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Archives de 2011 - Répercussions et adaptation

Amstrup, S.C., E.T. DeWeaver, D.C. Douglass, B.G. Marcot, G.M. Durner, C.M. Bitz and D.A. Bailey. 2010. Greenhouse gas mitigation can reduce sea-ice loss and increase polar bear persistence. Nature, Vol 468, p. 955-958, doi: 10.1038/nature09653. See also: Derocher, A.E. 2010. Climate Change: The prospects for polar bears. Nature, Vol 468, p. 905-906.

 Une nouvelle étude fait ressortir le fait que le déclin des populations d'ours blancs prévu auparavant en fonction des projections de hausse des températures du globe ne serait pas inéluctable. On constate que les efforts déployés pour atténuer les gaz à effet de serre (GES) qui limitent la hausse de la température moyenne de l'air à la surface à moins de 2oC environ au-dessus de celle de l'ère préindustrielle permettent d'accroître considérablement les probabilités de l'existence de populations d'ours blancs tout au long du siècle.

La détérioration de la santé et les déclins qui ont été observés dans la survie et la taille de la population des ours blancs ont été liés à la diminution de la couverture de glace marine estivale (une exigence fondamentale ayant trait à l'habitat des ours et devant permettre l'accès aux proies, l'accouplement et les déplacements) qui a, quant à elle, été associée à la hausse des températures de la surface du globe. Les projections de perte de glace marine arctique publiées en 2007 par le United States Geological Survey ont laissé entendre qu'en fonction d'un scénario modéré de « statu quo » en matière d'émissions de gaz à effet de serre (scénario SRES A1B du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), les deux tiers des ours blancs (polaires) du monde pourraient disparaître d'ici 2050. Selon les récentes tendances en matière d'émissions, il y aura peu de divergences avec les projections de 2007 sans le déploiement d’efforts d’atténuation. Amstrup et al. se sont servis du Community Climate System Model version 3 (CCSM3) afin d’étudier la possibilité de recourir à des efforts d'atténuation des gaz à effet de serre pour prévenir la perte de l'habitat de glace marine essentiel à la survie de l'ours blanc. Les auteurs ont également étudié la relation entre l'étendue de la glace marine et les hausses de température afin de déterminer de possibles « points de non-retour » (c.-à-d. un seuil à la perte irréversible de glace). Si de tels points critiques étaient dépassés, l'atténuation future des émissions de gaz à effet de serre n'avantagerait en rien les populations d'ours blancs. Des projections de caractéristiques importantes de l'habitat de l'ours blanc ont été faites en fonction des projections de température moyenne de l'air à la surface obtenues à partir de cinq scénarios d'émissions. Les auteurs ont recensé une relation linéaire entre la température moyenne de l'air à la surface et l'habitat de glace marine et ils n'ont trouvé aucune preuve de l'existence d'un seuil au-delà duquel la disparition de la glace marine est irréversible. Les auteurs laissent entendre que les pertes rapides de glace (tant dans les observations que dans les simulations) sont liées à la volatilité accrue associée à l'amincissement de la couverture de glace marine et qu'elles peuvent être inversées. Ils soulignent toutefois que leurs résultats sont fondés sur un seul modèle et que, dans la réalité, l'existence de points de non-retour est tout de même possible. Les auteurs concluent que les efforts d'atténuation (conjointement à des efforts de gestion des ressources fauniques) visant à maintenir la hausse de température moyenne de l'air à la surface à moins de 1,25 oC au-dessus de la moyenne enregistrée au cours de la période 1980-1999 devraient permettre de préserver suffisamment de glace marine pour maintenir, tout au long du siècle, les populations d’ours blancs à des niveaux durables, mais inférieurs à ceux d'aujourd'hui.


Beaumont, L.J., A. Pitman, S. Perkins, N.E. Zimmerman, N.G. Yoccoz and W. Thuiller. 2011. Impacts of climate change on the world’s most exceptional ecoregions. PNAS, Vol 108, pp 2306-2311, doi: 10.1073/pnas.1007217108.

Les simulations par modèles climatiques indiquent que, d’ici 2070, jusqu’à près de 80 % des écorégions terrestres et aquatiques les plus exceptionnelles du monde seront régulièrement assujetties à des températures mensuelles jugées extrêmes par rapport à la période de 1961 à 1990. Le réchauffement qui a eu lieu au XXe siècle a été lié aux changements touchant les systèmes biologiques à l’échelle de la planète; c’est pourquoi les changements prévus pourraient exercer une pression supplémentaire sur ces écorégions symboliques.

