La situation des populations d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada : Novembre 2015

Pour obtenir une copie de la version complète du rapport de 2015 sur la Situation des populations d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada, veuillez contacter ec.scf-oismiggibiers-cws-miggamebirds.ec@canada.ca

Veuillez noter que le Service canadien de la faune publiera désormais le rapport sur la Situation des populations d’oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada (i.e. le rapport de novembre) à tous les deux ans; ainsi, la prochaine édition sera publiée en janvier 2018. Les données sur l’état des populations de sauvagine continueront d’être obtenues, compilées et analysées annuellement pour s’assurer de la viabilité à long terme des populations d'oiseaux considérés comme gibier.

Situation des populations d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada (PDF, 6.71 Mo)

Novembre 2015

- Sommaires -

Service canadien de la faune
Comité sur la sauvagine

Rapport du Service canadien de la faune sur la réglementation concernant les
oiseaux migrateurs numéro 45
Tourterelles tristes, met en vedette la Tourterelle triste
2012 Canadian Wildlife Habitat Conservation Stamp
Le Timbre sur la conservation des habitats fauniques du Canada, intitulé Resplendissantes - Tourterelles tristes
© Une œuvre du peintre animalier canadien W. Allan Hancock de Salt Spring Island en Colombie-Britannique.

 

Table des matières

Page couverture :

Par l'intermédiaire d'un partenariat avec Environnement et Changement climatique Canada, Habitat faunique Canada reçoit les recettes provenant de la vente du Timbre sur la conservation des habitats fauniques du Canada, lequel est acheté principalement par les chasseurs de sauvagine pour valider leur permis de chasse aux oiseaux migrateurs considérés comme gibier. Le Timbre sur la conservation est aussi vendu aux collectionneurs de timbres et de lithographies, ainsi qu'à toutes les personnes qui désirent contribuer à la conservation des habitats. En 2014-2015, Habitat faunique Canada a octroyé 43 subventions totalisant environ 1,5 million de dollars. Cela a permis en retour de recueillir des fonds supplémentaires de 8,6 millions de dollars auprès de partenaires pour ces projets, et d'assurer ainsi la conservation, la restauration et l'amélioration de près de 52 000 acres d'habitat faunique dans l'ensemble du Canada.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur Habitat faunique Canada ou sur le programme Timbre et lithographie sur la conservation des habitats fauniques, veuillez communiquer avec Habitat faunique Canada au 613 722-2090 (dans la région d'Ottawa) ou sans frais au 1-800-669-7919, ou consulter le site : Habitat faunique Canada.


Contexte

Environnement Canada est responsable de la conservation des oiseaux migrateurs et de la gestion de la chasse durable aux oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada. Les règlements de chasse aux oiseaux migrateurs considérés comme gibier sont révisés tous les deux ans par Environnement Canada, avec l'apport des provinces et des territoires ainsi que d'autres parties intéressées.

La situation des populations d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier est évaluée sur une base annuelle de manière à assurer des règlements de chasse appropriés. Le Service canadien de la faune d'Environnement Canada produit donc le rapport intitulé Situation des populations d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada. Ce rapport contient de l'information sur les populations et autres données de nature biologique sur les oiseaux migrateurs considérés comme gibier. Le Service canadien de la faune soutient divers inventaires visant à suivre l'état des populations d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier dans leurs aires de reproduction, d'hivernage, de repos et de mue. Les programmes de suivi incluent les inventaires des populations nicheuses de sauvagine permettant d'estimer la taille des populations et leur productivité, et les enquêtes sur les prises permettant d'estimer les taux des prises et d'évaluer l'impact des règlements de chasse sur les populations. Les données issues de ces programmes de suivi sont utilisées dans ce rapport de manière à évaluer la situation des oiseaux migrateurs au Canada et constituent une base scientifique pour la gestion de la sauvagine et pour la mise en place de règlements de chasse durable. Cette information permet de s'assurer que la chasse ne met pas en péril les populations de sauvagine chassées. La situation des oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada est résumée ci-dessous.

Pour obtenir une copie de la version complète du rapport de 2015 sur la Situation des populations d'oiseaux migrateurs considérés comme gibier au Canada, veuillez contacter ec.scf-oismiggibiers-cws-miggamebirds.ec@canada.ca

Sommaires

Arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus)

Jusque dans les années 1990, l'écologie de l'Arlequin plongeur était peu connue en Amérique du Nord. Cependant, des activités de recherche ont amélioré les connaissances sur l'espèce, notamment en ce qui concerne sa répartition et les menaces pesant sur elle. Aux fins de gestion, l'Arlequin plongeur se divise en deux populations distinctes en Amérique du Nord : la population de l'Ouest, présente le long de la côte du Pacifique, et la population de l'Est, dont les effectifs sont bien plus réduits. La population de l'Ouest semble stable, et on estime qu'elle compte entre 150 000 et 250 000 individus. Elle fait l'objet de chasses, mais est sujette à une réglementation stricte-probablement moins de 1 000 Arlequins plongeurs sont chassés tous les ans au Canada. La population de l'Est a connu une baisse dans les années 1980, sans doute à cause d'une chasse excessive. En 2003, la population de l'Est a été inscrite comme espèce « préoccupante » en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada. La population a augmenté, atteignant environ 6 800 individus au milieu des années 2000, en partie grâce à l'interdiction de la chasse de cette espèce dans l'est du Canada depuis 1990.

