Situation du Bruant sauterelle (Ammodramus savannarum) au Québec

Carl Savignac, Benoît Jobin et Gilles Falardeau

Région du Québec

Service canadien de la faune
Série de rapports techniques numéro 518
Décembre 2011

(PDF), 1,53 Mo.

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Situation du Bruant sauterelle (Ammodramus savannarum) au Québec

Carl Savignac
Dendroica Environnement et Faune
11 Carnochan
Chelsea (Québec)  J9B 2L6

Benoît Jobin
Service canadien de la faune, Environnement Canada
801-1550, avenue d’Estimauville
Québec (Québec)  G1J 0C3 

Gilles Falardeau
Service canadien de la faune, Environnement Canada
801-1550, avenue d’Estimauville
Québec (Québec)  G1J 0C3 

Série de rapports techniques numéro 518
Décembre 2011

Service canadien de la faune
Région du Québec

Série de Rapports Techniques du Service Canadien de la Faune

Cette série de rapports, créée en 1986, donne des informations scientifiques et techniques sur les projets du Service canadien de la faune (SCF). Elle vise à diffuser des études qui s'adressent à un public restreint ou sont trop volumineuses pour paraître dans une revue scientifique ou une autre série du SCF.

Ces rapports techniques ne sont habituellement demandés que par les spécialistes des sujets traités. C’est pourquoi ils sont produits à l'échelle régionale et en quantités limitées. Ils sont toutefois numérotés à l'échelle nationale. On ne peut les obtenir qu'à l'adresse indiquée au dos de la page titre. La référence recommandée figure à la page titre.

Les rapports techniques sont conservés dans les bibliothèques du SCF et figurent dans le catalogue de Bibliothèque et Archives Canada, que l’on retrouve dans les principales bibliothèques scientifiques du Canada. Ils sont publiés dans la langue officielle choisie par l'auteur, en fonction du public visé, accompagnés d’un résumé dans la deuxième langue officielle. En vue de déterminer si la demande est suffisante pour publier ces rapports dans la deuxième langue officielle, le SCF invite les usagers à lui indiquer leur langue officielle préférée. Les demandes de rapports techniques dans la deuxième langue officielle doivent être envoyées à l'adresse indiquée au dos de la page titre.

Le présent rapport peut être cité de la façon suivante :

Savignac, C., B. Jobin et G. Falardeau. 2011. Situation du Bruant sauterelle (Ammodramus savannarum) au Québec. Environnement Canada, Service canadien de la faune, Région du Québec. Série de rapports techniques no 518, vii + 48 p. + annexe.

Disponible en ligne à : www.ec.gc.ca/publications

Vous pouvez vous procurer un exemplaire de ce rapport en écrivant à l’adresse suivante :

Service canadien de la faune, Environnement Canada
801-1550, avenue d’Estimauville
Québec (Québec)  G1J 0C3
Téléphone : 418-649-6863
Télécopieur : 418-649-6591

Pour des renseignements supplémentaires :

Environnement Canada
Informathèque
10, rue Wellington, 23e étage
Gatineau (Quebec) KIA OH3
Téléphone : 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800
Télécopieur : 819-994-1412
ATS : 819-994-0736
Courriel : enviroinfo@ec.gc.ca

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Résumé

Le Bruant sauterelle (Ammodramus savannarum) est un passereau de petite taille, discret et peu coloré que l’on trouve dans les basses terres agricoles du sud du Québec où il atteint la limite nord de son aire de répartition. Cette espèce niche principalement dans des champs de foin, des pâturages et des jeunes friches de grande superficie au sol sec et sablonneux. Le Bruant sauterelle a bénéficié de la déforestation et de l’expansion de l’agriculture au Québec comme ailleurs en Amérique du Nord. Plus récemment, la conversion des cultures pérennes (fourrages et pâturages) en cultures annuelles intensives, la fragmentation de l’habitat et le fauchage en période de nidification ont renversé la situation en provoquant une perte considérable de l’habitat ainsi qu’une baisse marquée du succès reproducteur, résultant en un déclin des populations de plus de 65 % depuis 1966 en Amérique du Nord.

Au Québec, l’espèce est considérée comme une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable dont les effectifs se situeraient probablement entre 100 et 200 couples nicheurs. Des données récentes confirment que l’espèce est en déclin important, notamment en Montérégie et dans les Laurentides où l’espèce aurait disparu de la plupart des sites occupés en moins de 20 ans, en raison de la perte considérable d’habitat dans ces régions. La population de l’Outaouais (région du Pontiac) est actuellement la plus importante au Québec, bien qu’elle soit également menacée par la conversion de l’habitat.

Actuellement, au Québec, l’habitat du Bruant sauterelle se trouve presque uniquement sur des terres privées où il ne jouit d’aucune protection concrète. Des activités d’intendance ciblées permettraient de mieux protéger l’habitat du Bruant sauterelle sur les terres privées. La gestion et la restauration des habitats de nidification de cette espèce peuvent également lui être bénéfiques à court terme.

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Abstract

The Grasshopper Sparrow (Ammodramus savannarum) is a small, dull-coloured, secretive passerine found in the agricultural lowlands of southern Quebec, where it reaches its northern limits. This species breeds mainly in large hayfields, pastures and recently abandoned fields with dry, sandy soil. As elsewhere across North America, the Grasshopper Sparrow initially benefited from land clearing and agricultural development in Quebec. However, more recently, the conversion of perennial crops (forages and pastures) to intensive annual crops, habitat fragmentation and haying during the breeding season have reversed the situation, causing significant habitat loss and a marked decline in breeding success, resulting in a steep population decline of 65% in North America since 1966.

In Quebec, the species is considered a species likely to be designated threatened or vulnerable and the breeding population is estimated at 100-200 pairs. Recent data have confirmed that the species is in steep decline particularly in the Montérégie and Laurentides regions, where the species has reportedly disappeared from most occupied sites in less than 20 years due to significant habitat loss in these regions. The population in the Outaouais (Pontiac region) is currently the largest in Quebec, although it is also threatened by habitat conversion.

In Quebec, the Grasshopper Sparrow is currently found almost exclusively on private lands where the species does not benefit from any legal protection. Targeted stewardship activities would help better protect Grasshopper Sparrow habitat on private lands. Breeding habitat management and restoration activities may also benefit the species within a short period of time.

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1 Introduction

Malgré un déclin des populations de 65 % depuis 40 ans (1966) en Amérique du Nord (Butcher et Niven, 2007), le Bruant sauterelle (Ammodramus savannarum) n’est encore considéré que comme une espèce candidate[1] (priorité intermédiaire) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC, 2010) et n’a donc aucun statut légal au Canada. Au Québec, l’espèce est identifiée à titre d’espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF, 2009). L’objectif du présent rapport est de dresser le portrait de la situation actuelle du Bruant sauterelle au Québec en vue d’une réévaluation de l’espèce à l’échelle provinciale, tel qu’il est prévu par la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec (L.R.Q., c.E-12.01).

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2 Classification et nomenclature

Le Bruant sauterelle, décrit pour la première fois par Johann Gmelin en 1789 à partir de peaux scientifiques provenant de la Jamaïque, fut nommé initialement Fringilla savannarum. Le Bruant sauterelle fait partie de l’ordre des passériformes et de la famille des Embérizidés qui est composée, en Amérique du Nord, de 17 genres et de 49 espèces comprenant principalement des oiseaux peu colorés, qui se nourrissent au sol. Le genre Ammodramus compte 7 espèces, dont le Bruant sauterelle qui est l’une des espèces de bruants dont la répartition s’étend dans les 3 Amériques (Rising et Beadle, 1996).

On compte 12 sous-espèces de Bruant sauterelle dans les Amériques dont 4 nichent au nord du Mexique (Vickery, 1996). La sous-espèce de l’Est (A. s. pratensis) niche du sud du Québec et de l’Ontario jusqu’au sud des États-Unis et de la côte Est jusqu’au Wisconsin et en Oklahoma à l’ouest. La sous-espèce de l’Ouest (A. s. perpallidus) niche, de façon parfois discontinue, dans l’ouest de l’Amérique du Nord, depuis le sud de la Colombie-Britannique et le sud des Prairies canadiennes jusqu’au sud-ouest de la Californie, au centre du Nevada, au nord de l’Utah, au centre du Colorado et du Texas, et possiblement jusqu’en Illinois et en Indiana à l’est. Le Bruant sauterelle de l’Arizona (A. s. ammolegus) niche au sud-est de l’Arizona tandis que le Bruant sauterelle de la Floride (A. s. floridanus) niche au centre de la Floride (Rising et Beadle, 1996, Vickery, 1996). Le Bruant sauterelle s’hybride rarement avec d’autres espèces de bruants. Toutefois, au Massachusetts, Jones et coll. (2003) rapportent le cas probable d’une hybridation avec le Bruant des prés (Passerculus sandwichensis).

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3 Description

Le Bruant sauterelle est un passereau de petite taille (de 10,5 à 13 cm; de 15,6 à 20,7 g; Rising et Beadle, 1996), relativement peu coloré, à la queue courte, au bec de couleur beige à la mandibule inférieure rosée et relativement large et à la tête plutôt aplatie. Les adultes des 2 sexes ont un plumage semblable, c’est-à-dire la gorge et la poitrine de couleur chamois uni, les flancs chamois sans rayures ou très peu rayés, les dessous blanchâtres et les dessus marbrés de brun roux (Rising et Beadle, 1996). La calotte foncée des adultes est divisée par une raie médiane pâle. Les lores sont jaunâtres et les « sourcils » sont gris. Les joues sont brun-gris et la nuque et les côtés du cou sont gris pâle avec le centre des plumes rouille. Le croupion et les sus-caudales sont marbrés de rouille. Les plumes de la queue sont brunes avec des bordures d’un brun-gris pâle et sont pointues. Les rectrices externes ont de larges bordures et le bout blanchâtres. Les plumes des ailes sont généralement brunes bordées de beige (Rising et Beadle, 1996).

Il existe des différences morphologiques entre certaines sous-espèces (Rising et Beadle, 1996). Par exemple, la sous-espèce de l’Ouest est plus pâle que celle de l’Est, a sur le dos plus de teintes de rouille et moins de brun foncé ou de noir, et a un bec légèrement plus petit (Rising et Beadle, 1996). La sous-espèce de la Floride, quant à elle, est plus foncée sur le dos et est plus pâle sur la poitrine que la sous-espèce de l’Est (Rising et Beadle, 1996). Toutefois, Pranty et Tucker (2006) suggèrent que ces derniers critères d’identification ne sont pas toujours fiables sur le terrain.

Des analyses génétiques entre les différentes sous-espèces du Bruant sauterelle ont démontré qu’il y a peu de différentiation génétique entre elles (Pranty et Tucker, 2006). Les populations de Bruant sauterelle en Amérique du Nord auraient divergé il y a 25 000 ans, une période trop courte pour qu’il y ait eu une évolution notable des caractères génétiques (Pranty et Tucker, 2006). D’autres analyses récentes de séquençage de milliers de paires de bases de 3 gènes mitochondriaux chez les Embérizidés indiquent que le Bruant sauterelle serait peu lié aux autres espèces du genre Ammodramus, mais plus près génétiquement du Bruant de Cassin (Aimophilia cassinii) et du Bruant des pinèdes (A. aestivalis) en raison d’une possible histoire évolutive commune (Carson et Spicer, 2003).

Au Québec, le Bruant sauterelle peut être confondu avec d’autres espèces de bruants dont le Bruant de Nelson (Ammodramus nelsoni) et le Bruant de Le Conte (Ammodramus leconteii). Le Bruant de Nelson a cependant la face et la poitrine orangées et la nuque et la calotte grises, tandis que le Bruant de Le Conte se différencie aussi par sa face et sa poitrine tirant sur l’orangé et ses flancs rayés. Ces deux espèces occupent toutefois des habitats très distincts de ceux de Bruant sauterelle soit des prairies humides. Par ailleurs, le Bruant des prés qui occupe le même habitat que le Bruant sauterelle a les dessous nettement rayés et la queue plus longue.

