Lignes directrices pour éviter de déranger les colonies d'oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques au Canada

Colonie de Guillemots marmette © Thinkstockphotos
Photo : © Thinkstockphotos.
Colonie de Guillemots marmette

Les oiseaux marins et les oiseaux aquatiques sont particulièrement vulnérables aux effets du dérangement humain. Ces lignes directrices sont conçues dans le but d’accroître la sensibilisation des gens à la vulnérabilité des colonies d'oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques du Canada face au dérangement. Elles visent également à fournir des renseignements sur la protection juridique applicable et d'apporter des précisions sur le bon comportement à adopter lorsqu’on se trouve à proximité de colonies de nidification d’oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques afin d'éviter et de réduire au minimum le dérangement.

Renseignements généraux

Oiseaux marins et oiseaux aquatiques

Les oiseaux marins sont des oiseaux qui fréquentent les eaux côtières et les océans. Certains sont présents exclusivement dans l'environnement marin : les macareux, le Fou de Bassan, les guillemots, le Petit Pingouin, les puffins, les océanites, le Starique de Cassin et le Fulmar boréal. Certains oiseaux marins peuvent être présents dans les zones marines et d'eau douce, notamment les mouettes et les goélands, les sternes et les cormorans (voir la section Protection juridique ci-dessous pour obtenir des détails sur la protection juridique, les lois et les règlements). En général, les oiseaux marins vivent longtemps, mais possèdent un faible taux de reproduction. D’ailleurs, un bon nombre d’espèces ne pondent qu’un œuf par année. Ils nichent souvent dans les îles, les fronts de falaises ou à tout autre endroit inaccessible leur permettant d’échapper aux prédateurs. De plus, plusieurs espèces peuvent aussi nicher en colonies mixtes. Certains oiseaux marins nichent sur des corniches ou sur des rochers dégagés, alors que d’autres nichent sous des rochers, dans des crevasses ou dans des terriers qu’ils ont creusés dans le sol. Au Canada, la taille des colonies peut être de quelques couples nicheurs de sternes ou de goélands jusqu’à plus d’un million de couples d’Océanites cul-blanc.

La plupart des espèces passent une bonne partie de l'année en mer. Au printemps et en été, les oiseaux se rassemblent en colonies dans le but de se courtiser, de s'accoupler, de pondre et de couver leurs œufs, puis d’élever et de nourrir leurs petits. Les périodes de reproduction se déroulent de mars à septembre le long des côtes océaniques sud du Canada, et au cours de la période des eaux libres de glace dans l’Arctique canadien.

Les oiseaux aquatiques vivant en colonie sont l'équivalent en eau douce des oiseaux marins; ils partagent plusieurs caractéristiques avec les oiseaux marins en matière de comportement et de conservation. Au Canada, les oiseaux aquatiques coloniaux comprennent les mouettes et les goélands, les sternes et la Guifette noire, les hérons, les aigrettes, le Bihoreau gris, le Cormoran à aigrettes et le Pélican d'Amérique (voir la section Protection juridique ci-dessous pour obtenir des détails sur la protection juridique, les lois et les règlements). La distinction entre les oiseaux nicheurs d'eau douce et les oiseaux marins n'est pas toujours bien définie, étant donné que de nombreuses espèces se reproduisent dans les deux milieux. Dans le milieu d'eau douce, ils se reproduisent généralement sur les îles. Toutefois, ils se reproduisent également dans les terres dans des zones non perturbées, p. ex. : des péninsules, des zones clôturées près de l'eau et même sur des toitures. Certaines espèces se reproduisent dans les marais. Dans les zones marines, ils se reproduisent sur les côtes ainsi que sur les îles côtières. La période de reproduction des oiseaux aquatiques vivant en colonie se déroule de mars à septembre, et au cours de la période des eaux libres de glace dans l’Arctique canadien.

Les colonies sont vulnérables à la perte ou à la destruction de l’habitat, mais aussi aux répercussions d'événements catastrophiques tels que les tempêtes, les maladies et les déversements de pétrole. Les oiseaux qui se reproduisent en colonie sont particulièrement vulnérables aux effets du dérangement humain.

Humains, oiseaux marins et oiseaux aquatiques

Historique

Pendant des centaines d’années, on a exploité les oiseaux marins et les oiseaux aquatiques vivant en colonie pour leur viande, leurs œufs et leurs plumes. Ainsi de nombreuses colonies reproductrices ont été perturbées par le développement et le dérangement humains. Au milieu du 19e siècle, le Grand Pingouin, un oiseau marin incapable de voler et nidifiant en colonie, a été chassé jusqu’à l’extinction. En 1917, on adopta la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, par suite à plusieurs enjeux, dont la diminution importante du nombre d’oiseaux marins se reproduisant dans les zones côtières des provinces de l’Est du Canada.