Bécasse d'Amérique (Scolopax minor)

Il existe deux populations distinctes de Bécasses d'Amérique : la population du Centre, dont les individus se reproduisent au Manitoba et en Ontario, et la population de l'Est, qui compte des oiseaux se reproduisant au Québec et dans les Provinces maritimes. Les deux populations semblent avoir connu une baisse modérée de leurs effectifs par rapport au niveau du début des années 1970. L'une des raisons possibles de ce déclin est la perte d'habitats d'hivernage et de reproduction convenables (en début de succession). La Bécasse d'Amérique est un oiseau migrateur gibier populaire au Canada, et encore plus aux États-Unis. Cependant, le nombre de prises a diminué au Canada et aux États-Unis depuis les années 1970, et cette tendance s'est prolongée au cours de la dernière décennie, et plus particulièrement aux États-Unis.

Bécassine de Wilson (Gallinago delicate)

La Bécassine de Wilson compte parmi les oiseaux de rivage les plus abondants et les plus répandus en Amérique du Nord. Cependant, en raison de sa nature discrète, il est difficile d'effectuer un suivi de sa population. Cette dernière semble néanmoins avoir légèrement augmenté depuis la fin des années 1960 et le début des années 1970. L'espèce est peu chassée au Canada et aux États-Unis, et le niveau de prises a diminué petit à petit dans les deux pays depuis la fin des années 1970. Il semble toutefois s'être stabilisé au cours des dix dernières années.

Bernache cravant (Branta bernicla)

Les Bernaches cravants se reproduisent dans l'Arctique. Il existe quatre populations distinctes de Bernaches cravants reconnues en Amérique du Nord : la population de Bernaches cravants de l'Atlantique, la population de Bernaches cravants de l'Est de l'Extrême-Arctique, la population de Bernaches cravants noires et la population de Bernaches cravants de l'Ouest de l'Extrême-Arctique. Des estimations récentes évaluent la taille de la population de l'Atlantique à environ 200 000 oiseaux. L'effectif de la population de l'Est de l'Extrême-Arctique est estimé à partir des décomptes réalisés dans les aires d'hivernage; l'estimation de 2013 était d'environ 35 000 oiseaux. La population de Bernaches cravants noires et la population de Bernaches cravants de l'Ouest de l'Extrême-Arctique sont estimées durant les relevés d'hiver, où il est difficile de distinguer les deux espèces, et donc d'estimer les effectifs de chaque espèce. La population de Bernaches cravants noires a augmenté au cours des dernières décennies, après une baisse constante qui a commencé au début des années 1960. Elle était estimée à environ 150 000 oiseaux en 2013. La population de Bernaches cravants de l'Ouest de l'Extrême-Arctique est restée stable depuis les années 1960 et a été estimée à environ 16 000 individus en 2013. Les prises de Bernaches cravants de l'Atlantique ont lieu principalement aux États-Unis, tandis que les prises combinées aux fins de subsistance de la Bernache cravant de l'Atlantique et de la Bernache cravant de l'Est de l'Extrême-Arctique ne représentent probablement que quelques milliers d'oiseaux chaque année au Canada. En Colombie-Britannique, la Bernache cravant noire et la Bernache cravant de l'Ouest de l'Extrême-Arctique font l'objet d'une chasse courte et tardive établie en 1977 et qui vise à réduire les prises dans la population locale de Bernaches cravants et d'accroître le nombre d'oiseaux qui hivernent dans la région.

Bernache de Hutchins (Branta hutchinsii)

En 2004, l'American Ornithologists' Union a distingué deux espèces de bernaches au sein d'une seule espèce que l'on appelait précédemment Bernache du Canada : la Bernache du Canada et la Bernache de Hutchins. Au Canada, la population de Bernaches de Hutchins du centre du continent inclut toutes les Bernaches de Hutchins qui nichent au nord de la limite forestière dans l'écozone de l'Arctique; ces bernaches migrent principalement par les Prairies et hivernent en majorité dans les voies migratoires du Centre et du Mississippi. Il est difficile d'obtenir des estimations concrètes de la population de cette espèce en raison de l'éloignement de son aire de reproduction. Toutefois, la taille de la population de Bernaches de Hutchins semble avoir doublé entre les années 1970 et les années 2010. Les niveaux de prises de cette espèce sont élevés et ont considérablement varié d'une année à l'autre depuis le début du XXIe siècle.

Bernache du Canada (Branta canadensis)

Les Bernaches du Canada sont regroupées en différentes populations aux fins de gestion, en fonction de leurs aires de reproduction et d'hivernage. Les populations qui se reproduisent dans les régions subarctiques sont relativement stables depuis le début des années 2000, à l'exception des populations du sud de la baie James et de la vallée du Mississippi. Cependant, les populations qui se reproduisent dans les régions tempérées ont augmenté très rapidement, au point qu'elles engendrent des conflits avec l'homme, causent des dommages aux récoltes agricoles et peuvent représenter un danger dans certains endroits (p. ex. aéroports). Afin d'atténuer ces problèmes, la chasse à la Bernache du Canada qui se reproduit dans les régions tempérées a été graduellement libéralisée ces 30 dernières années. D'autres pratiques de gestion, telles que le secouement des œufs, la prévention de la nidification et l'aménagement des paysages, viennent compléter la libéralisation des prises. Au Canada, les prises de Bernaches du Canada sont en augmentation constante depuis les années 1970.