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4 Répartition

4.1 Amérique du Nord

Le Bruant sauterelle niche depuis le sud du Canada et l’ouest des États-Unis jusqu’à la côte Est, et autour du golfe du Mexique et en Amérique centrale jusqu’au Panama (Rising et Beadle, 1996). Le cœur de l’aire de répartition est localisé dans les Grandes Plaines des États-Unis, du Dakota du Sud jusqu’au nord du Texas et vers l’est jusqu’en Illinois (Sauer et coll., 2003). Bien que largement distribué en Amérique du Nord, le Bruant sauterelle est restreint à des habitats spécifiques et est relativement peu abondant à travers son aire de répartition (figure 1; Vickery, 1996).

Au Canada, le Bruant sauterelle niche au centre-sud de la Colombie-Britannique (vallée de l’Okanagan; Campbell et coll., 2001), au sud de l’Alberta (Federation of Alberta Naturalists, 2007), de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario (principalement au sud du Bouclier canadien; Godfrey, 1986; Early, 2007) et au sud-ouest du Québec (Hainault, 1995) (figure 1; Rising et Beadle, 1996; Vickery, 1996).

Le Bruant sauterelle hiverne depuis l’est de la Caroline du Nord, du Tennessee, de l’Arkansas, de l’Oklahoma, de l’Arizona, de la Californie, jusqu’au Costa Rica, en passant par le Mexique et l’ouest de l’Amérique centrale (Rising et Beadle, 1996). L’espèce hiverne également dans les Caraïbes, de Cuba jusqu’aux Bahamas. La majorité des populations hivernent sur les côtes du Golfe du Mexique et de l’Atlantique entre la Caroline du Sud et la Floride (Rising et Beadle, 1996). Toutefois, plusieurs populations de Bruant sauterelle sont résidentes à l’année notamment dans le centre-sud de l’Arizona, le centre de la Floride, au Mexique, en Amérique centrale (Guatemala, Belize, Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Panama, Caraïbes) et en Amérique du Sud (Colombie, Équateur) (figure 1; Rising et Beadle, 1996; Vickery, 1996).

Figure 1. Répartition du Bruant sauterelle en Amérique du Nord (d’après Vickery, 1996; reproduite avec l’autorisation du Cornell Lab of Ornithology)

Répartition du Bruant sauterelle en Amérique du Nord (d’après Vickery, 1996; reproduite avec l’autorisation du Cornell Lab of Ornithology)

Description longue pour la figure 1

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4.2 Québec

Le sud du Québec correspond à la limite nord-est de l’aire de nidification de l’espèce en Amérique du Nord (figure 2; Hainault, 1995). L’aire de répartition du Bruant sauterelle occupée depuis 1961 au Québec comprend principalement la portion méridionale des basses terres du Saint-Laurent, c’est-à-dire le sud-est de la région des Laurentides (de Lachute à l’ouest jusqu’à Saint-Jérôme à l’est), de la Montérégie (de Saint-Marc-sur-Richelieu au nord-est jusqu’à Powerscourt au sud et Sainte-Marthe à l’ouest), certains secteurs du Centre-du-Québec (Tingwick), et le sud de l’Outaouais (de Chichester à l’ouest jusqu’à Saint-Sixte à l’est) (figure 2; SOS-POP, 2008). Des observations de mâles probablement non appariés ont aussi été faites bien à l’extérieur de l’aire de nidification habituelle comme à La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent et près de La Malbaie, dans Charlevoix (non illustré sur la carte).

Figure 2. Répartition des observations de Bruant sauterelle au Québec (d’après le SOS-POP, 2008)

Répartition des observations de Bruant sauterelle au Québec (d’après le SOS-POP, 2008)

Description longue pour la figure 2

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5 Biologie, écologie et comportement

5.1 Biologie générale

5.1.1 Alimentation

Le Bruant sauterelle s’alimente presque exclusivement au sol dans la végétation basse ou dans des secteurs dépourvus de végétation (Vickery, 1996). Durant la saison de nidification, son alimentation est composée principalement de sauterelles (orthoptères; 60 %) et de graines (Vickery, 1996). En Oklahoma, il se nourrit surtout de sauterelles (36 %), de larves de lépidoptères (20 %), de coléoptères (18 %), de graines (14 %), d’hémiptères (9 %), et d’araenidés (4 %; Wiens, 1973). Dans les prairies à herbes longues du Dakota du Sud, son alimentation est composée de 31 % de graines, 30 % d’orthoptères, 16 % de larves de lépidoptères, 10 % de coléoptères, 9 % hémiptères 6 % d’homoptères, et moins de 5 % d’araenidés, d’hyménoptères et d’hémiptères (Wiens, 1973). En hiver, le Bruant sauterelle change son alimentation pour se nourrir principalement de graines (Martin et coll., 1951).

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5.1.2 Reproduction

En général, le Bruant sauterelle arrive sur les sites de nidification à partir de la mi-avril (Bent, 1968; Vickery, 1996), mais l’espèce arrive plus tard au sud du Canada, soit vers la mi-mai (Weir, 1989; Vickery, 1996; Larivée, 2009). Les mâles arrivent généralement sur les sites de nidification avant les femelles; celles-ci arrivant de 5 à 10 jours plus tard (Vickery, 1996). Les mâles qui arrivent en juin seraient possiblement des individus de première année qui migrent plus tard que les individus plus âgés ou des mâles qui retardent leur nidification (Wiens, 1969). Chez les sous-espèces migratrices, la formation des couples s’effectue dès l’arrivée des femelles sur les sites de nidification (Vickery, 1996).

La construction du nid débute généralement tout de suite après la formation du couple (Vickery, 1996). Le nid serait construit en 2 à 3 jours, uniquement par la femelle et correspond en une simple coupe au sol surmontée d’un dôme formé d’herbes ou de végétation morte (Vickery, 1996; Slater, 2004). La taille moyenne des couvées du Bruant sauterelle en Amérique du Nord varie entre 4,1 et 4,5 œufs (Wray et coll., 1982; McNair, 1987). En Ontario, la taille la plus fréquente des couvées est de 4 ou 5 œufs (48 nids sur 59 nids contenant des œufs; Peck et James, 1987). On trouve seulement 2 mentions de nids dans le Fichier de nidification des oiseaux du Québec (FNOQ) : 1 à Sainte-Marthe le 31 mai 1968 contenait 3 œufs et 1 autre nid contenait 4 jeunes à Saint-Lazare le 15 juin 1996. On trouve 2 autres découvertes de nids dans la base de données Étude des populations d’oiseaux du Québec (ÉPOQ) (Larivée, 2009), mais la taille des couvées n’est pas mentionnée. La taille des couvées diminue généralement avec la date de début de la nidification suggérant que les femelles pondent moins d’œufs suivant une première tentative (Sutter et Ritchison, 2005; Giocomo et coll., 2008).

Dans l’ensemble de l’aire de nidification, sauf probablement dans le nord, le Bruant sauterelle complète typiquement deux nichées par année (Wiens, 1969; Vickery et coll., 1992). Il n’existe pas de données à ce sujet pour le Québec, mais des données provenant de l’Ontario indiquent que l’espèce pourrait effectivement y produire deux nichées (Peck et James, 1987). Les individus d’un an qui arrivent plus tard sur les sites de nidification (parfois en juin) font habituellement une seule couvée (Wiens, 1969). Le Bruant sauterelle peut initier une couvée additionnelle à la suite de la perte d’un nid pouvant même tenter jusqu’à quatre couvées durant la même saison de reproduction (Vickery, 1996).

L’incubation commence avec la ponte de l’avant-dernier œuf et seules les femelles incubent (Vickery, 1996). En Ontario, on rapporte des œufs viables dans des nids entre le 4 mai et 12 août (n=50 nids datés; Peck et James, 1987). Dans cette province, les nids avec œufs trouvés au mois d’août proviennent probablement de secondes nichées (Peck et James, 1987). L’incubation dure de 11 à 13 jours chez la sous-espèce A. s. pratensis (Peck et James, 1987; Vickery, 1996).

Les oisillons sont élevés et nourris par les 2 adultes, ces derniers étant parfois aidés par des adultes non nicheurs (ceux ayant perdu leurs couvés des secteurs environnants) et des juvéniles sans lien de parenté avec eux (Kaspari et O’Leary, 1988). La saison d’élevage au nid est relativement courte et dure environ 8 à 9 jours (Vickery, 1996). Dans la région de Kingston (Ontario), des adultes nourrissaient des oisillons au nid entre le 5 juin et le 25 juillet (Weir, 1989). Dans l’État de New York, on a trouvé un nombre moyen d’oisillons produits par an de 2,3 dans les grands champs (≥ 8 ha) et de 1,3 dans les petits champs (< 8 ha). Au Tennessee, on rapporte un nombre moyen de jeunes à l’envol par nid de 2,6 oiseaux (Giocomo et coll., 2008).

Le succès de reproduction est généralement très variable et dépend de la pression exercée par les prédateurs (Vickery, 1996). En moyenne, le succès de reproduction du Bruant sauterelle varie entre 7 et 52 % pour l’ensemble de l’aire de nidification (Giocomo et coll., 2008). Dans une étude menée au Tennessee et au Kentucky, le succès reproducteur depuis la ponte jusqu’à la période d’élevage hors du nid était de 41 %, ce qui est considéré très élevé en général pour cette espèce (Giocomo et coll., 2008). Au Maryland, on a signalé un taux de succès à l’envol des oisillons variant entre 50 et 83 % pour la période de 1999 à 2003 (Gill et coll., 2006).

Lorsqu’ils quittent les nids, les oisillons ne peuvent voler, mais peuvent courir à travers la végétation. Les 2 parents participent à l’élevage des oisillons hors du nid pendant une période variant probablement entre 4 et 19 jours (Vickery, 1996). Dans la région de Kingston en Ontario, on a observé des adultes nourrissant des jeunes à peine sortis du nid le 7 juillet 1985 (Weir, 1989). Au Québec, on a signalé des jeunes hors du nid dès le 20 juin 1981 à Sainte-Marthe, ainsi qu’à Hemmingford le 27 juin 2008 (en compagnie d’adultes) et à Melboro, en Estrie, le 6 juillet 1986 (nourris par un adulte) (Larivée, 2009). En Floride, les juvéniles se rassemblent fréquemment en groupes lâches, sans soutien parental, 3 à 4 semaines après avoir quitté les nids (Vickery, 1996).

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5.1.3 Croissance, maturité sexuelle et longévité

Il n’existe pas d’information détaillée sur la croissance et la durée de vie d’adulte du Bruant sauterelle au Québec. Ailleurs, le Bruant sauterelle se reproduirait dès le premier printemps suivant la naissance (Vickery, 1996). La longévité du Bruant sauterelle est généralement inférieure à 3 ans, bien qu’on ait rapporté une longévité maximale de 6,6 ans pour un oiseau capturé en Floride (Delany et coll., 1993).

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5.1.4 Comportement

Bien que variant selon la région, le Bruant sauterelle est généralement assez fidèle aux sites de nidification (Gill et coll., 2006; Jones et coll., 2007). Le taux de retour des adultes dans l’ensemble de l’Amérique du Nord varie de 0 à 57 % (Kaspari et O’Leary, 1988; Vickery, 1996; Balent et Norment, 2003; Gill et coll., 2006). Le taux de retour serait probablement plus élevé à l’est des Prairies (p. ex., Kentucky = 15,4 % [Sutter et Ritchison, 2005]; New York = 33 % [Balent et Norment, 2003]; Maryland = 57 % [Gill et coll., 2006]) que dans l’ouest de l’aire de répartition (Nebraska = 0 % [Kaspari et O’Leary, 1988]; Montana = 8,9 % [Jones et coll., 2007]). Dans l’État de New York, le taux de retour est similaire entre les mâles (29 %) et les femelles (27 %; Balent et Norment, 2003). Au Maryland, le taux de retour des mâles adultes est de 57 % et celui des femelles est de 41 % (Gill et coll., 2006). Enfin, on rapporte un taux de retour des individus de première année plus faible que celui des adultes, variant entre 0 et 12 % (Balent et Norment, 2003; Gill et coll., 2006; Jones et coll., 2007).