Le « Global 200 » est un ensemble d’écorégions terrestres et dulcicoles jugées irremplaçables ou distinctes en raison de leur diversité biologique et de leur caractère unique à l’échelle mondiale (entre autres). La protection de ces écorégions serait précieuse dans le cadre des efforts de conservation déployés dans le monde, mais la plupart d’entre elles sont menacées par la perte, la fragmentation et la dégradation de l’habitat. Beaumont et ses collègues ont examiné l’incidence que les changements climatiques prévus pourraient aussi avoir sur un sous‑ensemble de ces régions en explorant des variations de leur exposition aux précipitations mensuelles et aux extrêmes de températures (définis comme supérieurs à un écart‑type de ±2 par rapport à la moyenne de 1961-1990) simulés pour 2070. Les auteurs ont établi des ensembles de simulations par modèles climatiques au moyen de 23 modèles pour trois scénarios d’émissions (SRES B1, A1B et A2 du GIEC, à environ 200 simulations chacun). Les résultats indiquent que, d’ici 2030, de 12 à 22 % des écorégions les plus importantes du monde pourraient être exposées en totalité à des températures mensuelles extrêmes, tandis que de 38 à 39 % pourraient y être exposées en partie. D’ici 2070, ces nombres augmentent considérablement : de 60 à 86 % des écorégions terrestres et de 51 à 83 % des écorégions aquatiques devraient être exposées en totalité à des températures mensuelles extrêmes durant certaines parties de l’année. De façon générale, on pense que les écosystèmes des hautes latitudes pourraient être plus vulnérables au changement climatique, puisque les augmentations prévues de la température sont plus importantes dans ces régions. La plage de variabilité absolue de la température est toutefois plus faible dans les tropiques que dans les régions des hautes latitudes; c’est pourquoi une plus faible augmentation de la température absolue dans les tropiques peut être plus extrême en termes d’écart par rapport à la moyenne. Par conséquent, les auteurs ont constaté que des températures mensuelles extrêmes plus hâtives, accompagnées d’augmentations plus faibles de la température (réchauffement local inférieur à 1 °C dans certains cas), étaient prévues dans les écorégions tropicales et subtropicales et les mangroves. Par contre, les précipitations mensuelles prévues ne dépassent pas le seuil défini comme extrême (écarts‑types supérieurs à ±2 par rapport à la moyenne de 1961 à 1990) au cours du XXIe siècle, dans aucune des écorégions, selon les trois scénarios d’émissions (les auteurs constatent une forte variabilité entre les simulations). Cependant, les changements liés à d’autres propriétés des précipitations, comme les extrêmes quotidiens, et qui n’ont pas été visés par l’étude pourraient avoir une incidence sur ces écorégions. En fin de compte, la réaction des écosystèmes aux changements du climat résulte de bon nombre de facteurs, mais ces résultats indiquent que les changements des extrêmes de températures pourraient accroître la pression exercée sur certaines écorégions clés.


Biastoch, A., T. Treude, L.H. Rüpke, U. Riebesell, C. Roth, E.B. Burwicz, W. Park, M. Latif, C.W. Böning, G. Madec and K. Wallmann. 2011. Rising Artic Ocean temperatures cause gas hydrate destabilization and ocean acidification. GRL Vol 38, L08602.

 Une étude concernant la stabilité de l'hydrate de méthane de l'océan Arctique en cas de réchauffement climatique modéré montre que les conséquences d'une libération de méthane sur les températures moyennes à la surface du globe ne seraient pas très significatives au cours des 100 prochaines années. Cependant, le rejet de méthane dans l'eau au-dessus du plancher océanique pourrait localement appauvrir le niveau d'oxygène et accentuer considérablement l'acidification de l'eau de mer dans certaines parties de l'océan Arctique au cours de cette période.