Canard branchu (Aix sponsa)

Le Canard branchu est une espèce discrète qui niche dans les cavités des arbres et que l'on trouve habituellement dans les marécages, les marais et les habitats riverains au Canada. Il se reproduit principalement dans les provinces de l'est, notamment en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick. Dans l'ouest, la population en âge de se reproduire est faible et dispersée, son aire de répartition s'étendant du sud de la Colombie-Britannique à l'extrême sud-ouest de l'Alberta. Menacées d'extinction par le passé, les populations de Canards branchus sont à présent stables ou en augmentation au Canada. Du fait du rétablissement de sa population, le Canard branchu est actuellement la deuxième espèce de canard la plus abondante en Ontario et au Québec. Le Canard branchu est une espèce recherchée par les chasseurs au Canada, et 68 000 individus en moyenne ont été pris chaque année au Canada au cours des dix dernières années. Les niveaux de prises ont diminué par rapport aux niveaux des années 1970 et 1980, mais se sont stabilisés au cours des dix dernières années.

Canard chipeau (Anas strepera)

Le Canard chipeau est une espèce commune au Canada, et son aire de reproduction principale se trouve dans les Prairies. La population a augmenté de façon exceptionnelle dans la majeure partie de l'aire de reproduction de l'espèce après une période de sécheresse prolongée dans les années 1980. Elle a doublé depuis les années 1990, principalement en raison de l'amélioration de la qualité des terres humides. Les prises ont été relativement stables ces 30 dernières années, malgré l'augmentation de la population. Au Canada, la grande majorité des prises de Canards chipeaux a lieu dans les provinces des Prairies, et le nombre de prises est minime par rapport aux prises réalisées aux États-Unis.

Canard colvert (Anas platyrhynchos)

Le Canard colvert est l'espèce de canard barboteur la plus abondante au Canada et celle dont l'aire de répartition est la plus vaste au pays. Les provinces des Prairies accueillent le plus grand nombre de Canards colverts. Depuis plusieurs décennies, l'aire de répartition du Canard colvert s'est étendue vers l'est, et l'espèce est maintenant bien établie au Nouveau-Brunswick. Toutefois, les Canards colverts demeurent rares à l'Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador. Leur population est demeurée relativement stable ou a augmenté depuis les périodes de sécheresse des années 1980. Le taux de prises de Canards colverts a diminué dans les années 1970 et 1980, mais s'est stabilisé depuis. L'espèce reste cependant l'espèce de canard la plus chassée au pays.

Canard d'Amérique (Anas americana)

L'aire de reproduction du Canard d'Amérique est centralisée dans l'ouest du Canada. Après avoir connu d'importantes baisses dans les années 1980 en raison notamment de périodes de sécheresse prolongées, les effectifs du Canard d'Amérique montrent une tendance à la hausse dans la majeure partie de son aire de répartition, en particulier dans les Prairies canadiennes et la forêt boréale de l'ouest du pays. Ailleurs, où l'espèce est moins abondante, la population est demeurée relativement stable ou a légèrement diminué. Les prises de cette espèce au Canada sont restées plutôt stables depuis les années 1980.

Canard noir (Anas rubripes)

Le Canard noir niche principalement dans l'est de l'Amérique du Nord. Il a toujours été l'une des espèces de canard les plus abondantes dans la région, mais sa population a diminué depuis le milieu du siècle dernier. On croit que ce déclin pourrait s'expliquer par les modifications apportées à son habitat de reproduction et d'hivernage, la chasse excessive et les interactions (compétitions et hybridation) avec le Canard colvert. La population de Canards noirs s'est stabilisée depuis les années 1990. Les prises de Canards noirs ont peu évolué au Canada depuis l'an 2000, et le Canard noir reste l'une des espèces de sauvagine les plus recherchées par les chasseurs au Canada et aux États-Unis.

Canard pilet (Anas acuta)

Le Canard pilet est l'une des espèces de sauvagine les plus abondantes au Canada. Il est présent dans tout le pays, et le cœur de son aire de reproduction se situe dans la région des cuvettes des Prairies de l'ouest canadien. Les estimations annuelles du succès de nidification et de la productivité sont étroitement liées aux quantités de précipitations dans les Prairies : des périodes de sécheresse prolongée ont entraîné un déclin catastrophique de la population. Depuis 1990, la population augmente lentement, mais n'est pas encore totalement rétablie. Les prises de Canards pilets sont demeurées relativement stables depuis 1990 au Canada.

Canard souchet (Anas clypeata)

Au Canada, l'aire de reproduction principale du Canard souchet se trouve dans la région des cuvettes des Prairies et dans les forêts-parcs de la Saskatchewan, de l'Alberta et du Manitoba. La population continentale montre des signes de croissance importante depuis les années 1990, après une période de sécheresse dans les Prairies dans les années 1980. Malgré une augmentation de la population, les prises de Canards souchets sont demeurées relativement stables au Canada.

Cygne siffleur (Cygnus columbianus)

Le Cygne siffleur est le plus abondant et le plus répandu des deux espèces de cygnes indigènes en Amérique du Nord (le Cygne tuberculé étant une espèce introduite). Le Cygne siffleur est classé en deux populations distinctes aux fins de gestion, c'est-à-dire la population de l'Est et la population de l'Ouest, définies principalement à partir du lieu de leurs sites d'hivernage principaux, situés le long des côtes de l'Atlantique et du Pacifique. La population de l'Est semble avoir augmenté légèrement au cours des dix dernières années, tandis que la population de l'Ouest semble stable. La population de l'Est a été par le passé légèrement plus importante que la population de l'Ouest : leurs effectifs ont été en moyenne de 100 000 et de 85 000 individus, respectivement, au cours des dix dernières années. La chasse au Cygne siffleur est légale et réglementée de façon très stricte aux États-Unis, et elle est interdite au Canada.