Durant la saison de reproduction, les mâles chantent à partir de perchoirs exposés pour défendre leur territoire. Les femelles sont, quant à elles, très discrètes et sont difficilement visibles, restant la plupart du temps au sol ou cachées dans la végétation (Pranty et Tucker, 2006). En présence de prédateurs potentiels, le Bruant sauterelle reste près du sol et ne s’envole que s’il est approché à quelques mètres ou moins. Lorsque dérangé, il s’envole habituellement sur de courtes distances avant de choir au sol. Durant la période de nidification, les femelles restent au nid et ne s’envoleront que si un intrus s’approche à moins de 30 cm du nid (Pranty et Tucker, 2006). Lorsque dérangées, les femelles en période de nidification courent au sol et exécutent une parade de distraction en feignant une blessure (Vickery, 1996). Lorsque des oisillons sont présents au nid, les adultes atterrissent habituellement dans la végétation près du nid, courent jusqu’à celui-ci pour nourrir les oisillons et s’éloignent rapidement du nid, probablement pour dissuader un prédateur de les suivre jusqu’au nid (Pranty et Tucker, 2006).

Le Bruant sauterelle serait l’une des seules espèces parmi les Emberizidés à posséder deux chants distincts; un chant primaire et un chant soutenu (Proppe et Ritchison, 2008). Le chant primaire ressemble à un grésillement d’insecte court et aigu, précédé par deux notes faibles : ti-pu dziiiiiiiiiii (Sibley, 2006). Ce type de chant est utilisé principalement avant l’accouplement et a possiblement un rôle dans l’attraction d’une femelle. Ce type de chant diminue habituellement au cours de la saison de nidification (Proppe et Ritchison, 2008). Le chant de type soutenu, un méli-mélo de motifs roulés, aigus, courts et grinçants qui peut durer jusqu’à 15 secondes (Vickery, 1996; Sibley, 2006), sert principalement à alerter une femelle de la présence d’un prédateur potentiel et sert également à attirer un prédateur loin du nid. Ce dernier type de chant n’est pas entendu durant la période précédant l’accouplement et augmente habituellement durant la construction du nid. Le chant primaire est plus fréquent que le type soutenu (Proppe et Ritchison, 2008). Enfin, entre mars et juillet, le Bruant sauterelle chante régulièrement durant la nuit (Rising et Beadle, 1996).

Le Bruant sauterelle est considéré comme une espèce semi-coloniale (Cannings, 1995; Vickery, 1996). La taille moyenne d’un territoire de Bruant sauterelle est généralement petite (< 2 ha), et peut varier selon le type d’habitat et la région (Delany et coll., 1993). En Colombie-Britannique, on rapporte 2 nids actifs situés à moins de 7 m de distance l’un de l’autre (Cannings, 1995). Il n’existe aucune donnée précise sur la taille du territoire au Québec. Toutefois, en Outaouais, les densités de mâles territoriaux varient entre 0,06 et 0,94 mâle/ha (Jobin et Falardeau, 2010). Ces dernières données sont comparables à celles obtenues ailleurs dans l’est de l’Amérique du Nord (p. ex., 12 couples/10 ha en Virginie-Occidentale [Whitmore, 1981] et de 3,9 à 10,2 mâles/10 ha en Ontario [Kennedy et coll., 1999]). La densité de couples nicheurs varie grandement d’une année à l’autre pour un même site (p. ex., de 2 à 12 couples/10 ha, en Virginie-Occidentale; Whitmore, 1981). Tout au long de la période de nidification, la taille du territoire diminue en fonction de l’arrivée tardive de nouveaux individus établissant de nouveaux territoires (Wiens, 1969). Les territoires ne seraient plus défendus après la fin de la dernière nichée (Vickery, 1996).

Le comportement du Bruant sauterelle sur les aires d’hivernage a été étudié par télémétrie chez la sous-espèce de la Floride (Dean, 2001). Selon cet auteur, il n’y aurait pas de territorialité chez les adultes en hiver, les mâles et les femelles ayant des domaines vitaux communs. Les domaines vitaux en hiver sont plus grands que ceux en période de nidification (taille moyenne de 29,0 ha ± 5,78; étendue : 1,0-173,6 ha, n=44). La distance parcourue par les individus variait considérablement, allant jusqu’à 3,8 km, et était plus grande chez les mâles que chez les femelles (Dean, 2001).

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5.1.5 Déplacements

Le Bruant sauterelle est un migrateur de courte distance, arrivant généralement sur les sites de nidification vers la mi-avril et quittant à l’automne à partir de la fin août (Vickery, 1996). Au Québec, l’espèce arrive sur les sites de nidification un peu plus tard soit entre le début et la mi-mai (la date la plus hâtive étant le 1er mai 1982 à Howick; Larivée, 2009) et elle entame la migration automnale à partir du début d’août et peut être observée jusqu’en octobre (plusieurs observations tardives ont été rapportées entre le 9 et 15 octobre, et la plus tardive est datée du 20 décembre à Gatineau; Larivée, 2009). Des observations faites dans la région de Kingston en Ontario suggèrent également que la migration automnale peut s’étirer jusqu’à la mi-octobre (Weir, 1989).

Le Bruant sauterelle migre durant la nuit et au matin, en petits groupes ou de façon solitaire (Vickery, 1996). Durant la migration, le Bruant sauterelle peut se joindre à des groupes mixtes contenant plusieurs espèces de bruants (Vickery, 1996). Les mécanismes soutenant l’orientation durant les migrations sont inconnus, mais sont probablement semblables à ceux du Bruant des prés, qui incluent l’orientation par les étoiles, le champ magnétique terrestre et le soleil (Able et Able, 1990a, 1990b).

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5.2 Habitat

5.2.1 Habitat de nidification

Dans l’ensemble de l’aire de répartition, l’espèce niche généralement dans des milieux ouverts au sol bien drainé, souvent pauvre et sec (dénudé par endroits), ayant un couvert de végétation herbacée vivace et relativement basse, et peu d’arbustes (Wiens, 1969; Whitmore, 1981; Peck et James, 1987; Bollinger, 1995; Vickery, 1996; Delisle et Savidge, 1997; Dechant et coll., 1998; Ribic et Sample, 2001; Scott et coll., 2002; Balent et Norment, 2003; Scheiman et coll., 2003; Chapman et coll., 2004; Thogmartin et coll., 2006; Jobin et Falardeau, 2010). Dans la région de Lake Simcoe-Rideau en Ontario, l’espèce occupe principalement des sites sur sols sablonneux de type morainique ou sur sols peu profonds sur lits de calcaire, des sols souvent utilisés comme pâturages (Early, 2007).

Le Bruant sauterelle occupe divers types d’habitats tels que des prairies naturelles et cultivées (Madden, 1996), des pâturages, des champs de foin, des terrains herbeux d’aéroports, des jeunes plantations de conifères et des sites miniers restaurés en prairies (Wiens, 1973; Whitmore, 1981; Kantrud, 1981; Peck et James, 1987; Bollinger, 1988; Best et coll., 1995; Hull et coll., 1996; Patterson et Best, 1996; Delisle et Savidge, 1997; Galligan et coll., 2006; Jobin et Falardeau, 2010). Le Bruant sauterelle peut également nicher dans les cultures annuelles en rangées telles que les cultures de maïs, de blé et d’orge, bien que les densités soient nettement plus faibles que dans des habitats non cultivés (Basore et coll., 1986; Dechant et coll., 1998; McMaster et Davis, 1998). On le trouve aussi dans des terres aménagées sous les programmes de conservation des sols Conservation Reserve Program (CRP) aux États-Unis et le Programme d'établissement d'un couvert végétal permanent (Permanent Cover Program [PCP]) au Canada (Dechant et coll., 1998; McMaster et Davis, 1998), Dans le sud du Québec, ce passereau habite les anciens pâturages, les jeunes friches, les champs de foin et les prés situés sur des terrains bien drainés, donc souvent sur des sols pauvres et sablonneux (Hainault, 1995; Jobin et Falardeau, 2010).

Le Bruant sauterelle sélectionne en premier lieu son habitat de nidification à l’échelle du paysage (Ribic et Sample, 2001; Bakker et coll., 2002; Thogmartin et coll., 2006; Renfrew et Ribic, 2008). En effet, les champs fréquentés par le Bruant sauterelle sont généralement entourés de prairies et de pâturages où la couverture forestière est réduite, ceci étant manifeste tant dans le sud du Québec et en Ontario qu’ailleurs en Amérique du Nord (Ribic et Sample, 2001; Bakker et coll., 2002; Grant et coll., 2004; Hamer et coll., 2006; Veech, 2006; Thogmartin et coll., 2006; Early, 2007; Renfrew et Ribic, 2008; Jobin et Falardeau, 2010). Thogmartin et coll. (2006) concluent que bien que le Bruant sauterelle réponde à plusieurs variables de l’habitat à l’échelle du paysage, les variables climatiques telles que les précipitations annuelles moyennes seraient plus importantes pour prédire l’abondance de l’espèce dans le Midwest américain.

À l’intérieur d’un paysage donné, le Bruant sauterelle sélectionne son site de nidification à partir de diverses composantes de l’habitat : une hauteur modérée de la végétation (< 0,5 m) (Rotenberry et Wiens, 1980; Patterson et Best, 1996; Davis, 2004; Pranty et Tucker, 2006), une épaisseur modérée de la litière (Wiens, 1969; Rotenberry et Wiens, 1980; Schneider, 1998; Madden et coll., 2000), et une couverture élevée de plantes herbacées (Rotenberry et Wiens, 1980; Patterson et Best, 1996). Le Bruant sauterelle requiert également des sites ayant une forte proportion de sols nus (entre 2 et 34 %; Slater, 2004; Pranty et Tucker, 2006) ainsi qu’un faible couvert en plantes hautes et arbustes utilisés comme perchoir pour chanter durant l’établissement et la défense des territoires. Par ailleurs, il évite généralement les champs où la densité de la végétation (Schneider, 1998; McCoy et coll., 2001; Slater, 2004) et celle des petits arbustes (Wiens, 1969) sont trop élevées. Enfin, dans certaines régions de son aire, l’espèce répond négativement à des densités élevées en plantes mortes et de grande taille (Davis, 2004) et semble préférer des champs semés en plantes fourragères introduites (Schneider, 1998; McCoy et coll., 2001).

Dans le sud du Québec, les habitats de bonne qualité sont généralement des champs aux sols pauvres et secs, parfois récemment abandonnés, qui ne sont pas fauchés ou broutés de façon régulière, et présentant une structure de la végétation éparse et hétérogène (Hainault, 1995; Jobin et coll., 2008). Des perchoirs tels que des tiges de molène (Verbascum thapsus) et des arbustes sont souvent présents quoique plusieurs sites fréquentés par l’espèce en Outaouais étaient fauchés de façon régulière et les perchoirs y étaient absents (Jobin et Falardeau, 2010). Plus précisément, on note une végétation de hauteur moyenne (25 cm), une couverture en sol nu (17 %) et en végétation herbacée morte (46 %) et vivante (36 %) relativement importante ainsi qu’une litière modérément épaisse (4 cm). Ces mesures se situent toutes dans les limites des valeurs rapportées par d’autres études conduites en Amérique du Nord (Jobin et Falardeau, 2010). Dans le sud du Québec, la végétation des sites occupés par l’espèce est souvent dominée par des plantes de milieux pauvres et secs tels que : Poa spp., Elytrigia repens, Potentilla spp. (argentea et reptans), Danthonia spicata, Fragaria virginiana et Phleum pratense (Jobin et Falardeau, 2010).

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5.2.2 Habitat d’hivernage

L’habitat utilisé dans l’aire d’hivernage par le Bruant sauterelle est généralement le même que dans l’aire de nidification, soit des prairies arides au couvert végétal réduit (Vickery, 1996; Gordon, 2000).

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5.3 Dynamique des populations

Il existe actuellement peu d’information sur les facteurs affectant la régulation et la dynamique des populations du Bruant sauterelle dans des conditions naturelles (Slater, 2004). On présume que durant la période de nidification, la disponibilité de nourriture ainsi que la compétition interspécifique n’affecteraient pas les populations de Bruant sauterelle (Slater, 2004). La prédation semblerait toutefois réduire de façon importante le succès reproducteur de l’espèce, bien que les effets à long terme de la prédation sont encore inconnus (Vickery, 1996). Enfin, le manque d’information sur la mortalité sur les aires d’hivernage masque notre habileté à bien comprendre les phénomènes de régulation chez cette espèce (Slater, 2004).

