de l'hiver, on reconnaîtra que janvier 2009 est un mois à oublier.

La vague de froid s’est avérée particulièrement aiguë dans le sud du Québec. En janvier, la consommation de combustible de chauffage résidentiel et commercial y a été de 10 à 15 % supérieure à la normale, et de 25 % supérieure à celle des trois hivers précédents. Pour beaucoup, ce froid détestable s’est accompagné d’une lourde facture. Face à une consommation record d’électricité dans la province, Hydro-Québec a demandé à ses clients résidentiels et industriels de réduire leur consommation, et a également procédé à des délestages sélectifs pour maintenir la demande sous les seuils critiques. Le froid extrême a incité de nombreuses personnes à se tourner vers d'autres sources d'énergie, comme les chaufferettes au mazout et les poêles à bois, importantes sources de suie. La popularité de ces sources de chaleur, combiné à un air stagnant, a abaissé la qualité de l'air à un niveau médiocre pendant 22 jours en janvier – un record depuis l'établissement du programme anti-smog.

La vague de froid nationale a également eu des répercussions sur les vies humaines. Le froid mordant a rendu la vie plus pénible que jamais aux sans-abri. Les hôpitaux ont signalé de nombreux cas d’engelure et d'hypothermie. Pour la première fois en cinq ans, le froid extrême a incité des écoles de Moncton à fermer. Un peu partout au pays, les conduites d’eau maîtresses ont commencé à se fissurer à mesure que le froid glacial et persistant intensifiait le stress déjà subi par les vieilles canalisations enfouies dans un sol mouvant. À Winnipeg, une bonne partie des parcomètres électroniques de la ville étaient trop gelés pour accepter l'argent. Dans les magasins de détail, les chaufferettes d’appoint, les coupe-froid et les réservoirs d’eau chaude se vendaient comme des petits pains chauds. Malgré la récession et la faiblesse du dollar par rapport à la devise américaine, de nombreux Canadiens ont fui le froid en s’envolant vers des destinations chaudes et ensoleillées. Et pourtant, même si c’est difficile à croire, l’ensemble du Canada a connu en moyenne un mois de janvier de 1,3 degré plus chaud que la normale. Comment était-ce possible? Quelque part au Canada, janvier a dû être chaud? Et bien oui! Du Yukon au Nunavut, le mois de janvier a été plus chaud de 3 degrés que la normale.

Des avalanches mortelles

Dans les régions montagneuses de la Colombie-Britannique et les Rocheuses albertaines, des régimes météorologiques inhabituels ont fait de l'hiver 2008-2009 une saison particulièrement dangereuse et mortelle pour les adeptes de plein air dans l’arrière-pays. Un début d’hiver relativement froid et sec ponctué des chutes de neige intermittentes a formé une base fragile de neige poudreuse. En décembre, les froids record et les fréquentes tempêtes ont entraîné la formation successive de plusieurs plaques de neige hautement volatile, sur une mince couche superficielle. Des conditions d’enneigement idéales ont incité les amoureux des sports d’hiver à se rendre en grand nombre dans les secteurs éloignés, surtout durant la période de congé de la fin décembre et du début janvier. Les experts ont averti le public de se méfier des pires conditions d'avalanche observées en un siècle – qui pouvaient donner lieu à un véritable effet de « château de cartes ». Au total, on a déploré 24 décès pendant la saison d’avalanches 2009, ce qui en fait une des plus mortelles avec près du double de la moyenne annuelle de la dernière décennie, et la pire depuis l'hiver 2002-2003, qui avait donné lieu à 29 pertes de vie. Le pire accident mortel de la saison est survenu le 28 décembre 2008, lorsque huit motoneigistes ont péri asphyxiés sous près de quatre mètres de neige près de Fernie (C.-B.). C’était également la première fois où l’on enregistrait davantage de décès chez les motoneigistes que chez les skieurs et les planchistes de l’arrière-pays, soit 19 contre 5.

Embâcle le long de la rivière Saint-Jean

À la suite de l’inondation du printemps de l'an dernier le long de la rivière Saint-Jean - la pire en 35 ans – d’autres fortes pluies en avril 2009 et un ruissellement printanier important ont suscité des inquiétudes quant à la possibilité de nouvelles inondations. Contrairement à l'an dernier, c’était la rivière Saint-Jean et ses affluents encombrés de glace qui menaçaient d’inonder les routes et les champs avoisinants. Au cours d'une période de deux semaines s’échelonnant entre la fin mars et le début avril, des températures élevées ont dépouillé le manteau de neige de 25 à 35 cm. La fonte rapide de la neige, jumelée à 40 à 70 mm de pluie chaude durant la première semaine d'avril, a contribué à faire gonfler le niveau des cours d'eau. Les résidants nerveux habitant le long de la rivière Saint-Jean et de ses nombreux affluents observaient avec anxiété le niveau de l’eau qui montait dangereusement en raison de la formation d’embâcles. Les observateurs de la rivière n'avaient pas vu de tels embâcles depuis fort longtemps.