L'un des mécanismes pouvant résulter de changements climatiques abrupts est lié au rejet important et soudain de méthane provenant de l'hydrate de méthane gelé du plancher océanique. Celui qui se trouve dans les sédiments de l'océan Arctique situés à faible profondeur présente un intérêt particulier puisqu'on le pense plus sensible aux déstabilisations provoquées par un réchauffement important et de longue durée de l'Arctique. Cette étude, réalisée par Biastoch et ses collègues, évalue la stabilité, sous l'influence d'un futur réchauffement climatique, de l'hydrate de méthane du plancher océanique dans la région de l'Arctique. L'évolution des températures de l'eau de fond a été analysée dans un ensemble de huit expériences sur le réchauffement climatique sur 100 ans (augmentation de CO2 de 1 % par an jusqu'à ce qu'il double vers l'année 2070 puis se stabilise) à l'aide d'un modèle couplé climatique qui se sert du cadre de modélisation océan-glace NEMO v2.3. Les prévisions des changements de température de l'eau de fond de la région pour les 100 prochaines années annoncent une distribution fortement hétérogène. Les effets les plus importants concerneraient les zones peu profondes touchées par les eaux d'origine atlantique qui affluent des mers nordiques jusqu'à l'océan Arctique. Les chercheurs ont évalué les effets de ce réchauffement sur l'épaisseur de la zone de stabilité de l'hydrate de gaz située sous le plancher océanique et on a estimé le devenir du méthane rejeté. Ils ont démontré que le rejet de méthane dans la colonne d'eau cause localement un appauvrissement en oxygène et une diminution du pH jusqu'à 0,25 unité dans certaines parties des eaux de fond de l'océan Arctique, augmentant ainsi l'acidification prévue à l'échelle de l'océan provoquée par l'absorption of de CO2 anthropique. D'après leur estimation, les auteurs pensent que la quantité de méthane libéré qui atteint l'atmosphère, n'aura pas un effet significatif sur le réchauffement climatique. Ils prévoient que la fonte de l'hydrate de méthane arctique au cours des 100 prochaines années entraîne un dégagement de méthane océanique de seulement 162 Mt CH4 par an, quantité bien moindre que les émissions de méthane anthropiques actuelles. Sur une plus grande échelle de temps, il est plus probable que la libération de méthane aura davantage d'effets.


Coops, N.C. and R.H. Waring. 2011. A process-based approach to estimate lodgepole pine (Pinus contorta Dougl.) distribution in the Pacific Northwest under climate change. Climatic Change, Vol 105, pp 313-328, doi: 10.1007s10584-010-9861-2.

 Les prévisions de la répartition du pin tordu latifolié au XXIe siècle dans l’ouest de l’Amérique du Nord indiquent un déclin modéré (environ 8 %) d’ici 2020. D’ici les années 2080, cependant, les conditions climatiques devraient favoriser d’autres essences, et le pin tordu pourrait disparaître de la majeure partie de l’ouest de l’Amérique du Nord (il n’occuperait que 17 % de son aire de répartition actuelle).

Le pin tordu latifolié est largement répandu dans l’ouest de l’Amérique du Nord, et il joue un rôle clé dans les écosystèmes de l’ouest. Coops et Waring ont examiné la possible répartition future de cette essence d’importance commerciale dans le contexte du changement climatique. Ils ont d’abord élaboré un modèle des facteurs climatiques qui régissent en partie la photosynthèse et la croissance du pin tordu et qui, par conséquent, contribuent à son aire de répartition actuelle. Le modèle a été étalonné au moyen de données sur la présence ou l’absence d’essences d’arbres dans 12 600 parcelles au Canada et aux É.‑U. ainsi que de données sur le climat. Les facteurs de modification du climat les plus importants relevés par le modèle sont l’emmagasinement de l’eau dans le sol, la demande évaporative, la température et le gel; l’importance relative de chaque facteur de modification variait selon l’emplacement dans l’aire de répartition de l’espèce et selon le mois. Le modèle a permis de reproduire l’aire de répartition actuelle du pin tordu, avec une précision d’environ 70 %. Les prévisions du climat (notamment les variables jugées importantes pour la croissance) pour trois périodes de trente ans au cours du XXIe siècle ont été obtenues à partir du modèle du Centre climatologique canadien (CGCM2) pour le scénario A2 (proche de la limite supérieure des scénarios SRES du GIEC). Ces données ont été versées dans le modèle pour obtenir des estimations de l’aire de répartition future de l’espèce pour les périodes de trente ans centrées sur 2020 (de 2011 à 2040), 2050 (de 2041 à 2070) et 2080 (de 2071 à 2100). Les simulations indiquent que d’ici les années 2020, il y aura une réduction de 8 % de l’aire de répartition du pin tordu latifolié (soit environ 8 000 km2). D’ici les années 2080, on prévoit que l’aire totale convenant au pin tordu correspondra à 17 % seulement de l’aire de répartition actuelle de l’espèce (soit une superficie totale de 15 000 km2) et que celle‑ci risque de disparaître complètement de l’Oregon, de l’État de Washington et de l’Idaho. Les changements prévus de l’habitat propice à l’espèce s’expliquent par le réchauffement et l’assèchement de la région, qui empêcheront le pin tordu latifolié de concurrencer d’autres essences plus tolérantes aux sécheresses. L’étude ne tient pas compte de l’incidence des possibles changements en ce qui a trait aux perturbations comme les feux et les infestations d’insectes, susceptibles d’accompagner un climat plus chaud et plus sec.