Balent et Norment (2003) ont étudié une population fragmentée dans 10 parcelles d’habitat de tailles variées (1,8-13,2 ha) dans l’ouest de l’État de New York entre 1996 et 2000. Au début de l’étude, 8 parcelles sur 10 étaient occupées par des Bruants sauterelles. En 2000, 5 de ces parcelles avaient subi une extinction locale (principalement les populations des plus petits fragments), tandis que 2 parcelles de taille moyenne avaient été colonisées (Balent et Norment, 2003). À cet endroit, le taux annuel de survie des adultes dans ce paysage fragmenté était de 28 % en moyenne et était plus du double dans les grandes parcelles (≥ 8 ha; 33 %) comparativement aux plus petites (< 8 ha; 16 %; Balent et Norment, 2003). Ces auteurs ont estimé le taux de croissance (λ) du Bruant sauterelle dans un paysage fragmenté à 0,46 dans les grands champs et à 0,23 dans les petits champs; des valeurs situées sous le seuil critique de viabilité des populations (λ=1).

Une analyse détaillée de la viabilité des populations de Bruant sauterelle a récemment été effectuée dans l’une des plus grandes superficies de prairies à herbes longues situées au Kansas et en Oklahoma (With et coll., 2008). Le taux de fécondité saisonnier d’une population (b: nombre d’oisillons femelles produits / femelle adulte / saison de reproduction) variait en fonction du type d’aménagement des prairies. Il était significativement plus élevé dans les champs de foin naturels ayant subi un feu contrôlé (b= 0,96 ± 0,86; n= 34 nids), mais se situait toutefois sous le seuil critique de 1,33 pour qu’une population reste stable. Le taux de fécondité était faible dans les autres types d’aménagements tels que les champs de foin naturels non brûlés (b= 0,43 ± 0,50; n=32 nids) et de 0,59 ± 0,55 (n=128 nids) dans des pâturages subissant un régime de broutement intensif et de feux contrôlés fréquents (With et coll., 2008). Le taux de croissance estimé dans cette région se situait sous le seuil critique (λ = 0,73 - 0,84, n=2 années), suggérant que cette région ne supporte pas une population viable de Bruant sauterelle (With et coll., 2008).

Des modèles démographiques de population de Bruant sauterelle incluant différentes analyses (sensitivity analysis, elasticity analysis) et des modèles stochastiques ont démontré que le taux de survie annuel des adultes est le paramètre le plus important pour la viabilité d’une population (Slater, 2004). Dans la région centre-sud des États-Unis, le taux annuel apparent de survie des adultes est de 44 % (DeSante et coll., 2006). Le taux de survie annuel des Bruants sauterelles adultes est généralement très faible et varie entre 48 et 60 % pour la sous-espèce de la Floride (Pranty et Tucker, 2006). Ce faible taux reflète, entre autres, la forte hausse de la mortalité due à la prédation aviaire à cet endroit (Pranty et Tucker, 2006). Par ailleurs, le taux de survie des juvéniles dans une population de la Floride est de 35,1 %, alors qu’un taux de survie d’au moins 38,4 % est nécessaire pour maintenir cette population (Perkins et Vickery, 2001). Une seconde étude conduite en Floride portant sur 48 mâles capturés et bagués d’une population résidente démontre un taux de survie annuel de 60 % avec une longévité moyenne de 2,9 ans (Delany et coll., 1993).

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5.4 Facteurs limitatifs

5.4.1 Activités humaines

5.4.1.1 Perte d’habitat

Comme plusieurs autres espèces d’oiseaux champêtres, la première cause du déclin du Bruant sauterelle en Amérique du Nord est liée à la perte d’habitat suivant la mise en culture des Grandes Plaines américaines depuis le milieu du 19e siècle et à l’apparition des nouvelles techniques agricoles depuis les années 1950 (Brennan et Kuvleski, 2005). On estime que les pertes d’habitats se situent entre 88 et 99 % dans les prairies à herbes hautes dans le Midwest américain (Samson et Knopf, 1994), à 99 % dans les prairies naturelles de l’est des États de Washington, de l’Oregon et de l’Idaho (Slater, 2004), à 81 % en Floride depuis 1950 (Pranty et Tucker, 2006), et à 80 % dans les prairies à herbes courtes de la Saskatchewan depuis le début de la colonisation (Davis, 2004). Les nouvelles technologies d’irrigation et l’arrivée de nouvelles variétés mieux adaptées à un type de sol plus pauvre permettant la culture à grande échelle pourraient faire en sorte de diminuer considérablement la superficie encore non cultivée de la prairie à herbes courtes mixtes de l’Ouest nord-américain (Slater, 2004). Les populations hivernantes de Bruant sauterelle en Arizona sont également affectées par la conversion des prairies en pâturages et en cultures intensives depuis 120 ans (Gordon, 2000). Enfin, dans le nord-est de l’Amérique du Nord, le déclin des populations du Bruant sauterelle serait en partie attribuable à la succession végétale à la suite de l’abandon des champs cultivés (Brennan et Kuvleski, 2005). Ce phénomène est également observé en Ontario, où des terres peu productives sont souvent laissées en friche créant ainsi une perte d’habitat pour le Bruant sauterelle (Early, 2007).

Au Québec, la tendance de l’habitat du Bruant sauterelle est sensiblement la même que dans l’ensemble de l’Amérique du Nord. En Outaouais et surtout en Montérégie et dans les Laurentides, on a constaté d’importantes pertes d’habitats et de sites de nidification depuis les années 1980 en raison principalement de la conversion des habitats propices en cultures annuelles comme le maïs et le soya ou encore en plantations de conifères. On trouvera plus de détails aux sections 7.1.2.1 et 7.2 qui traitent respectivement de l’historique de la situation du Bruant sauterelle au Québec et des menaces à sa survie au Québec.

5.4.1.2 Fragmentation de l’habitat

On définit la fragmentation de l’habitat comme étant le morcellement d’un habitat continu de grande superficie en plus petits fragments isolés les uns des autres (Johnson, 2001). Les effets de la fragmentation sont principalement liés à la taille et au nombre de fragments d’habitat, à l’effet de bordure et à l’effet d’isolation et de connectivité des fragments (Forman, 1995; Johnson, 2001). Le Bruant sauterelle serait sensible aux 3 types d’effets de la fragmentation de l’habitat. Ce bruant est premièrement sensible à la taille de l’habitat, c’est-à-dire que plus une parcelle d’habitat diminue en superficie, moins elle est susceptible d’héberger des individus nicheurs (Herkert, 1994; Bollinger, 1995; Helzer et Jelinski, 1999; Arguedas-Negrini, 2001; Johnson et Igl, 2001; Bakker et coll., 2002; Balent et Norment, 2003; Herkert et coll., 2003; Davis, 2004; Pranty et Tucker, 2006; Thogmartin et coll., 2006; Jobin et Falardeau, 2010). On trouve généralement l’espèce dans des sites d’au moins 6 ha (Vickery et coll., 1994; Helzer, 1996; Helzer et Jelinski, 1999), bien que la taille minimale des fragments utilisés dans certaines régions dépasse 30 ha (Askins, 1993; Herkert, 1994), ou même 100 ha (Vickery et coll., 1994; Davis, 2004). Dans l’État de New York, le succès de reproduction est nettement plus grand dans les champs de plus de 8 ha (59 %) que dans les champs de plus faible superficie (< 8 ha; 25 %; Balent et Norment, 2003). Dans la région du Pontiac au Québec, la densité des mâles territoriaux est corrélée avec la superficie des champs occupés, et la superficie des champs utilisés par l’espèce était plus grande que celles des champs non utilisés (Jobin et Falardeau, 2010).

Le Bruant sauterelle serait négativement associé à la présence de bordures forestières à proximité de son habitat (Johnson et Temple, 1990; Vickery, 1996; Herkert et coll., 2003). Le succès reproducteur du Bruant sauterelle augmente généralement en fonction de la distance des bordures forestières et serait plus élevé au centre des parcelles de prairies (Wiens, 1969; Johnson et Temple, 1990; Delisle et Savidge, 1997; Bock et coll., 1999; Helzer et Jelinski, 1999; Balent et Norment, 2003), et ce, en raison d’un plus haut taux de prédation près des bordures forestières (Bock et coll., 1999; Renfrew et Ribic, 2003; Renfrew et coll., 2005). Le taux de prédation des nids serait également plus élevé dans les petits fragments (de 16 à 32 ha) que dans les plus grands (de 130 à 486 ha) aussi en raison d’une plus grande incidence de prédation près des bordures (Johnson et Temple, 1990) qui sont plus rapprochées dans les petits fragments. Au Wisconsin, la densité des nids de Bruant sauterelle augmente de façon linéaire en s’éloignant d’une bordure forestière (≥ 50 m) (Renfrew et coll., 2005) en raison de la présence de prédateurs abondants tels que le raton laveur (Procyon lotor) qui détruisent une plus grande quantité de nids situés en bordure d’îlots forestiers qu’à l’intérieur des pâturages (Renfrew et coll., 2005).

Le troisième effet de la fragmentation de l’habitat est l’isolement des fragments qui affecte les populations nicheuses du Bruant sauterelle en augmentant la probabilité d’extinction locale, ce qui réduit du même coup la probabilité de recolonisation d’individus provenant d’autres populations (Balent et Norment, 2003; Slater, 2004).

5.4.1.3 Impact du broutement par le bétail

Le Bruant sauterelle répond généralement négativement (abondance réduite ou disparition locale) à un broutement intensif par le bétail, et ce particulièrement dans les prairies plus arides (Bock et coll., 1993; Saab et coll., 1995). Un broutement intensif réduit non seulement l’abondance et la hauteur des plantes utilisées comme couvert de nidification, mais altère également la composition et la structure de la végétation des prairies (Kantrud et Kologiski, 1982; Holechek et coll., 1989). Le broutement intensif modifie aussi la diversité et la disponibilité des insectes dont s’alimentent plusieurs espèces d’oiseaux (Quinn et Walgenbach, 1990). On note, de plus, que le succès reproducteur (estimé par la méthode de Mayfield) et la taille des couvées sont supérieurs dans les prairies non broutées (70 %) que dans les prairies broutées (25 %) en raison d’une biomasse en insectes plus grande, d’une litière plus épaisse, et de la présence de petits arbustes et de végétation plus dense (Sutter et Ritchison, 2005). Finalement, le piétinement par le bétail est une cause de destruction non négligeable des nids pour cette espèce, variant de 7 à 12 % selon les stades de reproduction (Jensen et coll., 1990; Renfrew et Ribic, 2003; Renfrew et coll., 2005).

Le Bruant sauterelle répond toutefois positivement à un broutement léger à modéré étant donné qu’une pression de broutement faible peut créer des habitats ayant une structure végétale plus diversifiée horizontalement et verticalement, et favorable au Bruant sauterelle (Kantrud, 1981; Whitmore, 1981; Kantrud et Kologiski, 1982; Patterson et Best, 1996; Delisle et Savidge, 1997; Powell, 2008).

5.4.1.4 Fauchage du foin

Pour plusieurs espèces d’oiseaux champêtres qui habitent les cultures fourragères telles que les champs de foin, le fauchage durant la période de nidification est l’une des principales menaces affectant la survie des œufs, des oisillons et des adultes (Vickery, 1996). La modernisation des techniques agricoles ainsi qu’un climat généralement plus chaud favorisent la coupe du foin de façon plus hâtive et plus fréquemment durant la période de nidification (jusqu’à 2 semaines plus tôt dans certaines régions du nord-est de l’Amérique du Nord; Martin et Gavin, 1995; Jobin et coll., 1996; Nocera et coll., 2005). Dans le cas du Goglu des prés (Dolichonyx oryzivorus), Bollinger et coll. (1990) ont démontré que la mortalité des œufs et des oisillons pouvait atteindre 51 % dans des champs de foin fauchés durant la période de reproduction dans l’État de New York. À cela s’ajoute la mortalité due à l’abandon des nids, à la prédation et aux opérations subséquentes de sarclage et de mise en balle, ce qui augmentait le taux de mortalité à 94 % (Bollinger et coll., 1990). Le report des activités de fauchage du foin après la période de reproduction augmenterait la densité de couples nicheurs du Bruant sauterelle à certains aéroports dans l’est des États-Unis (Melvin, 1994 cité dans Vickery, 1996).