Le 7 avril, d'énormes blocs de glace ont heurté et endommagé le pont de Hartland - le pont couvert le plus long au monde. À Perth-Andover, les eaux de crue augmentaient de 10 cm à l’heure, forçant 200 habitants à évacuer brièvement leurs maisons et leurs entreprises. À Fredericton, les niveaux d'eau ont grimpé au-delà du niveau de crue de 6,5 m, submergeant les portions de faible altitude de la ville. Heureusement, un retour à des températures plus fraîches à la mi-avril a ralenti la fonte et stabilisé les niveaux d'eau. Les zones les plus lourdement endommagées se trouvaient dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick. Les inondations se sont avérées mineures par rapport à l'année dernière, période au cours de laquelle au moins 2 100 personnes ont été touchées par les eaux qui sont sorties du lit de la rivière Saint-Jean et de ses affluents, causant du même coup des dommages aux maisons, aux fermes et aux petites entreprises s’élevant à 50 millions de dollars ou plus.

Plus de tornades au Québec

Le Québec a été témoin de huit tornades en 2009 - trois de plus que la moyenne et le plus grand nombre depuis 2004. La première tornade a frappé relativement tôt dans la saison, soit le 1er mai, près de Normandin au Lac Saint-Jean. C’était une tornade de faible intensité (F0), mais assez forte pour faire tomber plusieurs poteaux électriques. En juillet, plusieurs tornades de catégorie F0 et F1 ont frappé la province. Le 11 juillet, une tornade de catégorie F1a secouée le secteur résidentiel de Boisbriand où des arbres ont été déracinés, des branches coupées et des kiosques de jardin et des meubles de patio renversés et propulsés à plusieurs mètres, sans compter les innombrables bardeaux de toiture arrachés. Elle s’est révélée assez puissante pour arracher un toit de restaurant et un ponton à ses amarres, le projetant à 100 mètres plus loin. Au même moment, une tempête parallèle s’est abattue près de l’Aéroport international de Mirabel, mais c'était une tempête plus faible où l’étendue des dommages a été confinée et minime. La dernière semaine de juillet a été le théâtre de quelques tornades de catégorie F0. Une tornade a frappé la ville de

Sainte-Christine le 27 juillet, déracinant des arbres et détruisant de petits bâtiments de ferme. Deux jours plus tard, des orages violents accompagnés de fortes pluies, de grêle et de forts vents se sont déplacés de Gatineau à la ville de Québec, puis à Shawinigan. À Duberger, une tornade de faible intensité a déraciné plusieurs arbres et endommagé des toits.

La tornade la plus puissante a eu lieu le 4 août, frappant d’abord sur sa trajectoire Déléage (juste à l'est de Maniwaki) en passant par Aumond , pour finalement s’abattre sur Mont-Laurier dans les Hautes-Laurentides. Elle a emporté des toits, fait tomber des murs, renversé des voitures, brisé des poteaux électriques et fait tomber des lignes électriques, privant du même coup 4 000 abonnés d’électricité. Parmi les 40 maisons endommagées à Mont-Laurier, 28 ont été rendues inhabitables. Miraculeusement, personne n'a été blessé gravement. La tornade a causé environ 6 millions de dollars en pertes assurées. Des témoins ont rapporté qu’il n’y avait pas de pluie, de grêle ou de foudre, ce qui rend le phénomène encore plus dangereux du fait qu’il a pris les gens par surprise. À Mont-Laurier, la tornade s’étendait sur 300 m de largeur, mais sa trajectoire de 40 km constituait une distance inhabituellement longue pour une tornade au Québec et une forte indication de la sévérité de la tempête. La dernière fois qu'une tornade plus forte a frappé la province, c’était la même journée en 1994 quand une tornade de catégorie F3 a détruit plus de 400 maisons à Aylmer. Un couple de tornades de catégorie F0 ont clôturé la saison à la fin août - une au nord de Grand-Remous et une autre à La Tuque.