Fung, F., A. Lopez and M. New. 2011. Water availability in a +2°C and +4°C worlds. Philosophical Transactions of the Royal Society A 369: 99-116.

Il est démontré que l'influence relative de l'accroissement de la population par rapport à celle des changements climatiques sur le stress hydrique change lorsque l'augmentation de la température mondiale passe de 2 °C à 4 °C. Lorsque le réchauffement est moins important, l'accroissement de la population est un facteur principal du stress hydrique, tandis que dans le cas d'un réchauffement plus important, les effets des changements climatiques sur le cycle de l'eau prédominent.

Une étude récente menée par des chercheurs du Royaume-Uni porte sur l'importance relative des changements de la population et des changements climatiques pour le stress hydrique dans les bassins hydrographiques du monde lorsque le réchauffement climatique ne dépasse pas 2 °C comparativement à un réchauffement d'environ 4 °C. Pour ce faire, ils utilisent les nombreuses simulations climatiques (pour le scénario d'émission A1B du Rapport spécial sur les scénarios d'émission) offertes par l'intermédiaire du projet ClimatePrediction.net et du projet d'intercomparaison des modèles couplés (phase 3). Les simulations qui montrent une hausse de la température moyenne mondiale durant au moins une saison de 2 °C et de 4 °C au-dessus de la température moyenne pour la période 1961-1990 à un moment donné au cours du XXIe siècle (ce qui correspond environ à 2,5 °C et à 4,5 °C au-dessus des températures préindustrielles) ont été utilisées pour alimenter un modèle hydrologique mondial (MacPDM). Un simple indice de stress hydrique indiquant les ressources en eau disponibles par habitant est utilisé pour cerner les régions soumises à des stress hydriques. Les projections concernant les populations étaient fondées sur des scénarios d'accroissement moyen provenant de la Division de la population des Nations Unies. Ils ont constaté que les changements dans l'écoulement annuel moyen lorsque la température mondiale augmente de 2 °C sont généralement plus considérables lorsque la température mondiale augmente de 4 °C; les zones sèches deviennent plus sèches et les zones humides deviennent plus humides. En ce qui concerne tous les bassins hydrographiques, à l'exception de la zone tropicale de l'Amazone, le cycle saisonnier des écoulements s'intensifie également, les saisons humides devenant plus humides et les saisons sèches devenant plus sèches. Parmi les 112 bassins hydrographiques de la planète, 71 % et 74 % d'eux connaissent un accroissement du stress hydrique lorsque la température mondiale augmente de 2 °C et de 4 °C, respectivement. En général, l'étendue spatiale et l'ampleur du stress sont plus élevées pour la région perturbée lorsque la température mondiale augmente de 4 °C. Le consensus global sur les projections du stress hydrique était plus fort que celui sur les changements dans l'écoulement annuel moyen, ce qui laisse entendre que pour la majorité des bassins hydrographiques, l'orientation du changement dans l'indice de stress hydrique dépend grandement des projections concernant les populations dans le bassin hydrographique. L'accord global est que le stress hydrique augmentera dans tous les bassins hydrographiques en Afrique, en Inde, dans l'est des États-Unis et en Europe. Cependant, lorsque l'augmentation de la température mondiale passe de 2 °C à 4 °C, il se peut qu'un petit nombre (mais un nombre croissant) de bassins connaissent un stress hydrique plus faible, reflétant les régions où l'accroissement de la disponibilité en eau a été plus grand que celui de la population. Pour quelques bassins hydrographiques, il n'y a aucun consensus sur l'orientation du changement. Dans ce cas, l'incertitude est alors principalement due aux différences dans l'écoulement annuel moyen projeté au moyen des différents modèles climatiques globaux, ce qui démontre encore une fois l'importance d'utiliser divers modèles climatiques dans le cadre de l'évaluation des répercussions.