Malgré les effets négatifs du fauchage en période de nidification, le Bruant sauterelle peut répondre positivement au fauchage effectué avant ou après cette période en raison de la similitude de la structure de la végétation avec l’habitat recherché par l’espèce (Ingold, 2002). La coupe du foin peut même être préférable au brûlage contrôlé (Bollinger, 1988). Au Missouri, le nombre d’individus a augmenté l’année suivant le fauchage, mais a diminué les années subséquentes en raison de l’augmentation de la densité de la végétation (Winter, 1998). Au Nebraska, l’espèce occupe principalement les champs qui sont fauchés 3 années sur 4 (Delisle et Savidge, 1997). En Ohio, les densités sont plus élevées sur des prairies restaurées qui ont été fauchées comparativement à d’autres non fauchées (Ingold, 2002).

5.4.1.5 Suppression des feux de prairies

La suppression des feux de prairies dans l’ensemble de l’aire de répartition du Bruant sauterelle depuis la colonisation a fait en sorte de réduire considérablement la qualité de l’habitat disponible pour le Bruant sauterelle (Arguedas-Negrini, 2001; Pranty et Tucker, 2006). En plus de recycler les éléments nutritifs captés dans la biomasse végétale, le feu façonne la structure de la végétation en réduisant entre autres, l’épaisseur de la litière et crée des surfaces de sol dénudé, deux composantes de l’habitat de nidification du Bruant sauterelle (Vickery, 1996). Par ailleurs, la suppression des feux naturels dans les prairies favorise la régénération de la forêt, augmente le nombre et la taille des fragments forestiers, ce qui nuit au Bruant sauterelle (Samson et Knof, 1994; Cerovski et coll., 2001).

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5.4.2 Prédation

De nombreuses études effectuées dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce indiquent que la prédation est la plus grande cause d’échec des nids de Bruant sauterelle. Le taux de prédation varie généralement entre 29 et 89 % selon les études (Patterson et Best, 1996; Renfrew et coll., 2005; Pranty et Tucker, 2006; Giocomo et coll., 2008).

Comme mentionné auparavant, la prédation serait fortement associée au degré de fragmentation des habitats (Patterson et Best, 1996; Herkert et coll., 2003; Renfrew et Ribic, 2003; Slater, 2004; Renfrew et coll., 2005; Galligan et coll., 2006; Pranty et Tucker, 2006; Giocomo et coll., 2008). Ainsi, pour 5 États des Grandes Plaines des États-Unis, Herkert et coll. (2003) indiquent que la prédation est plus grande dans les fragments de moins de 100 ha que dans les grands fragments de prairies (plus de 1 000 ha). Des résultats similaires proviennent de l’État de Washington où le taux de prédation de nids artificiels et de nids naturels par des corvidés était plus grand dans les paysages fragmentés que dans des paysages continus (Vander Haegen et coll., 2002).

Dans l’ensemble de son aire, le Bruant sauterelle compte plusieurs types de prédateurs, autant terrestres qu’aériens. En Floride par exemple, la principale espèce prédatrice du bruant serait la Pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus; Slater, 2004). Au Wisconsin, le raton laveur et les spermophiles (Citellus spp.) seraient les prédateurs les plus importants (Renfrew et Ribic, 2003; Renfrew et coll., 2005). D’autres prédateurs documentés pour l’ensemble de l’aire de répartition incluent : la moufette rayée (Mephitis mephitis), les belettes et l’hermine (Mustela spp.), les renards (Vulpes spp.), le chat domestique (Felis silvestrus), les corneilles (Corvus spp.), plusieurs espèces de serpents et couleuvres (Vickery, 1996; Herkert et coll., 2003; Renfrew et Ribic, 2003; Renfrew et coll., 2005; Galligan et coll., 2006). Au Québec, il n’existe aucune étude détaillée sur le type de prédateurs pouvant s’attaquer au Bruant sauterelle. Toutefois, des espèces associées aux milieux agricoles telles que le raton laveur, la moufette rayée, le renard roux (Vulpes vulpes) et la Corneille d’Amérique (Corvus brachyrhynchos) sont probablement des prédateurs fréquents des nids (Jobin et Picman, 2002).

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5.4.3 Contamination de l’environnement

Peu d’études ont été effectuées sur les effets potentiels des pesticides sur le Bruant sauterelle en période de nidification. On note toutefois que la densité des territoires de Bruants sauterelles dans l’État du Maine a diminué sur une période de 2 à 5 ans à la suite de l’application de l’herbicide hexazione (4 kg/ha) sur le bleuet (Vaccinium angustifolia; Vickery, 1993). Il est également reconnu qu’il y a un lien direct entre le déclin de plusieurs espèces d’oiseaux champêtres, dont le Bruant sauterelle, et l’épandage à grande échelle de granules de pesticides en milieux agricoles (Potts, 1986; Mineau, 2005; Mineau et Whiteside, 2006). De plus, il est généralement reconnu que les différents types de pesticides employés en agriculture en Amérique du Nord visent l’élimination d’insectes nuisibles tels que plusieurs espèces d’orthoptères (Vickery, 1996), mais affectent également plusieurs espèces d’insectes pollinisateurs tels que les lépidoptères (Cane et Tepedino, 2001), des groupes d’insectes importants dans l’alimentation du Bruant sauterelle.

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5.4.4 Autres facteurs limitants

5.4.4.1 Variations climatiques

Il n’existe aucune donnée sur les effets des variations climatiques sur les populations de Bruant sauterelle au Québec. Toutefois, dans le Midwest américain, l’abondance du Bruant sauterelle est fortement influencée par les variations climatiques telles que les précipitations annuelles qui affecteraient la disponibilité de la nourriture (insectes), la proportion du couvert végétal et la distribution des prédateurs et des espèces compétitrices (Thogmartin et coll., 2006). Selon ces derniers auteurs, les variables climatiques seraient plus importantes que les variables liées à la composition du couvert végétal. En supposant qu’il y ait moins de précipitation et davantage de périodes de sécheresse, comme le prédisent les modèles climatiques pour les Grandes Plaines (Knapp et coll., 2002), les populations de passereaux champêtres tels que le Bruant sauterelle pourraient être directement affectées (With et coll., 2008).

5.4.4.2 Parasitisme des nids

Il n’existe aucune donnée pour le Québec concernant l’effet du parasitisme des nids de Bruants sauterelles par le Vacher à tête brune (Molothrus ater). Dans l’ensemble de son aire de répartition, le Bruant sauterelle est toutefois considéré comme un hôte peu fréquent du Vacher à tête brune; le taux de parasitisme variant entre 0 et 8 % (Peck et James, 1987; Vickery, 1996; Dechant et coll., 1998; Peer et coll., 2000; Herkert et coll., 2003; Renfrew et coll., 2005; Galligan et coll., 2006; Giocomo et coll., 2008).

5.4.4.3 Parasites et maladies

Il n’existe aucune donnée traitant des parasites et maladies pour les populations de Bruant sauterelle du Québec. On sait néanmoins que plusieurs espèces de tiques peuvent parasiter le Bruant sauterelle telles que Ptilonyssus sairae (Delany et coll., 2007), Amblyomaq maculatum et Haemaphysalis chordeillis (Vickery, 1996). On rapporte également un taux de parasitisme par A. maculatum chez le Bruant sauterelle en Floride de 2,7 % (n=73 oiseaux) pour la période de 1989 à 1992. Pour la période 1996-1997, on rapporte des taux nettement supérieurs dans 2 populations de la Floride soit 19 % (n=16) et 67 % (n=12) respectivement (Delany et coll., 2007). D’autres parasites trouvés chez le Bruant sauterelle en Floride incluent des parasites intestinaux (helminthes) et des mites de plume.

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5.5 Adaptabilité

5.5.1 Feux contrôlés

Le Bruant sauterelle répond positivement aux feux contrôlés conduits dans son habitat et ceux-ci pourraient être considérés comme une méthode efficace pour restaurer l’habitat de cette espèce en dehors de la période de reproduction (Coppedge et coll., 2008; With et coll., 2008). Des feux fréquents favorisent le maintien d’un couvert végétal optimal pour la nidification du Bruant sauterelle (Powell, 2008). En Floride, Perkins et coll. (2008) démontrent qu’un régime de feux contrôlés est essentiel pour accroître la qualité de l’habitat de la sous-espèce de la Floride. Le Bruant sauterelle évite de nicher l’année d’un feu, mais augmente généralement en abondance dans les deux à quatre ans suivant un feu, suivant l’apparition d’une structure végétale plus propice (hauteur et couvert modérés) (Huber et Steuter, 1984; Johnson, 1997; Madden et coll., 1999; Powell, 2008). Toutefois, si le feu survient durant une année de sécheresse ou dans des prairies à herbes courtes, l’abondance du Bruant sauterelle diminue, car la végétation devient trop courte pour être propice à la nidification (Zimmerman, 1992; Vickery et coll., 2000).

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5.5.2 Programme de restauration des sols

Le Bruant sauterelle s’adapte bien aux activités de restauration des sols agricoles peu productifs tels que le CRP et le PCP (Patterson et Best, 1996; Dechant et coll., 1998; McMaster et Davis, 1998). En Saskatchewan, le Bruant sauterelle est plus abondant dans les champs broutés que dans les champs fauchés soumis au programme PCP (McMaster et Davis, 1998). En Iowa, l’espèce est 50 fois plus abondante dans les champs convertis en CRP que dans les cultures annuelles en rangées (Patterson et Best, 1996). Au Minnesota, l’espèce atteint sa plus grande abondance dans les champs restaurés en CRP comparativement aux prairies bordant des milieux humides conservés pour la reproduction de sauvagine (Koford, 1999). La fécondité de l’espèce est également plus élevée dans les champs convertis en CRP au Missouri et au Kansas (Hull et coll., 1996; McCoy et coll., 1999). Au Maryland, le Bruant sauterelle colonise des prairies restaurées en CRP dès le premier mois suivant le traitement (Gill et coll., 2006). Au Missouri, le taux de croissance des populations de Bruant sauterelle dans des champs convertis en CRP est généralement élevé, variant de 2,51 à 2,61, suggérant que ces habitats restaurés abritent des populations sources (McCoy et coll., 2001). Cependant, 3 ans après un brûlage contrôlé, la végétation des CRP devient trop dense et l’espèce n’utilise plus ces habitats (Gill et coll., 2006). Selon ces auteurs, une combinaison de ces programmes de restauration des sols à un programme de feux contrôlés pourrait permettre de maintenir l’habitat du Bruant sauterelle à plus long terme. Plus de 14,6 millions d’hectares de terres agricoles sont convertis en CRP aux États-Unis actuellement, dont 11,5 millions d’hectares sont des prairies.

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5.5.3 Restauration des résidus miniers en habitats de prairies

La restauration des résidus miniers des mines de surface en habitats de prairies dans plusieurs États du Midwest américain est bénéfique au Bruant sauterelle (Galligan et coll., 2006). Ces sites restaurés sont souvent de grandes tailles (> 2000 ha) et peuvent devenir des habitats de bonne qualité pour le Bruant sauterelle. En Ohio, le Bruant sauterelle est neuf fois plus abondant sur des surfaces minières restaurées que sur des prairies naturelles (Ingold, 2002). Au Québec, le potentiel de restauration de ce type d’habitat est cependant négligeable étant donné les faibles superficies en surfaces minières localisées dans l’aire de répartition de l’espèce.