Cygne trompette (Cygnus buccinator)

Il existe trois populations de Cygnes trompettes en Amérique du Nord : la population de la côte du Pacifique, la population des Rocheuses et la population de l'Intérieur. La population de la côte du Pacifique se reproduit principalement en Alaska, mais également au Yukon et dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique. La population des Rocheuses se reproduit principalement en Alberta, dans l'ouest de la Saskatchewan, dans le sud du Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest. La population de l'Intérieur se reproduit principalement en Ontario, mais un faible nombre d'individus s'est établi dans l'est de la Saskatchewan et au Manitoba. Les trois populations ont atteint ou dépassé leurs objectifs de population et sont en augmentation. Par conséquent, la plupart des programmes de réintroduction des cygnes, qui avaient été mis en œuvre dans le but de rétablir la population de l'espèce après qu'elle eut atteint un effectif très faible dans les années 1930, ont été interrompus. La chasse au Cygne trompette est interdite au Canada et aux États-Unis.

Eider à duvet (Somateria mollissima)

On retrouve l'Eider à duvet dans les habitats marins des régions côtières arctiques et subarctiques, et l'espèce présente une distribution circumpolaire qui couvre la Russie, l'Alaska, le Canada et le Groenland. L'espèce passe la totalité de son cycle vital dans un environnement marin; elle niche en grandes colonies, principalement sur des îles marines, et forme de grands groupes près des côtes en dehors de la saison de reproduction. Dans l'ensemble de l'aire de répartition mondiale, on compte quatre sous-espèces d'Eider à duvet. Pour l'Eider à duvet tout comme pour la plupart des autres espèces de canards de mer, l'éloignement des aires de reproduction et d'hivernage et l'absence d'inventaires réguliers des populations font en sorte que les données sur ces oiseaux sont en général peu fiables (estimations des effectifs et tendances des populations). Au Canada, l'Eider à duvet est chassé par les Autochtones aux fins de subsistance (adultes et œufs). Il est aussi chassé à des fins récréatives, et son duvet est récupéré à des fins commerciales. Dans certaines régions, les données indiquent que la chasse doit faire l'objet d'un suivi méticuleux pour s'assurer qu'elle reste une activité durable. Les prises de cette espèce au Canada ont considérablement varié depuis les années 1990, bien que l'on constate une diminution graduelle générale du taux de prises.

Eider à tête grise (Somateria spectabilis)

L'aire de répartition de l'Eider à tête grise est circumpolaire. L'espèce fait partie des canards de mer qui nichent le plus au nord. Il existe deux populations d'Eiders à tête grise : la population de l'Ouest de l'Arctique et la population de l'Est de l'Arctique. D'après des données limitées, les deux populations semblent être stables localement ou en déclin dans certains secteurs. L'Eider à tête grise est chassé par les Autochtones à des fins de subsistance au Canada, en Alaska et en Russie, ce qui représente la majorité des prises de l'espèce. Peu de données existent sur les tendances des populations et les prises par la chasse.

Érismature rousse (Oxyura jamaicensis)

L'Érismature rousse n'est pas une espèce abondante au Canada. Environ 86 % de sa population en âge de se reproduire se trouve dans la région des cuvettes des Prairies du Canada. Les effectifs de l'Érismature rousse sont stables ou en augmentation dans la majeure partie de son aire de reproduction en Amérique du Nord. Au Canada, l'espèce ne constitue pas une importante espèce d'oiseau gibier. Le nombre d'oiseaux chassés a été d'environ 1 500 individus au cours des dix dernières années.

Foulque d'Amérique (Fulica americana)

L'aire de reproduction de la Foulque d'Amérique s'étend de la Colombie-Britannique à l'Ontario, et l'on retrouve l'espèce en forte densité dans les provinces des Prairies. On estime qu'au début du XXe siècle, la disparition de milieux humides et la chasse excessive ont entraîné un important déclin de la population. Cette dernière s'est cependant rétablie depuis, et la tendance actuelle est à la hausse. Au Canada, la chasse à la Foulque d'Amérique a diminué au fil des ans, contrairement aux États-Unis, où les prises sont restées relativement constantes.

Fuligule à collier (Aythya collaris)

Le Fuligule à collier est un canard plongeur commun qui niche dans l'ensemble de la forêt boréale du Canada. Son aire de répartition s'étend du sud du Yukon jusqu'à Terre-Neuve. Sa population augmente de manière constante dans les provinces des Prairies depuis les années 1990, alors qu'elle demeure stable dans l'est du Canada. Bien que la chasse au Fuligule à collier ait diminué au cours des 20 dernières années au Canada, l'espèce demeure recherchée par les chasseurs. Notons qu'une partie bien plus importante de la population est chassée aux États-Unis.

