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Politiques & Atténuation 2010

Anderegg, W.R., J.W. Prall, J. Harold et S.H. Schneider. 2010. Expert credibility in climate change. Proceedings of the National Academies of Science Early Edition. Publié en ligne avant impression le 21 juin 2010, doi:10.1073/pnas.1003187107.

L'étude démontre que le groupe de scientifiques qui adhèrent aux principes élémentaires de changements climatiques d'origine humaine sont beaucoup plus compétents dans le domaine climatique que le groupe de scientifiques qui ne sont pas convaincus par l'évidence.

Dans le débat public concernant les changements climatiques, un groupe de personnes conteste énergiquement les conclusions des rapports d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et affirme fréquemment qu'un grand nombre de scientifiques partagent ce point de vue. Il s'avère donc judicieux d'évaluer la crédibilité des scientifiques partisans de l'une ou l'autre théorie. Un article publié dans la première édition en ligne de la revue Proceedings of the National Academies of Science rend compte du travail visant à caractériser la crédibilité scientifique relative de deux groupes de spécialistes : ceux qui sont convaincus de l'évidence du facteur humain dans les changements climatiques et ceux qui ne le sont pas. Les personnes semblant être convaincues de cette évidence (nommons-les « chercheurs CE ») comprenait celles qui avaient contribué au rapport du Groupe de travail 1 dans le cadre de la quatrième évaluation du GIEC, ainsi que des personnes qui avaient signé des déclarations publiques affirmant qu'elles reconnaissaient l'évidence des changements climatiques d'origine humaine (les noms en double ayant été omis). La liste de ceux qui semblaient non convaincus de l'évidence (nommons-les « chercheurs NCE ») rassemblait les signataires d'un certain nombre d'énoncés importants exprimant une profonde différence de point de vue par rapport au GIEC. Cet ensemble de 1 372 personnes a ensuite été réduit à 908 en ne comptant que celles qui comptabilisaient au moins 20 publications dans le domaine climatique, l'outil Google Scholar (clé de recherche « author:fi-lastname climate ») permettant de retrouver ces publications. Au total, 80 % des chercheurs du groupe NCE ne remplissaient pas ce critère minimum de crédibilité des experts, tandis que cette proportion était de moins de 10 % parmi les chercheurs du groupe CE. La crédibilité scientifique des chercheurs restants (> 800 CE et < 100 NCE) a ensuite été évaluée à l'aide de critères d'expertise scientifique (nombre de publications portant sur le climat) et de leur importance (nombre de citations des articles les plus cités). Lorsque les personnes furent classées selon le nombre de publications, les auteurs ont remarqué que 3 % seulement des 100 premiers chercheurs appartenaient au groupe NCE. En considérant les 50 premiers chercheurs du classement dans chacun des deux groupes, ils ont découvert que ceux du groupe CE comptabilisaient beaucoup plus de publications sur le thème du climat (344 en moyenne) que ceux du groupe NCE (68 en moyenne). L'examen du nombre de citations des quatre articles les plus cités pour chaque chercheur a également révélé que les chercheurs du groupe CE étaient beaucoup plus « éminents » que les chercheurs du groupe NCE. Cette étude fournit réellement la preuve que l'expertise relative en matière de climat ainsi que le renom scientifique d'une grande proportion d'experts jugés convaincus d'un changement climatique d'origine humaine sont beaucoup plus importants que pour ceux jugés non convaincus. Les auteurs reconnaissent que d'autres manières de classer ces groupes et d'évaluer leur crédibilité auraient pu être choisies, mais ils justifient le caractère rationnel et conservateur de leur méthode et laissent entendre que la qualité des résultats est peu susceptible de varier selon d'autres hypothèses à cet égard.


Bernie, D., J. Lowe, T. Tyrell, and O. Legge. 2010. Influence of mitigation policy on ocean acidification. GRL, Vol. 37, L15704, doi:10.1029/2010GL043181.

Une étude démontre qu’à long terme, le degré d’acidité des océans dépendra en grande partie de la mesure dans laquelle les émissions de carbone pourront être réduites et que des mesures plus soutenues et plus immédiates pourraient limiter l’ampleur de cette acidification au cours du 21e siècle.