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5.5.4 Restauration de terres agricoles

Il semble possible de restaurer des terres vouées à certains types de cultures, en habitat propice pour le Bruant sauterelle. De fait, Jobin et Falardeau (2010) ont observé en Outaouais que le Bruant sauterelle occupait à nouveau des sites seulement deux à trois ans suivant l’abandon de cultures de maïs et de fraises suggérant qu’un aménagement de l’habitat et des activités de restauration peuvent bénéficier au Bruant sauterelle en peu de temps. En Ontario, l’espèce utilise des champs semés en plantes céréalières d’hiver comme le blé et le seigle (Early, 2007). Croissant souvent sur des dépôts sableux, ces cultures rendues à maturité se caractérisent par une végétation éparse, devenant ainsi un habitat propice pour le Bruant sauterelle.

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6 Importance particulière de l’espèce

L’abondance élevée du Bruant sauterelle dans les cultures fourragères et les prairies naturelles des Grandes Plaines est bénéfique à l’agriculture et aux écosystèmes naturels en raison de la prédation par cette espèce d’une grande quantité d’insectes nuisibles à l’agriculture (Vickery, 1996). Au Québec, cette espèce est toutefois peu importante du point de vue du contrôle d’insectes nuisibles étant donné sa grande rareté. Néanmoins, le Bruant sauterelle est une espèce très recherchée localement par les ornithologues amateurs.

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7 Situation actuelle

7.1 État des populations et tendances

7.1.1 Amérique du Nord

Historiquement, le Bruant sauterelle nichait principalement dans les Grandes Plaines des États-Unis. À la suite de la colonisation par les Européens, cette espèce a bénéficié, comme plusieurs autres espèces de passereaux des prairies, de la déforestation et de l’expansion de l’agriculture à grande échelle dans l’est de l’Amérique du Nord et a grandement augmenté son aire de nidification (Vickery, 1996; Brennan et Kuvlesky, 2005; Early, 2007). En Ontario, par exemple, on rapporte que le Bruant sauterelle était très rare au 19e siècle, mais qu’il aurait augmenté son aire de répartition vers le nord de 330 km depuis 1900 à la suite du déboisement intensif des forêts pour faire place à l’agriculture (Weir, 1989). L’intensification de l’agriculture, la perte et la fragmentation de l’habitat ainsi que l’expansion urbaine à grande échelle à partir du milieu du 20e siècle ont cependant renversé la tendance, et le Bruant sauterelle est devenu l’une des espèces champêtres subissant le plus important déclin de ses populations en Amérique du Nord (Sauer et coll., 2008)

Selon Rich et coll. (2008), la population mondiale du Bruant sauterelle serait de 15 millions d’individus nicheurs, soit 7,5 millions de couples nicheurs. Ces auteurs estiment que 93 % de la population mondiale nicherait aux États-Unis et au Canada; le reste en Amérique Latine. Selon la base de données du Rocky Mountain Bird Observatory (RMBO, 2007) d’où proviennent les données de Rich et coll. (2008), la population nicheuse au Canada ne serait que d’environ 212 000 oiseaux dont un peu plus de la moitié se trouverait en Alberta. En Ontario, où la population est l’une des plus importantes au Canada, Blancher et Couturier (2007) estiment à 50 000 le nombre d’adultes nicheurs, dont 80 % se trouvant dans la région de Lake Simcoe-Rideau (incluant la vallée de la rivière des Outaouais). Pour sa part, le RMBO (2007) suggère plutôt une estimation de 32 000 individus nicheurs en Ontario.

La cartographie de l’abondance relative du Bruant sauterelle en Amérique du Nord à partir des données du Relevé des oiseaux nicheurs d’Amérique du Nord (BBS) indique, qu’entre 1987 et 2006, le centre d’abondance de l’espèce se situait principalement au centre des États-Unis entre le Dakota du Nord et le Kansas où le nombre moyen d’oiseaux détectés par parcours de 50 stations d’inventaire était supérieur à 13 individus/parcours (figure 3). L’abondance de l’espèce dans l’ensemble des provinces canadiennes, incluant le Québec, est généralement en deçà d’un oiseau par parcours (figure 3).

Les tendances démographiques pour l’ensemble du continent provenant du BBS révèlent que le Bruant sauterelle a subi un déclin important avec une baisse annuelle de -3,6 % de 1966 à 2007 et de -3,3 % dans la période plus récente de 1980 à 2007 (figure 4; Sauer et coll., 2008). Aux États-Unis, le déclin est identique à celui observé à l’échelle du continent (-3,6 %/année entre 1966 et 2007 et -3,3 % pour la période 1980-2007) (Sauer et coll., 2008), ce qui n’a rien d’étonnant considérant qu’environ 98 % de la population nicheuse nord-américaine se trouve aux États-Unis. Les tendances des populations sont significativement à la baisse dans 20 États et le déclin est apparent dans l’ensemble des États-Unis, sauf dans certains États comme le Montana et le Texas où l’espèce est en augmentation de 1,5 % par an (figure 4; Sauer et coll., 2008). Les tendances démographiques calculées pour des habitats très intègres, soit les prairies à herbes longues de la région de Flint Hills au Kansas et en Oklahoma indiquent que l’espèce a subi un déclin annuel de 16 à 27 % en seulement 2 ans (2004-2005); un déclin largement supérieur à celui estimé par le BBS dans cette région pour la même période (With et coll., 2008). En combinant les données provenant du Recensement des oiseaux de Noël avec le BBS pour l’ensemble de l’Amérique du Nord, Butcher et Niven (2007) ont également démontré un déclin important de 65 % depuis 40 ans.

Figure 3. Abondance relative du Bruant sauterelle calculée pour chaque carré de latitude et de longitude entre 1987 et 2006 en période de reproduction selon le Relevé des oiseaux nicheurs d’Amérique du Nord (BBS). Zones grises = non échantillonnées par le BBS; zones blanches = zones échantillonnées, mais aucun Bruant sauterelle détecté (P. Blancher, données inédites, 2009)

Abondance relative du Bruant sauterelle calculée pour chaque carré de latitude et de longitude entre 1987 et 2006 en période de reproduction selon le Relevé des oiseaux nicheurs d’Amérique du Nord (BBS)

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Figure 4. Changement annuel moyen (%) de l’abondance du Bruant sauterelle selon les données du BBS pour la période de 1966 à 2003 (d’après Sauer et coll., 2008)

Changement annuel moyen (%) de l’abondance du Bruant sauterelle selon les données du BBS pour la période de 1966 à 2003 (d’après Sauer et coll., 2008)

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Au Canada, les données du BBS montrent un déclin significatif de -5,7 % par an entre 1968 et 2007 (figure 5; Downes et Collins, 2008). Les tendances à long terme pour l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta sont toutes à la baisse, bien qu’étant non significatives sauf pour la Saskatchewan où les populations de Bruant sauterelle ont subi une baisse significative de -10,4 % par an entre 1968 et 2007 (Downes et Collins, 2008). Au Québec, les données sont insuffisantes pour calculer des tendances à partir du BBS.

Figure 5. Indice annuel d’abondance du Bruant sauterelle au Canada selon les données du BBS pour la période de 1968 à 2007 (d’après Downes et Collins, 2008)

Indice annuel d’abondance du Bruant sauterelle au Canada selon les données du BBS pour la période de 1968 à 2007 (d’après Downes et Collins, 2008)

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Dans certaines régions de l’Ontario, le Bruant sauterelle subirait également un déclin prononcé de ses populations depuis les années 1980 (Early, 2007). Lorsque l’on compare la répartition de l’espèce entre la première (de 1981 à 1985) et la deuxième (de 2001 à 2005) période de l’Atlas des oiseaux nicheurs, il n’y a pas de changement significatif dans la probabilité d’observation dans l’ensemble de l’Ontario, mais on observe toutefois un déclin significatif de l’espèce (48 %) dans la région Carolinienne (Early, 2007). Par ailleurs, à une échelle plus locale, l’espèce semble s’être maintenue dans la vallée de la rivière des Outaouais, dans le comté de Renfrew (ouest d’Ottawa) ainsi qu’au sud jusqu’à Kingston (p. ex., comté de Lanark), mais semble avoir diminué à l’est d’Ottawa, dans le comté de Prescott-Russel (Early, 2007).

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7.1.2 Québec

7.1.2.1 Historique

Au Québec, le Bruant sauterelle est considéré comme un nicheur migrateur rare (David, 1996). Tout comme en Ontario, cette espèce aurait bénéficié de la déforestation et de l’expansion de l’agriculture. Il n’a toutefois jamais été abondant au Québec, demeurant confiné principalement aux régions de Montréal, de la Montérégie et de l’Outaouais (Hainault, 1995). Les deux premières mentions de Bruant sauterelle au Québec datent du 24 juin 1898 à Hull et du 26 juin 1920 à Chambly (Ouellet, 1974; Hainault, 1995). La fréquence des mentions de l’espèce dans le sud du Québec est devenue plus régulière à partir des années 1940, et ce, principalement en Montérégie : Chambly (5 individus le 5 juillet 1920); Saint-Lambert (1942), Côte-Saint-Luc (1945), Hudson (1947-1965); Choisy et Sainte–Marthe (1 nid avec 5 œufs le 31 mai 1968; Ouellet, 1974).

En 2009, la base de données ÉPOQ contenait 313 mentions d’observations de l’espèce entre 1962 et 2008 (Larivée, 2009) et la base de données du SOS-POP (2008) contenait un total de 72 sites connus où l’espèce avait été signalée en période de reproduction (annexe 1). La figure 6 présente le nombre de mentions annuelles de Bruant sauterelle au Québec trouvées dans la base de données ÉPOQ. Il est très important de noter que ces données reflètent davantage l’effort de recherche de Bruant sauterelle que la véritable évolution de ses populations au Québec, car l’effort de recherche a varié énormément d’une année à l’autre. C’est à partir de 1969 que l’on trouve des observations annuelles (figure 6) quand des sites de nidification ont commencé à être visités de façon régulière dans le sud du Québec (principalement en Montérégie) par des ornithologues amateurs. Par la suite, les inventaires effectués dans le cadre des travaux de l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec dans les années 1980 ont permis de découvrir de nombreux sites dans la région de l’Outaouais (Hainault, 1995).

Figure 6. Nombre de mentions de Bruant sauterelle dans les feuillets ÉPOQ au Québec entre 1962 et 2008 (d’après Larivée, 2009)

Nombre de mentions de Bruant sauterelle dans les feuillets ÉPOQ au Québec entre 1962 et 2008 (d’après Larivée, 2009)

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La découverte de ces nombreux sites dans la région du Pontiac (entre Fort-Coulonge et Quyon) en Outaouais a été suivie de plusieurs inventaires spécifiques à cette espèce dans cette région et en Montérégie (Hainault et St-Hilaire, 1989; St-Hilaire, 1990, 1991, 1992). Les inventaires effectués entre 1989 et 1992 ont été conduits à partir du système routier afin de vérifier la présence de l’espèce dans 5 comtés du sud du Québec, l’utilisation d’images satellite Landsat dès 1990 ayant permis de localiser de nombreux sites additionnels offrant un haut potentiel pour la nidification de l’espèce. Durant la période d’inventaire de 1990 à 1992, l’Outaouais avait un taux d’occupation des sites potentiels nettement supérieur (41-67 %) à celui des régions des Laurentides et de la Montérégie (18 %; tableau 1). Seulement 3 sites étaient alors occupés en Montérégie en 1992 alors que 20 sites l’étaient en 1991 en Outaouais (tableau 1). Pendant cette période, c’est en 1989 que le nombre d’individus détectés dans le sud du Québec était le plus élevé avec 52 individus (tableau 1). La majorité de ces sites occupés par l’espèce durant ces 4 années d’inventaires étaient situés dans la région du Pontiac en Outaouais et seulement quelques sites l’étaient de façon régulière en Montérégie (région du mont Rigaud et Saint-Constant). En 1992, on estimait à 1 710 ha l’aire d’occupation du Bruant sauterelle au Québec (St-Hilaire, 1992).