Fuligule à dos blanc (Aythya valisineria)

Le Fuligule à dos blanc se reproduit principalement dans les provinces des Prairies, mais l'aire de répartition de l'espèce s'étend jusqu'aux prairies des États-Unis au sud et jusqu'aux Territoires du Nord-Ouest au nord. Bien que le Fuligule à dos blanc reste l'une des espèces de sauvagine les moins abondantes au Canada, sa population est en hausse depuis le début des années 1990. Les fluctuations interannuelles de la population s'expliquent en grande partie par les changements annuels des niveaux d'eau, qui ont une incidence sur le nombre d'habitats de reproduction des terres humides dans les Prairies. Depuis 2001, la plupart des prises de Fuligules à dos blanc ont été faites dans les provinces des Prairies, mais les prises en Ontario représentent historiquement la moitié des prises de l'espèce au Canada.

Fuligule à tête rouge (Aythya americana)

Le Fuligule à tête rouge se reproduit exclusivement en Amérique du Nord, principalement dans la région des cuvettes des Prairies du Canada et aux États-Unis. La population continentale est à la hausse et s'est très bien remise de la période de sécheresse des années 1980. La grande majorité des prises s'effectue aux États-Unis, où les niveaux de prises sont en augmentation depuis les années 1970. Au Canada, les niveaux de prises sont faibles par rapport à ceux d'autres espèces de canards, et ont atteint en moyenne environ 23 000 individus par an au cours des dix dernières années.

Fuligule milouinan (Aythya marila) et Petit fuligule (Aythya affinis)

Deux espèces de fuligules sont présentes en Amérique du Nord : le Fuligule milouinan et le Petit Fuligule. Ces deux espèces étroitement liées sont pratiquement d'apparence identique, ce qui peut les rendre difficiles à distinguer. En Amérique du Nord, la conservation des populations de Fuligules milouinans et de Petits Fuligules en âge de se reproduire est devenue un sujet de préoccupation à la suite des baisses d'effectifs par rapport aux niveaux historiques élevés observés dans les années 1970. Les populations ne sont pas encore totalement rétablies, et des recherches sont en cours pour en comprendre la cause.

Le Fuligule milouinan est la plus grande des deux espèces, et il s'agit du seul canard plongeur dont la répartition est circumpolaire. En Amérique du Nord, il est largement présent dans l'ensemble des régions arctiques et subarctiques. Le Petit Fuligule est la plus petite des deux espèces. Il s'agit du canard plongeur le plus abondant et le plus répandu en Amérique du Nord. Il se reproduit principalement dans la forêt boréale de l'ouest et dans les régions des forêts-parcs des Prairies, mais il niche également dans l'est du pays, à des densités plus faibles.

Le Petit Fuligule représente une proportion plus importante de la population combinée de Fuligules milouinans et de Petits Fuligules. Il s'agit également de l'espèce la plus chassée des deux, à hauteur de deux tiers des prises combinées au Canada. Les prises de Fuligules milouinans et de Petits Fuligules au Canada ont considérablement diminué depuis les années 1970 et semblent s'être stabilisées sous le seuil annuel de 50 000 individus depuis 2000.

Gallinule d'Amérique (Gallinula galeata)

La Gallinule d'Amérique est un oiseau des marais discret que l'on trouve principalement dans le sud de l'Ontario et le sud-ouest du Québec. On trouve également quelques individus dans l'est du Nouveau-Brunswick et dans l'ouest de la Nouvelle-Écosse. On ne possède pas d'estimation de la population pour l'ensemble du Canada, mais les données pour l'Ontario indiquent un important déclin. Ainsi, en 2012, le Service canadien de la faune (région de l'Ontario), en partenariat avec le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario, a lancé un projet pilote de baguage de la gallinule dans la province. L'espèce a été classée comme espèce prioritaire en Ontario, dans le but de résorber le déclin de sa population. Aucune estimation annuelle des prises de Gallinules d'Amérique n'est disponible au Canada, mais le nombre de prises est vraisemblablement faible.

Garrot à œil d'or (Bucephala clangula)

En Amérique du Nord, le Garrot à œil d'or niche dans les cavités d'arbres de la forêt boréale au Canada et en Alaska. Au cours des vingt dernières années, les effectifs de la population de l'Ouest du Canada sont restés stables ou ont présenté une tendance à la baisse, alors qu'une hausse constante avait été observée entre les années 1960 et 1990. Pendant la même période, la tendance de la population de l'Est du Canada est demeurée stable. Les prises de Garrots à œil d'or ont diminué depuis la fin des années 1980, et sont pour la plupart réalisées dans l'est du Canada.

Garrot d'Islande (Bucephala islandica)

Au Canada, on trouve deux populations de Garrots d'Islande géographiquement isolées : une petite population dans l'est du pays et une population bien plus importante à l'ouest. La population de l'Est a été inscrite, en 2003, comme « espèce préoccupante » en vertu de la Loi sur les espèces en péril . Par conséquent, la limite maximale de prises a été restreinte à un individu par jour, tel qu'il est recommandé dans le plan de gestion de l'espèce. La population de l'Ouest est restée stable au cours des 20 dernières années. Il n'est pas possible d'estimer précisément les prises de Garrots d'Islande au Canada en raison de la répartition localisée de l'espèce et du faible nombre de chasseurs échantillonnés par l'Enquête nationale sur les prises dans la région où se retrouve la population de l'Est.