Maclean, M.D., Wilson, R.J. 2011. Recent ecological responses to climate change support predictions of high extinction risk. PNAS 108(30):12337-12342.

Les estimations du risque d'extinction établies par les études qui documentent les réactions observées par rapport aux changements climatiques récents et par les études de prévision réalisées sur les répercussions des changements climatiques futurs, s'alignent sur les probabilités d'extinction moyennes, d'ici 2100, d'environ 10 à 14 %. Ce résultat appuie les affirmations que les changements climatiques anthropiques se classent parmi les menaces les plus importantes pour la biodiversité mondiale.

Le nombre croissant d'études faisant état des changements écologiques qui se produisent en réponse aux récents changements climatiques donne l'occasion de déterminer si l'ampleur et la nature des réactions récentes correspondent aux prévisions. Une étude récemment publiée le fait, en concentrant les observations et les prévisions du risque d'extinction. Maclean et Wilson utilisent un ensemble de données de 130 réponses écologiques observées et de 188 réponses écologiques prévues par rapport aux changements climatiques établies grâce aux études et qui apparaissent dans les grandes revues scientifiques de 2005 à 2009. Les estimations du risque d'extinction concernant les 318 réponses ont été calculées à l'aide des critères de la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) (d'après les relations entre les changements dans la taille de la population et la probabilité d'extinction). Les différentes subjectivités potentielles dans l'ensemble de données ont été prises en compte, y compris les subjectivités liées au type de répercussions climatiques étudiées, la région de recherche et de non-indépendance du risque d'extinction parmi les taxons. Après avoir pris en compte ces subjectivités potentielles, ils ont constaté que les études de prévision indiquaient une probabilité d'extinction moyenne de plus de 90 ans (jusqu'à l'année 2100) et d'environ 10 % parmi les taxons et les régions, tandis que les études fondées sur l'observation présentaient une probabilité d'extinction moyenne d'approximativement 14 % pour la même période. Bien que les auteurs précisent que ces estimations devraient être considérées avec prudence étant donné les multiples difficultés rencontrées dans l'évaluation des répercussions sur la biodiversité, la similarité dans ces estimations et leur solidité par rapport aux sources communes de préjugés offre une certaine confiance quant au fait que les réponses écologiques réalisées aux changements climatiques appuient les prévisions des changements futurs. Les auteurs mentionnent également que ces estimations sont plus faibles que certaines estimations publiées d'après la proportion des espèces « vouées à l'extinction », en expliquant que le risque d'extinction estimé sur une période donnée devrait être plus faible que les estimations liées à la « condamnation » à l'extinction.


Pisaric, M.F.J., J. R. Thienpont, S. V. Kokelj, H. Nesbitt, T. C. Lantz, S. Solomon and J. P. Smol. 2011. Impacts of a recent storm surge on an Arctic delta ecosystem examined in the context of the last millennium. Proceedings of the National Academy of Sciences, Vol 108(22), pp 8960-8965, doi:10.1073/pnas.1018527108.

 Une récente inondation côtière causant une intrusion d’eau salée dans des secteurs du delta du Mackenzie a été un événement unique en des milliers d’années qui a eu de profondes répercussions sur les écosystèmes aquatiques et terrestres. On s’attend à ce que l’élévation du niveau de la mer combinée à la réduction de la couverture de glace et de sa durée devrait faire augmenter le nombre de ces événements à l’avenir.