Selon les données scientifiques dont nous disposons, les émissions anthropiques de gaz carbonique jouent un rôle direct dans l’acidification des océans et le réchauffement climatique. Une diminution d’environ 0,1 unité (soit de 8,16 à 8,07) du pH de la couche superficielle des océans a été enregistrée depuis l’ère préindustrielle. Dans cet article, Bernie et al. examinent les répercussions susceptibles de découler de trois différents aspects de la politique d’atténuation, soit 1) l’année où les émissions atteignent leur maximum, 2) le taux de réduction des émissions par la suite, et 3) le niveau d’émissions minimum éventuel (milliard de tonnes d’équivalent-CO2 par année). Les auteurs ont effectué des simulations fondées sur plus de 100 scénarios d’atténuation des émissions (élaborés dans le cadre du programme AVOID du Royaume-Uni) à l’aide d’un modèle simple du cycle du carbone océanique. Ils ont démontré que les projections voulant que le pH des océans diminue du fait de l’augmentation de la concentration atmosphérique du CO2 réalisées à l’aide de ce modèle simple étaient similaires aux projections obtenues au moyen d’un modèle climatique complexe intégrant des modèles des cycles terrestres et océaniques du carbone (le modèle HADCM3LC). Dans le cadre du scénario d’atténuation le plus radical, c’est-à-dire dans la mesure où les émissions mondiales atteindraient un sommet en 2016 pour être ensuite réduites suivant un taux annuel de 5 p. 100 jusqu’à un niveau minimum éventuel, le pH moyen de la couche superficielle des océans à l’échelle mondiale s’abaisserait à 8,02 d’ici 2100 [oscillant entre 8,04 et 7,96 (soit du 10e au 90e percentile)]. En comparaison, le pH de la couche superficielle des océans s’abaisserait à 7,67 [oscillant entre 7,74 et 7,57] d’ici 2100 si le scénario d’émission A1F1 SRES du GIEC ne prévoyant pas d’atténuation se concrétisait. Les auteurs ont démontré que des réductions plus soutenues des émissions à une date ultérieure pourraient repousser l’année où les émissions atteindraient leur maximum, mais que le pH atteindrait néanmoins le même niveau minimum au cours du 21e siècle. Sur de plus longues échelles de temps (allant jusqu’en 2500), le pH minimum est déterminé par le niveau d’émissions minimum (taux d’émission annuel), ce qui illustre le lien étroit entre ce paramètre et la quantité cumulative d’émissions.


Moss, R.H., J. A. Edmonds, K.A. Hibbard et al. 2010. The next generation of scenarios for climate change research and assessment. Nature (Perspectives) Vol 463 February 11, 2010 pp747-756.

Le nouveau processus d'élaboration de scénarios normalisés dans la recherche sur les changements climatiques est décrit dans un rapport spécial de la revue Nature.
La communauté de la recherche sur les changements climatiques a, pendant un certain temps, utilisé une suite de scénarios de référence sur les émissions, élaborée par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GEIC) et publiée dans un rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Ces scénarios sont appelés les scénarios d'émission du rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. En partie en raison de la disponibilité d'une plus grande quantité de données récentes sur les tendances économiques, les développements technologiques et les facteurs environnementaux, et en partie en raison de la décision du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat de ne pas élaborer un nouvel ensemble de scénarios, la communauté d'experts a instauré un nouveau processus d'élaboration de scénarios. Ce dernier, ainsi que l'ensemble de scénarios normalisés en résultant, sont décrits dans la section des perspectives du dernier numéro de la revue Nature. Il est à noter qu'alors que l'approche précédente était séquentielle, l'approche actuelle est décrite comme étant parallèle. Dans l'approche séquentielle, l'élaboration de scénarios d'émission reposait sur des facteurs socioéconomiques survenant au début du processus, fournissant ainsi les données nécessaires aux modèles produisant des scénarios sur les changements climatiques qui, en retour, étaient utilisés pour analyser les répercussions des changements climatiques sur les environnements humains et naturels. Par contre, le point de départ pour le nouveau processus consistait à choisir, dans la littérature publiée, les scénarios sur les changements du forçage radiatif représentatifs et nommés « profils représentatifs d'évolution de concentration ». Ces derniers ne sont pas associés à des trajectoires d'émission particulière, mais ils pourraient plutôt correspondre à un certain nombre de scénarios socioéconomiques et de profils d'émission. L'élaboration de scénarios climatiques reposant sur les profils représentatifs d'évolution de concentration se fera en parallèle avec l'élaboration d'un type de nouveaux scénarios socioéconomiques correspondants à ces profils représentatifs. On s'attend à ce que la recherche intégrant les nouveaux scénarios de changements climatiques et socioéconomiques permettra une exploration plus détaillée des questions liées aux répercussions et à l'atténuation des changements climatiques, ainsi qu'à l'adaptation qu'ils demanderont.


O’Neill, B.C., K. Riahi and I. Keppo.2010. Mitigation implications of midcentury targets that preserve long-term climate policy options. PNAS Vol 107:3:1011-1016.