Grand Harle (Mergus merganser)

Le Grand Harle est la plus grande des trois espèces de harles d'Amérique du Nord. Il se reproduit dans l'ensemble du Canada, partout où les arbres sont assez gros pour offrir des cavités de nidification. Les effectifs et les tendances de la population de Grands Harles ne sont pas connus avec précision, puisque bon nombre de relevés aériens ne permettent pas de distinguer le Grand Harle du Harle huppé, dont les aires de reproduction se chevauchent grandement. Une partie importante de l'aire de reproduction du Grand Harle, à savoir la forêt boréale, n'est pas couverte par les relevés. Toutefois, les trois espèces peuvent être identifiées précisément lors des relevés par parcelles effectués par hélicoptère, comme ceux qui sont menés dans l'est du Canada. La population de l'est du Canada semble stable depuis 2000. Il s'agit d'une tendance constante depuis le début des relevés, dans les années 1990. Dans l'ensemble, l'espèce n'est pas beaucoup prise pour cible par les chasseurs. Les prises de Grands Harles ont diminué depuis la fin des années 1980, et sont pour la plupart réalisées dans l'est du Canada.

Grande Oie des neiges (Chen caerulescens atlantica)

La Grande Oie des neiges se reproduit dans l'est de l'Extrême-Arctique du Canada. La plus importante colonie nicheuse se trouve sur l'île Bylot, au Nunavut. Pendant la migration, la totalité de la population fait une halte dans les marais et les terres agricoles du sud du Québec, et une petite partie de la population a commencé récemment à migrer vers l'est de l'Ontario et le nord du Nouveau-Brunswick. La population de Grandes Oies des neiges a connu une augmentation exceptionnelle, passant de quelques milliers d'individus dans les années 1930 à un million d'individus en 1999. La Grande Oie des neiges a été désignée « espèce surabondante » et fait l'objet de mesures de conservation spéciales visant à contrôler la taille de sa population. En fait, les règlements de chasse ont été libéralisés, et une saison spéciale de conservation au printemps a été ouverte au Québec en 1998, et étendue au sud-est de l'Ontario en 2012. Depuis la mise en place de mesures de conservation spéciales, la population est demeurée relativement stable, se situant entre environ 700 000 et un million d'individus par an. Les prises de Grandes Oies des neiges ont augmenté depuis la fin des années 1980 et ont plus que doublé depuis l'adoption de mesures spéciales de conservation au Canada et aux États-Unis.

Grue du Canada (Grus canadensis)

Deux populations de Grues du Canada se reproduisent au Canada, soit la population du centre du continent et la population de l'Est. La population du centre du continent, la plus abondante des deux, est présente dans tout le Canada, de l'est de la Colombie-Britannique à l'ouest de l'Ontario, jusque dans le sud des Prairies et le nord du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest. Ses effectifs sont stables et supérieurs à l'objectif du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine. La population de l'Est, quant à elle, niche dans l'est de l'Ontario, autour des Grands Lacs, aussi loin au nord que la baie James, ainsi que dans l'ouest du Québec. Ses effectifs affichent une tendance à la hausse à long terme et sont supérieurs à l'objectif fixé. Au Canada, la chasse de cette espèce est autorisée uniquement au Manitoba, en Saskatchewan et au Yukon. Le nombre de prises varie, mais augmente légèrement au fil des ans.

Guillemots

Il existe deux espèces de guillemots :

  • le Guillemot marmette(Uria aalge) et
  • le Guillemot de Brünnich (Uria lomvia).

Au Canada, les deux espèces sont plus abondantes sur la côte de l'Atlantique, un faible nombre de Guillemots marmettes se reproduisant également en Colombie-Britannique et un faible nombre de Guillemots de Brünnich se reproduisant dans l'ouest de l'Arctique. Les effectifs des deux espèces ont été considérablement réduits au siècle dernier en raison des dérangements causés par l'homme, de la chasse excessive, de la pollution par les hydrocarbures et, probablement, du développement de la pêche commerciale. Les guillemots sont chassés par les résidents de Terre-Neuve-et-Labrador ainsi que par les peuples autochtones. Les résidents de Terre-Neuve ont obtenu les droits de chasse au guillemot peu après l'entrée de la province dans la Confédération, en 1949. Les niveaux de prises ont diminué de façon importante à la suite de la mise en œuvre de règlements sur la chasse en 1994, mais ils ont augmenté considérablement depuis.

Harelde kakawi (Clangula hyemalis)

L'aire de répartition du Harelde kakawi est circumpolaire et, en Amérique du Nord, les couples se reproduisent à de faibles densités dans les régions arctiques et subarctiques éloignées. La majeure partie de l'année, les oiseaux vivent principalement dans les eaux marines côtières, souvent loin au large. En dépit de signes de déclin à long terme, le Harelde kakawi demeure le canard de mer de l'Arctique le plus abondant en Amérique du Nord. Sa population semble relativement stable depuis le début des années 1990. Le Harelde kakawi n'est pas une espèce couramment recherchée par les chasseurs sportifs au Canada, en raison notamment de son goût fort. On pense toutefois qu'il s'agit d'une espèce importante pour la chasse de subsistance des Autochtones.