On pense que l’élévation prévue du niveau de la mer à cause du réchauffement planétaire projeté aura de grandes répercussions sur les écosystèmes côtiers situés à de faibles élévations. Elles devraient être particulièrement importantes dans l’Arctique parce que la diminution de la durée (qui détermine celle de la saison d’eaux libres) et de l’étendue de la couverture de glace de mer ainsi que le caractère de plus en plus variable des tempêtes devraient augmenter le risque de marées de tempête et d’inondations côtières. Pisaric et al. explorent les répercussions d’une inondation côtière associée à une récente marée de tempête (1999) dans le delta du Mackenzie, dans la perspective de son caractère unique en un millénaire et de l’importance de ses répercussions. La dendrochronologie établie à partir d’aulnes échantillonnés à diverses distances de la côte, dans la zone inondée ou à proximité, montre que les arbres ont pu se rétablir d’inondations précédentes au cours du siècle passé, mais une augmentation de la mortalité est observée depuis l’événement de 1999. Des relevés plus anciens d’assemblages de diatomées (des algues unicellulaires) ont été obtenus à partir de carottes sédimentaires datées, extraites du fond de deux lacs (l’un situé à l’intérieur de la zone inondée, l’autre à l’extérieur). L’abondance des différents types de taxons de diatomées en fonction du temps reflète les changements de salinité dans les lacs. À la suite à l’intrusion d’eau salée de 1999, les auteurs ont observé un glissement spectaculaire des taxons de diatomées d’eau douce à ceux qui prolifèrent dans les eaux saumâtres. Ce changement est un phénomène unique à l’échelle millénaire (l’âge du lac), et aucun changement des taxons d’eau douce à des taxons d’eau saumâtre n’a été observé dans le second lac, situé à l’extérieur de la zone inondée. Les conséquences écologiques (sur les écosystèmes aquatiques comme terrestres) de l’événement de 1999 sont importantes. Les auteurs déduisent qu’il ne s’est pas produit de rétablissement biologique dans le lac depuis l’intrusion d’eau salée et que l’état des aulnes montre que les écosystèmes terrestres demeurent altérés plus d’une décennie après l’événement. Ils arrivent à la conclusion que des événements de cette ampleur vont probablement se reproduire de plus en plus souvent dans l’Arctique circumpolaire et qu’ils pourraient avoir des répercussions durables sur les écosystèmes et sur les collectivités côtières.


Wittrock, V., S.N. Kulshreshtha and E. Wheaton. 2011. Canadian prairie rural communities: their vulnerabilities and adaptive capacities to drought. Mitigation and Adaptation Strategies to Global Change 16:267-290.

Une évaluation de la vulnérabilité des collectivités canadiennes confrontées aux graves sécheresses de 2001-2002 dans le triangle de Palliser démontre que lorsque des mesures d'adaptation avaient été mises en place à la suite des sécheresses qui s'étaient produites auparavant, la vulnérabilité avait diminué, ce qui prouve l'avantage de l'adaptation préventive.

Les projections modélisées mondiales sur le climat pour les zones continentales indiquent une forte tendance à des étés plus chauds, avec un risque accru de sécheresse, qui découle des émissions continues de gaz à effet de serre et qui est liée au réchauffement climatique. Par conséquent, il serait avantageux de connaître les vulnérabilités des collectivités confrontées à la sécheresse afin de planifier des mesures d'adaptation. Cette étude a permis d'évaluer les vulnérabilités physiques et sociales de six communautés dans le triangle de Palliser des Prairies canadiennes durant la sécheresse de 2001-2002 (une des sécheresses les plus graves enregistrées dans cette région d'Amérique du Nord). Le triangle Palliser est la région la plus sèche des Prairies canadiennes. Or, l'agriculture est le principal moteur économique dans la plupart des collectivités qui s'y trouvent. Dans le cadre de l'étude, une méthode a été adoptée afin d'effectuer une évaluation qualitative des vulnérabilités des collectivités qui ont déjà été décrites dans la documentation, à l'aide d'indicateurs environnementaux (disponibilité en eau et climat) et socioéconomiques (revenu, emploi, éducation, caractéristiques démographiques et infrastructures). L'ensemble des répercussions de la sécheresse de 2001-2002 comprenait notamment une diminution de l'approvisionnement en eau, une rareté de l'eau, de maigres pâturages pour le bétail, une baisse de la production du bétail, un piètre rendement des récoltes et des pertes de revenus connexes. L’évaluation a permis de constater que de façon générale, les collectivités qui avaient mis en œuvre des mesures d'adaptation et des stratégies à la suite des sécheresses précédentes, étaient moins vulnérables à la sécheresse de 2001-2002, ce qui prouve que les mesures d'adaptation présentent des avantages. Toutefois, bien que l'accès à un approvisionnement en eau potable sans danger ait été essentiel pour prémunir la collectivité contre la sécheresse, cela n'a pas été suffisant pour réduire de façon satisfaisante la vulnérabilité. On a déterminé que deux des six collectivités ont été protégées au cours de la sécheresse de 2001-2002, tandis que quatre collectivités ont été jugées vulnérables, et ce, pour différentes raisons. Des recherches de ce type peuvent servir à orienter la planification d'adaptation propre à la collectivité afin d'accroître la résilience aux sécheresses à venir.


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