Le tableau 1 présente les résultats de deux périodes récentes où il y a eu des recherches et des inventaires assez exhaustifs de sites potentiels pour le Bruant sauterelle au Québec, la première période s’étendant de 1989 à 1992, et la deuxième, de 2004 à 2005. Pendant la première période, c’est en 1989 que le nombre d’individus détectés dans le sud du Québec était le plus élevé, avec 52 individus. Pendant la deuxième période, c’est en 2004 que l’on a rapporté le plus grand nombre de Bruants sauterelle, avec 75 individus en tout. Le tableau montre aussi que peu importe la période, le nombre d’individus observés, le nombre de sites occupés et le pourcentage d’occupation des sites ont toujours été plus élevés en Outaouais (13 à 20 sites occupés; 41 % à 67 % des sites), comparativement à la Montérégie, aux Laurentides et à l’Estrie (3 sites occupés, 13 % et 18 % des sites).

Tableau 1. Sommaire des résultats d’inventaires de Bruant sauterelle au Québec entre 1989 et 2005
AnnéeRégionNombre total de sites visitésNombre de nouveaux sites visitésNombre de sites occupésNombre
d’adultes détectés
(mâles)
%
d’occupa-
tion
Source
1989Outaouais
Montérégie
Laurentides
341752 (29)501
1990Outaouais32151322 (21)412
1991Outaouais30182017673
1992Montérégie
Laurentides
17173184
2004Outaouais36212068 (62)565
2004Montérégie
Laurentides
Estrie
23037135
2005Outaouais2921649 (42)555,6

1 Hainault et St-Hilaire, 1989;
2 St-Hilaire, 1990;
3 St-Hilaire, 1991;
4 St-Hilaire, 1992;
5 Jobin et Falardeau, 2005, 2010;
6 Jobin et Falardeau, données inédites.

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Afin d’évaluer la situation du Bruant sauterelle au Québec sur les sites occupés dans les années 1990, le Service canadien de la faune a initié en 2004 un inventaire de l’espèce dans la région du Pontiac (Jobin et Falardeau, 2005, 2010; Jobin et Falardeau, données inédites). Un total de 36 sites (incluant des sites connus et potentiels) ont été retenus et inventoriés à 2 reprises en juin 2004 à partir de transects couvrant toute la superficie des sites et en utilisant la repasse du chant. Ces derniers inventaires ont permis de détecter 68 Bruants sauterelles dont 62 mâles (tableau 1). Sur ce nombre, on a trouvé 43 oiseaux sur 11 sites déjà connus et 25 autres individus sur 9 nouveaux sites. En plus, 3 autres mâles chanteurs ont été trouvés à partir de la route en bordure de 3 sites qui n’avaient pas été retenus pour les inventaires réguliers, pour un total de 71 Bruants sauterelles (65 mâles chanteurs). Le nombre de Bruants sauterelles dénombrés en 2004 dépasse largement le nombre le plus élevé noté auparavant en une seule année dans la région du Pontiac, soit 52 individus en 1989 (St-Hilaire, 1989). En 2005, 27 des 36 sites visités en 2004 qui étaient encore propices (9 sites avaient été transformés et n’offraient plus aucun potentiel) et 2 nouveaux sites ont été inventoriés à 2 reprises et 49 individus, dont 42 mâles chanteurs y ont été dénombrés (tableau 1). De plus, 4 mâles additionnels ont été trouvés sur 3 sites non retenus pour les inventaires réguliers pour un total de 53 individus, dont 46 mâles, ce qui représente une baisse de 25 % du nombre d’individus détectés relativement aux résultats de 2004. Les nombres de mâles chanteurs plus élevés obtenus durant ces derniers inventaires comparativement aux inventaires routiers effectués au début des années 1990 s’expliqueraient par l’utilisation de techniques d’inventaires plus efficaces soit des inventaires par transects avec stations de repasse de chant à l’intérieur des habitats propices au lieu d’inventaires en bordure des routes (Jobin et Falardeau, 2005, 2010) et ne reflètent pas nécessairement une augmentation des effectifs de la population de Bruant sauterelle. Ces inventaires sont aussi responsables des nombres élevés de mentions retrouvées dans la base de données ÉPOQ en 2004 et 2005 (figure 6).

Des visites ont aussi été effectuées en 2004 à 23 autres sites connus au Québec hors de la région du Pontiac (tableau 1). Les inventaires n’ont cependant été effectués qu’à partir du bord des routes dans la plupart des cas. Seulement 7 mâles chanteurs ont été observés à seulement 3 de ces sites (13 % des sites) : 3 mâles chanteurs près de Saint-Lazare et de Powerscourt en Montérégie, et 1 mâle chanteur près de Tingwick en Estrie (Jobin et Falardeau, 2005).

Ces travaux ont aussi permis de constater les rapides conversions et pertes d’habitats de l’espèce. Ainsi, on a rapporté, en Outaouais, une perte de 57 % (4/7) des sites utilisés entre 1988 et 1989 (Hainault et St-Hilaire, 1989), de 34 % (11/32 sites) entre 1989 et 1990 (St-Hilaire, 1990) (tableau 1), en raison du changement dans le type d’utilisation des terres (c.-à-d. conversion de l’habitat en terres cultivées et pâturages). Les pertes d’habitat ont aussi été importantes durant les années 2000 où, tel que mentionné auparavant, l’on a noté un taux de conversion de 25 % (9/36) des sites propices dans la région du Pontiac, entre 2004 et 2005 (Jobin et Falardeau, données non publiées). Une visite sur le terrain des sites historiques contenus dans la base de données du SOS-POP (2008) a aussi indiqué un taux important de conversion de l’habitat du Bruant sauterelle. En 2008, 36 % des 72 sites historiques connus au Québec avaient été convertis en cultures et étaient devenus de qualité faible à nulle, 15 % des sites étaient devenus de qualité moyenne (p. ex., conversion récente en plantations de pins [encore peu denses] ou champs de foins fauchés en juin et juillet), et 49 % des sites étaient demeurés de bonne qualité pour le Bruant sauterelle (annexe 1). À l’échelle des régions du sud du Québec, les pertes de sites occupés pour la période de 1989 à 2004 se traduisaient à 80 % (4/5 sites) dans la région des Laurentides, 75 % (9/12 sites) en Montérégie et 54 % (17/31 sites) dans la région du Pontiac en Outaouais (figure 7; Jobin et Falardeau, données non publiées).

Figure 7. Changement dans l’occurrence du Bruant sauterelle à 72 sites connus au Québec depuis 1961 et visités durant la période de 2004 à 2008 (d’après le SOS-POP, 2008)

Changement dans l’occurrence du Bruant sauterelle à 72 sites connus au Québec depuis 1961 et visités durant la période de 2004 à 2008 (d’après le SOS-POP, 2008)

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En 2008, finalement, le Regroupement QuébecOiseaux (RQO) a fait l’analyse de photos aériennes dans le but de trouver de nouveaux sites occupés par le Bruant sauterelle dans un secteur de la Montérégie au sud de Montréal. Les inventaires qu’ils ont menés dans les habitats potentiels ainsi déterminés ont permis de signaler un total de 13 Bruants sauterelles dans 3 nouveaux sites (non illustrés sur la carte) situés à moins de 1 km à l’ouest de l’emplacement connu depuis 1992 près de Powerscourt en Montérégie (SOS-POP, 2008). Des inventaires subséquents ont confirmé que des oiseaux utilisaient toujours certains de ces sites en 2009 et 2010 (RQO, comm. pers.).

7.1.2.2 Abondance

À la fin des années 1980, le nombre de couples nicheurs de Bruant sauterelle au Québec était estimé à moins de 50 (Robert, 1989). De récents inventaires effectués dans le sud du Québec depuis 1989 ont ensuite indiqué que le nombre de couples serait possiblement plus élevé. Ainsi, le nombre de mâles chanteurs rapportés lors des inventaires de 2004 dans la région du Pontiac (Jobin et Falardeau, 2005, 2010) suggère la présence d’au moins 65 couples (si l’on suppose que tous les 65 mâles détectés lors de ces inventaires étaient appariés à des femelles). À cela s’ajoutent 7 couples supplémentaires (7 mâles chanteurs) à 3 autres sites détectés en Montérégie et en Estrie en 2004, portant ainsi le total de couples connus pour l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce au Québec en 2004 à 72 (Jobin et Falardeau, 2005).

Par ailleurs, il est certain que ce total soit quelque peu sous-estimé considérant le fait que certains sites en Outaouais et l’ensemble des sites visités en Montérégie ne l’ont été qu’à partir du bord de la route et qu’un inventaire complet de ces sites aurait possiblement permis de détecter un plus grand nombre de mâles chanteurs se trouvant hors de portée des routes. De plus, certains oiseaux ne se manifestent pas lors des inventaires et ne sont pas détectés, mais cette proportion d’individus non détectés n’a pas été estimée. Enfin, un nombre indéterminé de sites non visibles à partir du bord des routes, mais possiblement fréquentés par le Bruant sauterelle, n’a pu être inventorié. Considérant tous ces facteurs, on peut supposer que les effectifs de Bruant sauterelle dans le sud du Québec au milieu des années 2000 se situeraient probablement entre 100 et 200 couples nicheurs.

7.1.2.3 Tendance démographique au Québec

Les données du BBS du Québec ne permettent pas d’évaluer la tendance des populations de l’espèce en raison du faible nombre de Bruants sauterelles signalés sur les parcours inventoriés au Québec (Downes et Collins, 2008). Toutefois, une analyse des données du SOS-POP (2008) pour 39 sites où des Bruants sauterelles ont été détectés par le passé dans le sud du Québec et pour lesquels des visites ont été effectuées à au moins une reprise durant les périodes de 1989 à 1998 et de 1999 à 2008 indique que l’habitat n’est plus favorable et n’est plus utilisé par l’espèce à de nombreux sites (figure 8). En effet, durant la période de 1999 à 2008, le Bruant sauterelle n’a été détecté qu’à seulement 36 % (14/39 sites) de ces sites connus (figure 8). De plus, la moyenne du nombre maximal d’individus observés par site a grandement diminué entre la période de 1989 à 1998 (2,67 ± 2,08, n=39) et la période plus récente de 1999 à 2008 (1,49 ± 2,62; Mann-Whitney U=370,5; P < 0,001, n=39). On note également que le nombre maximal d’individus par site est plus élevé durant la première période, et ce, pour 85 % des sites connus (figure 8). Toutes ces comparaisons suggèrent donc un déclin marqué de la population québécoise du Bruant sauterelle. À souligner également que l’effort de recherche était plus élevé lors de la période de 1999 à 2008 (inventaires le long de transects et repasse de chant) que lors de la période de 1989 à 1998 (stations d’écoute passive à partir de routes) cautionnant d’autant et de façon encore plus marquée le déclin observé.

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7.2 Menaces à la survie de l’espèce

Les menaces à la survie du Bruant sauterelle au Québec sont principalement la perte d’habitat en raison de la conversion des cultures pérennes (fourrages, pâturages) en cultures annuelles intensives, la fragmentation de l’habitat et le fauchage en période de nidification. Les champs pauvres préférés par cette espèce sont parfois aussi transformés en plantations de conifères. Le lecteur pourra se référer à la section 5.4 pour les détails associés à ces menaces.

Figure 8. Nombre maximal d’adultes de Bruant sauterelle recensés à 39 sites historiques durant les 2 dernières décennies (de 1989 à 1998 et de 1999 à 2008) dans le sud du Québec (SOS-POP, 2008)

Nombre maximal d’adultes de Bruant sauterelle recensés à 39 sites historiques durant les 2 dernières décennies (de 1989 à 1998 et de 1999 à 2008) dans le sud du Québec (SOS­POP, 2008)

Description longue pour la figure 8

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La perte d’habitat serait directement liée à l’intensification de l’agriculture se traduisant par l’avènement des produits chimiques synthétiques, des techniques de drainage de surface, de machinerie plus performante et des nouvelles variétés de plantes à croissance plus rapide qui ont accéléré la conversion des cultures pérennes en cultures annuelles (Jobin et coll., 2007). L’intensification de l’agriculture dans le sud du Québec est particulièrement importante dans la région de la Montérégie, où l’espèce était historiquement relativement fréquente. Dans cette région, les superficies en cultures intensives (maïs, soya et céréale) ont augmenté dans 80 % des municipalités régionales de comtés (MRC) entre 1993 et 2001 (Jobin et coll., 2007). Cette augmentation s’est faite au détriment des cultures pérennes (pâturage, champs de foin) qui ont grandement diminué dans ces mêmes MRC. D’ailleurs, au cours d’une étude d’identification par imagerie satellite de l’habitat potentiel du Bruant sauterelle en Montérégie, aucun nouveau site potentiel n’a été identifié en raison de la forte conversion des cultures fourragères en cultures céréalières (Jobin et coll., 2008). Par contre, dans le sud de l’Outaouais, la conversion des cultures pérennes en cultures annuelles était moins marquée qu’en Montérégie (Jobin et coll., 2007).