Harle couronné (Lophodytes cucullatus)

Le Harle couronné est la plus petite des trois espèces de harles et la seule que l'on ne trouve qu'en Amérique du Nord. Il se reproduit principalement dans l'est du Canada. Les plus grandes densités d'individus se retrouvent dans la région des Grands Lacs (dans le sud de l'Ontario) et au Québec. L'espèce est également présente dans le sud-est de la Saskatchewan, dans le sud du Manitoba, au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard. On pense qu'il s'agit de l'un des canards de mer les moins abondants au Canada, mais les effectifs et la situation de la population sont difficiles à déterminer avec précision en raison de la nature discrète de l'espèce, de son association avec les terres humides boisées et de son habitude de nicher dans les cavités des arbres. De plus, il est difficile de détecter le Harle couronné lors des relevés aériens à voilure fixe, et une partie importante de son aire de reproduction (la forêt boréale) n'est pas couverte par les relevés. Dans l'ensemble, cette espèce n'est pas beaucoup prise pour cible par les chasseurs. Le Harle couronné est la plus chassée des trois espèces de harles, et ses niveaux de prises au Canada ont légèrement diminué depuis les années 1970, atteignant environ 11 000 individus chassés par an au cours des dix dernières années.

Harle huppé (Mergus serrator)

L'aire de répartition du Harle huppé est vaste en Amérique du Nord. On sait que l'espèce se reproduit à des latitudes élevées pouvant atteindre 75° de latitude Nord. On pense qu'il s'agit de l'un des canards de mer les moins abondants au Canada, mais les effectifs et la situation de la population sont difficiles à déterminer avec précision en raison de la nature discrète de l'espèce, de l'éloignement de certaines parties de son aire de reproduction et de son habitude de nicher dans les cavités des arbres. Les tendances à court et à long terme des populations de l'espèce semblent être à la hausse. Dans l'ensemble, les harles ne font pas l'objet d'une chasse intensive, et le Harle huppé est la moins chassée des trois espèces de harles.

Macreuses

Les trois espèces de macreuses qui se reproduisent au Canada sont :

  • la Macreuse noire (Melanitta americana),
  • la Macreuse à front blanc (M. perspicillata) et
  • la Macreuse brune (M. fusca).

Les données sur les macreuses sont moins nombreuses que celles concernant tout autre groupe de canards de mer, mais, des trois espèces, c'est la Macreuse brune qui est la mieux connue. Les études des dernières années ont permis de mieux comprendre l'écologie des macreuses au cours des périodes de reproduction, de mue et d'hivernage. Il n'existe actuellement aucun relevé fournissant de bonnes estimations de la taille et des tendances des populations. On sait que les populations des trois espèces de macreuses présentes dans l'ouest du Canada sont demeurées stables au cours des 20 dernières années, et qu'elles ont diminué par rapport aux effectifs des années 1960. Des données supplémentaires sont nécessaires pour mieux évaluer l'état des populations de macreuses au Canada. Dans l'ensemble, les macreuses ne font pas l'objet d'une chasse importante, et leurs niveaux de prises ont été en moyenne inférieurs à 7 000 individus par an au cours des dix dernières années.

Oie de Ross (Chen rossii)

La grande majorité des Oies de Ross se reproduisent dans la région de la baie de la Reine-Maud, dans le centre de l'Arctique canadien. Toutefois, de plus en plus d'individus se reproduisent le long de la côte ouest de la baie d'Hudson. Bien que l'Oie de Ross fût considérée comme une espèce rare au début du siècle dernier, sa population n'a pas cessé d'augmenter depuis le milieu des années 1990. La population s'est accrue au cours des dix dernières années, et on estime qu'elle compte actuellement 2,7 millions d'individus. L'Oie de Ross a été désignée « espèce surabondante » et fait l'objet de mesures de conservation spéciales visant à contrôler la taille de sa population. Les prises d'Oies de Ross au Canada et aux États-Unis ont augmenté lentement des années 1960 aux années 1980, puis plus rapidement au cours des années 1990.

Oie rieuse (Anser albifrons)

L'aire de répartition de l'Oie rieuse est l'une des plus vastes de toutes les oies au monde. En Amérique du Nord, l'espèce se reproduit dans une grande partie de l'Arctique, de l'Alaska à la côte ouest de la baie d'Hudson. Les Oies rieuses qui se reproduisent au Canada appartiennent à la population du centre du continent. Les effectifs de la population ont considérablement augmenté depuis la fin des années 1980, et des estimations récentes laissent entendre que la taille de la population pourrait atteindre les 2,4 millions d'adultes. La plupart des Oies rieuses de la population du centre du continent migrent en passant par l'Alberta et la Saskatchewan à l'automne, où elles sont principalement chassées au Canada. L'ensemble des prises du Canada et des États-Unis a plus que doublé depuis les années 1970.

Petit garrot (Bucephala albeola)

Le Petit Garrot est le plus petit canard plongeur d'Amérique du Nord. Il niche dans les cavités des arbres. L'espèce est présente d'un océan à l'autre, mais elle est plus abondante dans l'ouest du Canada. Dans l'ensemble, la population continentale est en hausse depuis les années 1960. Depuis l'an 2000, les prises de Petits Garrots sont demeurées relativement stables au Canada, mais elles sont largement inférieures aux niveaux historiques des années 1970.

Petite Oie des neiges (Chen caerulescens caerulescens)

La Petite Oie des neiges niche en colonies allant de quelques centaines à un million d'oiseaux dans les zones côtières et intérieures de l'Arctique. On distingue trois populations de Petites Oies des neiges : la population du centre du continent, la population de l'Ouest de l'Arctique et la population de l'île Wrangel. Le nombre de Petites Oies des neiges du centre du continent a augmenté de façon exceptionnelle depuis les années 1970, passant de deux millions à plus de douze millions au cours des dix dernières années. Les populations sont demeurées stables au cours des dernières années. La Petite Oie des neiges du centre du continent a été désignée « espèce surabondante » et fait l'objet de mesures de conservation spéciales visant à contrôler la taille de sa population depuis 1999. En 2014, la population de l'Ouest de l'Arctique a également été désignée « espèce surabondante », et des mesures de conservation spéciales ont été prises en Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest pour contrôler la population. Au cours des dernières années, les prises de Petites Oies des neiges ont légèrement augmenté par rapport aux niveaux de prises des années 1970, même s'il semble y avoir eu une stabilisation au cours des dix dernières années, et ce, malgré la mise en œuvre de mesures de conservation spéciales.