L’étude arrive à la conclusion que les conditions au milieu du siècle sont des déterminants cruciaux associés aux probabilités d’atteindre des résultats de changements climatiques à plus long terme.


Un certain nombre d’études ont montré que les bilans cumulatifs d’émissions de CO2 sont de solides indicateurs de l’augmentation éventuelle de la température du globe et ont fourni des estimations de bilans d’émissions compatibles avec la limitation du réchauffement climatique à des quantités différentes. Une des conséquences de ce résultat est que la séquence de réductions des émissions de CO2 est moins cruciale que la quantité totale émise puisque les différentes voies à suivre pour les émissions sont compatibles avec les totaux d’émissions cumulatives similaires. Cependant, dans cet article, O’Neill et ses collègues utilise un modèle intégré d’évaluation avec une représentation détaillée du secteur de l’énergie afin d’examiner dans quelle mesure les voies de réduction d’émissions établies dans la première moitié du XXIe siècle peuvent rendre certaines de ces voies irréalisables sur le plan technique dans la deuxième partie du siècle. Ces auteurs définissent le terme « irréalisables » comme étant l’« impossibilité d’atteindre les objectifs avec les technologies actuelles telles que démontrées dans la phase initiale ou de commercialisation », ce qui exclut les technologies de géo-ingénierie par exemple. Leurs résultats offrent les deux caractéristiques cruciales suivantes : La première est liée au fait que pour chaque objectif de stabilisation à long terme (de <450 ppm à >1 000 ppm d’équivalent CO2), il existe une gamme d’émissions de milieu de siècle qui minimisent les coûts totaux pour l’ensemble du siècle, avec une augmentation des coûts pour les émissions en dessous et au-dessus de cette gamme (c’est-à-dire les courbes de coûts pour l’ensemble du siècle sont en forme de « U »). Cette plage est plus petite pour les objectifs plus rigoureux à long terme. Le résultat est demeuré valide pour les deux scénarios d’élaboration d’une ligne de référence (variations des scénarios IPCC SRES B2 et A2r) et les objectifs à long terme. Les auteurs suggèrent que cette constatation pourrait contribuer à informer la politique en matière de climat. La deuxième correspond au fait que les seuils critiques de 2050 existent pour chaque objectif à long terme (l’article indique les conditions de milieu de siècle au-delà desquelles il est impossible d’atteindre les objectifs fixés pour 2100). Par exemple, l’étude montre que pour conserver la faisabilité technique servant à maintenir le réchauffement climatique sous 2 °C au-dessus du niveau préindustriel avec un pourcentage de réussite de 50 %, les émissions mondiales doivent être réduites, d’ici 2050, d’au moins 20 % par rapport aux niveaux de l’an 2000, conformément au scénario B2, et d’au moins 50 %, conformément au scénario A2r.


Patt, A.G., P. D.P. van Vuuren, F. Berkhout, A. Aaheim, A.F. Hof, M. Isaac, R. Mechler. 2010. Adaptation in integrated assessment modeling: where do we stand? Climatic Change Vol 99, pp 383-402. doi: 10.1007/s10584-009-9687-y.


Un document récent semble indiquer que les modèles d'évaluation intégrée sont trop optimistes au sujet des avantages nets que peut offrir l'adaptation, ce qui entraîne des sous-estimations potentielles de l'atténuation nécessaire pour atteindre des cibles socialement optimales.

 

Les modèles d'évaluation intégrée sont des outils visant à évaluer les coûts et les avantages des politiques en matière de changements climatiques au fil du temps.  Les modèles d'évaluation intégrée comprennent la chaîne de cause à effet des changements climatiques (des émissions aux effets) et comprennent de plus en plus les évaluations des coûts, des avantages et des incertitudes des politiques d'adaptation. Les politiques d'adaptation sont essentiellement les politiques visant à réduire les coûts liés aux dommages causés par les changements climatiques par l'intermédiaire de rajustements aux systèmes écologiques, sociaux ou économiques afin de modérer les dommages ou de profiter des occasions.  Un document rédigé par Patt et al. examine la façon dont les modélisateurs ont ajouté l'adaptation aux modèles d'évaluation intégrée existants et à quel point ces approches représentent les véritables coûts et avantages de l'adaptation.  Les auteurs laissent entendre que les approches ont tendance à sous-estimer la difficulté à mettre en œuvre les mesures d'adaptation et, par conséquent, elles sous-estiment toute l'adaptation qui se produira vraisemblablement ainsi que les avantages nets connexes.  Les auteurs discutent des moyens d'améliorer la représentation des coûts et des avantages liés à l'adaptation des modèles d'évaluation intégrée qui mettent l'accent sur l'amélioration de la représentation de leurs caractéristiques ascendantes.

 

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