Saison des feux de forêt calme à l’extérieur de la Colombie-Britannique

À part la Colombie-Britannique et, à l’occasion, l’Alberta, la saison des feux de forêts 2009 au Canada sera remémorée pour ce qu’elle n’a pas été. Les pluies printanières constantes, les températures fraîches et le nombre minimal de foudroiements ont contribué à l’une des saisons des feux de forêt les plus clémentes depuis que des relevés sont enregistrés. Selon le Centre international canadien de prévention des feux de forêt, la saison des feux de végétation 2009 au Canada s’est révélée légèrement en-deçà de la moyenne pour le nombre de feux de forêt, mais bien en-deçà de la moyenne pour la superficie consumée par rapport à la moyenne calculée sur 20 ans. Seulement 45 p. 100 de la superficie totale normalement consumée a été la proie de feux de forêt. Au 30 novembre, le Canada avait répertorié 7 136 feux de forêt qui ont consumé 779 820 ha en 2009.

Digne de mention, un feu de brousse se déplaçant rapidement et alimenté par le vent a pris naissance aux abords de la ville d’Halifax, le 1er mai, endommageant une douzaine de maisons et forçant l’évacuation de près de 1 200 résidants et noircissant jusqu’à 1 000 hectares de terrains boisés. Des nuages gonflés de fumée pouvaient être aperçus clairement du centre-ville d’Halifax. À l’instar de l’ensemble des récents feux de forêt dans la province, les restes des arbres abattus et des broussailles inflammables laissés par l’ouragan Juan en 2003 ont été des facteurs qui ont contribué à ces phénomènes. Les fortes averses qui ont duré trois jours à compter du 5 mai ont déversé 43 mm de pluie, permettant ainsi aux pompiers forestiers de circonscrire l’important feu de forêt.

Aussi au début de mai, des feux d’herbe accompagnés de vents chauds et forts et alimentés par des conditions de sécheresse ont perturbé les zones rurales entourant Edmonton, forçant des douzaines de gens à évacuer leurs demeures. À la mi-juin, la foudre sèche fut à l’origine de plusieurs feux de forêt dans le nord et le centre de l’Alberta et de la Saskatchewan. Un feu dans le Parc national de Prince Albert s’est révélé particulièrement préoccupant puisqu’il menaçait le site historique de Grey Owl – l’un des premiers sites de protection de la nature du Canada. Le feu comptait parmi les 80 brasiers et plus provoqués par la foudre dans les deux provinces. Une grande partie de la forêt au nord d’Edmonton se composait de végétation desséchée en raison de la fonte de glace minimale et des pluies printanières négligeables. Le temps chaud et le grand nombre de foudroiements – 70,000 en une seule fin de semaine – se sont combinés pour transformer la région en un baril de poudre potentiel. Avant le premier jour de l’été, on avait répertorié

30 p. 100 plus de feux et 40 p. 100 de plus de zones consumées en Alberta par rapport à la moyenne. Les feux les plus importants se sont produits dans les régions du lac des Esclaves et du lac La Biche. La fumée des feux de forêt massifs a forcé la fermeture de l’une des autoroutes les plus achalandées du Nord de l’Alberta et menacé d’isoler Fort McMurray – la capitale des sables bitumineux du Canada. Le 7 juillet, des pompiers forestiers de l’extérieur sont arrivés au Yukon du fait que ce Territoire était confronté à des conditions climatiques continuellement chaudes et sèches qui menaçaient d’allumer davantage de feux de forêt. Des feux hors de contrôle ont fait rage à Carmacks, Dawson City, Mayo et Ross River, la fumée de ceux-ci se déplaçant vers Whitehorse.

Il convient aussi de souligner que le Manitoba a enregistré son nombre le plus bas de feux de forêt depuis 1959. La saison des feux de forêt au Nouveau-Brunswick a été l’une des plus clémentes et l’Ontario a connu une autre saison de feux de forêt sans histoire, les chiffres étant de beaucoup inférieurs à la moyenne de 10 ans pour les feux de forêt et la superficie consumée. Les feux de forêt les plus vastes et les plus destructeurs du pays se sont produits en Colombie-Britannique, où les coûts record de lutte contre les feux de forêt à eux seuls ont avoisiné les 400 millions de dollars. Presque la moitié du total des feux de forêt et des hectares consumés au Canada en 2009 touchaient la Colombie-Britannique (voir l’événement no 2 parmi les dix premiers).

