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Détection et attribution 2010

Christidis, N., P.A. Stott, F.W. Zwiers, et al. 2010. Probalistic estimates of recent changes in temperature: a multi-scale attribution analysis. Climate Dynamics 34:1130-1156.

Les progrès récents réalisés dans les méthodes d'empreinte des changements climatiques s'avèrent prometteurs dans l'attribution des tendances climatiques à l'échelle régionale aux influences humaines
. Il est estimé que les influences humaines ont plus que doublé la probabilité d'un réchauffement moyen dans la majorité des régions sous-continentales, sauf dans le centre de l'Amérique du Nord. Le refroidissement observé dans cette région concorde avec ce qui est attendu dans de telles conditions, et cela, avec ou sans forçage anthropogénique.

Au cours des dix dernières années, différentes études statistiques ont comparé les tendances climatiques observées avec des extrants provenant de simulations de modélisation climatique afin de démontrer que certaines des tendances observées à l'échelle mondiale et continentale au cours des cinquante dernières années peuvent être attribuées aux influences humaines. Toutefois, les attributions n'ont pas été possibles jusqu'à maintenant à l'échelle sous-continentale ou plus petite. Une équipe internationale composée de scientifiques provenant du Royaume-Uni, du Canada et du Japon a mis au point une version avancée des méthodes optimales « d'empreinte » qui utilise des analyses à l'échelle mondiale pour déduire l'information au sujet des causes probables des tendances observées à des échelles plus petites. En utilisant l'analyse globale en matière de détection et d'attribution pour limiter les résultats, les scientifiques ont estimé les distributions attendues pour les tendances à l'échelle régionale pour la température de surface moyenne annuelle et pour la nuit la plus chaude de l'année dans un monde avec et sans forçage anthropogénique. Ces renseignements sont ensuite utilisés pour estimer la façon dont les influences humaines ont augmenté la probabilité d'un réchauffement régional à l'aide d'un indice appelé fraction du risque attribuable. Les résultats démontrent que les forçages anthropogéniques ont plus que doublé la probabilité d'un réchauffement (pour la température et la nuit la plus chaude) dans la majorité des régions du monde. Étant donné que les températures nocturnes élevées sont caractéristiques des vagues de chaleur, ce résultat indique une augmentation d'origine humaine de l'intensité de la vague de chaleur. Il est particulièrement intéressant de noter que le résultat obtenu pour le centre de l'Amérique du Nord est très différent de celui obtenu pour les autres régions sous-continentales. Un refroidissement, appelé « trou de réchauffement » a été observé dans cette région pendant la période de l'étude (1950 à 1997). Les résultats de l'analyse montrent que le refroidissement observé n'est pas incompatible avec ce qui est attendu relativement au réchauffement global. Bien que ces résultats laissent entendre qu'une attribution positive des effets du forçage anthropogénique est maintenant possible aux échelles sous-continentales, les auteurs déclarent que de tels résultats seraient plus robustes s'ils avaient pu utiliser des simulations supplémentaires des changements climatiques dans des conditions de forçage anthropogénique et de forçage naturel, puisque l'étude visait uniquement les extrants de ces trois modèles climatiques.


Solomon, S., R. Rosenlof, R. Portmann, J. Daniel, S. Davis, T. Sanford et G-K. Plattner. 2010. Science Express Jan 28, 2010.

Contributions of stratospheric water vapour to ecadal changes in the rate of global warming Une baisse de la teneur en vapeur d’eau de la stratosphère a contribué à ralentir la tendance du réchauffement planétaire depuis les environs de l’année 2000.

La température planétaire moyenne en surface a monté d’environ 0,75 °C au cours du dernier siècle. Cependant, dans les 10 dernières années, la tendance a marqué un quasi-plateau. Bien que cette situation ne soit pas surprenante en soi, puisque la variabilité naturelle interne du système climatique module les effets des forçages extérieurs exercés par les gaz à effet de serre et autres facteurs, elle amène à se poser des questions sur ses causes. Cette étude, effectuée par Solomon et al., montre que des changements de la teneur en vapeur d’eau de la stratosphère ont probablement beaucoup contribué à la fois à la forte tendance à l’augmentation du réchauffement planétaire des deux décennies préalables à 2000 et à la tendance au plateau observée après 2000. Les chercheurs ont analysé les mesures de la vapeur d’eau de la stratosphère effectuée par ballon-sonde et satellite depuis 1980. Les données montrent une augmentation graduelle de la vapeur d’eau dans la basse stratosphère, de plus de 1 ppmv entre 1980 et 2000, suivie d’une baisse soudaine et persistante d’environ 0,4 ppmv après 2000. Les effets de ces changements sont ensuite examinés à l’aide d’un modèle du système Terre de complexité intermédiaire. Une simulation de référence faisant intervenir les changements des gaz à effet de serre bien mélangés et des aérosols est comparée à une autre, qui inclut les changements de la vapeur d’eau stratosphérique. Les résultats ont montré que la diminution du forçage associée à celle de la vapeur d’eau stratosphérique après 2000 a fait baisser le taux de réchauffement d’environ 25 % par rapport à ce qu’il aurait autrement été. Inversement, l’augmentation de la teneur en vapeur d’eau de la stratosphère survenue entre 1980 et 2000 pourrait alors avoir accentué la vitesse de réchauffement d’environ 30 %. La ou les causes de ce changement de la vapeur d’eau stratosphérique n’étant pas établies avec certitude, il n’est pas clair si ces changements découlent d’une rétroaction dans le réchauffement du climat ou de sa variabilité interne. Les travaux ne mentionnent pas de nécessité de mieux représenter les processus stratosphériques dans les modèles climatiques pour mieux comprendre les facteurs contribuant aux changements observés, et donc améliorer les projections des changements à venir.

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