Les dix événements météorologiques les plus marquants de 2009 : évènement deux

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2. La Colombie-Britannique en flammes

Carte du Canada mettant en surbrillance la saison importante des feux de forêt en C.-B.

Photo d'un éclair dans un ciel nocturne au-dessus des feux de forêt de Kelowna. Photo : Dudley Dennis © Environnement Canada, 2009

La saison des feux de forêt en Colombie-Britannique a débuté tôt en mai, pour ensuite exploser en juillet. La BC Wildfire Management Branch a dénombré 3 200 incendies dans la province. Cent de ces incendies ont été considérés importants, et presque une cinquantaine ont nécessité des ordres d'évacuation. Les feux de friches ont dévasté 68 000 hectaresà l’échelle provinciale, soit presque sept fois plus que durant la saison de feux de forêts précédente. Les opérations directes de lutte aux incendies ont coûté énormément cher, près de 400 millions de dollars, soit presque quatre fois le budget prévu, ce qui surpasse le record précédent de 2003. En certaines occasions, plus de 3 000 pompiers et 1 000 intervenants de soutien combattaient les flammes. Les membres des équipes de lutte provenaient de la quasi-totalité des provinces et territoires canadiens et des États-Unis, et pour la première fois, on a fait appel à des spécialistes de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Tous les indicateurs se conjuguaient pour annoncer une saison de feux de forêt active dans la province en 2009. Tout au long du printemps et de l'été, les conditions de sécheresse extrême observées dans les forêts et les parcs de la province ont mis les pompiers de la province sur un pied d’alerte. Jamais les forêts de la Colombie-Britannique n’avaient connu un tel état de sécheresse durant l’hiver, le printemps et l’été. Le système persistant de haute pression qui s’était ancré près de la côte du Pacifique durant la plus grande partie d'avril à juillet empêchait les orages d'atteindre la côte et encourageait la formation d’un flux sud, avec un ciel dégagé et des records de chaleur. De décembre à août, le littoral du Pacifique de la C.-B. a connu la saison la plus sèche de ses 62 années de relevés météorologiques, soit 24 % sous la normale. Fait encore plus révélateur, neuf des dix dernières années ont été plus sèches que la normale, cinq d’entre elles figurant parmi les dix plus sèches. De la même façon, dans l’intérieur de la province, neuf des dix dernières années ont été plus sèches que la normale, et huit ont été plus chaudes. Dès la fin du printemps, la montée en flèche des températures a aspiré l'humidité des arbres et du sol, créant un effet de préchauffage. L’absence d’humidité a asséché le combustible. Un nombre record d’éclairs secs ont déclenché des incendies, dont les flammes étaient attisées par les rafales de vent. Depuis quelques années, les vastes secteurs de bois mort créés par les infestations de dendroctones exacerbent le risque d’incendie. Au pic de la saison des incendies de forêt en 2009, presque toutes les régions de la Colombie-Britannique étaient en flammes, et une douzaine d’incendies menaçaient des lieux habités. Près de 85 % de la province était dans un état d’alerte-incendie élevé ou extrême, où l’on signalait chaque jour une centaine de nouveaux foyers. Les pompiers ont dû travailler d’arrache-pied sur un terrain accidenté pour maîtriser les points chauds. Pour compliquer encore plus les choses, l’eau des lacs, des cours d’eau et des réservoirs a descendu à des niveaux alarmants. Ainsi, le lac Okanagan a connu son sixième plus faible débit entrant.

À la différence de 2003, les incendies de 2009 ont épargné les bâtiments résidentiels et commerciaux. Grâce au travail incessant des pompiers, on n’a déploré la perte que de quelques maisons en 2009, contre plus de 200 en 2003. Le nombre d'évacuations forcées a également été beaucoup plus bas, à peine quelques milliers comparativement à 50 000 en 2003.

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