Saison des ouragans clémente

Les météorologues prévoyaient une saison cyclonique moyenne dans l'océan Atlantique, prédisant entre 9 et 14 tempêtes tropicales dont 4 à 7 atteignant le statut d'ouragan. Toutefois, la saison s’est révélée la plus clémente des douze dernières années, avec seulement neuf tempêtes et ouragans baptisés. Cela était dû, en partie, au courant d’eaux chaudes El Niño qui a contribué à supprimer la formation et l'intensification des tempêtes tropicales dans l'océan Atlantique. Les vents de cisaillement d’El Niño ont freiné la rotation des orages naissants dans l'Atlantique, les enrayant avant qu'ils ne puissent prendre de l’ampleur. En plus de la suppression des tempêtes tropicales, un afflux d'air plus sec a fait halte à la croissance des soi-disant ouragans, et un anticyclone des Bermudes positionné plus à l'est a contribué à rendre les systèmes tropicaux inoffensifs en les gardant dans les eaux libres où ils ne constituaient même pas une menace pour les poissons. Des températures de l’eau plus fraîches que la normale dans l'océan Atlantique ont aussi contribué à prévenir la formation de tempêtes du fait que celles-ci dépendent de l'eau chaude pour se développer et prendre de l’ampleur. Pour les États-Unis, Cuba et les Caraïbes – pays qui ont été frappés durement par des ouragans fréquents et sévères ces dernières années - 2009 a été accueilli avec soulagement par les résidants et les assureurs.À la fin de la saison, on avait répertorié neuf tempêtes dont les noms variaient de Ana à Ida, et trois ouragans. Deux de celles-ci, Bill et Fred, se sont transformées en ouragans majeurs avec des vents maximums de plus de 200 km/h. La dernière fois qu'une saison des ouragans dans l'Atlantique n'a produit que trois ouragans remonte à il y a 12 ans. Les tempêtes étaient non seulement moins nombreuses, mais duraient aussi moins longtemps que celles des dernières années. Autre phénomène aussi inhabituel cette saison : le golfe du Mexique, le sud de la Floride et les Carolines n'ont pas eu d’alertes dignes de mention et aucun ouragan n’a frappé les États-Unis, laissant le Canada aux prises avec des phénomènes de tempête accrus par rapport à son voisin du sud.

Bill s’est révélé le premier ouragan de l'Atlantique de la saison et le plus puissant, atteignant la catégorie 4, avec des vents supérieurs à 210 km/h. Le 22 août, sa portée massive menaçait les Bermudes, et Bill s’est ensuite dirigé rapidement vers la Nouvelle-Écosse à une vitesse de 48 km/h. Il a accéléré alors qu'il se dirigeait vers le Canada atlantique, frôlant la côte sud de la Nouvelle-Écosse une journée plus tard, en tant qu’ouragan marginal de catégorie 1 et frappant le continent, tôt le 24 août, sous forme de tempête tropicale près de la péninsule de Burin à Terre-Neuve-et-Labrador. De par son déplacement rapide, Bill n'a pas eu le temps de déverser autant de pluie sur le Canada atlantique qu’en temps normal, mais son arrivée a coïncidé avec les plus grandes et les plus basses marées de l'année, menaçant les propriétés côtières de déferlement côtier et d’inondations.

À Halifax, l’ouragan a déversé entre 60 et 70 mm de pluie avec des bourrasques de 87 km/h. En mer, une bouée marine au large de la Nouvelle-Écosse a enregistré des vents de 130 km/h, tandis qu’une autre bouée sise à environ 200 km au sud-est de Yarmouth a enregistré une hauteur de vague maximum de 26,4 mètres. Les averses constantes de Bill et les vents violents ont arrosé tout ce qui était à vue et privé d'électricité 40 000 habitants. Plus d'une douzaine de vols à partir de l'Aéroport international d’Halifax ont dû être annulés et les services de traversier ont été suspendus entre la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve. Les puissantes vagues ont déferlé sur les plages, inondant les routes avoisinantes en laissant sur place des roches et des algues. Bien que la plupart des habitants des villes et cités côtières des Maritimes se soient enfermés chez eux lors du passage de la tempête, les autorités responsables des mesures d'urgence étaient inquiètes parce que de nombreux observateurs s’étaient placés en situation de danger potentiel dans l'espoir d'apercevoir des vagues fracassantes et un déferlement de tempête. À Terre-Neuve-et-Labrador, la tempête a emporté des routes et provoqué des inondations localisées.