Protection juridique

À l'exception des cormorans et des pélicans, tous les oiseaux marins et les oiseaux aquatiques habituellement présents au Canada sont protégés en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (voir la liste complète des espèces protégées en vertu de la Loi). Les cormorans et les pélicans sont protégés en vertu de lois et règlements provinciaux ou territoriaux. Il est illégal de harceler ou de tuer des oiseaux migrateurs ainsi que de détruire ou de déranger leurs nids ou leurs œufs. Il est également illégal de rejeter une substance nocive pour les oiseaux migrateurs, ou de permettre qu'une telle substance soit rejetée dans les eaux ou les zones qu’ils fréquentent. Bon nombre de colonies reçoivent une protection supplémentaire de compétence fédérale en étant incluses dans un refuge d’oiseaux migrateurs, une réserve nationale de faune ou une réserve de parc national, ou en vertu d’une législation provinciale ou territoriale comme les réserves écologiques, les habitats fauniques protégés, les aires de gestion ou de conservation de la faune. Ces désignations peuvent ajouter une réglementation spécifique qui va au-delà des lignes directrices du présent document. De plus, la plupart des colonies protégées ne peuvent en aucun cas être visitées pendant la périodes de reproduction.

En vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada, plusieurs espèces d’oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques coloniaux sont classées parmi les espèces d’oiseaux en péril : la Sterne de Dougall, le Guillemot marbré, la Mouette blanche, le Guillemot à cou blanc, la Mouette rosée, le Grand héron (sous-espèces fannini). Grâce à cette Loi, ces oiseaux, leurs résidence et, selon le cas, leur habitat essentiel, bénéficient d’une protection supplémentaire.

En plus de ces désignations, un grand nombre de lois, de politiques et de lignes directrices provinciales, territoriales, régionales et municipales peuvent réglementer les activités des visiteurs. Les futurs visiteurs devraient communiquer avec les organismes concernés et les propriétaires fonciers locaux avant d’approcher des colonies situées sur des îles côtières ou sur le continent, afin de connaître les restrictions qui peuvent s’appliquer et se procurer tous les permis nécessaires.

Impacts du dérangement

Partout en Amérique du Nord, il y a eu une augmentation du nombre de visites de propriétaires de bateau privé, de pique-niqueurs, de touristes et de pêcheurs près des colonies de nidification d’oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques. Peu de gens savent que le simple fait d’approcher les colonies, de débarquer d’un bateau, de laisser les animaux de compagnie errer, de marcher à travers la colonie ou de rester trop longtemps au même endroit peut avoir un effet négatif sur ces oiseaux. Même le fait d’approcher trop près par bateau peut mettre en péril les oiseaux marins et les oiseaux aquatiques vivant en colonie.

En effet, ces oiseaux peuvent abandonner leur nid ou leurs petits, ou se servir de précieuses réserves d’énergie pour se défendre au lieu de couver leurs œufs ou de nourrir leurs petits, et ce, à cause du dérangement. La présence d’humains à proximité des nids peut empêcher les oiseaux adultes de retourner au nid afin de protéger et de nourrir leurs petits, ou exposer les œufs ou les oisillons à la prédation et aux effets mortels de la chaleur, du froid et de la pluie. Puisqu’un bon nombre d’espèces d’oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques nichent dans des crevasses cachées, des terriers, de la végétation ou sur des corniches rocheuses exposées, les nids peuvent passer inaperçus pour un observateur non averti, en particulier lorsque les espèces sont actives uniquement après la tombée de la nuit. Un seul pas imprudent dans une colonie peut détruire le terrier de reproduction, le nid, les œufs ou les petits d'un oiseau.

Lorsque des oiseaux adultes sont forcés de quitter précipitamment le nid, beaucoup d'oisillons s’égarent de leur site de nidification et peuvent aussi tomber à l’eau, être capturés par des prédateurs ou être becquetés à mort par des oiseaux avoisinants. Certaines espèces sont particulièrement sensibles au dérangement à certains stades de leur cycle de reproduction. Par exemple, le dérangement peut entraîner les oisillons à quitter leur nid trop tôt, ce qui se traduit par une mortalité élevée. Les jeunes hérons sont particulièrement enclins à quitter leur nid lorsqu'ils sont dérangés.

Haut de la page

Lignes directrices

Environnement et Changement climatique Canada recommande que les gens n'entrent pas dans les colonies d'oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques pendant la période de reproduction, qu'ils respectent les zones tampons qui conviennent autour des colonies, et qu'ils évitent de déranger les oiseaux migrateurs pendant la période de reproduction.