Pigeon à queue barrée (Patagioenas fasciata)

Au Canada, on ne trouve le Pigeon à queue barrée que dans les habitats boisés de la côte du sud de la Colombie-Britannique. La population de l'espèce connaît un déclin important depuis les années 1970, lequel est en partie attribuable à une chasse excessive et à la perte d'habitat. Les prises ont été très limitées au Canada au cours des 20 dernières années, conformément au plan de gestion de l'espèce. Le Pigeon à queue barrée a été désigné « espèce préoccupante » et inscrit, en 2011, à la liste des espèces en péril en vertu de la Loi sur les espèces en péril .

Râles

Il y a quatre espèces de râles au Canada :

  • le Râle de Virginie (Rallus limicola),
  • le Râle jaune (Coturnicops noveboracensis),
  • le Râle élégant (R. elegans) et
  • la Marouette de Caroline (Porzana carolina).

Les râles sont des oiseaux de marais discrets qui se reproduisent et se reposent dans de nombreux milieux humides du Canada. La plupart du temps, ils se cachent dans une végétation dense et émergente, ce qui complique le suivi des populations et les activités de chasse. La population de Râles de Virginie de l'ensemble du Canada semble être en augmentation; la population de Marouettes de Caroline semble quant à elle stable. La chasse de ces deux espèces est autorisée en Ontario et au Yukon, mais elle semble peu importante. En revanche, les populations de Râles jaunes et de Râles élégants semblent en déclin. Le Râle jaune a été désigné « espèce préoccupante » en 2003 en vertu de la Loi sur les espèces en péril . Au cours de la même année, le Râle élégant, quant à lui, a été inscrit comme « espèce en voie de disparition ». Aucune de ces deux espèces, que ce soit le Râle jaune ou le Râle élégant, ne peut faire l'objet d'une chasse légale au Canada.

Sarcelle à ailes bleues (Anas discors)

La Sarcelle à ailes bleues se reproduit dans la majeure partie du Canada, et son aire de reproduction principale est située dans la région des cuvettes des Prairies. Sa population est en augmentation depuis le début des années 1990. Toutefois, le nombre de couples reproducteurs dans le sud de l'Ontario et du Québec a diminué lentement au cours des vingt dernières années et a connu une baisse bien plus importante entre le début des années 1970 et le milieu des années 1990. On estime que le développement agricole et la destruction de l'habitat de la Sarcelle dans l'est du Canada pourraient être à l'origine de ce déclin. Par conséquent, des règlements restrictifs ont été mis en œuvre au Québec, bien que les prises dans l'ensemble du Canada soient restées relativement stables depuis les années 1980. En général, le nombre de prises de Sarcelles à ailes bleues au Canada est moins élevé que celui des Sarcelles d'hiver.

Sarcelle d'hiver (Anas crecca)

La Sarcelle d'hiver est une espèce largement répandue et relativement abondante au Canada. Contrairement à de nombreux autres canards barboteurs, l'aire de reproduction principale de cette espèce ne se trouve pas dans la région des cuvettes des Prairies, mais dans la forêt boréale. Dans l'ouest du Canada, la population de Sarcelles d'hiver a augmenté constamment depuis le début des années 1990, alors que dans l'est, elle est demeurée relativement stable au cours de la même période. De toutes les espèces de canards, la Sarcelle d'hiver est l'espèce la plus chassée au Canada après le Canard colvert et le Canard noir, bien que le niveau de prises ait diminué graduellement depuis les années 1970, en particulier au cours des dix dernières années. La plupart des prises canadiennes ont lieu en Ontario et au Québec, et les prises au Canada ne représentent qu'une fraction des prises réalisées aux États-Unis.

Tourterelle triste (Zenaida macroura)

La Tourterelle triste est l'un des oiseaux migrateurs considéré comme gibier les plus communs et les plus chassés, du moins aux États-Unis, ainsi que l'une des espèces aviaires les plus abondantes et les plus répandues en Amérique du Nord. Elle niche souvent dans les milieux urbains et ruraux du sud du Canada. Dans l'est du pays, on retrouve les plus fortes densités de tourterelles nicheuses dans la région inférieure des Grands Lacs et dans la plaine du Saint-Laurent en Ontario et au Québec. Dans l'ouest, les plus fortes densités de tourterelles nicheuses sont observées dans la région des cuvettes des Prairies du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta. Un suivi de l'espèce est mené au Canada grâce au Relevé des oiseaux nicheurs, dont les résultats indiquent que la population a nettement augmenté depuis 1970, avant de se stabiliser au cours de la dernière décennie. Une saison de chasse à la Tourterelle triste a été ouverte en 2013 en Ontario, et environ 22 000 individus ont été pris en 2014. Une saison de chasse annuelle à la Tourterelle triste a lieu en Colombie-Britannique depuis 1960, mais les niveaux de prises ne représentent qu'une petite partie des niveaux historiques.

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