Une semaine plus tard, avec le sol encore bien détrempé, la tempête tropicale Danny a déversé un fort volume de pluie sur le Canada atlantique, provoquant d’autres inondations et des pannes de courant. La tempête Danny se trouvait au large des côtes de la Caroline du Nord le 29 août, se dirigeant rapidement vers le nord en direction de la baie de Fundy. Avant son arrivée dans les Maritimes, Danny s’est résorbée et a été absorbée par un plus vaste système de basse pression suivant dans son sillage. La tempête hybride s’est emparée de l’humidité laissée derrière elle par Danny et a déversé plus de 100 mm de pluie à Saint John, Moncton, Charlottetown et Sydney (entre autres endroits), inondant les rues, coupant l'alimentation en électricité de milliers d’abonnés et forçant les habitants à évacuer leur domicile. Dans la région de Wreckhouse au sud-ouest de Terre-Neuve, Danny, avec ses rafales de vent de 152 km/h, a renversé deux caravanes qui circulaient sur l’autoroute. Les pertes assurées combinées de Bill et de Danny ont été évaluées à 35 millions de dollars.

Le dernier ouragan de la saison, Ida, a tué des centaines de gens et laissé des milliers de sans-abri au Nicaragua, au Honduras et au Salvador au cours de la première semaine de novembre. Il s’est par la suite transformé en dépression tropicale pour frapper l’Alabama le 10 novembre et fouetter le sud-est des États­Unis, de la Louisiane à la Floride, avec des vents et de la pluie. Les fortes pluies associées à la queue de l'ouragan Ida ont traversé le Nouveau-Brunswick les 14 et 15 novembre avant de se ruer vers Terre­Neuve-et-Labrador. Avant de perdre de son intensité, l’ouragan avait laissé de 50 à 90 mm de pluie dans certaines régions du Canada atlantique.

Le temps chaud record de novembre : un vrai cadeau

Après un été misérable et un mois d’octobre décevant, dame nature nous a fait cadeau d’un des mois de novembre les plus beaux par tout le Canada. À l’exception des habitants de la côte Ouest, il était difficile de faire une seule remarque désobligeante au sujet du temps étonnamment chaud, sec et ensoleillé de novembre. Étant donné que le temps en octobre a été froid, pluvieux et nuageux pour la saison et que le temps en novembre est typiquement sombre et changeant, ce cadeau atmosphérique était une surprise particulièrement plaisante et bienvenue. De l’air tiède de type El Niño a envahi le pays entier pendant presque tout le mois et gardé la masse d’air arctique bien au nord. Pas une seule station météorologique au Canada a signalé des températures plus basses que la normale; les anomalies s’échelonnaient de 1 à 2 degrés plus élevés que la normale en C.-B.; de 5 à 6 degrés dans les Prairies; de 3 à 4 degrés en Ontario et au Québec; de 2 à 3 degrés au Canada atlantique; et d’environ 2 degrés dans le Nord. À l’échelle du Canada, novembre a été le mois le plus chaud des 62 années de mesures remontant à 1948. Dans les Prairies, la température était certains jours d’un stupéfiant 12 à 15 degrés plus élevés que la normale. À Winnipeg, la température moyenne en après-midi a atteint le niveau record des mesures remontant à 1872; elle était plus de 1,5 degré plus élevée que l’ancien record. À part du temps chaud pour la saison, Winnipeg a connu un mois de novembre le deuxième plus sec et le troisième moins enneigé. Vous voulez d’autres preuves que le temps était magnifique pour la saison? Vous n’avez qu’à demander aux golfeurs qui ont essayé de réserver une heure de départ à un terrain de golf. Grâce aux températures montant en flèche et un ciel ensoleillé à l’échelle des Prairies, les fermiers ont pu terminer la récolte très retardée. De fait, il y a eu plus de récoltes faites dans les dix premiers jours de novembre que durant tout le mois d’octobre.

L’étendue du temps chaud pour la saison, s’étendant de Cranbrook à Corner Brook, était vraiment époustouflante. Dans le sud de l’Ontario, au Québec et au Canada atlantique, il était difficile d’imaginer un mois de novembre plus superbe. Nombreux étaient ceux qui disaient que c’était le mois d’octobre que nous n’avions pas eu. Pour un mois de temps changeant comme novembre, il n’y a presque pas eu de veilles et d’avertissements météorologiques. En Ontario, par exemple, seulement deux avertissements météo ont été émis durant tout le mois. Les deux étaient des avertissements de bourrasques de neige – le premier pour les environs de Wawa et l’autre pour les régions situées à proximité de la baie Georgienne. Qui plus est, ils ont été émis le dernier jour du mois, ce qui est très rare et presque sans précédent en novembre. Au Québec, plusieurs municipalités comme Val-d’Or et Sept-Îles ont connu le plus doux mois de novembre jamais enregistré. À Québec et à Montréal, novembre s’est classé au deuxième rang des mois de novembre les plus ensoleillés consignés dans les annales.

Date de modification :