Les activités humaines en milieu aquatique près des colonies de nidification, par exemple, la pêche, la navigation de plaisance ou le vol à basse altitude, peuvent aussi mettre en péril ces oiseaux. Ces activités devraient être pratiquées à une certaine distance pour éviter que les oiseaux soient forcés de quitter précipitamment leurs nids ou qu’ils foncent sur vous afin de vous éloigner de la colonie. Dans les zones côtières, les oiseaux marins nichant en colonie partagent souvent des îles rocheuses et des corniches avec d'autres espèces sauvages, telles que les phoques ou les otaries. Si ces mammifères marins deviennent agités et qu’ils se jettent à l’eau, c’est que vous vous trouvez trop près. Dans tous les cas où vous pourriez déranger les oiseaux marins ou les oiseaux aquatiques, éloignez-vous le plus rapidement et le plus silencieusement possible.

Les chercheurs souhaitant demander l'accès à des colonies d'oiseaux doivent communiquer avec le bureau du Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada de votre région pour connaître les exigences en matière de permis.

De nombreuses aires protégées (p. ex. : les refuges d’oiseaux migrateurs, les réserves nationales de faune, les parcs nationaux) qui contiennent des colonies d’oiseaux migrateurs ont des restrictions précises en ce qui concerne les zones tampons en milieu terrestre et aquatique, ainsi que des restrictions de vol. Veuillez communiquer avec votre bureau du Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada de votre région pour obtenir de plus amples renseignements sur ces restrictions.

Les directives générales de réduction du dérangement des colonies qui n'ont pas d'autres restrictions, sont les suivantes :

Sur terre :

  • En général, restez à une distance d'au moins 300 m des colonies d'oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques. Il est possible de s’approcher plus près si l'emplacement fait l'objet d'une autorisation et d'une supervision, dans le cas, par exemple, où des installations d'observation clôturées ont été établies.
  • Pour les activités occasionnant un dérangement important (p. ex.: forage, dynamitage), respectez une zone tampon d'au moins 1 km autour des colonies.

Si vous vous retrouvez par mégarde dans une colonie, partez aussi silencieusement que possible sans faire de gestes brusques. Le Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada de votre région vous serait reconnaissant de signaler tout nouvel emplacement de colonie.

Sur l'eau :

  • En général, restez à une distance d’au moins 300 mètres de toutes les zones de l’île ou de la colonie occupées par des oiseaux marins ou des oiseaux aquatiques.
  • Voyagez toujours à une vitesse constante lorsque vous vous trouvez près d’une colonie d’oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques, vous déplaçant parallèlement au rivage plutôt que d’approcher en direction de la colonie.
  • Évitez de produire des bruits aigus ou forts, de klaxonner ou de siffler, et gardez constamment le moteur au même niveau sonore.
  • Ne poursuivez pas les oiseaux marins ou les oiseaux aquatiques qui nagent à la surface de l’eau et évitez les grandes concentrations d’oiseaux sur l’eau.
  • Dans la mesure du possible, rendez-vous à ces endroits seulement en utilisant des navires de croisière certifiés ou en compagnie de guides accrédités.
  • Ancrez les gros navires, comme les navires de croisière, à au moins 500 mètres des îlots de nidification, et approchez de ces îlots seulement avec de plus petits navires, au maximum à 300 mètres. Si vous avez besoin d'un accès plus rapproché, veuillez communiquer ave le bureau régional du Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada.
  • Ne déversez pas de pétrole ni de déchets à la mer.
    • Même une petite quantité de pétrole peut tuer des oiseaux ou d’autres organismes marins, et les habitats peuvent prendre des années à se rétablir.
    • De plus, les lignes de pêche, tout contenant en métal, les bouteilles en plastique et les autres déchets en plastique peuvent blesser ou tuer les oiseaux.

Dans les airs :

  • Puisque les aéronefs peuvent perturber de façon importante les colonies d’oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques, et que le risque de collision avec les oiseaux en vol est important, les hélicoptères et les autres aéronefs devraient rester bien à l’écart des colonies de nidification.
  • Veuillez communiquer avec le bureau régional du Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada associé au lieu du survol pour obtenir des directives sur les altitudes de vol et les distances horizontales qui permettent de déranger au minimum les colonies d'oiseaux.
  • Les aires protégées telles que les refuges d'oiseaux migrateurs et les réserves nationales de faune peuvent avoir des restrictions supplémentaires en ce qui concerne les altitudes de vol. Les pilotes doivent communiquer avec leur bureau régional du Service canadien de la faune pour connaître ces restrictions.

Pour obtenir de plus amples renseignements :

Pour obtenir plus de renseignements sur les oiseaux marins ou les oiseaux aquatiques vivant en colonie et leurs habitats, les lignes directrices, les restrictions et les exigences en matière de permis concernant la fréquentation des colonies, et pour obtenir des renseignements relatifs à la manière des les observer sans les mettre en péril, veuillez communiquer avec le bureau du Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada de votre région.

Haut de la page

Date de modification :