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7.3 Protection et mesures de conservation

Actuellement au Québec, l’habitat du Bruant sauterelle se trouve presque uniquement en terres privées. Par conséquent, des activités d’intendance devraient être amorcées sur ces terres pour protéger l’espèce et son habitat (Jobin et coll., 2008). Il existe plusieurs programmes de financement qui visent la protection d’habitats sur les terres privées, dont le Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril d’Environnement Canada et le programme Faune en danger de la Fondation de la faune du Québec. A l’heure actuelle, un seul projet de ce type a été initié dans le sud du Québec en Montérégie où un agriculteur a accepté de retarder de plusieurs semaines la première coupe du foin d’un de ses champs afin de réduire le dérangement des couples de Bruant sauterelle durant la période de reproduction (Bussière, 2008). Il est à prévoir que le nombre de projets d’intendance visant la protection de l’habitat du Bruant sauterelle augmenterait de façon importante si l’espèce était désignée légalement à l’échelle fédérale et provinciale.

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7.4 Statuts actuels, légaux ou autres

7.4.1 Législation internationale

NatureServe (2009) attribue au Bruant sauterelle le rang G5 (Non à risque) à l’échelle mondiale et N5 (Non à risque) à l’échelle des États-Unis, principalement en raison de sa grande répartition en Amérique du Nord. Pareillement, l’espèce est considérée comme peu préoccupante selon la Liste rouge de l’UICN (NatureServe, 2009) et ne figure pas sur la « liste de surveillance » du Plan nord-américain de conservation des oiseaux terrestres (Rich et coll., 2008). Par contre, l’espèce est considérée « À risque modéré – S3 » et « Apparemment non à risque − S4 » (NatureServe, 2009) dans plusieurs États des Grandes Plaines des États-Unis qui représentent le centre de la répartition de l’espèce (tableau 2). Elle fait partie de la liste des espèces prioritaires du plan de conservation de Partenaire d’Envol au Wyoming et au Colorado (Slater, 2004). De plus, le U.S. Fish and Wildlife Service considère le Bruant sauterelle comme une espèce dont la conservation est préoccupante (of conservation concern) dans les régions de conservation d’oiseaux (RCO) suivantes: Prairie à cuvettes (RCO 11), Prairie à badlands (RCO 17), et Prairie à grandes graminées de l’Est (RCO 22) (U.S. Fish and Wildlife Service, 2002). L’espèce est également reconnue comme étant de priorité de conservation modérée dans la RCO 13 de la Plaine du Saint-Laurent et des lacs Ontario et Érié (Hartley, 2007). Le Bruant sauterelle a aussi été identifié comme étant une espèce prioritaire dans la portion québécoise de la RCO 13 (SCF, en prép.). Le U.S. Fish and Wildlife Service a également désigné la sous-espèce de la Floride en danger de disparition à l’échelle fédérale (Federal Register, 1986).

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7.4.2 Législation canadienne

Au Canada, le Bruant sauterelle ainsi que les nids et les œufs sont protégés en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs du gouvernement fédéral (Environnement Canada, 2010). NatureServe (2009) attribue le rang N4 (apparemment non à risque) au Bruant sauterelle au Canada et il n’a aucun statut à l’échelle fédérale, car aucun rapport de situation national n’a jamais été produit. Il est toutefois considéré comme une espèce candidate de priorité intermédiaire par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC, 2010).

Ce tableau présente les statuts de conservation attribués au Bruant sauterelle par NatureServe dans tous les États continentaux des États-Unis ainsi que dans six provinces canadiennes.

Tableau 2. Rangs et statuts accordés au Bruant sauterelle par État et province canadienne
(Source : NatureServe, 2009)
État/ProvinceRang
États-UnisAlabama (S3), Arizona (S3), Arkansas (S3B), Californie (S2), Caroline du Nord (S3B,S1N), Caroline du Sud (SNRB,SNRN), Colorado (S3S4B), Connecticut (S1B), Dakota du Nord (SNRB), Dakota du Sud (S4B), Delaware (S3B), District de Columbia (S3N), Floride (SNRN), Georgie (S4), Idaho (S3B), Illinois (S5), Indiana (S4B), Iowa (S4B,S4N), Kansas (S4B), Kentucky (S4B), Louisiane (S3N), Maine (S1B), Maryland (S4B), Massachusetts (S3B), Michigan (S3S4), Minnesota (SNRB), Mississippi (S3B,S3N), Missouri (S3S4), Montana (S3B), Nation Navajo (SNA), Nebraska (S4), Nevada (SU), New Hampshire (S2B), New Jersey (S2B), New York (S4), Nouveau Mexique (S3B,S3N), Ohio (S5), Oklahoma (S4B), Oregon (S2B), Pennsylvanie (S4B), Rhode Island (S1B,S1N), Tennessee (S4), Texas (S3B), Utah (S1B), Vermont (S2B), Virginie (S4), Virginie de l’Ouest (S3B), Washington (S3B), Wisconsin (S4B), Wyoming (S4)
CanadaAlberta (S3S4), Colombie-Britannique (S1S2B), Manitoba (S2B), Ontario (S4B), Québec (S2), Saskatchewan (S4B)

En Colombie-Britannique, l’espèce est considérée comme « Très à risque – S1 » (Cannings, 1995; tableau 2) et elle jouit d’une protection à l’échelle provinciale, sous la Loi de 1982 sur la faune ainsi que sous la Loi du Forest Practices Code of British Columbia (Cannings, 1995). Elle est considérée comme « À risque – S2 » au Québec et au Manitoba et « À risque modéré – S3 » en Alberta. L’espèce est d’ailleurs considérée comme « Sensible » dans cette province (Federation of Alberta Naturalists, 2007).

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7.4.3 Législation québécoise

En vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (L.R.Q., c. E-12.01), le Bruant sauterelle a été désigné à titre d’espèce susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF). Cette loi permet la désignation et la protection des espèces fauniques et floristiques menacées ou vulnérables qui vivent au Québec, ainsi que la conservation de leurs habitats. De plus, en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., c. C-61.1), il est interdit de chasser, capturer, garder en captivité ou vendre cette espèce. Selon cette loi, il est également interdit de détruire ou endommager les nids et les œufs de cette espèce.

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8 Conclusion

La situation du Bruant Sauterelle au Québec est préoccupante en raison de la faible taille de sa population, du déclin de ses effectifs ainsi que de la transformation rapide de son habitat dans le sud du Québec. De fait, on observe une conversion des cultures pérennes fréquentées par l’espèce en cultures annuelles dans les secteurs où la qualité des terres favorise les cultures avec labours alors que les terres peu productives et souvent propices à l’espèce sont souvent abandonnées ou converties en plantations de conifères, des habitats peu utilisés par le Bruant sauterelle. On a déjà noté des extinctions locales de l’espèce en Montérégie où la plupart des sites autrefois occupés par l’espèce ont pratiquement tous disparu. En Outaouais, là où la population est encore relativement importante, les pertes d’habitat augmentent également de façon importante.

Considérant que le Bruant sauterelle subit actuellement un déclin des ses populations dans l’ensemble de son aire de répartition au Canada, il est peu probable qu’une immigration externe puisse maintenir à long terme la population québécoise. De plus, advenant la réduction de façon substantielle à court et moyen termes des populations de l’Ontario et de l’État de New York, on peut s’attendre à ce que le degré d’isolement de la population du sud du Québec augmente, la rendant ainsi vulnérable à un risque d’extinction élevé (comme la population de la Floride). Les activités de protection des habitats du Bruant sauterelle qui sont toujours présents dans le sud du Québec sont donc justifiées.

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9 Remerciements

Nous remercions sincèrement Marie Dupuis pour l’édition d’une version préliminaire du rapport ainsi que le Regroupement QuébecOiseaux pour avoir fourni les données inédites (SOS-POP) concernant des données récentes sur la répartition de l’espèce au Québec. Nous remercions également le laboratoire d’ornithologie de Cornell (Cornell Lab of Ornithology) pour la permission d’afficher la carte de répartition du Bruant sauterelle extraite de Vickery (1996). La production de ce rapport a été rendue possible grâce à la participation financière du Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Annexe

Description de l’habitat aux sites connus d’occupation du Bruant sauterelle au Québec (d’après le SOS-POP, 2008)
SiteNom du siteSuper-
ficie (ha)
Qualité actuelle de l’habitat*SiteNom du siteSuper-
ficie (ha)
Qualité actuelle de l’habitat*
BS-001Bristol Ridge (sud)30faibleBS-037Franklin-Centre #2nul
BS-002Bristol Ridge (nord)45bonBS-038Ch. Brome (Lac-Brome)nul
BS-003North-Onslow (est)4faibleBS-039Chamblyfaible
BS-004North-Onslow (ouest)nulBS-040Brownsburgfaible
BS-005Lac O'Brien60bonBS-041Brossardfaible
BS-006Weirstead35moyenBS-042Rivière du Nordbon
BS-007Bristol Ridge16bonBS-043Charteris #2faible
BS-008Charteris (sud)55faibleBS-044Saint-Étienne-de-Beauharnois?
BS-009Lac McCord3.5bonBS-045Montée Cadieuxmoyen
BS-010Yarm / piste de course63faibleBS-046Yarm (ch. du lac Green)bon
BS-011Lac Richardson #160bonBS-047Caldwellbon
BS-012Lac Towell (nord)15moyenBS-048Ruisseau McCordbon
BS-013Lac à Martin15bonBS-049Lac Richardson #2moyen
BS-014Lawn20faibleBS-050Rivière-Barrybon
BS-015Vinton (dépotoir)8nulBS-051St-Prosper (Rg St-Charles)moyen
BS-016Leclair (sud)23bonBS-052Tingwick (ch. de l'Aqueduc)bon
BS-017Chutes rivière Coulonges40bonBS-053Domaine Tingwick (ch. Kingsey)faible
BS-018Lac Spink (ouest)nulBS-054Saint-Augustin-de-Desmauresmoyen
BS-019Charteris #170bonBS-055Charteris #3bon
BS-020Lac à Daly60bonBS-056Charteris #4bon
BS-021Stell Line (chemin)14moyenBS-057North Clarendonfaible
BS-022McKee (sud)48bonBS-058Dohertyfaible
BS-023Bristol-Mines (est)26bonBS-059Campbell's Baybon
BS-024Lac à Horner25faibleBS-060Fort-Coulongebon
BS-025Lac Lawless22nulBS-061Carrollbon
BS-026Sainte-MarthefaibleBS-062Lac Rangerbon
BS-027Saint-ConstantnulBS-063Lac Dennie #1bon
BS-028Saint-LazarenulBS-064Lac Dennie #255bon
BS-029Durham-SudfaibleBS-065Île aux allumettes/ Demers-centerbon
BS-030Saint-HermasnulBS-066St-Marc-sur-Richelieu (Rg des Soixante)bon
BS-031Franklin-Centre #1faibleBS-067La Pocatièrebon
BS-032Saint-ColombanfaibleBS-068Valencaybon
BS-033Powerscourt #133bonBS-069Chemin Nicholsbon
BS-034Domaine Val-Boisé/St-Philippe?BS-070Powerscout #2bon
BS-035Saint-Antoine60faibleBS-071Powerscout #3bon
BS-036La Malbaie?BS-072Powerscout #4bon

* Nul= habitat détruit de façon permanente; Faible= conversion en culture intensive (maïs, soya, céréales); Moyen= pâturages et champs de foin fauchés, jeunes plantation de conifères; Bon= champs de foin pauvres, champs abandonnés en régénération.

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1 Les espèces candidates sont celles dont le COSEPAC n'a pas encore évalué la situation au Canada, mais qui sont considérées comme pouvant être en péril et seront vraisemblablement évaluées dans le futur (COSEPAC, 2010)

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